Same player shoots again (Nolan style)

Oui on refait quelques parties, à la fois dans un style tout nouveau (le « commuting » parisien), et hélas dans un style un peu trop connu (bobo, pause…). Mais le premier compense agréablement le second, c’est déjà pas si mal.

Ouille

Commençons par ce qui fâche. En mai, je m’étais retrouvé fiévreux / sur 9 orteils / endolori du tendon d’Achille droit juste avant mon gros trail printanier, avec le résultat qu’on connaît. Je pensais alors que le tendon réagissait simplement à l’état général du corps, et qu’il serait vite revenu à la normal, càd douloureux à la palpation à un endroit précis, mais pas gênant pour courir, comme depuis Janvier en fait. Une douleur de coureur quoi, dur au mal, tout ça tout ça . Hélas, ça c’était avant. Après un bon repos de course à pied de plus de trois semaines, une simple petite sortie de 5km et quelques suffit à le rendre à nouveau trop sensible, et le lendemain, tout simplement impropre à la course. Cette douleur assez haute et sur un côté ne fait pas du tout enfler le tendon, ce n’est pas une simple inflammation pas trop gênante, c’est de la vraie douleur qui force à s’arrêter. Trois semaines après, un petit test en forêt, terrain meuble, sans forcer et même résultat, ça passe à chaud, plus du tout à froid ensuite. Bref, ça n’a pas l’air suffisamment cicatrisé cette affaire. L’orteil est revenu à la normale par contre, même si se taper 30km dessus n’a pas été franchement bénéfique. Au moins, il y a toujours l’idée que la meilleure chose à faire aurait été de ne pas aller à cette course et d’en choisir une autre quelques semaines après. Bien sûr, il y a parfois dans la tête des pensées comme « tu aurais quand même pu finir, t’as lâché ». Mais globalement, pas trop de mal de tête post abandon, plutôt la frustration de ne pas pouvoir courir et de devoir revoir ses plans de l’été. Quand il fait enfin 25°C et qu’on se voit bien courir en short, ça fout les boules, soyons clair. Surtout que les plans de trail de l’été en prennent aussi un bon coup dans l’aile. Pour l’instant, 2016, ça pue, niveau courses, soyons clair. Une frustration en a remplacé une autre. Donc il faut trouver son petit bonheur ailleurs.

Commutons

Donc d’un autre côté, il y a surtout la satisfaction d’avoir trouvé une alternative sympa à la course : le vélo ! Bien sûr, j’en faisais avant, mais un peu à reculons. Soyons clair, ça me gavait la plupart du temps, sauf si j’arrivais à mettre un but à chaque sortie : « je vais aller chercher tel truc chez un pote », « je vais aller faire des photos là bas ». Et je faisais quasi exclusivement de l’endurance peinard, je ne forçais pas trop, c’était un simple complément cardio et une compensation en cas de blessure. Bref, je glandais et je m’ennuyais. J’étais mauvais.

Mais ça c’était avant de découvrir que je pouvais mieux commuter. Le commuting, c’est à la mode. J’en faisais déjà un peu avant de découvrir ce nom. Quelques petits trajets de course entre la gare et le bureau, ou entre le métro et la maison, sur 7-8km max. Mais il suffisait d’être un peu plus curieux pour constater qu’il n’est pas difficile de prendre son vélo dans le train malgré l’interdiction aux heures de pointe, et que 11km pour supprimer le métro, c’est pas grand chose en vélo, et même jouable en course. Sans parler des possibilités de variation, avec un complément de 9km vélo / 7.5km course ensuite après le train, via la forêt. Bref, cela donne un bel arsenal de possibilités, et le vélo permettant d’embarquer un gros sac, il résout les soucis de logistiques que la course posait (oui trimbaler un change complet en hiver pour le bureau, c’est pas trop jouable avec mes sacs de trail). Et surtout, il permet d’éliminer COMPLÈTEMENT le métro. Autant le train, j’aime bien, c’est plus calme, je peux lire, me reposer, écouter de la musique, écrire ces merveilleux articles, autant le métro, c’est chiant… Souvent debout, parfois serré, au chaud, au froid, en retard… C’est naze. Surtout après avoir essayé sans. Je préfère encore me prendre la flotte sur le vélo ! Le métro, c’est la passivité. C’est subir les retards, les conditions, la tronche déprimé des parisiens, c’est devoir faire attention un minimum à ses affaires. Le vélo, c’est plus rapide, les retards sont minimes (sauf avec les inondations, mais ça c’est une fois par siècle…). Si je veux aller plus vite, j’appuie. Mes efforts servent à quelque chose. Bref, Je décide. C’est moi le boss.

