Le choix

Le choix. Entre deux disciplines soeurs mais pas vraiment jumelles. Aussi proches sur certains aspects que différentes sur d’autres. Antagonistes ? Complémentaires ? Quelques éléments personnels de réponses après une année 2014 plus variée que jamais.

Avant, la course à pied, c’était surtout bitume bitume bitume, piste piste piste, un peu de vélo en cas de blessure. 2014, ça a été toujours du bitume, toujours un peu de piste, beaucoup plus de chemins, de montagne, de forêt, plus de vélo, et toujours plus de compréhension sur ce qui se passe dans la tête en s’ouvrant un peu l’esprit. Le virage a été assez brusque. Le mode « trail » a été passé en mars, pour ne plus vraiment revenir à la route avant l’automne. C’était peu progressif, pas forcément idéal ou raisonnable, mais ce fonctionnement un peu « binaire » a l’avantage de rapidement montrer les différences et fait ressentir les manques et besoins. Bilan personnel ? Ce tableau :

Intérieur

La route, c’est la possibilité de se concentrer sur soi. C’est la sécurité de ne pas avoir à se soucier de l’extérieur. Quand on tourne sur une piste, quand on met son baladeur et qu’on fait ses kms le long de la rivière, quand on s’aligne sur une course où la route nous est dédiée, on peut courir dans sa bulle. S’isoler du reste du monde, se concentrer purement sur ses sensations, son rythme, son plaisir, sa douleur. Quand je m’aligne sur le marathon de Sénart, ce n’est pas vraiment pour profiter des paysages de la banlieue parisienne lointaine. C’est pour profiter de l’organisation sans faille qui me permet de me concentrer sur la course, et elle seule. Quand je pars faire une sortie au feeling sur la route entre l’étang de coupe gorge et le château de Rambouillet, je ne fais pas attention où je pose les pieds, ni à la direction. Je connais le chemin. Je suis dans ma foulée, mon rythme, les sensations de mon mouvement, de ma respiration, je m’écoute. Quand je pars le long de la Marne au soir, avec mon baladeur, je n’entends aucun bruit de la nuit, je ne regarde pas le paysage sans grand intérêt que je connais parfaitement, je cherche ma zone de confort, entre effort et relaxation, cet équilibre précis. Quand je choisis une course droite, plate, sans difficulté aucune, c’est pour me donner l’intensité de ma propre limite et la ressentir pleinement, pour tester ma capacité à rester dans cette concentration qui assourdit la douleur et la rend supportable. C’est la continuité de l’intensité ou du bien être. Tout ceci, la route me l’offre, et elle seule.

Extérieur

Le trail, c’est l’ouverture sur l’extérieur. C’est la nécessité de se connecter à son chemin, à chaque pas, chaque appui, chaque difficulté (ouais sinon on peut se prendre une putain de gamelle). Il faut se concentrer non plus sur soi et sur la régularité de son effort, mais sur l’extérieur et sa variété. Le trail, c’est respecter et connaître son chemin, pour ne pas se perdre, ou se retrouver en difficulté parce qu’on a occulté la météo. Fini les ravitaillements tous les 5kms et la possibilité de prendre le bus ou le métro pour rentrer si on ne sent pas bien. Quand la voiture est de l’autre côté de la montagne, on ne peut pas appeler un ami pour venir nous chercher sur un sentier de montagne. On doit finir. Le trail, c’est aussi le bonheur de se connecter à son environnement, à ces paysages qui rendent humble et contemplatif. C’est revenir à des sensations simples et pures, juste soi-même, ses jambes, et sa propre énergie pour traverser ces paysages immenses, parfois complètement seul, une espèce de plaisir un peu primal (sans aller jusqu’à égorger un lapin avec les dents pour se ravitailler, soyez cool). Le trail, c’est aussi s’ouvrir un peu plus sur les autres, discuter, partager. C’est la variété dans l’intensité et le bien être.

 

Le coeur ne ment jamais : illustration des différences

Le coeur ne ment jamais : illustration des différences

Quels choix ?

Ces deux descriptions ne montrent que des différences. Bien sûr, il y a un socle commun. Deux sports d’endurance, où vos jambes sont votre principal outil de travail. Et il est bien sûr possible de profiter de la même manière des deux approches. On peut se faire des sorties en musique sur trail, sur des chemins faciles permettant de se renfermer un peu sur soi. On peut également discuter avec les autres coureurs sur une course bitume et traverser des paysages magnifiques. Cette description n’est que ma vision des deux approches. Ce que je retire de chacune d’entre elle. Et qui me contente aussi différemment que pleinement.

Sans bitume, impossible de trouver cette bulle de concentration, entre intensité et relaxation selon les sorties.

Sans le trail, impossible de pouvoir s’arrêter, et pour quelques secondes, admirer ce qu’on a tout autour de soi, s’y sentir simplement à sa place, humblement (mais en se disant quand même que la montée, là, dans la brume, on va lui mettre sa race).

L’un va-t-il pénaliser l’autre ? On ne peut que difficilement faire seulement de la route et partir en compétition en trail. Les articulations et le dénivelé le feraient payer cher. Ne faire que du trail fait perdre ses repères d’allure. Mais mixer les deux, à mon très humble niveau, est tout à fait complémentaire à mon avis. Je ne pense pas perdre en vitesse en travaillant en trail. Et la vitesse acquise sur la route sert aussi en trail. Peut-être qu’à très haut niveau il faut en privilégier un au détriment de l’autre ? Probablement. Mais je suis assez tranquille à ce niveau, cela ne m’arrivera jamais 😉

Donc pourquoi choisir ? Autant profiter des avantages de chaque discipline, tant qu’elles apportent des bénéfices. Cela évite aussi de s’enfermer dans une discipline, la variété a beaucoup de bon, aussi bien mentalement que physiquement. Enfin, un Auvergnat, vous lui proposez deux bonbons, un rouge un bleu. Les deux sont gratuits ? Que prend-t-il ? Ben les deux évidemment ! (Et si vous avez le sac, je prends aussi).

9 commentaires

    1. Choisir les deux, c’est quand même un choix, jeunette. T’as pas dû beaucoup écouter en cours de logique toi… Pourquoi se limiter à 1 choix ? Naze. Limité. Un choix de pompe à vélo quoi.

  1. Les deux disciplnes sont importantes et complémentaires pour les raisons que tu évoques. Même si je n’ai pas fait de compet sur route cette année je continu à m’entraîner sur route. J’alterne bitume et sentiers en pente. En fait la route c’est sympa pour se vider la tête et réfléchir. Le trail, suivant le degré de technicité demande trop de concentration.

  2. C’est auoi ce non choix!!!
    Lire un article qui s’appelle le choix et tomber sur un ´ptet ben que oui, ptet ben que non?´ ?? Nan mais tu t’es pris pour un Normand ou quoi??
    Moi j’ai eu le cran de faire mon choix! C’est le trail un point c’est tout… Bon ok pas vraiment eu le choix, avec la neige les rues se transforment aussi en terrain de trail! 😀

    Eum sinon… Continue! C’est mon option aussi! Complémentarité, plaisir, performance… C’est vite vu! 🙂

    A bientôt l’ami et bonnes fêtes!

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