[Test] Pearl Izumi EM Trail N1

On continue les tests de matériel en cette rentrée 2015, avec une chaussure de trail d’une marque peu connue cette semaine, les N1 de la série E:Motion de Pearl Izumi. Une chaussure portée visiblement par seulement deux coureurs de renom, Timothy Olson et… moi-même (uhuhuh, c’est pas moi qui le dis en plus !). Alors verdict ?

MAJ Juin 2016 : ajout d’un paragraphe sur l’usure

Pearl Izumi est plus connu pour les cyclistes, la marque appartenant d’ailleurs au groupe Shimano. Mais ils lorgnent du côté du running depuis quelques années, avec des vêtements techniques assez sympathiques, et surtout une gamme e:Motion dédiée à la route et au trail. On s’intéresse à un de leurs modèles phares, les trails N1, une chaussure de trail polyvalente assez légère (environ 270gr), avec la fameuse technologie du « Dynamic Offset », donc Jaife vous parlera mieux que moi dans l’article en lien ci-dessus.

Vidéo champêtre

Dynamic offset ?

Personnellement, le côté très marketing de la plupart des technologies employées dans les chaussures me laisse un peu froid. On donne souvent des jolis noms à des évolutions certes intéressantes, mais rarement révolutionnaires. Il est d’ailleurs difficile de trouver des statistiques montrant que les technologies d’amorti ou de contrôle de la foulée auraient permis de réduire significativement le nombre de blessures ou d’augmenter les performances de manière spectaculaire. Les dernières évolutions permettent de choisir entre différents types de semelles et ressentis, mais aucune technologie n’a vraiment révolutionné la course à pied ces dernières années. Donc le « Dynamic Offset » de Pearl Izumi, qui ferait évoluer l’épaisseur de la semelle en fonction du déroulement de la foulée, ça donne quoi ?

Au niveau du ressenti, il n’y a pas de sensation particulière. J’ai d’ailleurs du mal à voir comment les autres marques n’offriraient pas les mêmes caractéristiques. Une semelle se déforme sous le poids du coureur, il est sûrement possible en choisissant bien les matériaux en fonction de la position de jouer sur l’évolution de l’épaisseur et de l’amorti. Mais à l’usage sur les chemins, rien de révolutionnaire. La N1 est annoncé à 1mm de drop au moment de l’appui, puis 4.5mm sur la fin. Personnellement, je ne ressens pas vraiment cette chaussure comme une quasi zéro-drop à l’impact. Petit drop oui, mais pas si faible.

Polyvalente

Ce que je demande à une chaussure reste simple : pas trop lourde, pas trop rigide, pas trop d’amorti talon qui ne servirait à rien, avant assez large pour les orteils. La semelle doit rester simple, pour avoir un « déroulé » facile, sans sentir de structure particulière sous le pied. Simple, fluide. Et la N1 répond assez bien à ces critères. Elle protège le pied avec une plaque de protection incluse dans la semelle, en gardant de la flexibilité. L’amorti est très correct même si limité et assez ferme. La foulée est facile, le drop restant assez limité, la chaussure ne fait pas « haute » du tout et de ne cherche pas à guider la foulée. L’accroche n’est pas monstrueuse, la chaussure n’est pas faite pour la boue à l’évidence, mais jusqu’ici je ne les ai pas prise en défaut sur mes chemins de forêt ou en moyenne montagne. Il faut quand même resté prudent sur terrain un peu glissant. Cette semelle permet de les utiliser aussi sur route sans aucun souci, comme sur le semi du Ventoux dernièrement. Bref, la semelle est très polyvalente. Et elle se montre durable, avec un amorti encore ferme et des crampons loin d’être bouffés après 600km.

Les orteils ne sont pas serrés, mais n’ont pas un espace énorme comme sur des Altra. L’empeigne est simple, respirant, sans chichi ou artifices inutiles. Il laisse passer l’eau et la poussière assez facilement, mais sèche vite, et se montre résistant (aucun défaut après 600km). La languette est bien tenue avec trois guides qui permettent de toujours la garder centrée. Par contre, rien sur ses côtés pour empêcher les cailloux d’entrer.

