Trail hivernal du Sancy : à la rencontre de ma Némésis

De retour à la compétition après une trop longue absence, le Captain CAP est parti chercher la neige sur les pentes du Sancy et y a retrouvé son nouveau pire ennemi ! Et ça a chié des bulles !

To run or not to run, that is the question

Après plusieurs batailles homériques contre le Professeur Tendinitis et le Général Tépartitrovit, votre super héros favori avait disparu le temps de se ressourcer un peu. Son terrible abandon à la Pastourelle l’avait laissé vexé et perplexe. Après une intense réflexion, il a enfin compris qu’il avait eu à faire à son nouveau pire ennemi, le terrible Calorifix. Avec son rayon de la mort, ce nouveau super vilain augmente la température corporelle de ses ennemis, jusqu’à ce qu’ils rament comme des limaces asthmatiques. Depuis, les batailles entre le Captain CAP et Calorifix ont été homériques, Calorifix lui passant une bonne branlée à la Pastourelle donc, puis dans la montée du Chavaroche, le Captain CAP prenant une revanche éclatante à l’Origole. Mais son ennemi juré est loin d’être vaincu hélas !

Le Captain CAP arrivait donc au trail hivernal du Sancy avec une douleur à la con au psoa et un dernier mois d’entraînement bien pourri. L’ambiance était donc un peu mesurée. Car il y avait grosso modo 3 possibilité :

  • La grosse connerie, tenter quand même le 30km (car le Captain CAP est parfois très con et aime bien les « longues » distances).
  • La petite connerie, voir si le 20km sera quand même plaisant sans se blesser plus.
  • L’âge de raison, rendre son dossard, aller prendre quelques photos.

La dernière solution sonnait un peu trop comme « t’as plus de mental Captain CAP, le moindre bobo et tu te défiles comme une lopette ». Les effets de la Pastourelle demandant un règlement de compte, c’est la solution intermédiaire qui est choisie. Surtout que la course est à la maison, avec le frérot, et qu’on voulait la faire depuis l’année dernière. Ça foutait clairement les boules d’annuler.

Hivernal, pour sûr

Passage au Col de Guéry : c’est bien l’hiver

En ce dimanche 14 janvier, la météo s’annonce bien hivernal: un petit 1°C au Mont Dore, de la neige et du vent au col de Guéry. Le Captain CAP choisit la solution de sécurité : un t-shirt d’hiver manches longues Craft (<3), une veste softshell, gants, double buff. Il y avait hésitation avec un gilet, et même avec un simple coupe vent au moment de faire le sac. Mais comme il compte faire la course sans tirer sur la douleur au psoa, ça devrait aller avec une tenue assez chaude, surtout que sur le plateau, ça pourrait peler. Ça, c’est la théorie. Passons à la pratique.

Donc départ à 9h, il fait assez froid, l’échauffement se fait sur la descente dans le Mont Dore. Et la montée assez bouchonnée vers le Col de Guéry rassure sur la petite douleur des semaines précédentes, ça tire un poil, sans être vraiment douloureux. Mais c’est là que l’infâme Calorifix décide de frapper. Il fait chaud. Si si, il fait chaud. Trop chaud. Fort de son expérience, le Captain CAP n’attend pas l’arrivée pour se rendre compte qu’il a été con. Non, il attend un peu trop, mais finit par virer buff et veste pour continuer en t-shirt. Et en baissant la température, ça va mieux. Il se met à neiger, le vent arrive, mais rien à foutre. Ça va mieux comme ça. Et ça avance un peu mieux, même si l’affluence empêche hélas de profiter pleinement des chemins.

Beauuuuu

Les paysages sur le haut du parcours sont magnifiques malgré la météo un peu difficile. La neige plus abondante au sol permet de tester tout le petit matériel du traileur d’hiver : les chaussettes étanches Sealskinz déjà, plus épaisses bien sûr, mais si les chaussures les supportent, franchement c’est top ! Fort de son nouveau super gadget, le Captain CAP tire donc souvent tout droit, dans la boue, l’eau, 20cm de neige, rien à foutre de rien, et c’est très plaisant. Il y a une sensation de froid en plongeant le pied dans l’eau glacée, mais qui s’estompe vite. Aucune gêne, il faut juste des chaussures qui taillent assez grand. Ensuite, les chaînes Yaktrax, un peu difficiles à ajuster, mais top en accroche, elles permettent de prendre des appuis que les autres ne peuvent pas envisager. Les bâtons, ce n’est pas nouveau, mais toujours très utile sur la neige, même si le monde force à être très attentif. Bref, y a pas que Batman qui a des gadgets cools.

On arrive à un ravitaillement très embouteillé au lac de Guéry, avec un petit pincement au cœur en voyant la bifurcation 20/30km, il n’aurait pas fallu provoquer le Captain CAP beaucoup pour qu’il fasse une connerie. Mais non, c’est bien l’âge de presque raison. Donc direction le 20km.

