CR entre chien et loup 2016

Bis repetita. Après la découverte de la course de nuit en 2015, on retourne se faire plaisir (enfin…) à Droue sur Drouette et son sympathique trail de 28km entre jour et nuit. De la forêt, de la boue, des montées bien sèches, de belles descentes et une ambiance sympathique pour se mettre bien minable, c’est ça qu’on aime !

Ce n’est bien sûr pas LA course de l’année, mais ce n’est pas non plus une sortie longue à faire en sifflotant. Donc semaine light, deux petites sorties de vélo pour soulager un genou gauche légèrement douloureux parfois, et on mange un peu de féculents. Initialement, càd avant l’automne, l’idée était d’arriver mieux préparé qu’en 2015, après un automne passé à faire plus de vitesse et un hiver à se faire son endurance. Évidemment, ça ne s’est pas DU TOUT passé comme ça. Donc on arrive sans avoir bossé la vitesse, avec peu de volume, et des kilos en trop. Fail, fail et re-fail. D’un autre côté, il y a les acquis de l’année dernière, je suis plus assuré en descente, et je pense avoir encore les jambes pour tenir 28km sans m’effondrer. Donc s’il y a possibilité de faire mieux, il faudra la saisir. Prévoyons de partir à un rythme correct mais sans forcer, puis voyons s’il est possible d’accélérer un peu après 20km. C’est souvent à partir de cette distance que les jambes deviennent un peu lourdes pour certains, et j’arrive à remonter quelques places. Voilà, plan noté dans un coin de la tête.

Le samedi, une fois sur place, on retrouve bien l’ambiance de l’année dernière : les gens sont souriants, sympa, c’est bien organisé, il n’y a pas 4000 personnes donc c’est très convivial, il ne manque qu’un peu de soleil et quelques degrés de plus. Je retrouve quelques têtes connues, Jérémy qui a réussi à se péter la main (ça fait mal au coeur pour lui…), Bertrand (pas) entraîné comme toujours, et Yves un collègue qui est bénévole sur le parcours. Échauffement à minima, un gilet sur un tshirt à manches longues pour gérer le chaud / froid et c’est parti !

Bybye le plan !

S’en suit un début de course qui rappelle un peu trop l’année dernière. Càd pas trop rapide, à se retrouver un peu dans le trafic et à avoir encore un peu trop chaud. La machine est un peu lente à se mettre en route et à trouver la bonne carburation. Puis s’impose rapidement une constatation : soit les autres montent franchement bien, soit c’est moi qui suis un peu lent… Par contre sur le plat et les descentes, ça va mieux. Surtout les descentes en fait, quel changement !

Les rangs s’éclaircissent un peu, et on peut ainsi progresser tranquillement tant qu’il fait encore jour. Un coup d’œil à la montre confirme les sensations : cardio moyen au dessus de 170, ce n’est PAS un départ tranquille. Donc objectif immédiat, on se détend, on ralentit une lichette, et on calme un peu tout ça. C’est le yoyo permanent avec certains coureurs : je suis, puis je double, je me fais doubler, je re-double. On voit passer les bons coureurs partis doucement qui accélèrent tranquillement en discutant. Bref, pas drôle drôle cette affaire, on n’est pas en endurance douce qui permet de bien profiter. Le plan initial de gestion de la course part évidemment en vrille, c’est la course qui me gère, et non l’inverse. Mais d’un autre côté, c’est une course. Venir pour faire ça en aisance, ça ne serait pas l’idée, je peux faire ça tout seul comme un grand un autre week-end.

Attitude attitude attitude

Dans ces cas, il y a maintenant une constante chez moi, un espèce de truc mental pour bien rester dans sa course : attitude attitude attitude. Les soucis que j’ai pu avoir au genou en 2015 me font penser qu’il faut garder une bonne posture tout le temps. Portée vers l’avant, pas de talonnage ni d’attitude de retrait. Même si c’est un peu dur, on garde la bonne attitude, quoi qu’il arrive. Et l’effet course joue beaucoup : pas question de lâcher des places facilement. Le petit effort permanent est là pour se concentrer sur la foulée. Avancer avancer avancer. Double bénéfice, le genou ne subit pas, et mentalement cela permet de ne rien lâcher.

