Pastourelle 2015 : bilan de la course et de la prépa

Oui, les récits à chaud, c’est bien, c’est surtout pour ça qu’on y va. Mais quelques chiffres, un avis plus mesuré sur ce joli voyage, c’est bien aussi. Ca permet de voir un peu si on a déconné, si on a fait du bon boulot, ce qu’on pourrait améliorer et ce qu’il faut garder.

La course

D’abord les chiffres, c’est quand même mon truc. Donc :

  • 52.2km, il en manque un peu par rapport à la première édition, surtout à cause de la descente raccourcie à Impramau.
  • 2600m D+, pas trop de changement à ce niveau par contre, de quoi s’amuser
  • 7h56’20, c’est 50 minutes de mieux que l’année dernière, pas mal pour une course dans le dur !
  • 160puls/min en moyenne, c’est 80% de cardio, clairement trop, et ce qui explique qu’on a roulé sur la réserve une bonne partie de la course. Le mur, je l’ai mangé sévère.
  • 5900 kCal consommés sur la course. On pourra pas dire que j’y ai été à l’économie.
  • Plus de 3kg perdus entre le début et la fin de course, malgré une prise de liquide et solide estimé à plus de 2kg. Bref, j’ai transpiré 5 litres de flotte. Cette évaluation gratuite faite avant et après la course par des gens du Centre Médico-Sportif d’Aurillac était vraiment intéressante.
  • Je suis plus rapide sur chaque segment couru par rapport à l’année dernière, malgré les sensations en dedans. Par contre je perds 4 minutes au Pas de Peyrol lors de mon sitting. Il est intéressant de voir que si les sensations disaient qu’on donnait moins, on est tout de même aussi rapide, et souvent plus. L’entraînement a été bénéfique !
Comparaison 2014/2015

Comparaison 2014/2015

Ce qu’on voulait améliorer

  • Aller plus vite, avec des ravitos plus courts : c’est bon, sauf le Pas de Peyrol
  • Mieux descendre : oui. C’est pas Killian Jornet, mais il y a une assurance absente l’année dernière. Peut mieux faire bien sûr !
  • Mieux boire et s’alimenter : oui. Pas de mal de ventre et de misère de fin de course. Mais déficit en eau. A améliorer donc.
  • Etre moins con : oui. On a viré la veste quand il faisait plus chaud pour courir plus en confort.
  • Mieux protéger ses pieds : c’est mieux, mais pas parfait. Il faut dire qu’on s’est rabattu sur les Peregrine pour gérer la douleur des jours précédents. Ce n’était pas la paire prévue pour la course. Il faudra mettre plus amorti.
  • Faire une meilleure préparation : tout s’est très bien déroulé sur 9 semaines. Mais ensuite, tomber un peu malade, et aller sur la course en sentant qu’on a un peu grippé la machine, c’est dur. Ça se fait, mais sans se sentir fort. Donc l’examen de passage « mental » était intéressant, mais pas sûr que je m’y recolle si ça se reproduit ! Autant changer un peu son programme.

Bilan préparation

L’idée de la préparation, c’était de :

  • monter en charge sur une dizaine de semaine, en partant d’une base assez légère (puisque grosso modo sans course pendant 3 mois, on aime les challenges)
  • privilégier les micro-sorties nombreuses à trop de grosses sorties (on s’inspire d’autres coureurs comme Julien or Joan, et on fait sa petite sauce)
  • ne pas faire de fractionné ni trop d’intensité au début, le cardio étant déjà limite après la blessure
  • prévoir des semaines un peu plus light toutes les 4 semaines environ
  • mixer du VTT, en baissant la proportion progressivement
  • programmer quelques courses ou sorties en groupe pour éviter les SL répétitives
  • monter à environ 9/10h d’entraînement au pic de la prépa (un peu plus que la durée de course prévue en gros)
  • baisser sur les deux dernières semaines