Ludique

En plus, le trajet maison – gare n’est pas si mal. J’avais déjà appris à aimer le vélo dans Paris à grands coups de zig-zags et autres légers arrangements avec le code de la route. Le trajet maison-gare, c’est beaucoup de piste cyclable, peu de passages dans un trafic plutôt léger de toute façon, et c’est ludique, surtout grâce aux segments Strava ! Vous savez, c’est comme arriver à faire un high score sur un niveau dans un jeu vidéo : vous connaissez bien le niveau, vous savez qu’il faut avoir le bon timing, bien réussir certains passages pour choper le max de points, et vous le refaites, encore et encore, pour faire péter le high score. En vélo, c’est pareil. Il faut négocier les feux, les gros carrefours, il faut connaître les passages secrets, les petites astuces. Ouais du style, à Denfert, si tu arrives au feu rouge, tu t’avances, et lorsque ça passe au rouge à gauche, tu as quelques secondes pour faire la nique au feu vert qui vient de la droite, sinon ensuite, tu tournes à droite au lieu d’aller tout droit, et tout de suite un gauche / droite pour reprendre la bonne route mais avec les feux au vert, vous avez suivi ??). Donc au final, comme j’ai du mal à faire du vélo en mode touriste, je m’amuse. Et comme il y a mieux à faire qu’un simple entretien cardio, j’essaye de pousser du braquet pour faire bosser les cuisses, ça sera toujours bénéfique en trail sur les montées. Bien sûr, je pars de loin, donc rien de folichon, mais je m’éclate, je bosse, je gagne du temps par rapport au métro, et je me sens beaucoup beaucoup plus libre. Une liberté différente de celle de la course (j’ai toujours du mal avec la partie mécanique…), mais au final tellement mieux que mes contraintes ratpesques d’avant.

Rigueur

Bref, j’ai trouvé un VRAI complément sympa à la course. Tellement sympa que j’ai pu passer plus de trois semaines sans courir une seule fois et sans vraiment ronger mon frein. J’ai reposé mon orteil, j’ai appris à parfaitement gérer la logistique de l’affaire, j’ai découvert les petits aléas du cycliste. Surtout que maintenant que le vélo est utilisé pour aller au travail, il faut un peu de fiabilité. C’est la partie moins drôle du vélo je trouve, devoir trimbaler des outils, entretenir le vélo, ça ne me plaira jamais vraiment. La simplicité de la course n’a pas d’égale. Mais cette contrainte a aussi du bon : j’ai une obligation de résultat. Je dois assurer un minimum de vitesse pour arriver à l’heure au train. Bien sûr, si je suis malade, ou vraiment crevé, je peux prendre le métro. Mais ça me gave tellement que je ne considère cette solution qu’en dernier recours. Il y a donc grosso modo deux petits entraînements par jour, à assurer qu’on soit fatigué ou pas, qu’il fasse beau ou pas. Ca change de l’entraînement annulable pour n’importe quelle raison. Je n’étais pas spécialement un tire au flan, surtout en période de préparation, mais je trouve que ces trajets apportent une autre rigueur dans l’entraînement. Ca oblige aussi à prendre des automatismes, à préparer son sac comme il faut, à utiliser du matériel qui sait se faire discret et efficace. Au final, la répétition rend les tâches naturelles et faciles, et l’effort devient également normal par la force des choses. Bref, vous l’aurez compris, je suis vraiment fan. Pouvoir mixer vélo et course, sur les temps de transport, en s’amusant, c’est vraiment sympa. L’idée est de remettre de la course à pied dans la boucle, soit le midi (du tri-journalier, pourquoi pas !), soit sur les trajets parfois, pour ainsi libérer un peu plus de temps libre le week end, et garder surtout des jolies sorties trail plus longues. Il y a moyen de faire facilement 5 à 7h d’entraînement hors week end, avec une proportion vélo/course allant de 100/0 à 40/60 je pense, les courses étant évidemment plus longues et pas toujours évidentes à caser pour des raisons logistiques. Il faudra aussi gérer les journées plus courtes de l’automne et de l’hiver. Mais franchement, TOUT PLUTÔT QUE LE MÉTRO.

La boucle est bouclée

Et alors que cet article déjà trop long se dirigeait vers une conclusion finalement assez convenue, ne voilà t’y pas que votre serviteur lui apporte une touche presque Nolanesque, une boucle dans la boucle ! C’est brillant !

