[Test] Ambit 3 Peak : vaut-elle le coup (coût) ?

L’Ambit 3 de Suunto sortie fin 2014 est dans une position un peu inconfortable : c’est une amélioration assez « incrémentale » de l’Ambit 2, avec peu de grosses nouveautés, et elle se retrouve face à la nouvelle génération de Garmin, les 920XT et autres Fenix 3, avec leur ribambelles de nouveautés. Comment le fer de lance de la marque finlandaise se défend-il ?

L’Ambit 3 est le haut de gamme de chez Suunto (oui c’est bon dans le fond, j’ai entendu « vu ton niveau, tu te mouches pas avec les coudes « , faut bien dépenser l’argent gagné à la sueur de mon front ! Et je relance l’économie européenne). Pour avoir plus de détails sur ce que peut et ne pas faire cette montre, mon article sur l’Ambit 2 est tout à fait conseillé. Pour les feignants du clic, un petit rappel :

  • montre typée trail / multi sport / triathlon
  • 15h de batterie, jusqu’à 50h en mode long distance
  • altimètre, baromètre, compas
  • très paramétrable, nombreux petites applications pour ajouter des nouvelles données
  • analyse du rythme cardiaque assez poussée (définition de zones, estimation R-R, etc…)

L’Ambit 3 capitalise sur la base maintenant bien établie de la série Ambit pour ajouter quelques petites améliorations. Listons les afin de voir si l’upgrade vaut le coup :

Les améliorations

Visuellement, peu de changements. Mais des petits détails rendent la montre plus agréable à regarder. La bague métallique autour de l’écran est légèrement différente et fait un peu plus soignée. L’écran n’a pas vraiment changé, mais la police utilisée est également légèrement différente, et fait un peu plus moderne. Et autant les autres marques partent parfois un peu dans tous les sens, autant chez Suunto, il y a un style clair et facile à reconnaître. On n’achète donc pas seulement un tas d’électronique dans un emballage, mais un vrai style qui perdure depuis des années. C’est nettement plus simple et dépouillé que la concurrence, pas d’écran couleur notamment, mais des déclinaisons de couleurs pour les boîtiers / bracelet. Personnellement, j’adhère totalement, l’identité de la marque me convient.

Au niveau confort, on sent tout de suite la différence avec le nouveau bracelet, plus souple, qui va mieux s’adapter aux petits poignets. Surtout qu’avec deux passants, il est plus facile de bien fermer le bracelet. La version en silicone apporte encore plus de souplesse, mais j’en suis resté au bracelet d’origine, déjà bien amélioré par rapport à l’Ambit 2.

Ensuite au niveau de l’électronique, les différences ne sont pas énormes. La puce GPS saute à la nouvelle génération (SiRFstarV), la montre peut stocker plus de points GPS, elle enregistre les pas tout au long de la journée (mais sans export vers Movescount !), elle montre la courbe de sa récup (au lieu d’un simple compte à rebours), mais autrement, c’est virtuellement identique à l’Ambit 2. Même présentation, même menu. Au moins l’utilisateur de la version précédente retrouve vite ses petits ! Les périphériques doivent maintenant se connecter en bluetooth LE, et non plus en ANT+. Donc si vous avez des capteurs, ils ne sont plus compatibles, attention !

La ceinture cardio est plus intéressante, surtout pour le nageur : elle stocke le rythme cardiaque, pour le restituer à la montre s’il y a déconnexion, comme lors de la nage. C’est une vraie innovation et exclusivité de Suunto à l’époque de sa sortie. On peut également porter la ceinture cardio seule, sans la montre, pour ensuite transférer l’enregistrement sur mon smartphone. Et sa taille est vraiment impressionnante : le capteur est ridiculement petit, la ceinture en est d’autant plus confortable à porter.

Autre amélioration qui s’est faite attendre : on peut connecter la montre à son smartphone (iPhone exclusivement jusqu’en Avril 2015, puis Android), modifier les réglages et récupérer ses sorties sans passer par internet. Il était temps ! Mais l’absence d’Android au lancement était tout de même une grosse déception. Cette connexion offre d’autres petits avantages : la montre peut afficher les notifications du smartphone (mais toujours sans vibreur… grrrr), et servir de second écran pendant une sortie (comme sur un vélo par exemple). Enfin il y a des fonctions pour les réseaux sociaux et le partage sur internet, Movescount pouvant maintenant faire une petite vidéo montrant votre parcours avec quelques statistiques et des photos prises lors de votre entraînement. Pas de wifi par contre, et le bluetooth LE n’est pas toujours d’une stabilité confondante.

Des fonctions pas vraiment utiles pour améliorer son entraînement donc, mais plus pour être un minimum à la mode (comme le moniteur d’activité et la fonction vidéo). C’était donc à la sortie assez décevant, sauf à être nageur et surtout équipé d’un iPhone. Pour le coureur avec un smartphone Android, l’intérêt de l’upgrade était grosso modo nul.

Printemps 2015

Le printemps a cependant vu arriver quelques améliorations beaucoup plus intéressantes. Déjà l’application mobile débarque sur Android, et on peut enfin se passer de son ordinateur. Les concurrents le faisaient déjà depuis longtemps, mais cela fait tout de même bien plaisir. Ensuite et surtout, c’est le nouveau firmware dédié à la 3ème génération d’Ambit qui apporte des nouveautés plus intéressantes, en deux MAJ :

  • Le firmware 1.5 augmente l’autonomie à 20h, 30h (en précision moyenne) et 200h en précision basse (OUCH, paye ton ultra !)
  • les fractionnés sont plus facilement programmables sur le smartphone, pour transfert ensuite dans la montre
  • Le firmware 2.0 apporte un vrai lot d’innovations pour sa pratique et plus seulement pour le confort ou des gadgets.
  • la récup n’est plus seulement estimée, elle est contrôlée via un test de récup, en se basant sur le rythme cardiaque, la respiration et la variabilité du rythme cardiaque. Une théorie souvent utilisée pour vérifier la récupération, mais qui nécessitait jusqu’à présent un logiciel complémentaire et une ceinture cardia compatible. L’intégration dans la montre peut simplifier énormément une aide dont peu d’athlètes profitaient jusqu’à présent.
  • la récupération et l’entraînement sont corrélés pour montrer le niveau de performance sur la durée.
  • bref, des fonctions qui semblent intéressantes et complémentaires pour mesurer l’efficacité de son entraînement et de sa récup sur le moyen terme.