Il y a aussi cette pensée bizarre qui revient inlassablement : une parole de chanson, une phrase, une idée fixe qui revient en boucle sur certaines courses longues. Cette fois, ce sont des noms de joueurs de foot. Ngolo Kanté et Ousmane Dembélé. Ne me demandez pas pourquoi, je ne suis pas vraiment le foot en plus. Mais pendant une bonne partie de la course quand la concentration n’avait pas à être maximale, ces nom reviennent, ça sonne bien quelque part, une espèce de rengaine mentale quand on doit enchaîner les longues lignes droites.

Dans le désordre

La campagne défile doucement, le premier ravito arrive et pas mal ne s’arrêtent pas. Je refais juste le plein d’eau et c’est reparti. Les bénévoles sont toujours aussi sympas, le petit bobo bizarre au genou gauche n’est pas revenu, les jambes semblent bonnes. Et la cardio a un peu baissé, mais ne rêvons pas, ça restera assez haut. Donc c’est parti pour une VRAIE course, où on ne se sent pas hyper facile, mais où on ne veut pas trop lâcher.

Et sur une course comme ça, un peu dans le dur, et qui plus est principalement de nuit, j’avoue que les souvenirs sont diffus et souvent mélangés. La course donne surtout l’impression de se passer très vite, ce qui est toujours positif. Jamais je ne me retrouve vraiment seul. Il a toujours quelqu’un à suivre, doubler ou tenir à distance. Les passages dans les champs nous exposent à un bon petit vent particulièrement froid. La forêt permet de se réchauffer, surtout dans les montées courtes mais très cassantes. Je galère un peu à chaque fois, à monter au train sans forcer sur les jambes mais avec un cardio qui grimpe, lui aussi, et plus vite que moi. Les descentes se font bien par contre. Ahhhhh les descentes ! Fini le coureur emprunté qui faisait tout sur le reculoir. Fini le vieux talonnage et les genoux qui ramassent. Sans dire d’aller vite, il y a au moins un relâchement certain, et des jambes qui peuvent encaisser. Donc je rattrape souvent ce que j’ai perdu sur les montées. Ça, ça fait PLAISIR.

Autre point qui fait plaisir, les nouvelles Peregrines apportent une accroche vraiment rassurante. Je ne me suis pas pété la gueule sur un chemin facile comme l’année dernière (bon soyons honnête aussi, ce n’était SUREMENT pas la faute aux chaussures sur ce coup là…). Malgré la boue collée sous les semelles, les chaussures ont assuré une bien belle accroche sur un terrain pourtant pas toujours plat et sec. Cela participe très activement au relâchement en descente. Bref, <3 Peregrine 6.

Bon, il y a bien eu un ou deux coups de mou, traités à coup de gels qui redonnent vite un coup de fouet. L’énergie venait essentiellement des boissons, je partais avec une flasque de 500ml de boisson isotonique, et une autre prête à être faite au ravito. Je ne sais pas si c’est l’eau évidemment un peu froide, mais l’estomac se plaignait un peu. Donc moins d’hydratation + cardio assez haut –> trous d’énergie. Les gels étaient là en complément, heureusement. Car au bout de 20km, si les jambes semblent encore très bien tenir, la fatigue se fait un peu sentir. Depuis quelques kms je fais le yoyo avec la première féminine qui mène un train hyper régulier et qui, elle, arrive à courir sur les montées.

Arrivé au second ravito, je refais le plein d’une flasque, certains me doublent à nouveau, et la remise en route est DURE. Mais à nouveau, attitude attitude attitude, faut être têtu en course à pied. La première féminine n’est même plus visible, je suis un peu étonné. Mais j’essaye de garder ma place, les autres doivent aussi fatiguer. Je finis par revoir le dos de son sac, mais elle reste à distance respectable, je remonte touuuuut douuuuu-ceuuuu-mennnnt. J’arrive qui plus est à me tromper de chemin, j’hésite à faire demi tour, mes poursuivants continuent tout droit pourtant et je les suis… sur le mauvais chemin. Mais on retrouve heureusement le bon parcours rapidement, et revoilà la leader.

