Préparation Pastourelle 2016 : la vaste blague de la semaine 11

Oui, souvenez vous, la semaine dernière, l’autour-compositeur-interprète exultait de sa semaine 10 si réussie. Fort de son expérience, il s’enorgueillait d’être moins con et d’avoir appris de ses erreurs des années précédentes en terme de récupération / protection de sa santé en période d’entraînement lourd. Mais la course étant assurément l’école de l’humilité, elle l’attendait au coin de la rue de la semaine 11 pour lui proposer une séance de rattrapage et lui latter la gueule.

La semaine 11 n’est pas une semaine de course à pied. C’est une semaine assez risible, même si elle incite forcément à rire jaune. Au sortie de la belle semaine 10, je joue pourtant la carte de la prudence : repos le samedi et le dimanche. Bien. Pas de surenchère. Bravo. Une petite séance de 30 minutes de vélo le lundi, footing d’après taf annulé à cause d’une réunion qui dure, pas grave. Le mardi, je me réveille un peu tard, part un peu en retard et me retrouve à devoir raccourcir ma petite sortie trail aux Vaux de Cernay pour pouvoir arriver au bureau à l’heure. Rien de grave à priori, je pousse la séance plus vite en coupant une petite boucle autour de l’abbaye. Bonne suée, une petite alerte sur le bas de la jambe droite là où une douleur était apparue aux 25 bosses, mais rien de méchant. Le soir, retour en vélo, à un rythme sympa, tout va bien. Encore que. Les signes du drame de la semaine 11 sont pourtant déjà là (notez comme l’auteur sait user de termes bien exagérés pour tenter d’apporte une dramaturgie totalement artificielle à une simple préparation de course sans enjeux).

Dès le mardi après midi, il y a un tendon d’Achille droit bien douloureux. Au même endroit que d’habitude, c’est une zone sensible depuis longtemps en fait. Mais normalement, seulement à la palpation, jamais en courant ou marchant. Franchement, jusque là j’étais vraiment ravi de l’état de mes tendons d’Achille. Rien à voir avec quelques mois auparavant. Jamais une gêne en courant. Jamais de tension douloureuse au réveil. Vraiment, j’étais satisfait du travail effectué à ce niveau à l’automne. Cette douleur était vraiment étrange, car sortie d’un peu nulle part, et sûrement pas pendant la sortie du matin, pourtant un peu exigeante sur les tendons.

Bref. Le mercredi matin, le runtaf prévu au petit matin tourne court. Au réveil, le tendon annonçait déjà la défaite. Quelques minutes plus tard, et 700m plus loin en fait, je ne tente pas le diable, je m’arrête. Et je file au métro. Ca fait trop mal pour courir dessus. La prudence est plus que nécessaire. Et j’annule toutes les sorties prévues sur les deux jours. Donc mercredi, jeudi, blanc. Surtout que je ne me sens pas à 100%. Des petites conneries de-ci de-là. Le tendon bien douloureux encore. Un orteil douloureux et peu enflé. Une petite toux, la faute à des températures enfin printanières, mais qui cachent des matins encore bien frais contre lesquels je m’étais pourtant JURE CRACHE PROMIS de bien me protéger. Visiblement, c’est mal négocié.

Le vendredi, évidemment encore trop dans mon idée de volume hebdomadaire à respecter (les priorités bordel, les priorités mec !), je pars au bureau en mode « vélotaf extended », donc 30′ pour aller à la gare, puis 25′ de la gare d’arrivée jusqu’au bureau. Et la même chose au retour, en poussant un minimum parce que je ne suis pas une lopette. Et même si ça passe très bien pour l’orteil et le tendon, je sens bien que je ne suis pas à 100%, ça entraîne une fatigue clairement anormale. Ce sont les sorties de trop, qui finissent de composer le cocktail infernal de la semaine 11 :

Fuckkk

Le vendredi soir part en couille, je suis à plat, légèrement fiévreux. Bronches prises, l’orteil est bien douloureux et enflé, je ne pense même plus à mon tendon tellement cela semble annexe maintenant. Son inflammation était d’ailleurs sûrement plus dû à un état général d’inflammation qu’à la course à pied. Je trouvais cette douleur bizarre le mardi, j’aurais dû plus écouter cette intuition. Car le week end qui s’en suit a été bien minable, avec une toux grasse et des bronches bien douloureuses, des douleurs musculaires et articulaires, léger mal de tête, petite fièvre, zéro énergie, bref, ça sent le petit virus à plein nez. applaudissementEt le dimanche, je comprends que le doigt de pied enflé n’est pas un simple bobo dû à un choc ou des frottements, mais une infection suite à un ongle mal coupé (bravo !). Donc désinfection, en espérant que ça se répare tout seul, sinon ça sera la case médecin. Pour une semaine qu’on devait faire tranquillement à coups de petites sorties en se sentant bien et endurant, c’est raté. A la place, c’est pas mal de (mauvaise) fatigue et un mélange un peu détonnant de petits bobos qui sont mal gérés. Well done buddy !

