[CR] VertiGo 2014, de la souffrance du positive split

Oui, du haut de mon énorme expérience de la VertiGo 2013, je retournais à la défense en ayant quelques certitudes sur les choses à faire et surtout à ne PAS refaire. L’entraînement intégré à la préparation de la Pastourelle n’était pas optimal, mais tout de même cohérent. Donc but avoué : battre le temps de l’année dernière.

Soyons malin

Pour ça, facile : on sait ce qu’il faut faire techniquement pas la peine de revenir sur les acquis de l’année dernière. On monte 2 à 2, en attaquant par une premier marche simple, on gère son rythme, on s’aide des bras au maximum. Puis on évite les deux erreurs de l’année dernière : départ trop au milieu du peloton, avec des difficultés à doubler, puis final mal géré en perdant le compte des étages (les derniers sont plus courts). Facile.

Sauf qu’évidemment, les plans ne se déroulent pas toujours sans accroc. Donc le Mercredi soir et le Jeudi, une petite fièvre, plus d’énergie, mal de gorge… Bref, idéal pour bien préparer la course, le mental en prend un coup. Pas de dernière séance d’escaliers pour se rassurer sur son allure, et le doute jusqu’à l’après midi même sur l’intérêt de faire la course. Pas la peine d’y aller à moitié malade, pour faire un temps moyen, s’attaquer un peu plus les voix respiratoires (douloureux souvenir de l’année précédente…) alors que la vraie course du printemps arrive.

Mais le Vendredi, tout va bien, ça toussote encore un peu, mais l’énergie semble revenir. Donc on va se les farcir les 954 marches. Parce que ça fait envie. C’est une punition, mais enfin l’ambiance de la course, l’envie d’en découdre, de toute donner. A s’entraîner doucement pour son trail, on a perdu l’intensité des fractionnées et des courses. Donc l’envie est là.

Avec un départ à 20h, j’ai prévu large pour ne pas me presser à la sortie du travail. Et pour regarder comment les groupes se présentent. Des paquets de 25, c’est plus que l’année dernière, et la certitude de galérer si on part derrière. Donc je prévois de laisser partir les plus motivés d’abord, et attendre un petit groupe plus tard. Pourtant les coureurs de la tranche 20/21h sont bien moins nombreux que prévu, donc je me retrouve à me presser pour me changer, m’échauffer trop rapidement (j’aurais dû faire un bon quart d’heure…) et finir à doubler les étudiants pour rejoindre le dernier groupe d’individuels. Et pour une fois, je fais mon gros français, je m’insère devant, deuxième rang, comme un gros malpoli. Ça va bien les conneries. Ils sont là pour s’amuser derrière, ça se voit. Les motivés sont devant. Échauffement avec un coach Nike, ça prépare les jambes un peu plus au moins. Et rapide discussion avec mes voisins, c’est des rapides, je suis bien placé derrière eux.

Donc l’année dernière, 7’20. C’est grosso modo 1’50 » par  12 étages. Que j’avais presque tenu, le 3ème quart étant le plus difficile, puis un 4ème plus court (à cause de la hauteur des étages hein, pas à cause d’un soudain regain d’énergie): 1’48 », 1’47 », 1’58 », 1’48 ». Pas trop mal niveau régularité ! Donc le but cette année: <1’50 » sur chaque quart, gagner 3 à 4 secondes à chaque fois serait déjà pas mal. C’est pas un semi, on ne va pas gagner 2 minutes sur la durée !

