Printemps été 2018 1/3: no brain, no gain !

Je n’écris plus beaucoup, travail de bénévole oblige, mais je cours toujours pas mal (en fréquence hein, pas en vitesse), et je vais donc publier façon mini-roman. Il va y avoir du sang, des larmes, du suspense, des erreurs, du solo, du partage, des photos, bref, la vie quoi ! Donc premier tome du feuilleton printemps-été 2018 : bien utiliser sa tête.

Car oui le cerveau, ça peut servir en course à pied. Surtout si on a des articulations un peu fragiles (et plus 20 ans…), il faut savoir s’entraîner intelligemment. Ce que je peine un peu à faire, comme on peut à nouveau en témoigner.

Le Plan initial

Alors l’objectif déjà, au sortir d’un automne qui avait permis de bien remettre la machine en route avec comme point d’orgue la Petite Origole, n’était finalement pas clairement défini : un petit ralentissement pour gérer une nouvelle douleur à la hanche, le trail du Sancy à la cool, et une reprise d’entraînement assez classique par la suite. Mais il y avait quand même l’idée d’allonger un peu la distance et de retourner là où ça devient excitant : au dessus de sa zone de confort et au delà des 40 kms. J’avais une endurance assez sûre autour des 30kms, les 40 semblaient la suite logique. Sauf que je ne trouve pas de course sympa autour de ce kilométrage, et qu’en parcourant les candidats possibles au printemps, je finis par tomber sur la Barjo en Normandie, c’est plus long (50km) mais plus tard (mi-juin). Sortir un peu des sentiers battus Auvergnats me disait bien, au bord de la mer ça me branchait depuis un an ou deux, donc bingo, je m’inscris. Déjà, je sors un peu du plan progressif initial.

Je me programme vite fait un programme assez classique : 2 blocs de 4 semaines (3 semaines de montées en charge, une semaine cool), puis 2 semaines de repos pour finir, 10 semaines, banco. Pas de programme pré-écrit à suivre à la séance, je reste cool, surtout de l’endurance, la qualité venant des sorties avec un peu plus de dénivelé. J’ambitionne simplement de monter progressivement vers 6 à 7h de course / semaine sur la fin (la durée de course quoi).

Le résultat

Au final, ça donne quoi ? Ben le premier DNS en fait ! Car deux semaines avant la course, une petite sortie tranquille à Vincennes, et bim, une tension sur le tendon d’Achille droit au bout de 9km, retour à la maison en marchant, bonne douleur dès le soir même, et repos insuffisant pour se remettre raisonnablement avant une distance aussi respectable. Evidemment, pour la faire poli, ça fait mal au cul. Il y a ce moment très douloureux du retour en marchant lors d’une sortie. Là, la tête travaille, c’est l’horreur. Mais comme toujours, une fois passé les moments de découragement après avoir bien donné de sa personne pour un final absent, on peut se faire la classique : on regarde ce qui a bien marché, on essaye de comprendre ce qui n’a pas marché, et on regarde de l’avant. Allez hop !

Bilan –

Donc commençons par le négatif. Une blessure, ça peut arriver (ah ça putain je suis bien placé pour le savoir), parfois la faute à pas de chance (style une entorse), mais parfois aussi bien de sa faute. Donc il y a tout de même ici une certaine forme d’agacement, car je ne respecte pas certaines règles importantes que je vais pourtant conseiller aux autres. Ça, c’est MAL BORDEL. Donc :

PROGRESSIVITE

Oui, si celle-là ce n’est pas une des règles clés en course à pied, c’est que je n’y comprends rien. J’ai remis en charge très progressivement depuis Avril 2017. Sur ces 10 semaines, il y a toutefois une augmentation trop  importante du volume.

Février 13h de course
Mars 15h de course
Avril 15h de course
Mai 27h de course

Je pense que c’est assez clair pour tout le monde non, même ceux du fond ? Oui.

Donc bravo, une surenchère sûrement pas nécessaire et contre cette règle clé. Bravo. Abruti.

Qui plus est, au sortir d’une course de 30km, passer à 40 était raisonnable. Sauter à 50, c’est de la gourmandise pas nécessaire du tout, donc un petit carton jaune aussi à ce niveau.

RECUPERATION

Celle là aussi, on la connaît. S’entraîner, ça ne rend pas plus fort. Ça affaiblit à court terme, et la surcompensation rend plus fort. D’où la nécessité de faire attention, d’y aller progressivement, et de s’appliquer à bien récupérer. D’où la règle des 3+1. 3 semaines d’entraînement plus lourd, une semaine d’entraînement light.