Maintenant l’objectif est simple : voir si on peut être remis sur pied pour le Mercredi matin, dernier délai. La course ayant lieu le Samedi, pas la peine d’aller au casse pipe si le Jeudi on est encore légèrement fiévreux avec des bronches grasses et un doigt de pied qui suinte un truc pas joli à voir. L’idée est quand même d’arriver frais et avec du maximum de jus, cela reste une course d’environ 8h et pas une sortie de 20 bornes. Je n’ai pas encore la prétention de penser que je peux faire ça en étant à 50% sans souffrir plus que nécessaire et s’épuiser le corps pour une fierté bien mal placée. Ouf, je suis un peu con certes, mais pas complètement, c’est la partie rassurante de cette semaine. Le cerveau n’est pas encore trop atteint.

La suite du suspense insoutenable de cette fin de préparation très bientôt… (comment ça je fais du teasing pour tenter de rendre plus intéressante cette préparation autrement assez banale ??).

8 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Tu fais preuve de sagesse et modération quand même, peut être même ce sera l’occasion d’arriver super-frais et bien reposé à ta course, qui sait 😉

  2. Le plus gros de l’entraînement était fait avant le pépin. Priorité, donc, au repos et si tu as bien récupéré, cela devrait bien passer. Moi, un peu comme toi, durant une semaine de récup’, lors d’un footing mollo-mollo sur du terrain souple, je me suis chopé une sorte de contracture/élongation indéterminée qui m’a bloqué pendant plus d’un mois, en pleine préparation. C’est passé comme c’est venu mais les ambitions ont été réduites d’un trail de 50km à un plus modeste de 20 km. Sur le coup, on est énervé mais franchement, c’est un tel bonheur quand tout fonctionne à nouveau à peu près bien qu’il faut relativiser ces bobos, de toute façon inévitables. Pour les tendinopathies au talon, y’a pas de secret, les étirements (+glace), c’est quand même bien pour prévenir et ensuite guérir. En tout cas, moi, moins j’en fais, plus j’ai mal… Autre épisode qui permet de relativiser ; la semaine dernière, j’ai croisé sur les bords de Marne une femme apparemment atteinte de poliomyélite et qui pourtant s’astreint à se déplacer comme elle le peut avec ses béquilles. Hier, sur la piste cycliste de Vincennes, un coureur en fauteuil roulant… Je ne veux pas verser dans le misérabilisme et surtout donner le sentiment que ces personnes m’inspirent de la pitié. Au contraire, c’est du respect et de l’admiration. Donc, c’est sûr que lorsqu’on est bloqué dans une préparation, c’est rageant, mais enfin, on a deux jambes auxquelles on demande pas mal de souffrances et qui tournent tout de même pas trop mal… Bonne course !!! On attend le reportage (des images ?) d’après avec impatience.
    LL

    • Je suis complètement d’accord. Le tendon d’ailleurs, c’est un faux problème pour moi. Il s’est inflammé car le corps était en souffrance. Donc je l’ai glacé, mais tout en pensant que si je récupérais, il allait se calmer. Visiblement, c’est le cas. Et comme tu dis, le gros du boulot est fait, donc même si je ne peux pas être aussi performant que voulu, c’est déjà bien de pouvoir courir, profiter et apprendre. Certains en effet ne peuvent pas faire tout ça, j’y ai pensé en fait. Tant que j’ai un corps reposé et pas de souci qui risquerait d’empirer à cause de l’effort, je dois m’estimer heureux et profiter. C’est l’état d’esprit. Et au pire, je ne prends pas de risque, et j’ai des solutions de secours. Le travail n’est jamais perdu.

      • Au pire, si tu ne peux courir la distance la plus longue, il y a peut-être moyen de te rabattre sur une distance plus courte ? C’est ce que j’ai fais pour le trail du Garlaban (ça passait ou ça cassait après un mois et demi d’un peu de vélo et de petites footings à allure comateuse… et cela a passé et le mollet me fout la paix depuis) et j’ai quand même pu pleinement profiter des odeurs du thym en fleur et des magnifiques paysages de garrigue, avec vue sur la Méditerranée.
        C’est vrai que cette question des blessures physiques et de l’influence de la psychologie/état de forme est très intéressante. Pour les soins au tendon d’Achille, je suis aussi sensible à ce niveau et avec de la patience et de la régularité, le protocole de Stanish donne de bons résultats et en peu de semaines finalement.
        Allez, maintenant, faut rentrer dedans et bon courage. Ce repos forcé peut réserver de bonnes surprises.
        LL

        • Non je ne pense pas qu’on puisse se faire reverser sur le parcours plus court. Je n’ai pas peur de la distance niveau endurance, suffit d’aller un peu plus doucement. Comme j’ai dit à Anto, c’est plus l’orteil amoché qui risque de couiner. On va déjà le laisser au repos jusqu’à samedi.

  3. T’inquiètes, physiquement tu es prêt. Prends soin de toi. Du repos, du repos… et du repos et ça devrait aller ! Tisannes et bouillote sont prescrites !!! Après c’est sûr que si t’es complètement à plat, un 50 bornes n’est peut-être pas recommandé… Ca demande quand même un peu de jus – enfin je dis ça, j’ai jamais fait si long -. Je fais confiance à la nature pour corriger tout cela avant Samedi. Ca va le faire ! Entre parenthèses (je sais on dit des guillemets), joli teasing ! 😉 Tchuss ! Anto.

    • Être assez reposé pour samedi, ça devrait le faire, je devrais pas être à l’agonie. C’est plus l’orteil qui est une interrogation. Je sais pas trop s’il va apprécier la promenade. Mais sans essayer, je peux pas savoir. On verra bien samedi, pour le moment je suis plutôt optimiste !

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