Le positif

  • Le plan a été bien suivi sur 10 semaine environ.
  • Les micro-entraînements ont très bien fonctionné, c’est très pratique pour composer avec un emploi du temps, et la récup est vraiment facile.
  • Le VTT est un très bon complément.
  • Les courses intermédiaires ont été un vrai plaisir, même si la forme n’était pas optimale.
  • Pas de grosse fatigue ni de gros bobos jusqu’à la S10, les sensations étaient vraiment très très bonnes, l’endurance est revenu vite avec cette prépa.
  • La course a permis de s’améliorer au niveau performance, même sans se sentir à 100%

A revoir

  • Il manquait de l’intensité et des séances qualité au milieu de la préparation, une fois le cardio retapé.
  • Planifier en volume horaire, c’est bien pour du trail. Ne pas vraiment regarder le kilométrage, c’est mal.
  • On a surchargé en distance en S9 et S10, et on le paye derrière.
  • Prendre un coup de froid en pic de préparation, ça fait très mal, même si sur le moment ça ne semble pas bien méchant.
  • Il faut donc se méfier des sensations, on se sent très bien, mais il faut rester prudent.

S’il fallait refaire cette préparation, je ne changerais pas grand chose. Je mettrais juste un curseur « kilométrage » à côté de celui du volume horaire. Faire des semaines à 88/92km pour une course de 53km, c’est trop. Même en se sentant très bien, cela marque le corps, et le rend plus vulnérable au moindre petit virus. Et sortir le matin pas assez couvert, prendre froid, enchaîner dessus, c’est également con. Et on le paye cash derrière. En même temps, il y a une logique implacable mais très saine derrière tout ça : il faut travailler pour pouvoir aller plus loin, mais si on pousse trop la machine, on l’abîme. Rien d’injuste ou de malchanceux là dedans. Juste le métier qui rentre. Il fallait limiter un peu plus les S8 et 9, pas faire d’excès de zèle à la Wings for Life (erreur très humaine, j’ai pris mon pied cela dit !), et ensuite bien se protéger pour enchaîner sur la S10.

Plaisir

Outre le gain d’expérience assez conséquent, avec l’utilisation des micro-entraînements, le bi-journalier, la surveillance de l’intensité cardiaque qui a montré la grosse amélioration sur les première semaines, les progrès indéniables techniquement parlant depuis l’année précédente, il y a aussi un facteur plaisir important :

  • gros kif sur le trail de nuit de 28km fait dans le dur en semaine 3, quelle première expérience de nuit en compétition vraiment plaisante !
  • découverte de parcours sympas autour de ma ville natale, comme quoi il ne faut pas vraiment chercher trop loin parfois…
  • gros gros plaisir de sentir l’endurance se construire vite et bien, sans souffrance ni fatigue, on découvre encore les possibilités du corps !
  • gros kif de la semaine 9, avec un volume certes trop conséquent, mais des sensations vraiment excellentes sur la Wings for Life. Le sommet de la prépa assurément.
  • une superbe sortie Auvergnate en S10 tout de même, ça restera aussi un sacré souvenir.
  • et les 8h de course avec un mental mis à l’épreuve, ça reste une sacré aventure, finir donne des sensations assez fantastiques et ça donne de l’expérience et beaucoup de confiance.

7 commentaires

  1. Super intéressant ce retour d’expérience : merci à toi. Les micro-entrainements sont-ils expliqués sur le site ? Sinon, je suis preneur.

    1. C’est un peu expliqué dans les comptes rendu des semaines : j’ai privilégié beaucoup de petites sorties à des sorties moyennes. Donc beaucoup de sorties de 30 à 40 minutes (parfois même 20min en escaliers), au lieu de sorties de 50min / 1h / 1h10. Parfois deux fois par jour, ça passe bien comme ça, et le volume journalier devient alors sympa. Par contre, j’ajoutais des sorties longues bien sûr ! Ca permettait de courir 6 jours sur 7, sans douleurs ni grosse fatigue. Je pense continuer comme ça, surtout avec mes horaires de travail.

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