En pratique

Bon ok, mais sur le terrain, ça donne quoi tout ça ?

  • niveau fiabilité de la montre elle-même, c’est toujours du pur Suunto : ça fonctionne qu’il pleuve qu’il vente ou qu’il neige. La montre capte les satellites encore plus rapidement que la version 2, pour peu qu’on la synchronise avec le téléphone ou l’ordinateur rapidement (cela précharge les satellites à utiliser). Elle n’est pas plus précise, mais c’est plus rapide à mettre en route. L’altimètre est également très fiable, sans réglages ni calibration. Dernière example en date, j’installe le nouveau firmware, l’altitude estimée est fausse de près de 100 mètres, j’oublie de faire une calibration, et le lendemain ou le surlendemain, sortie en montagne, passage au Puy Mary : 1783m, altitude exact au mètre près, et au Puy de la Tourte, écart d’un mètre ! Bref, ça fonctionne sans se prendre la tête.
  • le confort sur petit poignet est nettement meilleur, la montre est plus stable, c’est une amélioration notable pour moi
  • les fonctions de niveau de perf, pendant la sortie ainsi que l’estimation de VO2Max me sont peu utiles, car plus adaptés à un entraînement route. Mais cela donne des valeurs semblables à ce que Garmin estimait avec sa 620 (bon ok, en baisse, faudrait que je me bouge en effet !)
  • les fonctions de calcul de l’état de récupération sont très intéressantes, même si évidemment un peu contraignantes : le test rapide demande juste 3 minutes, mais il faut être bien au calme, et parfois le refaire plusieurs fois. Tout dépend de la qualité de la mesure. Le test de nuit est moins sensible, mais il faut porter sa ceinture toute la nuit ! Je réserve donc ces fonctions à des périodes d’entraînement lourd. Autrement il y a des outils moins fiables mais plus conviviaux. A voir en fonction de l’entraînement de chacun.
  • la connexion en bluetooth à la ceinture et au smartphone a parfois des ratés. Je pense qu’à ce niveau, Suunto n’est ni le premier, ni le dernier à avoir des soucis… La ceinture est impressionnante de légèreté, et l’application Android est correcte, mais on est loin d’avoir un outil complet pour regarder ses sorties.
  • les fonctions « tendances » ont été ajoutés un peu à la va vite, sans vraie exploitation sur la plateforme web. Ca compte les pas et les calories dépensés, mais juste à titre indicatif sur la montre. Aucun export, c’est bien dommage pour ceux qui veulent suivre.
  • toujours pas de vibreur, mais ça va venir avec la nouvelle version à n’en pas douter, la Traverse et l’Ambit 3 Vertical le proposent.

En conclusion, pour un utilisateur d’Ambit 2, l’upgrade est tout de même à considérer avec beaucoup d’attention. La version précédente reste une montre très complète et solide au niveau des fonctions sur le terrain. Cette nouvelle version améliore seulement quelques détails. Les vraies atouts sont à chercher tout autour : fonction de calcul de récupération, confort du nouveau bracelet, convivialité de la synchro via le smartphone, design amélioré. Et bien sûr toujours les points forts de Suunto : un vrai style, des performances au rendez vous, et une fiabilité reconnue. Suunto ne joue assurément pas la carte de l’innovation et des tendances débridées avec sa montre, mais rares sont les problèmes à l’utilisation. La concurrence est féroce, mais la marque Finlandaise a des atouts à faire valoir. L’Ambit 3 reste donc un modèle éprouvé qui satisfera ceux qui cherchent une montre complète, sobre et fiable.

 

MAJ Automne 2017

Alors, l’Ambit 3, toujours d’actualité en cette époque où une nouvelle montre sort tous les ans, avec des prix qui flirtent avec les 1000€ ? Evidémment, niveau look et fonctionnalités « connectées », l’Ambit 3 est en retrait. Elle l’a pas d’écran couleur, pas de tactile, pas de fonctionnalités avancées de suivi d’activité comme sur toutes les « smartwatches » actuelles. Mais les MAJ de Suunto lui ont apporté le suivi de parcours avec dénivelé, oh combien pratique pour une course de montagne. Et la connexion avec un smartphone s’est bien fiabilisé, même si l’appli Android reste en retrait par rapport à la concurrence. Enfin sur le terrain, l’Ambit reste une montre redoutablement précise et fiable. Donc pertinente, assurément, elle fait toujours le job avec brio !

Ambit 3 Peak

Ambit 3 Peak
8.6

PERFORMANCE ET FONCTIONNALITÉS

9/10

QUALITÉ DE FABRICATION

9/10

CONFORT ET ERGONOMIE

9/10

LOOK

9/10

RAPPORT QUALITÉ/PRIX

8/10

Pros

  • Solide et fiable
  • Multisport
  • Enorme batterie
  • Style affirmé
  • Ceinture cardiaque tout petit

Cons

  • Application mobile limitée
  • Moins connectée que la concurrence
  • Suivi des pas sans archivage

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