Préparation Pastourelle S10: plaisir par procuration et métier qui rentre

Oui, une prépa qui se déroule comme prévue, c’est comme une sortie trail sans se perdre, ou un marathon sans courbatures : ça n’existe pas. Donc la S10 ne s’est évidemment pas du tout passé comme prévue, histoire d’ajouter un peu de suspense dans cette fin de préparation. On est quand même très fort sur PAP !

Repos

On commence la S10 par … du repos. La S9 a laissé des traces, notamment la sortie bitume de Wings for Life. On découvre une nouvelle douleur au bas du mollet gauche, sur la droite, ça paraît musculaire, mais il n’y a pas tant de muscle que ça par là. Tendineux ? Sur l’os ? Va savoir ! Toujours est-il qu’on laisse reposer la machine.

On s’envoie tout de même 24.5km de vélo au petit matin le mardi, en 1h26, un peu de route, du chemin et de la piste, une visite au château de Rambouillet, c’est varié et très plaisant malgré les températures un peu fraîches. Ce sont peut-être (voir même sûrement) ces dernières qui ont ensuite un peu grippé la machine. En oubliant de se couvrir le matin en allant au travail, on prend un peu froid, et fatigue aidant de la semaine précédente, ça commence à bien se sentir. Donc repos le Mercredi en se sentant un peu à plat, idem le Jeudi. Il fallait bien ça avant d’attaquer le gros du programme de la S10 : les monts d’Auvergne, en compagnie du quatuor de choc et de charme : Running Sucks, El Bûcheron, Jaife et la Râleuse-qui-trottine.

Evidemment la météo ne l’entendait pas de cette oreille, et c’est sous de belles averses qu’on contemple donc le pied du Sancy le Vendredi. El Bûcheron y serait bien allé, acclimaté à la météo écossaise qu’il est. Mais il faut se rendre à l’évidence, le sommet était bien exposé à des trombes d’eau et au vent, le plaisir aurait été de courte durée. Nous remettons donc à plus tard notre sortie, et partons profiter de quelques mets locaux afin de gonfler nos stocks d’énergie. Les digestifs auront un effet indéniable sur notre créativité, puisque dans la foulée nous commençons à préparer quelques petites vidéos qui devraient bientôt vous ébaubir. Je n’en dis pas plus.

Monts du Cantal

Le Samedi, la météo s’arrange, et nous préparons donc notre sortie « Monts du Cantal », avec le petit bonus du coucher de soleil en haut du plomb du Cantal, le plan « lever du soleil au col de Cabre » étant tombé à l’eau. Départ à 17h30 sous le soleil, joie de pouvoir enfin courir, petite montée pour passer la crête au pied du Peyre Arse puis magnifique descente sur un single à flanc de montagne vers le col de Cabre. La montagne est quasiment à nous, le temps est parfait, la vue splendide. On ne tarde pas à poursuivre vers le Griou, dôme de phonolite débité en lauzes (comment je me la pète niveau géologique !) par les périodes glaciaires. Un terrain complètement différent des autres puys du massif donc. Et la montée par le « chemin » le contournant par le Nord se révèle vite être un problème : ça monte progressivement au début, mais nettement plus droit pour finir. Si la montée n’est que rarement un problème pour mon vertige, la descente… Euh comment dire… Légère panique à bord. Donc plutôt que de se retrouver à redescendre à deux à l’heure en état de gentil stress, je laisse mes compagnons finir la montée et m’amuse à redescendre un peu trop bas sans plaisir aucun. Il y avait visiblement un chemin bien plus facile pour atteindre le sommet. Dommage ! Ça sera pour une prochaine fois.

Y a comme une petite montée sur la fin

Y a comme une petite montée sur la fin

On poursuit donc la sortie avec une descente très roulante vers la station du Lioran, pour y prendre un petit ravitaillement à base de bières et barres d’énergie « maison », qu’on monte lentement mais sûrement vers le sommet du Plomb du Cantal, en avance confortable sur le coucher du soleil. Le début est assez raide, mais ensuite la montée est plus agréable. 600m de D+ en 4km, c’est tout de même conséquent, et nous profitons bien du joli point de vue au sommet. Seul léger problème, il CAILLE SA MERE. Même avec un coupe vent, des gants, des manchettes, un buff, une bière, il caille sa race. Nous nous cachons donc sous la table d’orientation pour attendre que sa seigneurie le soleil daigne vouloir se coucher. Après une joyeuse discussion sur la composition de nos barres d’énergie bio maison (plus d’infos là dessus très bientôt) et avant de geler sur place, nous quittons les lieux avec un magnifique soleil orangé rasant le sommet des montagnes aux alentours. La descente nous réchauffe et nous permet de le voir disparaître à l’horizon, on allume les frontales et un petit peu les quadris (oui, la montagne inspire le poète runner). On termine cette première sortie avec un joli 21km en 4h total, plutôt 3h30 sans la pause au Plomb. Avec 1050m de D+, c’est une sortie déjà exigeante, et surtout vraiment plaisante avec cette météo très agréable. Quasiment pas de bitume, du single, de la piste, des panoramas magnifiques, presque personne sur les chemins, une petite bière, de la bonne humeur, c’était vraiment de la sortie trail qui fait plaisir !

