Aies du cœur Rodrigue ! Oui enfin surtout pour les autres : Trail du Coeur 2016, le CR

En 2015, on a bossé surtout l’endurance, pour viser plus long et arriver à enchaîner les courses sans tout casser. La vitesse en a pris un léger coup dans l’aile, et après un automne hélas nettement moins rapide que prévu, c’est en 2016 qu’on va chercher à remettre un peu d’intensité dans son entraînement. Un petit trail de 10km, ça sonne bien : court, rapide, boueux, une bonne façon de se secouer ! Verdict ?

Alors déjà, le Trail du Coeur, c’est une course à la bonne franquette, on remplit son nom dans un tableau, on glisse 5€ au minimum dans la boîte en carton pour les deux associations, et on va chercher soi même son dossard dans la pile. Pas de puce, pas de classement, pas de chrono, pas de site web, pas de balisage (je déconnne), on est là pour s’amuser dans la campagne. Cette seconde édition a rassemblé nettement plus de monde que l’année dernière, avec près de 400 participants aux deux trails de 10 et 20km et à la marche nordique de 10km également. L’affiche annonce la couleur, un coureur avec un sac à dos et des bâtons, des montagnes en arrière plan, on se croirait dans les Alpes. Le profil du parcours est nettement plus raisonnable : deux côtes pour le 10km, ça se mange en trottinant pensais-je (jeune moins jeune présomptueux…). Le départ est retardé, suite à un petit grand discours de l’organisateur, debout sur sa magnifique estrade épave de camion. On nous explique tout, l’absence possible de balisage grâce à nos amis chasseurs, le versement intégral des inscriptions aux deux associations, le ravitaillement un peu chiche bien sûr vu qu’on est trop nombreux, donc premiers arrivés premiers servis (vive le 10km !), on rigole bien et la météo pas si froide que ça s’annonce mieux que prévue.

Donc à 9h30 pétante 9h50 environ, on lâche les coureurs, le 20km d’abord histoire que les coureurs du 10 aient un peu à zigzaguer, puis les fauves survoltés du 10km. Enfin fauves survoltés, n’exagérons rien, avec mes 400m d’échauffement, je pars à froid en cherchant quand même à pousser un peu. Le terrain est gras, mouillé, bien sale, et je peux ENFIN tirer tout droit dans la gadoue sans me soucier de mes belles Salomon. Ah elles ne sortent pas souvent les Fellraisers, mais quand c’est le cas, c’est rarement pour rien. ENFIN des chaussures pour la boue, des grosses flaques, de la glaise, des chutes évitées de peu, du zig zag infernal. Je remonte doucement, sans chercher à faire n’importe quoi. Mais évidemment, comme souvent, c’est quand même trop rapide, et je me retrouve un peu dans le rouge sans pourtant avancer bien vite. Je reprends Jaife et Elsa partis sur le 20km, et enchaîne à allure fulgurante rapide modérée sur une portion de bitume puis sur des chemins divers et variés. C’est plutôt plat, mais plutôt gras, les appuis demandent un maximum d’attention. J’ai l’impression de me traîner, mais les rangs s’éclaircissent enfin et on peut prendre un pseudo rythme au lieu de fractionner en permanence.

Je n’ai aucune idée de ma position dans la course, ni du nombre de participants de toute façon, ni de mon allure. J’essaye juste de ne pas me mettre trop dans la misère pour durer 10km. Ma gloire passée sur course courte me paraît bien loin. Le temps est gris, assez frais, à travers bois et champs. La piste à travers champ se résume à ceci :

piste trail du coeur 2016

Deux traces pour les 4×4 et autres tracteurs qui sont bien boueuses et qui collent un peu aux pattes. Sur l’extérieur de ces traces, de l’herbe bien glissantes qui donne plus de traction, mais qui est traître, et souvent en dévers. Au centre, un mélange d’herbe et de boue, où on ne sait pas trop comment mettre les pieds. Le coureur moyen passe donc son temps à tester toutes les possibilités, zig zaguant gaiement à la manière du conducteur qui pense trouver une file plus rapide dans les bouchons. Et bien sûr, ça ne fonctionne pas. Bref. Je me traîne. Des coureurs me reprennent doucement au train, et je ne cherche même pas à les suivre. Je me dis qu’avec les montées et descentes, peut-être que je trouverai un second souffle (ben voyons).

Les chemins de forêt arrivent, avec la première montée dans les bois, qui se conclut évidemment par un passage en marche rapide pour essayer de garder un peu de souffle et de cardio pour la suite. La relance dans la descente montre bien qu’on est dans le rouge, les jambes ne réagissent pas très bien, mais je me tiens à l’unique plan de bataille qui reste quand on est dans le orange légèrement rougeâtre : attitude attitude attitude. Pas de position relevée de merde, ni de descente sur les talons. On essaye de rester digne dans sa misère, bonne fréquence de jambes, et vers l’AVANT. Mes prédécesseurs se détachent lentement tranquillement, et je surveille un peu trop ma montre à mon goût. Allez plus qu’une montée, il doit y avoir moyen de tenir à distance le coureur aperçu derrière moi.

Bien sûr c’est l’explosion finale dans la dernière montée, les jambes n’ont pas mal, mais le cardio ne supporte pas une montée en trottinant. Marche forcée, et passage du poursuivant sans même forcer. Rien à faire, il a plus de caisse que moi pour ce genre d’effort. Je m’évertue à finir ma montée à bonne allure, pour relancer dignement sur le final. Même si je parviens à refaire un peu de mon retard, j’en reste à ma place, avec une seconde partie de course bien difficile. Il commence à pleuvoir, j’ai réussi à ne pas tomber et à boucler les 10km en 53′ et quelques.

Salomon Trail du Coeur 2016

Mes braves Salomon déjà bien lavées par la pluie

Au final, la course s’est bien déroulée, le balisage était toujours en place, la météo était … de saison (mais en même temps, sortir faire du trail pour rentrer propre, c’est comme un repas auvergnat sans fromage, ça ne se fait pas). Et comme les coureurs du 10km arrivaient en premier, il y avait tout le ravitaillement qu’on voulait à l’arrivée ! Avec un cardio à 87% en moyenne, la dépense d’énergie a été très correcte, même si j’ai du mal à être satisfait du manque de vitesse et de la gestion « je pars un peu vite et je gère la misère ». La visite chez mon médecin la semaine après a d’ailleurs livré son verdict: 5kg de plus qu’il y a un an et demi, bam, tu m’étonnes que tu te traînes ! L’automne à moitié malade et le début d’hiver sans motivation se payent comptant. Donc à défaut d’avoir du cœur pour traîner ma carcasse alourdie, il y a la satisfaction d’avoir participé à une petite course sympa et surtout utile.

3 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Quand je vois la qualité du schéma que tu fournis pour expliquer les traces de pneus de 4×4, je me dis que tu pourrais faire des courbes vitesse/ cardio / dénivelé bien plus jolies que n’importe quel logiciel!!!! 🙂
    Bravo quand même pour la course

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