Sauf que…

Boum, coup de feu de départ, je reste collé à mes prédécesseurs, on garde la position cette fois. Et on attaque en courant les premiers étages, avant de se calmer quand ça commence à piquer les cuisses. Évitons le lactique. Et premier quart : 1’23 » ! Je veux bien que le tapis de départ ait probablement été reculé d’une quarantaine de mètre, mais bon, c’est TROP rapide. Je suis un concurrent de près, très près, mais pas au point d’avoir l’énergie pour faire l’extérieur. Me sentant très proche, il s’écarte sur un tournant. Classe ! Je le remercie d’un signe de la main, ma respiration m’empêchant déjà de parler. J’enchaîne en tirant fort sur les bras. Ça devient vite l’enfer pour respirer. Deuxième quart, 1’36 » ! Les voyants sont TOUS au rouge. Mais au rouge bien cramoisi, pas un petit « t’es pas hyper bien là ». Non non, le genre « putain arrête toi !! ». Le genre « j’ai géré ma course comme un con, maintenant on paye la facture ». C’est l’explosion dans le 3ème quart qui paraît in-ter-mi-na-ble. Ça revient de derrière. Tu m’étonnes. Je continue de monter deux à deux, mais il me vient à l’esprit de me ranger sur le côté et de juste dire que je sais pas… j’avais mal à la gorge, j’étais malade hier. Mais mes neurones étant suffisamment lents pour que l’information n’arrive pas aux muscles, je continue, à l’agonie. Pas de photo s’il vous plaît, ça devait être horrible. Et surtout dans ma misère, je me dis déjà « tu vas faire un temps moyen ». Je n’ai sûrement pas la capacité de faire des calculs sur le temps gagné sur la première moitié. Je pense juste que la seconde va être un désastre intégral. Le 36ème arrive, putain qu’il était loin. 2’05 ». Vlan. Mange toi ça, gros prétentieux ! Et là comme ça remonte de derrière, je rends la pareil, je laisse passer le coureur m’ayant laissé passer, il a mieux géré, lui. Et dans ma lucidité toute relative, je me dis que maintenant qu’on est proche du 40ème, autant continuer. Continuer à tirer sur les bras, dans un espèce de mouvement désarticulé désespéré. Quand je vois passer un coureur sur ma gauche, sans utiliser la rambarde, je me dis qu’il a l’air bien ! Comme je voudrais être comme lui bordel ! Mais non. J’ai démarré comme un bourrin, et je dois avoir l’air d’un mort vivant tentant d’échapper à je ne sais quel péril. La misère totale et intégrale. Les quarts d’étage arrivent, je sais que le 48ème est proche, impossible de vraiment accélérer, je me surprends même à monter quelques marches en une à une, c’est fini, je n’ai plus rien à donner, si ce n’est un dernier coup de rein pour tenter de courir vers cette putain de ligne.

bilan

Je bippe sur la ligne. 7’00″50. WTF ?? Je dois m’asseoir sous peine d’évanouissement sûrement imminent. J’essaye de faire les comptes dans mon pauvre cerveau. J’ai déclenché avant le tapis en bas. Donc sous les 7 minutes ?? J’en douterais presque vu l’agonie sur 24 étages. Puis après quelques longues longues minutes de récup à cracher mes poumons, je me dis que les maths restent une science fiable. Les premiers du groupe sont montés très très fort, ça tape à 6’45 ». Vouloir les suivre était suicidaire. Bien mal m’en a pris au niveau des sensations. Mais le temps reste très bon, surtout vu la préparation hybride « Pastourelle / Vertigo » !

Au final, c’est 6’57 » en temps officiel, pour a priori un 24ème temps sur 175 coureurs. Et histoire de rigoler un peu, en regardant les temps des équipes duo, j’en laisse 34 sur 52 derrière moi ! La VertiGo 2014 confirme donc bien ce qu’on savait déjà : je dois être un peu sado maso sur les bords…

Autrement l’organisation était sympa, l’ambiance plutôt bien même si forcément un peu « diluée » sur les nombreux départs tout au long de la journée. C’est quand même particulier de voir des coureurs partir avant vous, on observe, on s’imagine à leur place, on attend son tour. C’est un tout autre exercice, qui a donc justement son charme. Reste à le faire de manière plus intelligent la prochaine fois : abandonner quelques secondes sur les deux premiers quarts, c’est sûrement pouvoir les rattraper ensuite sans se dire qu’on va décéder dans les secondes qui suivent… Comme quoi, on apprend toujours.

5 commentaires

  1. Bon bah … ça me donne toujours pas envie cette histoire. Mais bravo pour cette course gérée comme un bleu houahaha. Non mais beau chrono ceci dit.
    PS : j’aime bien la bannière/photo thème de l’article. Tu progresses, j’apprécie.

  2. Chapeau chef ! On sent bien la violence de l’effort. Gestion calamiteuse mais belle perf physique en sortant d’une crève et belle progression!
    T’as fait des squats pour te préparer cette année ?

    1. Même pas ! Mais j’ai bouffé du D+ en montagne, je pense qu’au niveau des cuisses et des mollets, je suis correct. C’est vraiment la respiration qui m’a mis dans la misère totale, les jambes faisaient mal mais sans être en gros lactique je pense.

  3. 24ième c’est mega honorable pour un mec qui prépare quand même un effort 53 fois plus long !
    Dans quelques jours tu auras l’avantage de profiter du paysage en plus mais sous la pluie 😉

    1. Soyons positif : Samedi est le jour le moins pluvieux de la semaine on dirait, et ça devrait rester hyper léger ! Franchement je préfère ça à un grand soleil toute la journée et 25°, je suis pas habitué encore, je pense que ça me ferait mal. Là, 2mm de pluie sur la journée, si ça reste en l’état, comparé à ma sortie d’il y a 2 semaines, RIGOLADE ! Je prends ! J’espère voir à plus de 50m cette fois 🙂

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