[CR] KV Ut4M 2015, l’étape 2.1 de l’été

Après avoir tenté l’expérience de la course de côte sur bitume, la seconde étape d’un été très chargé vient de se terminer à Grenoble. Alors le duo kilomètre vertical / 40km s’est il bien passé ? Votre coureur favori s’est il détruit les tendons comme à son habitude ? Cliquez pour le découvrir, avec pour débuter une mise en bouche, le kilomètre vertical dans ta face !

Il y avait un peu d’appréhension, c’est sûr. Oublier son dossard à l’hôtel, la seule chose qu’on ne peut PAS remplacer, c’était vraiment con. Gros coup de chaud donc ce jeudi matin, demi tour en trombe alors qu’on était au point de rendez-vous pour aller sur les lieux du drame, puis retour express en ayant la chance de co-voiturer avec un particulier qui pouvait attendre quelques minutes. Puis au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans cette sombre vallée très encaissée, de plus en plus de coups d’œil vers le haut. Putain ça monte. Mon petit vertige commence à me travailler un peu la tête. « Les grenoblois n’aiment pas cette vallée » me dit une des passagers. C’est sombre et limite glauque l’hiver il paraît. Joie.

Ut4M 2015 KV dossard Hasard de l’inscription (j’étais dans les premiers, si ce n’est le premier inscrit pour le KV), ou plaisir coupable de l’organisation suite à ma sympathique vidéo, je me retrouve avec un tout petit dossard. Et le départ se fait dans l’ordre inverse. Donc bilan, je pars en dernier, sauf les élites derrière moi. Julien Chorier, Luca Papi, Frédéric Desplanches et la championne du monde de KV, Christel Dewalle. Ben voyons. Je vais sentir passer le vent du haut niveau. Longue attente, à regarder souvent vers le sommet de la pente. Enfin… le sommet, on ne le voit pas du bas, la pente est trop forte. Et très boisée. Ça cache la pente heureusement, ouf. Il suffit de regarder devant et en haut. Easy. Débrancher le cerveau et monter, sans y aller vraiment à bloc, il y un 40km exigeant deux jours après. Le speaker échange quelques mots avec chaque concurrent, c’est sympa. Mon tour arrive finalement, il est 10h passé, et le soleil a atteint le bas de la vallée. « Vous avez vu qui il y a derrière ? » Je réponds avec le sourire, l’ambiance est vraiment sympa.

Et c’est parti. Une cinquantaine de mètres « courables », puis ça attaque fort. On voyage léger, short, t-shirt, une bouteille vu la chaleur, et les bâtons. 34% de pente de moyenne, je vous laisse imaginer le truc. J’essaye de prendre un rythme sans exploser le cardio. Et j’entends le speaker derrière moi. Qui va lâcher les fauves. Est-ce que mon clignotant fonctionne bien ? Facile, je me pousserai côté pente. Les lacets s’enchaînent dans la forêt. Luca Papi, qui monte cool (mais en me mettant une branlée quand même), arrive sur moi et annonce que ça va passer vite de l’arrière, la championne arrive. Je le laisse passer puis vérifie de temps en temps la progression de sa suivante. Ouch ça monte vite. Clignotant, elle passe en trombe. Je poursuis, sans trop regarder la montre. Au moins le passage des élites me distrait ! Julien Chorier est le suivant, ça avance également très vite. Puis Frédéric Desplanches, et voilà, je suis dernier ! En fait pas vraiment, j’ai eu le temps de reprendre un coureur entre temps. Et j’en rattrape un autre, pour me caler derrière lui. 300m de D+ me dit la montre. Donc improvisons une tactique : je reste derrière lui 100m de plus, le cardio sera plus tranquille, puis 300m à meilleur rythme, 100m plus cool à nouveau, et je finis plus fort. Easy !

