Origole 2018 1/3 : la prépa, à quoi ça sert ?

Allez c’est le feuilleton de l’automne, on évite de vous faire vous endormir avec un article de 10 pages, et comme ça on maintient le suspens (et si on affichait des pubs, on se ferait plus de tunes, mais même pas). Donc l’objectif de fin 2018 : l’Origole version grand format ! Votre coureur favori finira-t-il ce défi de gentil sado-maso ? Cliquez pour le savoir !

Pourquoi signer pour cette connerie ? 

2018 est une année qui a commencé sans véritables objectifs de course. Puis endurance augmentant, je ciblais au printemps une course pour avoir un challenge sympa. J’ai donc commencé par une bonne prépa pour la Barjo, qui s’est hélas terminée en eau de boudin avec une blessure à la c.. sur la fin. L’idée de départ était plus de s’aligner sur un 40km, le saut à 50 n’était pas très malin. J’ai ensuite compensé cette course ratée par une course un peu improvisée dans le Cantal, qui s’est finie dans la souffrance par manque d’entraînement, mais avec le sourire. Pas forcément très très malin non plus comme test, mais j’ai bien vu les effets d’un manque d’entraînement sur les quadris 😉

Un joli tableau de bord pour la prépa

Suite à cette course et au travail sur la préparation des 6 Burons, la fin d’année était ouverte. Et qui se pointe à l’horizon ? L’édition 2018 de l’Origole, annoncée bien tardivement, avec un format plus court que les années précédentes : un 75km (au lieu de l’habituel 82km). J’espérais un 50km qui aurait été une progression logique. Hélas non, il reste un 44km en course intermédiaire. Mais c’est moins excitant : distance déjà faite cette année, une seule boucle et non la formule assez fun des 2 boucles du grand parcours. Oui 2 boucles différentes, de nuit, dans la boue et le froid, sur mon lieu de travail, petit taux de finishers, ça sonne comme l’anti course fun, le challenge mental pour voir si on aime ça. La connerie quoi. 

J’hésite donc pas mal, et commence une préparation sérieuse en vue du grand, en me gardant la possibilité de m’inscrire sur le moyen si la prépa ne se passe pas idéalement. C’est partiiiii !

Prépa ramassée

Bon la prépa, c’est simple : je me suis décidé courant septembre, j’avais déjà remis un peu plus de course après une bonne semaine de repos post 6 Burons. Mais il me reste en gros de quoi caser 2 blocs 3+1, le grand classique. C’est un peu léger cela dit. Je programme des ajouts de distance bien progressifs, histoire d’éviter la surenchère. J’en arrive à programmer des semaines à 65/75km, c’est pas mal, mais je me doute que ça sera léger pour faire la course en gestion du début à la fin. Une prépa en format 3x(3+1), c’est toujours l’idéal si on part d’un peu loin. C’est pas grave, le plan B de la course de 44km ou de l’arrêt à la fin de cette boucle « maratrail » en cas de gros pépin sont là pour rassurer. 

Vert’Ytrac en Auvergne, pour se préparer à la météo Origolesque

S’en suivent des sorties de jour, de nuit, des recos sur les lieux du drame, un peu de pluie, une lichette de Cantal, pas assez de froid et de mauvais temps pour vraiment se sentir blindé, mais c’était pas mal. Bien sûr, tout ne s’est passé comme prévu, sinon ça ne serait pas drôle. La prépa était surtout axée sur l’endurance, ça manquait clairement de séances de qualité, mais les priorités avant tout ! Le best of pour vous faire une idée :

  • Deux courses préparatoires bien sympas, le tout nouveau Vert’Ytrac dans le Cantal, 18km sous la pluie et dans le froid, et le Trail des 7 Hameaux dans les Yvelines, 30km plutôt dans la chaleur. Du plaisir sur les deux courses, c’était très bien !
  • Pas mal de visites à la station de trail de Bures sur Yvettes pour faire plus de dénivelé qu’à Vincennes. Je commence à connaître les parcours !
  • Outre les 30km du Trail des 7 Hameaux, quelques sorties longues sympa, donc un double parcours à Bures dans un sens puis dans l’autre avec l’ami Fire Rasta. Mais surtout, LA sortie du drame, celle qui vient foutre le bordel dans une prépa qui semblait réglée comme une horloge suisse. Mais pour celle-là, je réserve un article complet, carrément, histoire de se faire plaisir à raconter les galères, comme toujours. 