Car oui, passer de « presque pas de vélo comme un touriste » à « 2 à 4 entraînements de vélo un peu bourrins par jour », c’est pas tip-top. Je progresse vite, mais pas autant qu’un des tendons de mon genou droit. Donc je dois lever le pied, également en vélo ! (Insérez ici un bon gros cri primaire bardé d’insultes en tout genre). C’est le souci quand on prend les choses à cœur… Mais l’évolution de mon entraînement et de mes objectifs est en cours, l’adaptation se fait juste à la dure, comme souvent. Et non, je vous entends dans le fond (oui, j’aime bien faire comme si j’avais 500 lecteurs en face de moi), je ne me mettrai pas à la natation. NON. Déjà, je nage comme une enclume, et ensuite, même si cela serait logique d’ajouter une troisième boucle dans mon effet de boucle dans la boucle, ne versons pas dans la facilité narrative. Non, votre serviteur va rester dans ses deux boucles imbriquées et tenter de faire et de la course et du vélo, en paix avec son corps et son esprit torturé.

Car oui, au final, plus que cette double boucle imbriquée, le vrai pot au rose de ce blog, le vrai twist final, ne serait-il finalement pas que son auteur-compositeur-interprète ferait (mal) du sport dans l’UNIQUE BUT pour pouvoir écrire avec brio de beaux articles de grand n’importe quoi ? Vous seriez donc les spectateurs ébaubis d’une magistrale supercherie géante. Ça vous la couperait ça hein !

Sur ce, je laisse la toupie tourner, j’ai des tendons à soigner.

6 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. « Pasaprespas » à vélo… Je rêve, c’est pas réel, on va me réveiller…
    Ben, bon GREC alors ! Non, pas le truc qui t’enfle le corps, plutôt le Glace-Récupération-Elévation-Contention pour les tendinopathies.
    L’été va être au repos…
    LL

    • Ahahah, j’ai cru un instant qu’il fallait que j’aille plus à mon Kebab favori 😉 Ca me semblait bizarre comme traitement. Oui tu as raison, il faut un peu de repos. Par contre, je n’ai vraiment pas un tendon enflé du tout. Ca ne ressemble pas à une grosse tendinite. Donc si ça ne se remet pas avec du repos / glaçage / étirement / Stanish, ça sera le médecin qui me dira quoi faire.

      En attendant, si si, vélo ! Avec du plaisir même 😉 Et j’espère sans trop faire perdre pour la course, je suis les conseils des traileurs pour bosser dans le bon sens en poussant du braquet.

  2. Cette phrase typique du coureur m’interpelle particulièrement, surtout si je la tronque « Je pensais alors que le tendon (…) serait vite revenu à la normal, càd douloureux (…) » .
    Le velotaf c’est vraiment cool, mon seul souci avec ça c’est le fait d’être relativement vulnérable et d’avoir frôlé plusieurs fois l’accident avec une voiture ou ouverture de portière, et mon corps me semble plus mou que la carosserie d’une voiture ou que le bitume…

    • Oui, c’est un peu triste à lire quelque part, devoir gérer une douleur au quotidien… Pourtant j’ai bien bossé à changer ma foulée, j’ai résolu le souci du genou, mais ça n’est pas sans conséquence sur les tendons d’Achille. Peut-être qu’une vraie pause s’impose, et une nouvelle analyse de la foulée pour voir si je ne suis pas un peu agressif dessus.

      Quant au vélo, je vois ce que tu veux dire. Mais j’aime bien cet aspect en fait, je dois être hyper attentif sur le vélo. Cela dit, j’ai peu de passage au milieu des voitures. Et encore aucune chute. Donc pour le moment, je profite de l’effet grisant du zig zag entre les voitures, j’ai besoin d’avoir un peu d’intensité dans l’entraînement aussi. Peut-être qu’une chute me fera changer d’avis, mais pour le moment, je me sens relativement en sécurité et en contrôle (mais un vélo avec des freins à disque, ça me paraît un achat sympa, surtout quand il pleut…).

      • Ha bin c’est sûr que le vélo c’est plus de fun immédiat que la course à pied. Je t’avoue que ces histoires de tendons suite à transition c’est aussi un peu mon petit souci en ce moment, je bosse ma foulée depuis plusieurs mois, (parti de joyeux talonneur comme toi de ce que j’ai lu) et depuis je suis toujours plus ou moins sensible au niveau de l’insertion du tendon d’achille sur l’os du talon. Je réduis fortement l’intensité pour voir si ça se tasse ou pas parce que j’ai pas forcément envie de passer ma vie comme ça en fait 😀

        • Moi ça a toujours été plus haut, jamais à l’insertion. Comme quoi c’est complexe c’est affaire là. Mais on ne change pas des habitudes vieilles de 20 ans facilement. Et je pense qu’il y a aussi quelques excès d’entraînement, même si j’essaye de surveiller ça. Je pensais vraiment avoir régularisé ça depuis l’automne, c’est forcément rageant.

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