[CR] Trail du Vieux Lavoir : expérimentons à tour de jambes !

Oui, un autre trail, faut dire que j’ai pas eu le choix. C’est Jérémy qui a dit « c’est mon anniversaire, on fait un trail, t’es obligé de venir ». Bon, ok, un mois après la Pastourelle, on va vivre sur les acquis, ça se gère ! Et on peut en profiter pour expérimenter des tas de trucs, c’est une bonne occasion.

Expérimentations

Donc c’est parti pour :

  • Entraînement light, avec pas mal de VTT, des sorties lights plutôt typées trail court / un peu rapide, pendant 4 semaines, tout au feeling.
    Bilan, 10h d’entraînement en 4 semaines, donc 5h30 de VTT. D’où la question : au bout de 20 bornes, ça va pas piquer un peu ? Les jambes vont tenir ? L’énergie sera là ?
  • Régime changé. Oui, les pâtes à tout va, ça paraît pas idéal (article à venir là dessus). Donc, on chamboule tout. Du riz, du quinoa, du blé, du boulgour. Plus de légumes, fruits, matières grasses. Bref, on équilibre beaucoup plus. La question : y aura-t-il assez d’énergie en stock ? La digestion posera-t-elle problème?
  • Nouvelles chaussures. Exit les Go Bionic Trail pas assez « protectrice » pour du trail moyenne distance et de la descente un peu appuyée, bonjour les Peregrine 4, testées 2 fois à peine. La question : les pieds vont-ils apprécier ?
  • On se livre plus. On envoie un peu plus en descente avec des chaussures plus protectrices, et on donne un peu plus en montée (a priori les cuisses peuvent tenir à plus haute intensité, cf. La Pastourelle, surtout sur une distance plus courte).
  • Pas de chaussettes de compression. Il va faire chaud, c’est seulement 500m D+, ça doit passer avec les mollets à l’air. Freedom !
  • On boit et on mange moins pendant la course. Les petits tracas de la Pastourelle ont été une bonne leçon. Il faut boire, mais pas de trop. Il faut manger, mais pas de trop.

Qu’est-ce que je fous là ?

Au menu, 30km 500D+. Donc ça monte pas méchamment, on laisse les bâtons à la maison. Le 21km aurait été une distance plus raisonnable un mois après un premier gros trail un peu difficile, mais notre hôte de la journée s’était bien gardé de nous parler des distances inférieures (salaud ! Il l’a payé ensuite, cf plus bas). Donc le matin à 8h du mat’, à l’autre bout de la région parisienne, il faut bien avouer que je me demandais dans quelle galère j’allais me fourrer. Les autres annonçant n’être pas forcément plus entraînés que moi (et visant également le barbecue), je me dis que vivre sur mes acquis de la Pastourelle pourrait bien suffire. Mais reste qu’en bon débutant en trail, je laisse partir devant Nicolas, Jérém et Bertrand, j’ai les tendons d’Achille qui sont restés dans la boîte à gants. Prenons le temps de chauffer. Premier ravito annoncé au 19ème, il fait soleil, j’ai même pas un litre de flotte, on va gérer sur la distance.

Tranquille. On laisse s’affoler tous ceux qui le veulent, surtout que ça part en montée. Les chaussettes vertes fluo de Jérém plus loin devant moi me permettent de voir que je ne suis pas non plus à la rue. Mais je gère à ma main. Le plan : rejoindre le premier ravito en utilisant tout l’eau si nécessaire, un gel tous les 7 kms, puis voir si ça tient. 30 bornes à 500m D+, ça fait un équivalement 35km à la louche, en mode peinard ça fait 3h30, 3h en se donnant, 4h en mode défaillance.

Ça monte ? Ah ?

Trois quatre kms plus loin, après une alternance de montée / descente / plat / forêt / champs, je reviens au train sur Jerem et Bertrand. Je suis à température, un peu chaud au soleil, mais ça va. Mon rythme quoi. Lequel ? J’en sais foutrement rien, je regarde pas ma montre. J’entends les bips, ça me suffit. Je compte. Un petit coucou à Jaife qui nous surprend en bas d’une descente pour une séance photo éclair. Jerem passe en marche rapide sur la seconde montée, les allergies plus sa magnifique intervention dans un appartement en feu lui ayant un peu attaqué le système respiratoire. J’en profite hyper lâchement pour me faire la malle, son « tu peux y aller François » suffisant à me convaincre. Il faut dire que ça monte un peu, mais le travail printanier de D+ et autres escaliers paye. Y a moyen de trottiner moi je dis. Et à chaque montée, le schéma se répète : y a moyen, je remonte, les autres soufflent un peu. Ils me reprennent sur le plat, me doublent parfois (attends la prochaine montée toi…). Nouvelle côte, ils passent en marche, je double. Un gentil jeu de pac man qui mène jusqu’au 18ème, avec enfin un ravitaillement.