Le parcours alterne toujours une majorité de chemins forestiers avec de la piste et du bitume. C’est varié et parfois cassant à la « faveur » des montées assez sèches. Bref, le parcours est toujours aussi joueur. Un bénévole m’annonce 47ème je crois, avec des lampes pas si loin derrière. Je ne suis ni confiant ni pessimiste dans ma capacité à garder une place sous les 50. Je veux juste continuer à courir. Le parcours est un peu différent de l’année dernière, et je suis de toute façon infoutu de remettre mes souvenirs dans l’ordre et savoir ce qu’il reste comme difficultés. Tout ce que je vois, c’est que les kilomètres défilent assez vite. Jamais de sentiment de galère ou de gros coup de fatigue. Pas de douleur au genou droit, ça, ça fait carrément plaisir vu les appuis bien engagés dans les descentes. Pas de renoncement ou de craquage pour laisser passer des concurrents. Je ne vais sûrement pas très vite, j’ai bien tapé dans les réserves vu le cardio, mais je garde le cap. Et Kgolo Kanté est avec moi.

S’en suivent les annonces comme toujours un peu erronées des bénévoles « 2km100 » à environ 3km de l’arrivée, puis « 1km500 » à un kilomètre du but. Mais j’ai l’habitude, je crois plus ma montre et continue de suivre la leader qui tient son rythme. On remonte sur quelques concurrents, dont certains me font dire qu’ils sont plus en roue libre que vraiment fatigués… Mais une place est une place. Un dernier yoyo infernal dans les bois pour achever les cuisses et les mollets de ceux qui en auront bavé, et je finis derrière la leader sans chercher à faire mon (plus très) jeune coq.

Bilan

2h50, un peu moins de 28km apparemment, et un bon cardio des familles à 85%. J’évite l’erreur de l’année dernière (la bière fraîche quand on est épuisé, moyen, on tremble comme une feuille pour aller à la voiture ensuite…). Donc je file me changer pour revenir profiter de la chaleur. L’organisation de la course est nickel comme l’année dernière : une bière, un repas chaud, des bénévoles très sympas qui vous servent votre dessert à 23h, des cadeaux utiles (une serviette compact et un brassard lumineux), le tout pour un prix modique. Que demande le peuple ?

Personnellement, le bilan est un peu plus mi-figue mi-raisin : quand on a eu un automne très moyen et qu’on trimbale quelques kilos de trop, ça se paye comptant. Les montées ont été un petite punition, sans surprise. D’un autre côté, pas de souci musculaire ou articulaire, c’est le principal. LA grosse inquiétude pour 2016, c’est le genou droit pour les grosses courses. Donc si c’est le silence radio à ce niveau, et plus généralement au niveau articulaire, c’est une très bonne nouvelle. Le cardio, le poids, ça va se régler progressivement. Un genou qui ferait boum sur un 28km, ça serait inquiétant. Heureusement, malgré le profil accidenté de la course, les gambettes ont très bien tenu, et l’attitude et la posture ont été positives. Je ne sais pas si c’est mieux ou moins bien que l’année dernière, on ne compare par un trail avec un parcours modifié avec une course de bitume plus régulière. Avec une moyenne identique et un classement proportionnellement moins bon, il y a quand même un sentiment mitigé, soyons honnête.

Mais une course permet justement de bien savoir où on en est, sans pouvoir se cacher. C’est ce que j’aime dans la course à pied, il n’y a jamais de cadeaux surprises, la course fait passer au révélateur. Vous pouvez avoir le mental que vous voulez, si le travail physique n’a pas été fait, vous passez un sale quart d’heure, surtout sur « longues » distances. La course ne ment jamais.

Et comme toujours quand je ne suis pas pleinement satisfait d’une course et qu’elle est sympa et très bien organisée, je prévois de revenir l’année prochaine pour en chier à nouveau, mais mieux. Bien préparé après un automne studieux et un hiver sans excès, pour améliorer d’au moins 10 minutes.

Non je déconne, ça risque d’être un peu le même truc de bûcheron pour débuter la saison des courses 😉

Illustration obligatoire (pour le SEO tout ça tout ça)

Entre chien et loup 2016

Le profil de la course, on peut pas dire que ça soit hyper roulant…

Photos

Niet. Quedalle. J’y allais pas pour faire du tourisme.

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