Origole 2018 2/3 : j’adore quand un plan se déroule avec accrocs

Ça se passait bien cette prépa, je marquais des smileys dans mon beau tableau de bord, ça manquait un peu d’intensité, mais le volume augmentait tranquillement, je me sentais bien, je me sentais fort et… Et la sortie qui fout le boxon.

La sortie de merde

Donc c’est par un magnifique samedi matin que je me pointe à la station de trail de Bures, il doit être dans les 6h40 du mat (histoire d’en faire une partie de nuit), il fait -2°C, faut être un peu con pour venir se coltiner 32 bornes tout seul. Mais je suis motivé, j’ai une bonne course à préparer, je suis dans mon bloc final de préparation, donc faut aller au charbon ! Smiley qui rigole, coeur coeur, pouce vers le haut, bras musclé du mec qui n’en veut. J’ai ma nouvelle montre à tester en plus, bip du GPS acquis, j’appuie sur le bouton, c’est partiiiii !

Enfin bon… C’est parti sur 50m. Je traverse la première rue pour entrer dans le parc. Un coup d’oeil très rapide pour regarder le marché en train de s’installer, je tourne la tête et BAMMMM. La gamelle de merde. J’avais vu les ralentisseurs au milieu de la route, mais pas le petit séparateur entre les deux. Les genoux ont salement tapé. La main droite aussi. J’ai un mal de chien aux deux genoux, je me relève et entre en marchant dans le parc. Evidemment, l’amour propre en a pris un sale coup, mais à cette heure là, personne pour se foutre de ma gueule. Strava et mes potes s’en chargeront cela dit.

-2°C, la nuit, les genoux en sang, tout seul, TOUT VA BIEN !

Mon collant est déchiré. J’ai un bout de peau en moins sur la main. Et je me demande si comme un con je vais devoir faire demi tour. Annuler cette sortie, c’est les boules, ça me nique une des grosses semaines de la prépa, impossible de la rattraper le lendemain. Je marche un peu plus, j’essaye de voir si les genoux sont touchés. Ça fait mal, mais ça a l’air superficiel. Donc je continue.

Quand ça veut pas…

Il fait nuit, je suis seul dans les bois, c’est pas hyper rassurant, mais la chute m’a donné de quoi râler et réfléchir, donc finalement j’avance tranquillement. Quelques kilomètres plus tard, je sens à nouveau cette sensation d’humidité dans le bas du dos. A nouveau car la première fois que j’ai réutilisé une poche à eau, moi le grand fan des bouteilles flexibles, j’ai eu une fuite, et voulant vérifier, j’ai réussi à renverser la moitié de la poche sur le trottoir… Bref, un débutant quoi. La bleusaille. Et là ça recommence. J’ouvre le sac, la poche a glissé de sa réglette en plastique qui la ferme en haut. Peut-être suite à la chute ? Donc bref, elle dégueule par le haut. Je remets tout ça en place, mes gants se mouillent, je me gueule dessus, et je repars, bien vénère à nouveau. Et comme il fait -2°C, je me gèle les doigts, putain ! Ca part VRAIMENT TRÈS BIEN CETTE SORTIE DE MERDE BORDEL !

Viens soleil, viens stp.

Heureusement, le coureur est con, mais têtu et un peu expérimenté. Donc la paire de gants de secours vient à la rescousse. Ils sont plus fins, mais il suffit de quelques minutes pour retrouver des sensations dans les doigts. Bien joué mec. On lâche rien. Quelques arrêts photos avec le jour qui se lève, c’est joli et ça motive pour attendre le soleil. 

Allez viens, soleil, vraiment. C’est joli tout ça, mais ça pèle sa mère.

Quand ça veut VRAIMENT pas

Sauf qu’en arrivant à mi-parcours, à Chevreuse, la cheville droite fait mal. A chaque pas, si je pousse un peu derrière, ouille, sur l’avant. Donc cogitation, c’est quoi ? Une nouvelle tendinite naissante, ou bien la conséquence de la chute ? Mes genoux faisaient tellement mal que je n’ai pas fait attention à d’autres douleurs. Toujours est-il que ça fait mal, et il reste 16 bornes. Et qui appeler pour couper cette sortie ? Personne avec une voiture dans les environs. Non, quand on se met dans la merde, on assume jusqu’au bout. Donc le retour se fait en raccourcissant la foulée et en sentant monter la douleur progressivement. Mais tant que l’articulation est chaude, ça se gère. A la limite, je préfère sûrement une douleur dû au gadin à une NOUVELLE tendinite. Ca doit se réparer plus vite. Bref, je cogite, et j’enquille les kilomètres.

C’est long le lever du jour quand on se gèle !

Je termine donc sans aucun plaisir, je ne prends plus de photos, en pensant à une seule chose : filer dans la bagnole, rentrer, mettre de la glace dessus et voir ce que c’est. J’arrive donc chez moi en faisant pas mal la gueule, avec les deux genoux avec de belles plaies, et une cheville qui a un peu enflé. Ça pue l’entorse à plein nez. Autant vous dire qu’à ce moment là, je faisais déjà une croix sur la course. 

Bilan

C’est donc à grand coup de glace toutes les 2 heures, et de pied surélevé que je me repose. Heureux dans mon malheur, j’ai juste eu une entorse minime, qui a dégonflé en 48h, j’ai laissé quelques jours de repos de plus et repris un entraînement léger pour tester, puis vite remis en charge pour finir la préparation. Le plus difficile reste de ne pas chercher à sur-compenser dans la foulée, mais c’est là que l’expérience de la prépa ratée de mai a servi. J’ai perdu un peu d’entraînement, mais limité la casse au strict minimum. Il manque certes quelques bornes à la prépa, et alors ? Mieux vaut pouvoir démarrer la course que de devoir annuler. Donc coureur un peu con, mais moins con qu’avant. Bravo !

SOOOOLEIL ! Chaleur ! Enfin… relative.

Et il reste un sacré souvenir de cette sortie longue si mal démarrée et finie dans la douleur. Mais ce sont toujours ces sorties qui restent, même des années après. Je me souviens toujours très bien de cette SL en Auvergne, mal équipé, dans le brouillard et la pluie, à se perdre plusieurs fois, avec rien à bouffer et sans expérience à l’époque. Quand j’y repense, je me dis toujours « quel con… ». Mais ces sorties là forgent le coureur que nous sommes des mois et années après. Cela dit, si je peux éviter de me péter la gueule au bout de 50m, sur du bitume, je vais le faire 😉

1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.