CR Wings for Life 2015

Ah, une course bitume ! Ça faisait longtemps ! Si on ne compte pas le relais des Foulées du Cézallier (un peu trail quand même), ça faisait… ouch… plus d’un an ! Mais l’appel d’un week end sympa dans la belle ville ensoleillée de Rouen en compagnie agréable ne se refuse pas. Surtout que c’est aussi pour la bonne cause (enfin… pour le prestige de Red Bull un peu également). Allez c’est parti !

Préparation

Alors tout était prévu, le soleil, du trail dans la forêt Rouennaise pour s’ouvrir l’appétit (et la soif), un barbecue géant, la victoire de l’ASM en finale de la H Cup, des bières de tous les pays du monde, du rire, de la joie, des pâtes au Cantal, une bonne nuit de sommeil, et la découverte des quais de Seine pour une course en groupe. Bon, tout ne s’est pas passé comme prévu. Le Cantal est resté à Paris (mais on va se rattraper), l’ASM… euh bref, le barbecue, ben… Mais bon, après une soirée gentiment arrosée et pas forcément hyper diététique pour de la course à pied, nous étions prêts à braver les intempéries, bien aidés par notre bûcheron à vélo. Il faut dire qu’il faisait BON. Enfin une température qui permet de courir en tshirt. Enfin des conditions pour courir sans sac, sans gourde, sans veste, sans accessoires. Un corsaire, un tshirt, et voilà. Presque nu (mais évitons l’émeute). La liberté.

Plan de bataille

Facile, on reste ensemble, on essaye de taper les 2 heures, ça fait 5’13 » au km, un rythme déjà sympa. Difficile de savoir si la fatigue des jours précédents allait se manifester rapidement (quand même plus de 60km depuis mardi…). Après une attente un peu longue à soigneusement éviter de s’échauffer avec le coach Garmin (c’est pas un 5km, restons calme…), la joyeuse petite troupe s’élance enfin, de la Running Sucks assez râleuse, du Jaife aux couleurs toujours aussi bien assorties, de la râleuse qui trottine en mode sieste, du Daddy the Beat en mode « j’ai fait un marathon le week-end dernier, j’ai un 100 bornes bientôt, je cours juste tranquille », du TeamVieux-qui-n’en-veut et autres joyeux coureurs plus ou moins internetisés.

C’est parti !

Wings for Life 2015

On est là quelque part. Si si.

La repas assez festif de la veille ne se fait pas sentir, le départ à 13h a du bon. Le petit déjeuner copieux est digéré, l’ambiance est très sympa, ça aide à partir motivé pour une course plus vue comme une sortie-longue-bitumée-en-groupe qu’autre chose. Et qui dit course en groupe dit allures forcément un peu différentes quand même. Entre les très bons qui retiennent un peu, la râleuse-qui-trottine qui trottine direct assez vite, Jaife qui fait le yoyo pour prendre des photos, Manue qui rallote un peu à raison parce qu’on est vite montés en vitesse, ça zig zague, ça s’éparpille, ça se resserre, bref, ça permet de faire défiler les kms assez vite. Et aussi d’oublier une douleur au bas du mollet gauche qui ne fait pas plaisir, mais on se dit qu’on va gérer pour profiter de son week end.

Le groupe s’étirant un peu, on profite de la belle vue sur les quais de Seine (je déconne, c’était moche en fait), Manue commence à souffrir un peu du rythme. J’évite de laisser l’hôte du week-end toute seule, ça serait pas cool (et vu ce que je vais lui faire subir cette semaine…). Surtout que je m’attends tout de même à voir arriver un petit coup de bambou comme la veille avec le Bûcheron (ouais petite sortie trail de 25 bornes le Samedi…). Elle décide de garder le rythme autant que possible jusqu’au 15ème et ensuite de faire à son allure pour finir plus fraîche sur la ligne d’arrivée mouvante (un peu de dignité, merde !). On baisse un peu de rythme, il faut dire qu’il fait un peu lourd, un peu venteux, le paysage ne motive pas plus que ça, et le joli chiffre (oui 15, joli chiffre) se fait un peu attendre. Mais le panneau arrive finalement, et je laisse Manue gérer à son rythme.

