[Test] Bracelet d’activité Epson PS-100

Ah ça y est, Pasaprèspas cède à la mode des bracelets d’activité ? Non, il n’y en avait pas assez des multiples montres GPS. Car si la plupart des bracelets ne sont pas d’un intérêt confondant pour le coureur, d’autres ont un avantage très intéressant : le cardio permanent. Est-ce intéressant pour un coureur lambda ? Testons !

Pourquoi céder à cette mode ?

Les bracelets ou montres qui mesurent le cardio sur les entraînements, il y en a déjà pas mal. Mais ce n’était assurément pas ce qui m’intéressait. La technologie fonctionne assez bien, c’est moins précis que le cardio ceinture, ça on le sait. Mais un cardio 24h/24 ? C’est nettement plus intéressant. Non pas pour les entraînements, mais justement pour voir ce qui se passe ENTRE les entraînements. Comment se passe la récup au niveau cardio ? Arrive-t-on à détecter une surcharge ? Ou au contraire une bonne récup ? Bon, soyons clair, ce n’est pas en un gros mois de test et en ayant quasiment aucune connaissance approfondie des mécanismes du cœur que je vais pouvoir donner des réponses définitives. Mesurer la récupération avec le rythme cardiaque, des sportifs professionnels ou passionnés le font. Il y a plusieurs méthodes, de la plus simple (mesurer son rythme cardiaque au réveil par exemple) aux plus complexes (faire une mesure de variabilité du rythme cardiaque, mais il faut les outils pour). Un bracelet tel celui d’Epson peut-il donner une réponse intermédiaire pratique ?

Quel usage ?

Une capture de interface

Personnellement, j’ai trouvé que c’était un outil intéressant et évidemment assez fun et simple à utiliser. Pas de ceinture à mettre, on le laisse toute la journée. Une fois la taille bien réglée, le bracelet est comfortable et ne se fait pas trop sentir. Bien sûr, il bouge un peu, la mesure cardiaque peut être interrompue, mais la précision à la seconde n’est pas le but. J’accepte quelques « trous ». La jeunesse d’Epson sur le marché se fait un peu sentir hélas : l’appairage avec le smartphone a été très difficile (mais les soucis de bluetooth, il n’y a assurément pas qu’Epson qui en a…). Une MAJ du firmware du bracelet a résolu le problème, et ensuite il a toujours reconnu le téléphone. Il y a un peu trop de réglages possibles aussi je trouve, avec des leds comme seul affichage sur le bracelet. Et mémoriser ce que veut dire tel ou tel clignotement m’a semblé trop compliqué. J’ai donc laissé tomber les notifications de SMS ou d’appel, la vibration en cas de dépassement de tel rythme cardiaque, et tout autre usage : mon test ne cherche pas à couvrir tous les usages du bracelet. Vous êtes sur Pasaprèspas, un blog sur la course à pied, donc je m’attache à une utilisation pour un coureur moyen comme moi. La fiabilité de la mesure pendant un entraînement ne m’intéressait pas trop non plus, je portais également ma montre. C’est le cardio ENTRE les mesures à la ceinture qui m’intéressait.

Quand on regarde l’interface du smartphone, on trouve beaucoup de choses, donc certaines ne me sont pas utiles du tout (comme l’entrée des calories ingérées). L’interface est sympa, un peu chargée à mon goût. Une plus grande modularité aurait été la bienvenue. J’ai vite trouvé ce qui m’intéressait : la vue détaillée, avec la courbe du cardio. On peut également voir d’autres infos : les calories, le sommeil, le nombre de pas, et l' »état ». Si les calories et le nombre de pas m’intéressent finalement peu, les trois autres aspects sont intéressants : le cardio permanent, le sommeil, et l’état.

Cardio

Le cardio permanent permet de voir sur un petit graphique la courbe du rythme cardiaque. Hélas, impossible d’avoir une moyenne sur la journée, ou une période. Et impossible d’exporter les données. C’est vraiment dommage, l’échelle changeant de jour à jour. Donc il est parfois difficile de comparer. Autre manque, on ne peut pas donner son max cardiaque. Donc l’application calcule les plages cardiaques en utilisant la règle du 220-age. Pas très fiable donc, une entrée manuelle aurait été la bienvenue ! Mais on peut tout de même voir l’évolution du rythme cardiaque après un entraînement, ou une grosse course et voir à quelle vitesse il retrouve un niveau normal. Donc cette partie est très « visuelle », les chiffres manquent un peu. D’un autre côté, qu’en ferais-je ? Avoir la moyenne du cardio sur une journée, quel intérêt ? Mais pouvoir au moins entrer ses zones, et exporter quelques chiffres aurait été un plus.