Pourquoi on se prépare ?

La question paraît conne. Oui la prépa, c’est pour avoir les jambes pour finir une course. D’accord. Mais à mon niveau, pour un challenge un peu nouveau, le but de la prépa c’est beaucoup plus large que ça. Donc tadaaa, roulement de tambour, à quoi ça sert une prépa ? 

A répondre à un maximum de questions.

Bien sûr, si vous avez 10 ans d’expérience et que vous préparez un 10 kilomètres, vous avez très peu de questions, donc la prépa est surtout axée sur votre potentiel physique. 

Y a des avantages à se préparer en Auvergne

Mais dans mon cas, sur une prépa de grosse course, je pars avec une TONNE de questions: 

  • Est-ce que j’aurai les jambes pour courir tout du long ?
  • Je cours avec quelles chaussures ?
  • Je mange quoi avant la course ? 
  • Je prends quoi dans mon sac pour me ravitailler ?
  • Je prends quoi au ravitaillement ? 
  • Je m’habille avec quoi ? 
  • Le terrain est comment ? 
  • Je fais quoi au gymnase après la première boucle ?
  • Je prends les bâtons ?

Bref, je pars avec des doutes et plus la prépa avance, plus j’essaye de répondre à un maximum de questions. Je ne parviens jamais à répondre à toutes, mais la préparation sert à transformer un maximum de doutes en certitudes

J’adore courir dans les bois la nuit

Il y a une partie évidente de préparation physique dans la préparation, c’est la base. Sans la caisse pour tenir la course, on morfle grave. Mais le reste est aussi important, au moins dans mon cas. Quand on sort clairement de sa zone de confort, il faut se rassurer et partir avec un mental à bloc, sinon c’est également la grosse punition. 

Donc cette fois à nouveau, la prépa a rempli son rôle : j’ai pu vérifier que mes jambes tenaient bien la montée en charge, donc je m’inscris sur le grand parcours plutôt que le moyen. Je teste mon matériel, mes chaussures, je vois vite ce qu’il faut garder ou non. Je teste évidemment ma nourriture (rien de bien nouveau ici, sauf un peu de salé), et je vais un peu plus loin dans ma gestion de la déshydratation : je fais ma dernière petite SL sous la pluie, et j’en profite pour faire un test grandeur nature.

  • 73.5kg au départ de la sortie
  • Pluie tout le long, avec pantalon de pluie, t-shirt, veste de pluie
  • Je bois 500ml d’eau
  • 72.5kg 1h20 plus tard
  • Donc j’ai perdu 1.5l d’eau en 1h20, ça fait cher à l’heure !

Conclusion du test, si je mets une veste de pluie, je reste au chaud, mais je perds très (trop) vite mon eau. Rien de très nouveau sur mon talent à me déshydrater, mais au moins j’ai les chiffres pour confirmer. Ça permet de mieux choisir la stratégie en cas de pluie !

Bilan

Au final, ça donne quoi cette préparation ? Passons sur les chiffres, revenons-en à l’essentiel : le 1er Décembre, je me pointe sur les lieux du drame bien remonté, j’ai forcément encore des doutes, mais aussi beaucoup de motivation. On ne peut pas répondre à toutes les questions si la course est VRAIMENT nouvelle. Non, je n’ai jamais couru toute la nuit sur terrain gras et cassant. Les reconnaissances, c’était bien mais dans des conditions bien plus faciles.

Les couleurs de l’automne, ça le fait bien !

D’un autre côté, si l’on n’a plus que des certitudes, l’excitation de la course n’est plus là. Il faut un juste milieu. Etre un peu stressé mais aussi excité. Pas paralysé par l’enjeu et avec des nuits de 3h, mais impatient d’en découdre et assez reposé. La tête et les jambes à l’unisson. ENVOYEZ MOI LA PLUIE ET LA BOUE ! 

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