Bilan

Au final, la N1 est une chaussure qui sait se faire oublier, c’est bien sa qualité principale. Son accroche n’est pas monstrueuse, mais cela lui permet aussi d’être très polyvalente et de passer sur bitume sans aucun souci. Difficile de se prononcer sur la technologie de « Dynamic Offset » de Pearl Izumi, mais toujours est-il que c’est ma chaussure de choix pour toute sortie nature ou mixte cette année. Depuis le printemps, elle a avalé des sorties de 5 à 67km, sur route, en forêt et à la montagne, et sans occasionner aucune douleur aux pieds même sur le 67km, ce qui veut tout dire. A environ 120€ à plein tarif, 85€ en soldes, le prix est assez classique sans être premium.

Le plus gros souci est tout simplement de pouvoir les essayer ! Rares sont les boutiques en France à la proposer, donc c’est assurément un gros frein au développement de la marque en France. C’est dommage, leur offre n’est certes pas révolutionnaire, mais elle mérite qu’on s’y intéresse, notamment sur ce modèle.

Pour qui pour quoi ?

  • le trail tout terrain et tout chemin
  • un peu de bitume, ça ne lui fait pas peur
  • les coureurs plutôt en foulée médio
  • ceux qui veulent une marque qui sorte un peu du lot

Pas vraiment pour

  • la boue, la neige, les terrains hyper-techniques
  • les gros talonneurs
  • les fans des gros amortis à la Hoka

A l’usure

Au bout de 700km, le bilan d’usure est très satisfaisant : les crampons ont bien tenu, l’empeigne est dans un état presque parfait (un tout petit trou dans la zone de flexion des orteils, classique), l’amorti reste correcte et surtout bien uniforme. Je ne les mets plus trop pour courir (plus par envie d’essayer d’autres paires..;-), mais il m’arrive souvent de les mettre simplement pour marcher. La simplicité et la fluidité de leur semelle est vraiment un bonheur. Bref, une de mes paires coup de cœur !

Photos

Pearl Izumi e:Motion Trail N1

Pearl Izumi e:Motion Trail N1
85

Performance et fonctionnalités

9/10

    Qualité de fabrication

    9/10

      Confort et ergonomie

      9/10

        Look

        8/10

          Rapport qualité/prix

          9/10

            Pros

            • Très polyvalente
            • Assez légère
            • Foulée assez naturelle
            • Plaque de protection
            • Bonne durabilité

            Cons

            • Accroche non prévue pour des terrains difficiles
            • Difficile à essayer en magasin !

            10 commentaires » Ecrire un commentaire

              • 60€ s’il y a la bonne taille, c’est une super affaire. Surtout qu’elles sont quand même assez durables. Tu les as vues où à ce prix ? Le magasin outlet de Pearl Izumi a parfois de supers prix, mais sur très peu de tailles dispos…

              • Elles ont fait l’Ut4M à Grenoble et le T6B sans souci (Bon, j’ai pris une gamelle dans les Alpes, mais c’était vraiment de ma faute). C’est pas des chaussures de ville ! Après si tu as besoin de gros sabots de 400gr pour te rassurer, c’est pas mon problème 😛

                • ho tu sais moi depuis ce week end je suis devenue une bitumeuse les crampons cest plus mon truc (jsuis crédible? ^^)
                  mais je plaisantais je me disais que pr la sainté elles pourraient etre sympatoches (sauf si ya gros temps)

                    • ben je me souviens pas avoir été cul à cul avec des coureurs pendant des heures l’année dernière pourtant

                    • 6500 personnes sur la grande course, je m’excuse, mais ça doit forcément bouchonner un peu par moment, surtout au départ… C’est pas trop ma vision d’une course nature. Je suis déjà assez entouré de monde dans le métro à paris, je vais pas à la campagne pour mater l’arrière des pompes d’autres coureurs. Je dois être un vieux grigou solitaire des montagnes ! 🙂

              • Rien à voir. Je fais une vraie différence entre les courses bitume en ville où je comprends et j’apprécie même de courir avec beaucoup de monde : il y a souvent la place, et c’est même grisant. D’un autre côté, moi qui suis de la campagne, je n’aime pas me retrouver en file indienne dans la nature ou les montagnes. Y être presque seul est naturel. Donc pas d’allergie au bitume, c’est juste une opinion personnelle. Donc oui au 20km de Paris, je kiffe. Non à la Sainté Lyon, j’y prendrais peu de plaisir. J’aime bien être seul dans ma misère. Ou mon bonheur.

            Laisser un commentaire

            Les champs obligatoires sont marqués d'une *.