J’en profite pour essayer plusieurs techniques de bâtons, la double ou en alternance (la double fonctionne mieux avec ces pourcentages), et de pose de pied (pointe de pied, ça allume le mollet, pied posé ça étire bien le tendon… Alternons !). 400m, je dépasse mon compagnon d’infortune, et je me détache lentement. Je remonte à nouveau un ou deux concurrents, mais ça commence à peser, cette pente presque sans aucun temps mort. 500m… 600m… Gros travail sur les bâtons, chaque pas est un effort. Je transpire malgré l’ombre fort bienvenue de la forêt. Les 700m arrivent. Mais la pente en remet une petite couche, et je ne gère plus la pente, c’est la pente qui me gère. Plus de baisse de cardio ou de vitesse, je monte comme je peux, sans m’arrêter (c’est la règle putain, me dit l’Evil Koala, tu peux monter doucement, mais JAMAIS TU T’ARRETES). Si les deux premiers tiers de la montée se sont faits relativement « bien » (pour un KV, ça signifie qu’on en bave, comme un 10km à plat sur 7 bornes quoi, c’est jamais drôle), le dernier tiers se fait dans la douleur. Juste finir. Les jambes n’explosent pas, le cardio non plus, donc on peut finir dignement (comprendre : sans devoir s’arrêter à bout de souffle), en remontant encore un ou deux concurrents, et en évitant de se mettre complètement à plat ventre sur le final. Une petite accélération quand même pour les derniers mètres histoire de profiter de la super ambiance, et c’est fini, première partie de l’Ut4M terminé ! Temps anecdotique, 1h03, classement tout aussi anodin, mais le principal est ailleurs :

  • j’ai pas mouru
  • je n’ai pas trop souffert du vertige, en tout cas jamais au point de me bloquer
  • je n’ai pas tué mes jambes, ça rassure pour le samedi
  • le KV fait partie du 160km, donc respect total pour les participants, ça incite à beaucoup d’humilité.

L’organisation est top, super ambiance, conditions de course parfaites, et on m’a même trouvé de la place pour co-voiturer comme j’avais oublié de souscrire à l’option navette. Bref, une super mise en bouche, je finis avec le sourire en profitant de la belle vue sur le plateau. Et le lendemain, sans courbatures nulle part, je profite d’une journée de récup pour visiter un peu Grenoble et travailler sur un nouveau projet qui me tient à cœur (plus d’infos très prochainement !). Il fait beau, il fait chaud, je me sens bien, tous les voyants sont au vert ! RDV à 17h30 au palais des sports pour le 40km Chartreuse, à suivre dans le prochain épisode.

En bref

KV Ut4M 2015

Gestion assez constante, avec une petite pause après 300m de D+

 

Les courbes de l’Ambit donnent des infos intéressantes et pas si surprenantes : un peu comme en vélo, on voit que le cardio n’explose pas (83% de moyenne, c’est pas énorme du tout pour un effort d’une heure), c’est la partie musculaire pas assez préparée qui limite. Pas de mystère, c’est une épreuve qui sort de sa zone de confort, donc il faut du travail spécifique pour s’améliorer. Cela dit, en se mettant vraiment dans le rouge, il y a moyen de monter plus « vite ». A voir un autre jour, mais encore faudra-t-il trouver le terrain de jeu…

3 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Bravo ! Mais moins pour la course elle-même que pour la mise en silence du vertige… Je sais de quoi je parle. Si tu as une recette pour éviter de se liquéfier et de monter à 240 bpm dès que la pente et l’altitude augmentent, je suis preneur, car cela m’a toujours incité à ne pas m’inscrire pour des courses de montagne (genre Sierre-Zinal). Peut-être que le secret, c’est de se gonfler à bloc d’adrénaline – cf. oubli du dossard – pour ensuite oublier ses peurs… Bravo encore pour avoir surmonté ton vertige.

    • J’ai un petit vertige. Quand je suis en course, l’idée c’est de toujours avancer, en regardant là où je dois poser les pieds, jamais vers le trou. Si je tergiverse trop, là le stresse commence à faire effet. C’est comme pour la tyrolienne, quand j’ai pu essayer, j’étais toujours le premier à passer, pour ne pas avoir le temps de trop regarder le trou. Je me lance, et basta. C’est un travail sur moi même. Par contre, soyons clair, je n’ai fait jusqu’ici que des courses sans risque en gros, il y a très peu de passages près de gros ravins, pour ne pas dire aucun. Donc ça reste raisonnable pour moi. Je pense qu’une course avec plus de pente pourrait me poser problème, hélas. Je teste. Je trouverai bien la limite.

  2. « je profite d’une journée de récup pour visiter un peu Grenoble et travailler sur un nouveau projet qui me tient à cœur (plus d’infos très prochainement !) »
    Ce teasing de malade !!!… 😉

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