Année pourrie (bilan Juin Juillet Août 2016)

Samedi 3 Septembre, au lieu d’aller récupérer mon dossard pour mon petit trail chez moi à la maison, je vais distribuer des dossards. Puis le 4, je vais sur le terrain, non pas pour courir, mais pour prendre des photos. Un peu frustrant bien sûr, mais finalement on se fait une raison : 2016, c’est pas vraiment l’année de rêve.

Il faut dire que j’ai un peu récité le petit manuel des conneries à ne pas trop faire. La fin 2015 avait été assez mollassonne, la faute à une vieille crève tenace, mais disons que c’est la faute à pas de chance. La reprise de l’entraînement plus soutenu en 2016 a été bonne, même si un peu difficile évidemment. A cours de forme, j’avais un peu de mal à égaler ce que je faisais l’année dernière, donc mes courses de « préparation », comme je les appelle, ne sont pas des modèles de plaisir. Mais la forme revient bien, je gère le volume pour éviter de trop en faire, j’ajoute plus de vélo, je fais un super séjour en Auvergne avec des amis, je pense donc arriver à ma première grosse course de l’année en bonne forme, en ayant mieux géré ma nouvelle préparation de trail sur trois mois.

Hélas je n’applique pas trop mes propres conseils en m’alignant après une dernière semaine bien partie en eau de boudin : week-end fiévreux, tendon douloureux, infection à un orteil… Le stress de se dire « est-ce que je vais pouvoir y aller » n’a rien de bon. Ça bouffe de l’énergie au lieu d’être relax. Une dernière semaine, ça ne devrait pas être un contre la montre. Bref, pour s’aligner sur un 20km, ça passerait, sur 53km, arrêtons de se voir trop beau.

Ensuite j’enchaîne, je vais trop vite sur une course où il fait tout de même très chaud par rapport aux semaines précédentes, alors qu’il aurait fallu être doublement prudent. Mais non, je pense encore chrono, et évidemment, ça explose. Et abandonner, peu importe les raisons je pense, ça fait forcément mal. On se dit toujours qu’on aurait pu finir, et qu’on aurait dû aller moins vite, et ci et ça et blablablabla. La vraie solution, c’était de décaler, ne pas aller à la Pastourelle, mais de faire le 40km de l’UTPMA par exemple, trois semaines après. Des courses, y en a tout le temps ! Donc leçon bien retenue, je ne m’aligne pas dans n’importe quelles conditions maintenant. La course est l’école de l’humilité, elle vous le rappelle toujours à un moment ou à un autre.

Mais continuons à faire des conneries, parce que si ça n’était que ça… J’arrête de courir après la Pastourelle, pour soigner l’orteil infecté. Je fais du vélo, et ayant expérimenté et apprécié la possibilité de remplacer mes trajets en métro par du vélo, je fais beaucoup de vélo. Enfin, à mon niveau hein. Mais toujours est-il que niveau progressivité, on a connu mieux. Donc une fois par jour, deux fois par jour, 3 fois, 4 fois, je fais des petits trajets en vélo, au lieu d’une à deux fois par semaine, grand max. On ne se blesse pas en vélo de toute façon, n’est-ce pas ?

Et histoire de VRAIMENT être con, je décide de faire du vélo MIEUX, donc en ne faisant pas que du cardio à petite intensité, mais en travaillant la puissance musculaire des jambes pour les montées en trail. Donc j’emmène enfin du braquet. Avant, je moulinais, je glandais, mais là je décide de commencer à pousser. Et en gros, tous le jours. Mes voeux pieux de faire des journées ou semaines plus tranquilles passent souvent à la trappe, car je m’amuse bien à fractionner comme un bourrin dans Paris. C’est fun, franchement, je prends du plaisir, c’est de la relance permanente sur la moitié du chemin. Mais cela équivaut en gros à faire 2 séances de fractionné par jour, 4 à 5 fois par semaine. Sans trop d’échauffement, surtout pour la séance du soir. Inutile de vous faire un dessin, c’est quand même con. Surtout que je ne remarque pas que je suis en train de défoncer ma pédale de droite, elle s’incline, et pousser très fort (enfin, comparé à d’habitude hein, je ne suis pas bon en vélo !) sur une jambe avec un léger angle, ça a dû aussi peser.

Vélo pédale cassée

Pédale bancale, coureur bancal

Bref, je me nique un genou. Et n’oublions pas que j’avais un tendon d’Achille douloureux fin mai, et qu’à ma reprise de la course à pied, je fais quoi ? Un footing de test de 5km, sur terrain meuble, à toute petite allure ? Non, je fais du bitume, en ayant déjà bien préparé le tendon avec un bon sprint à froid jusqu’à la gare. Et ensuite j’enchaîne à froid avec des kilomètres à plus de 12km/h. Ca descend souvent, certes, mais c’est d’autant plus de force à encaisser pour le tendon. Très malin. Très très malin. Donc évidemment, ça refait mal.