Vu du haut du parcours

À nouveau les paysages viennent en mettre plein les yeux, les nuages s’ouvrent de plus en plus et c’est le pied. Reste la frustration de devoir faire les bordures pour doubler. Au bout d’un moment on reste plutôt derrière. Les sensations ne sont pas exceptionnelles : le plan machiavélique de Calorifix fonctionne à plein régime : grosse chaleur dans la montée, quasiment aucune hydratation, prise de glucides un peu violente au ravito, boom, ça se paye cash ! Mais ça avance pas si mal, même ce n’est pas un grand jour. On profite plus des paysages cela dit, plus en mode plaisir que performance pour une fois.

Paye ta sanction

Descente vers la vallée, et à nouveau trop chaud avec la remontée des températures. Donc on revire la veste qu’on avait remise sur le plateau, on vire les gants, on remonte les manches, bref, on essaye de s’adapter. Et passé le second ravito, c’est évidemment la sanction : après avoir abondamment sué, pas assez bu, et avec un entraînement un peu léger, y a comme un trou. Ça devient difficile, l’infâme Calorifix rit de l’efficacité de son plan diabolique, et le Captain CAP est un peu dans la misère. Bon, pas la misère noire, il commence à comprendre ce qu’il lui arrive, il n’est pas complètement con non plus. Donc il reste dans les 5 à 6km, et on sait très bien que ça va être un peu longuet cette affaire. Les jambes sont là, pas vraiment de douleur, mais la machine est en mode « low energy » et « fait trop chaud dans ces fringues longues ». Finis les paysages enneigés, c’est sympa, mais ça ne vend pas du rêve non plus. Non en fait, il faut juste se le palucher au mental, courir autant qu’on peut, basculer en marche rapide avec l’aide des bâtons en montée, et finir le boulot.

Bilan

Au final, votre super héros le plus rapid… chaud & transpirant de la course à pied boucle le parcours en un peu plus de 2h45, sans avoir regardé le chrono d’ailleurs, et avec un bilan très positif :

  • j’ai pas pété la machine, le psoa est resté super discret, les étirements réguliers semblent porter leur fruit
  • j’ai testé du nouveau matériel dans de nouvelles conditions, c’est fun
  • j’ai quand même pas si mal couru sans être à 100%, et pas lâché comme une brêle à la fin
  • c’était beau, c’était vraiment agréable de courir dans la neige et avec mon frère

Le plus important reste d’avoir pris du plaisir en ayant évité la grosse connerie de tenter une trop longue distance. C’est déjà une petite victoire au niveau de l’état d’esprit, plutôt que de faire la tête de devoir descendre en distance, ou annuler et se dire qu’on devient une chochotte. L’attitude et l’état d’esprit sont primordiaux pour prendre du plaisir et être heureux sur une course. Donc mission accomplie !

Au chapitre des choses à améliorer, il y a bien sûr la gestion de la température. Il faut arrêter d’être trop prudent, et enlever ou alléger les couches ! Sur un trail hivernal, pour une première, la prudence était sûrement normale, mais elle se paye cash pendant la course. J’avais quand même une veste imperméable fine dans le sac que je n’ai JAMAIS sortie bien sûr ! Donc probablement 1 couche et demi de trop, bravo l’estimation. Il y a encore du travail d’ajustement. Mais au moins, je connais sûrement LE facteur clé pour rester efficace, et le plus compliqué à gérer. Ma Némésis, tout simplement. I’ll be back Calofirix, et tu vas voir ta gueule…

Le Trail Hivernal du Sancy

Quelques mots sur cette course très populaire :

  • Grosse organisation, c’est mené de main de maître, zéro souci
  • Le concept 20 ou 30km à choisir en cours de route, c’est top
  • Paysages superbes en haut, même si la météo n’a pas toujours été top
  • Plateau repas à l’arrivée, ça fait du bien !
  • Mais trop de monde lâché d’un coup, beaucoup de file indienne et de dépassement difficile

Miam !

C’est donc très positif, avec le bémol de l’affluence. Cela reste une grosse course, donc n’espérez pas avoir la montagne pour vous, surtout sur le 20km. Sinon vous n’aurez aucun souci, que ce soit au retrait des dossards, pendant la course, ou après au village de course.

7 commentaires

    1. Oui, ça fluctue, mais y a toujours moyen de trouver plein de sources de motivation ! J’ai pas vraiment de planning pour 2018, je laisse un peu venir. Toi tu fais beaucoup de plus de vélo non ?

      1. Oui, je varie les plaisirs. J’ai même découvert la natation alors que je pensais être définitivement fâché avec cette discipline. J’ai fait du coup mon premier triathlon en 1017, une super expérience que je pense renouveler cette année.

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