Je respecte le premier bloc, mais sur le second, comme j’ai mal calculé mon planning, j’en arrive à finir mon second bloc, et 2 semaines « light » suivraient avant la course. Soit 3 semaines light, alors que je planifie normalement 2 semaines « en descente ». Mauvais calcul, bien joué mec ! Donc au final, je pousse à « 3.5+0.5 » plutôt que « 3+1 », en prolongeant la dernière semaine avec une autre sortie bien dure (32km par 27°C…). Nécessaire ? Sûrement pas. Surtout que 3 semaines light avant la course, ça n’est pas aberrant non plus. Il vaut mieux arriver frais que fatigué. Bref. C’était con.

DISCIPLINE

Quand on a des articulations un peu fragiles depuis qu’on est ado, on cherche des solutions et on fait attention. Donc comme mes tendons me causent beaucoup de soucis, j’ai cherché des solutions à mes multiples tendinites : changement de foulée, de chaussures, travail des étirements, focus sur la nutrition, etc… etc… Très bien ça, bel effort, avec des résultats parfois longs à atteindre, mais j’ai quand même l’impression de gérer de mieux en mieux. J’avais arrêté de m’étirer avant ma grosse coupure de 2017. Donc j’ai bien repris, surtout avec la douleur au psoa avant le Sancy. Étirements classiques, mollets, quadri, ischio, ainsi qu’ouverture de la hanche, un peu tous les soirs. Ça prend quelques minutes, ce n’est vraiment pas grand chose. Sauf que plus ça va, moins j’en fais. En fin de préparation, tout va bien, donc je n’ai plus cette rigueur. Bravo. On prend soin de soi même tout le temps, pas seulement lorsqu’il y a des bobos. Bravo donc. Manque de rigueur.

Autre règle que tout coureur connaît : on ne change pas de chaussures deux semaines avant une course. Mes Peregrines sont bien amochées, mes Brooks manquent d’accroche, j’hésite (suite à la fameuse sortie de 32km inutile qui plus est !), puis finalement remplace les Peregrines par le nouveau modèle, bien différent. Et c’est sur leur première sortie que la douleur apparaît. Je ne dis pas que c’est de la faute de ces chaussures, mais l’idée reste conne. Pas de discipline. Bravo.

Bilan +

D’un autre côté, il y a eu plein de positif :

Un bon volume d’entraînement sauf la surenchère finale, sans vraiment suivre de plan à la séance, mais en augmentant le volume pour se faire son endurance, sans trop forcer sur le D+. C’est la Barjot, pas la Pastourelle, donc l’idée est d’arriver à plus courir. Le tout dans la bonne humeur, avec le plaisir de s’entraîner, le matin, le midi, le soir, en variant les terrains et un peu les allures.

De belles sorties, avec la fin de la découverte de tous les parcours de la station de trail de la vallée de Chevreuse (avec notamment le 32km en solo par 27°C, c’était bien rude mais une belle sortie), le demi tour du massif de Fontainebleau avec Jaife (39km à bonne allure, idée un peu déraisonnable mais qui est très bien passée), un peu d’Auvergne, deux courses « de prépa » bien sympas, à Jouy avec Jérémy (miam la paëlla d’après course !), et à l’Assaut du Saint Romain avec mon frère (super course !).

Hors terrain, il y a déjà et c’est important, la décision de ne pas aller à la course. Savoir renoncer plutôt qu’aller au casse pipe, c’est une décision difficile à prendre mais pour une fois raisonnable. Un vrai bravo non sarcastique sur cette décision.

Ensuite c’est aussi la première fois que j’applique le protocole de Stanish pour traiter mon tendon d’Achille, avec discipline cette fois, et les résultats semblent probants, j’arrive à être rigoureux, du vélo pour le cardio, et une reprise sans se précipiter.

Au final

Au final, évidemment c’est les boules de voir passer une course qui faisait vraiment envie, et surtout de voir la belle série de course sans blessure se terminer. Le manque de rigueur est souvent la cause de bien des arrêts, comme je le répétais en fin de prépa : « tout va très bien, alerte rouge ! ». La sur-qualité, c’est toujours une connerie. J’avais réussi une reprise bien progressive depuis 2017, sans surenchère à la con et concours de quéquette. Hélas, je replonge dans quelques travers. Il faut respecter quelques règles clés, progressivité, récupération, discipline, c’est obligatoire si on veut pousser le corps au delà de ses limites. Le fameux « no pain, no gain » doit déjà être précédé d’un « no brain, no gain ». La base est déjà de pouvoir courir !

Comment la suite du feuilleton printemps-été 2018 se passera-t-il ? Votre coureur de bas niveau favori retombera-t-il dans ses travers ? Réussira-t-il à être plus raisonnable et mature ? Vous le saurez très vite dans le second épisode de notre feuilleton !

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