Et cerise sur le gâteau, comme j’ai un peu lâché les étirements, je suis raide comme un piquet, et à mon shooting de mariage de l’été, à force de faire des descentes sur mon genou droit, je me fais bien mal au gros orteil droit qui en a marre de se prendre un 90° 400 fois dans la journée. Ca s’appelle la cerise sur le gâteau ça, ça n’a pas une grande importance du tout en course à pied, mais ça fait bien pour décorer et finir le travail.

applaudissementBilan, ma jambe droite fait la gueule : orteil douloureux, tendon douloureux, genou douloureux. Bien joué. Tout en progressif, en raisonnable, en mesuré. Abruti va !

Au moins j’en tire vite les conclusions : on annule le trail de Septembre à la piaule, on arrête de penser courses et objectifs de l’année. Le but est de se remettre en état de marche. Changer sa façon de s’entraîner de manière aussi brutale, c’est n’importe quoi. Je ne doute pas d’y arriver à terme, de mixer vélo, course, trottinette (ben ouais, ça a l’air cool la trottinette), avec de très bons volumes sans trop prendre sur mon temps libre. Je reste persuadé que c’est une très bonne idée. Mais la manière… ouch.

Bien sûr, au mois d’Août, pendant mes vacances, j’ai accepté l’idée de ne pas être hyper raisonnable, afin de profiter du grand air pendant mes congés. J’ai peu couru, peu fait de vélo, mais j’en ai fait quand même, plus tranquillement. Bon ok, j’ai fait un trail de 24km avec une grosse chaleur avec mon frère et des potes. Mais sans pousser dès que j’ai vu que le tendon était toujours douloureux, et surtout que la chaleur allait me mettre une claque. Ok j’ai fait une rando de 23km avec des bons dénivelés, mes genoux n’ont pas aimé les descentes, mais quel plaisir de se faire les monts du Cantal avec une super météo et des amis. Je n’ai pas poussé sur le vélo, mais j’ai pu apprécier mon état de forme même à allure retenue, le lendemain du trail. Je n’ai pas régressé en tout, j’ai appris pas mal de choses.

Ma rando du mois d'Août, c'était pas dégeu

Ma rando du mois d’Août, c’était pas dégeu

 

Mais soyons honnête, je ne vais pas faire un bel article en expliquant qu’il faut faire des erreurs pour apprendre et qu’il y a du positif, qu’il faut le retenir, blablabla. Oui c’est vrai, on en retire des leçons à long terme, mais on peut se la raconter autant de fois qu’on veut, il y a aussi et surtout la déception et la frustration de faire des conneries. Alliée à un certain stress depuis quelques mois pour des raisons diverses et variées qui n’ont rien à faire dans ce blog. Donc toujours est-il que malgré le positif, 2016 pour le moment est un peu pourrie, il faut être clair.

Comprendre et accepter n’est pas toujours facile. Je suis tout de même heureux d’aller à ma course, non pas pour courir, mais pour filer un coup de main, et sans rechigner. Oh, je vais bien être un peu jaloux quand les coureurs vont partir à 7h. Mais je n’aurais pas pu être prêt, et des courses il y en aura d’autres. Ne pas voir qu’à court terme est important, et j’espère pouvoir tout remettre en place pour tenter de savoir jusqu’où je peux aller et viser quelques petits rêves de traileur amateur. Mais ça, c’est dans l’article qui va venir.

Les chiffres

Et comme vous adorez les chiffres, je vous empaquette le bilan Juin / Juillet / Août dans cet article allez hop :

Juin : 24h d’entraînement, donc 25′ de running trop vite.
450km de vélo en 41 petites sorties où l’on a bien poussé sur les gambettes
1800m de D+, histoire de
Un tendon d’Achille trop douloureux, un genou qui commence à l’être

Juillet : 9h40 d’entraînement, donc 36′ de trail pour tester, et 1h de trottinette parce que c’est cool
155km de vélo, 15km de trottinette, 6.5km de trail
Un tendon d’Achille toujours trop douloureux, un genou qui l’est devenu, trois semaines quasi à blanc pour soigner tout ça

Août : 21h46 d’entraînement (mais 7h30 de rando), dont 4h20 de trail, et une lichette de trottinette
41km de trail, 22km de rando, 195km de vélo
Un tendon d’Achille qui s’améliore, un genou qui s’améliore, pas trop de prise de poids