Le retour du démon de la course à pied

Et là, il commence à se passer quelque chose. Finir au rythme prévu, pourquoi pas, mais tout seul ? Bof. Je suis venu là pour courir avec les autres. Où sont-ils ? Aucune idée. Pas de téléphone bien sûr, je cours ultra léger. Donc je pousse un peu. Pas trop, il me reste 8 bornes pour atteindre l’objectif, ça paraît un peu loin sur le moment. Donc remontons, au train, pas trop vite, histoire de finir avec les autres. Mais ça déroule assez bien. Les jambes tournent facilement, et la douleur au mollet est finalement moins présente à allure un peu plus soutenue. La Suunto affiche du 4’40 » / 4’45 » au kilomètre, c’est un peu rapide, mais bon, je me sens bien, je remonte, c’est assez facile, je ne suis pas encore fatigué. Mais aucun signe des autres. Je repère bien le tshirt d’un pote à Manue et Anto, première étape. Je le reprends, mais il est seul. Je continue donc, tranquillement, le 4’40 » se tient bien, pourquoi ne pas en profiter ? Je rattrape le retard sur l’allure prévue, doucement. Je la dépasse, on dirait qu’ils ont accéléré les saligauds. Toujours personne. On continue. Finalement je reprends Jaife et la râleuse-qui-trottine, qui… marchent. Elsa a finit par payer son départ un peu soutenu, mais ils repartent à bon rythme à mon arrivée. Une bonne petite remontée de 3.5km, ça fait du bien ! Je me dis que je peux alors rester dans le petit groupe, j’aurais déjà bien donné de ma personne avec cette accélération.

On retrouve David au ravitaillement, qui compte finir ses 20km et quelques sans forcer. Je discute un peu avec lui, et il coupe son petit effort au 20ème. Il m’indique une centaine de mètres à peine d’avance pour Stéphane, je pars donc pour essayer de le rejoindre histoire d’avoir revu tout le monde avant de finir tranquillement. Et là le démon de la course à pied revient. Et me reprend. C’est reparti vers les 4’30 » / 4’40 », sans chercher à se mettre à bloc. Et ce nouveau type de course est finalement vraiment sympa : plus je cours vite, plus je vais courir longtemps, tant que je tiens. C’est un compromis à trouver entre endurance et vitesse. Courir trop doucement pour m’économiser, et la voiture me reprend. Courir trop vite pour éviter qu’elle revienne, et je me crame l’énergie trop vite. On renverse complètement la stratégie habituelle. Mais comme je ne venais pas taper mon meilleur chrono (avec 60km dans les pattes…), l’objectif des 23km allait être atteint (ma moyenne dépassait déjà les 5’13 »), l’idée était simplement de … courir. Sans objectif ou logique.

Je ne savais même plus quel tshirt avait Stéphane, et il suffisait qu’il prenne son rythme marathon pour que je ne le revois plus de toute façon. Peu importe (je ne l’ai jamais revu…), j’avais simplement de bonnes jambes, pas du tout de baisse d’énergie, une sacrée bonne cadence, je remontais. Et quand on annonce « catcher car à 2km », on ne sait pas trop ce que ça veut dire. 2km, avec quoi, 4km/h d’écart ? 3km/h ? Il paraît évident qu’il faut encore une demi heure environ à la voiture pour revenir, mais ça c’est un calcul fait sans fatigue, à froid, dans ce bel article. Sur le moment, lucidité en moins aidant, je ne cherchais même pas à calculer. Je continuais de dérouler, le paysage devenait sympa, et les jambes donnaient toujours sans ralentir. Et hop le petit ravito au redbull (pour une fois que j’en bois…), et vas y qu’on avale la petite montée, le panneau 23km arrive après avoir passé un joli château, mission accomplie ! Sentiment du devoir bien accompli sans souffrance.

On s’arrête

Non je déconne, pourquoi s’arrêter ? Ah, pour s’économiser pour plus tard ? Cerveau moins irrigué, démon de la course à pied, profitons de l’instant présent, je continue. La voiture n’est pas encore là, mais elle ne devrait plus tarder. Ça descend, et vas y qu’on profite à plus de 14km/h, on se la pète avec l’hélicoptère en rase motte sur les champs façon tour de France, on enchaîne, 24km, puis 25, retour sur les quais de Seine. Bon, ça commence à faire un peu, on doit bientôt arriver sur la réserve. Mais même en se disant de relâcher, on relâche à 13km/h. Et puis merde, c’est beau, les berges de la Seine sont sympas, il fait soleil, on se retourne pour voir les phares de la voiture. On veut en finir, mais en même temps, il y a toujours l’envie de lui résister un peu plus. Et hop 26km, et puis hop 27 on peut se le faire. Euphorie de la fin de course sans avoir eu de coup de bambou, et de la fin de semaine en ayant avalé du km comme si de rien n’était. La catcher car me passe, pas d’excès de zèle en sprint, je m’arrête simplement.

Pas d’effort éreintant, je n’ai pas cherché à me vider complètement pour gagner 500m de plus. Mais il y a simplement eu grosso modo 12km « in the zone », à courir pour se sentir courir, à profiter de la forme de sa vie, en se demandant comment on a pu faire 25 bornes de trail la veille, s’enfiler des bières et autres mets assez light pour faire 27km comme si de rien n’était ou presque. Le travail paye, ça, on le savait déjà, mais en profiter pour la première fois, ça fait quand même bizarre et très très plaisir.

Je finis certes sur la réserve, le bas du mollet gauche marqué, et bien assoiffé. Etait-ce nécessaire d’en rajouter comme ça dans l’optique de la préparation de la Pastourelle ?

Non, pas du tout.

Etait-ce même raisonnable ?

Oh, probablement pas.

Mais putain que c’était bon !

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