Checkpoint

On en profite pour faire le point :

  • j’ai pas mal aux jambes
  • quand ça monte, ben j’aime ça, et je suis pas ridicule
  • quand ça descend, équipé de chaussures qui protègent, je suis moins ridicule, je perds beaucoup moins de places
  • il fait chaud, je bois régulièrement mais j’essaye de pas TROP boire non plus, l’estomac semble se tenir bien
  • quel temps ? j’en sais rien, j’ai pas regardé. Je compte les bips
  • je dois pouvoir un peu accélérer, on est là pour voir si musculairement on tient, on expérimente on a dit.

Oh yeah

Là arrive la période de gentille euphorie. Quatre ou cinq kilomètres où tout semble bien aller, on court bien, souple, à l’aise, pas chaud pas froid, on double encore un peu, on arrive encore à monter en courant, sans jamais marcher (chui pas un randonneur bordel). La vie est belle, le trail c’est beau, mes chaussures sont belles, mon sac à beau, je dois être hyyyyyper beau à courir comme ça, je peux courir encore des heures sur ces beaux chemins et dans cette belle forêt.

Chaud. Fatigue

L’avant dernière côte, avant le dernier ravito. Ouch. Pas marcher. Pas marcher. Mais le bon coup de chaud. Ça commence à tirer sur les jambes, on doit être au 25ème (ouais, compter les bips… plein les bottes). Je finis la côte un poil en force, renversement du reste d’eau sur la tête, on recharge un peu les flasques, gel cafféine histoire de s’agacer un peu, et on regarde la montre. 25 virgule quelque chose. Moins de 5. Allez. On repart en trottinant, en se disant que ça risque d’être un peu dur. Mais bon, je suis pas le seul à pas rigoler.

Froid. Bulle.

Et puis chemin faisant, dénivelé négatif aidant, fraîcheur (relative) de la forêt aidant, participants assez lents du 21km aidant, on relance progressivement. Il commence à faire un peu froid (signe que les réserves sont bientôt à sec, mais au moins, j’ai plus chaud et j’ai pas géré comme une pompe à vélo). Le gentil démon de la course à pied est là, plus vraiment de douleurs (bon si, le dernier coup de cul, on passe en marche, mains sur les genoux, putain ça tire quand même), ça cavale sur le joli sentier, 30 bornes ça s’encaisse finalement, sans ralentir, zig zag avec les participants du 21km qui se poussent gentiment à mes indications « Je passe à droite », « Je passe à gauche ». La bonne bulle pour finir en se donnant bien, une dernière accélération pour terminer dans la bonne ambiance de l’arrivée, un coucou à Jaife et Elsa, et le chrono finalement, qui affiche un 2h39 et quelques complètement inattendu. C’est ça d’être débutant à nouveau, on peut encore être surpris !

Bilan

Au final, c’est étonnamment satisfaisant. Les jambes ont bien tenus sans être au ralenti. Sur route ca aurait été une autre limonade je pense. Les mollets se sont passés des chaussettes, les Peregrine ont permis de courir plus libéré, les montées ont été plutôt bien avalées, et la gestion en «negative split» (pas nécessairement chronométriquement parlant, mais sur la gestion d’énergie) a à nouveau fait ses preuves au niveau des sensations.

Bilan illustré

Capture du 2014-06-23 10:45:00_FR

Bilan chiffré

  • 30km 530m D+ selon Garmin et Strava
  • 2h39’47, 22ème sur 129
  • Pas de cardio

Bilan résumé

Oh yeah !

Le trail du vieux lavoir

Très bonne ambiance, organisation sans souci, parcours très roulant et non technique s’il fait sec, un peu chaud avec des parties très exposées si soleil, pas trop de coureurs, pas cher, les boissons sont fraîches à l’arrivée (pas si évident!), bref, à recommander !

9 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Deî !!!!! 2h39 sur 30 km. Ca va. Il y a pire. Toutes les  » bonnes recettes » annoncées sans l’être ont une fois de plus fait leurs preuves : récupération après ton gros trail, juste de l’entretien entre les 2 courses, un départ à l’économie et ça passe tout seul ! Bien joué françois !

  2. Rétrolien : Trail du Vieux lavoir : 30km pour apprendre - Blog d'un Running Addict

    • Bon le don de la nature, soyons humble, c’est parce que je découvre que j’ai l’impression que tout est yeah yeah wow wow. En fait tout doit être normal ! J’ai bossé hein, remember l’Écosse 🙂 on va voir la suite, je peux bien progresser je pense.

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