11 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Présenté ainsi, le cas est effectivement sans appel. Pire ? Peut-être abandonner avec en plus les problèmes gastriques de Y. Diniz, ce qui aurait pu ajouter l’humiliation à la consternation… Quant à la trottinette, malheureux, ne savais-tu pas qu’en usant de ce mode de locomotion, nous (4 km quotidiennement pour aller au boulot, en ce qui me concerne) étions l’incarnation de l’infantilisation de la société : http://www.lexpress.fr/actualite/medias/la-virulente-charge-de-michel-onfray-contre-les-adultes-en-trottinette_1825938.html
    Il fallait bien cette dernière « mauvaise » nouvelle pour conclure un tel palmarès !

    • Ahahah. On m’a déjà fait des remarques sur la trottinette en effet ! Rien à foutre, je pense que c’est pas mal pour bosser les ischios et plus globalement la puissance. Et rester un grand enfant parfois, ça a du bon. Tout cela reste un grand jeu de toute façon.

  2. Comme l’écrivait Baudelaire, « le génie, c’est l’enfance retrouvée à volonté »… Tu en déduiras ce que tu veux sur nos QI respectifs, nous, trottineurs et trotteurs assumés… Quant à l’utilité de l’engin pour les ischios et les fessiers, surtout en côte, oui, je pense sérieusement à en faire des séances de muscu spécifiques.

  3. Si tu voulais vraiment vraiment faire les choses en grand, tu aurais pu aussi te péter le col du fémur!!!!
    Pour ma part, toujours à mon petit niveau et m’a petite expérience, j’ai remarquéu une alternance flagrante entre les saisons (ou année suivant comment on découpe son calendrier running)
    Une bonne saison? La suivante on veut faire mieux, donc on y va plus fort plus vite et ça explose…
    Du coup l’année suivante, on revient au basique….du plaisir, pas de course au chrono, et de la sagesse dans les entraînements….et ça passe bien. On explose pas tous les chronos mais les sensation et le plaisir sont là…donc l’année suivante on veut faire mieux….et ainsi de suite.
    C’est bien sûr très schématique mais c’est en gros ce qui m’arrive depuis 3-4 ans (depuis que j’essaie de courir sérieusement en fait)
    Bon courage quand même pour la suite

    • Oui c’est sûr, ça pourrait toujours être pire. Encore que, je me demande si la bonne vraie blessure qui force à s’arrêter complètement n’est pas mieux qu’être entre deux eaux, ralentir, remplacer, compenser et ne jamais vraiment de reposer. Ton analyse est intéressante, même si je ne suis pas sûr qu’elle s’applique à moi. Mais c’est certain que l’année dernière j’ai bossé surtout l’endurance, donc peu d’intensité, et c’est passé. Alors que cette année je voulais remettre plus de « qualité » et de vitesse et boum.

  4. La frustration… je connais çà aussi 🙁
    Mais le vent va tourner. Tôt ou tard. En attendant, patience… même si, visiblement, ce n’est pas ta (notre) première qualité 😉

    • J’ai l’impression d’avoir un peu progressé à ce niveau. J’ai réussi à ne plus être en mode « je peux peut-être être remis pour telle course ». Ce qui montrait bien que je n’étais pas en mode priorité à la guérison, mais que je pensais encore et toujours à mes courses, chiffres et objectifs. Là je ne suis pas pressé de reprendre la course, je n’ai pas l’impression de perdre du temps. Donc y a peut-être du mieux ! Sûrement bien aidé par le vélo qui me donne ma mini-dose de mise en mouvement.

  5. La blessure fait malheureusement partie de la vie de sportif. Et quant on voit les objectifs de l’année approcher à grand pas il est difficile d’accepter celle-ci. Et une reprise trop rapide provoque très souvent la rechute… Je ne peux que t’encourager à être patient et à rever d’une année 2017 sans pépins !
    Pour éviter la blessure un calendrier bien ficelé avant d’attaquer l’année n’est il pas l’idéal ?

    • Oh j’avais bien mon calendrier, avec des phases de préparation, de repos, etc… Mais dans cette histoire, deux gros grains de sable (des cailloux oui…) : ne pas savoir adapter le planning en fonction des aléas (donc laisser passer la Pastourelle pour choisir une autre course 2/3 semaines après, que j’avais repérée en plus !), et surtout, ne pas changer son mode d’entraînement de manière aussi drastique. C’était bien naïf et surtout peu humble de ma part ! Mais ça ne se reproduira pas en 2017. Enfin j’espère 🙂

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