L’état : le gros plus du bracelet

L’affichage « état » montre tout l’intérêt de ce genre d’accessoire : l’idée est de corréler le cardio avec l’activité de l’accéléromètre, pour dire si on est en état « zen » (cardio faible par rapport à l’activité du corps), ou autre contraire si le cardio est élevé alors qu’on ne fait pas grand chose (appelé état « excité »). L’idée est vraiment bonne, mais évidemment un peu erronée : donc le cas d’un entraînement un peu exigeant, ou surtout d’une course, un cardio assez élevé en récup ne veut sûrement pas dire qu’on est excité, bien au contraire ! Mais on repère facilement sur les graphiques que le corps est en plein travail pour s’ajuster :

wpid-screenshot_2015-04-26-06-32-48.pngLa capture ci-dessus montre une journée, avec une nuit de sommeil plutôt tranquille (pas mal de bleu clair), puis la montée du rythme cardiaque avec la journée qui avance, quelques piques d’activité plus stressante (en bleu foncée), un bon entraînement à partir de 17h jusqu’à 19h30. Et on voit bien ensuite entre 20h et 22h, la récup est en cours, le corps est au calme, mais le rythme cardiaque assez élevé, alors que j’étais assis et au repos.

On tient donc là un bon moyen de répérer ses plages de récup et leur évolution au fil des jours. Il suffit par exemple de voir les proportions de temps en état « zen » et en état de récup après mon trail en Auvergne en mai : le lendemain, surtout en récup, avec beaucoup plus de bleu foncé (état de stress), puis progressivement de moins en moins, pour arriver à un état de relaxation du corps (bleu clair). Les courbes le montrent clairement :

wpid-screenshot_2015-05-29-10-38-4001.png.png

Le 24 Mai, lendemain de la course, c’est la fête à la récup : près de 6h passé en état de « stress » (le bleu foncé), et très peu en état de relaxation (le bleu clair). Puis progressivement, le bleu foncé diminue, et le bleu clair remonte. La récupération se fait bien. On tient là une évaluation propre à ce bracelet (je ne vois pas d’équivalent chez Fitbit par exemple), et qui permet de vraiment tirer profit des différentes mesures (cardio + mouvement). Assurément l’un des points forts de cet accessoire pour une utilisation sportive !

Conclusion

Au final, qu’en retirer ? J’ai utilisé le bracelet de manière très simple : je le portais, quasiment tout le temps (sauf pour le recharger en gros, un peu trop souvent à mon goût, tous les deux jours environ), et je regardais de temps en temps les courbes et données sur le téléphone. Est-ce que cela a aidé à changer mon entraînement ? Non. J’ai surtout récolté des données et essayer de repérer des informations intéressantes. Les périodes de récupération apparaissent assez clairement, c’était le but et donc un apport intéressant de cet outil. On doit donc pouvoir repérer de la récup trop courte ou difficile, ou au contraire, une récup efficace. Le bracelet pourrait donc servir de « garde fou », afin de répérer un sur-entraînement. On repère également les jours où l’on est malade ou très fatigué. Il est alors facile d’alléger son entraînement en conséquence (ce que je n’ai pas toujours fait…).

Le bracelet d’Epson a donc un bon potentiel pour sortir du lot d’un marché vraiment chargé. La jeunesse de la marque se fait hélas un peu ressentir : l’interface sur smartphone est un peu trop chargé et « graphique » à mon goût, le bracelet est assez imposant comparé aux bracelets sans cardio, pas spécialement joli mais pas moche non plus, simplement sobre. L’écosystème d’Epson n’est pas au niveau de la concurrence : on ne peut pas encore exporter les données vers d’autres plateformes en ligne, mise à part MapMyFitness. Bref, peut mieux faire à beaucoup de niveaux ! Et surtout, je trouve que le bracelet se retrouve un peu le cul entre deux chaises : en tant que bracelet « grand public », il doit faire face à une concurrence très rude et dense, qui fait la même chose ou mieux (plus d’autonomie par exemple, ou meilleur design, ou meilleure appli). Il peut néanmoins servir d’accessoire multi fonction remplaçant une montre GPS pour ceux qui veulent avoir une vue globale sur leur activité physique, leur sommeil, leur alimentation. Cela évite d’avoir à porter une ceinture cardio, et tout se fait automatiquement. Les chiffres sont indicatifs bien sûr, le cardio n’est pas hyper précis sur un entraînement, mais c’est la tendance global qui compte. Le souci principal est que la concurrence a une offre plus attreyante à ce niveau.

En tant que bracelet plus orienté « sportif passionné » grâce à son cardio, le  bracelet vient en complément de la montre : le manque de précision du cardio sur un entraînement et l’absence de GPS font qu’il ne peut pas remplacer la montre. Et il lui manque quelques fonctions permettant de mieux analyser : un cardio max réglable et surtout, pouvoir mieux lire les chiffres, exporter pour utiliser dans d’autres outils. Cependant, rares sont les bracelets permettant de mesurer le cardio en 24/24, c’est donc un avantage concurrentiel qui mériterait d’être mieux exploité. Car son indicateur « état » est unique au jour où j’écris ce test, et LE gros plus en sa faveur.

Le bilan final est donc mitigé, un professeur dirait simplement « Du potentiel, peut mieux faire ! ».

Epson PS-100

Epson PS-100
7.2

Performance et fonctionnalités

8/10

    Qualité de fabrication

    8/10

      Confort et ergonomie

      7/10

        Look

        7/10

          Rapport qualité/prix

          8/10

            Pros

            • Indicateur de récup
            • Cardio 24h/24
            • Look assez sobre et passe partout

            Cons

            • Batterie trop courte
            • Pas d'export de données
            • Affichage via led pas très pratique
            • Ecosystème encore jeune

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