Jaife au Plomb du Cantal

Jaife au Plomb du Cantal

Ouille

Bon, le souci, c’est la suite. Parce que s’il y avait le soir même des petites douleurs un peu normales après ce genre de traitement, le lendemain, le corps se rebelle. Gros coup de pompe en milieu de matinée, un peu de fièvre, ce n’est pas la grande forme. On se dit que ça tient à la nuit un peu courte et que l’énergie va revenir. Que nenni, ça va de mal en pis, et après un déjeuner avalé sans appétit au lac Pavin, c’est sans conviction qu’on attaque la montée vers le Puy de Sancy. Et il faut vite se rendre à l’évidence, zéro énergie, jambes douloureuses, sensations de « ça va pas du tout », ce n’est pas que de la fatigue. Heureusement les autres ont le tracé de la sortie, et une seule chose raisonnable s’impose : rentrer. Ce qui s’avère déjà être un gentil petit calvaire, même en descente. Puis le repos dans la voiture force bien à constater qu’en effet, ça ne va pas trop : mal un peu partout, légère envie de vomir, sensation de froid, de chaud, bref, le bordel. Les 6km / 281m D+ parcourus en 1h15 n’auront servi qu’à se fatiguer un peu plus. (vous remarquerez que l’auteur de ce blog, même malade, a pensé à arrêter sa Suunto et à uploader sa sortie. Un km parcouru reste un km parcouru, MERDE !). Heureusement les autres ont pu profiter du beau temps pour aller au sommet du Sancy, et on rentre donc tous se reposer.

Le lendemain, c’est à moitié fiévreux après une nuit très hachée qu’on se réveille, le système digestif bien en vrac et les jambes en souffrance, courbatures dignes d’un marathon, plante du pied droit douloureuse, tendon d’Achille gauche douloureux. Bref, même si comparé à la veille, ça va un peu mieux, cela reste bien peu compatible avec une quelconque pratique sportive ! Repos forcé ! Une torture quand on voit la météo. On accompagne tout de même la petite troupe au pied du Puy de Dôme pour les laisser monter par le chemin, avant d’aller prendre le train avec les petits vieux et les parapentistes. Ça fait un peu mal au cul, mais il faut se soigner d’abord.

Bilan, entre la météo qui empêche de faire une journée de récup et la joie de tomber malade au meilleur moment, la semaine a été tronquée. Heureusement, il n’y a pas que les chiffres dans la vie, et le reste du séjour Auvergnat a été plus que plaisant : on a rudement bien bouffé, on a bien rigolé, on a fait des tas de conneries qu’on ne manquera pas de vous montrer (encore que…) (oh allez si), les autres ont carrément bien couru, il a fait presque beau tout le temps et les paysages déchiraient quand même souvent leur race (et je dis pas ça parce que je suis Auvergnat) (bon si en fait), on a bu des trucs plus ou moins recommandables, et on a même prévu de recommencer ! Donc tant pis pour le D+ manquant, au moins les autres ont bien profité, et la semaine aura été riche en enseignements en tous genres.

Bilan comptable

  • 7h d’entraînement, donc 5h30 de course à pied
  • 27km de course, 25km de vélo
  • 1334m de D+, c’est pas si mal
  • une semaine tronquée et qu’on finit en bien mauvais état, donc ça casse un peu l’ambiance au niveau suivi du plan !

5 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Courage, bientôt la course (fin s. 12 ?) proprement dite. Tu auras fait ce que tu pouvais et il n’est pas du tout certain que le repos forcé t’ait porté préjudice. Surtout bien récupérer avant la course. Et comme il paraît que ce qui ne tue pas rend plus fort…
    LL

  2. Encore MERCIII PAP pour ce weekend au top !
    Bouffes, rigolades, et de belles sorties en bonne compagnie dans un superbe décor : un week-end parfait !
    Retapes toi bien !!

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