S10, on est au sommet, ça fait haut quand même

Rappel des épisodes précédents: dans un grand élan d’optimisme, le Captain CAP s’est inscrit pour la Pastourelle. Sa belle préparation sur 12 semaines s’est transformée en 6 semaines de sciatique/mal au cul, suivi de 6 semaines où l’optimisme a cédé sa place à une nouvelle émotion qu’on appellera: « mais pourquoi je me suis inscrit à cette course p….. ??? ». Après une remise en charge progressive mais assez rapide en S7 (plat + vélo), S8 (vallonné + trail 1000D+) et S9 (vallonné + VTT + 25 bosses), la S10 arrive, le pic de la prépa « ramassée », le test pour savoir si s’aligner est suicidaire ou si, sur un malentendu, ça pourrait passer.

S9

Petit retour sur la S9 déjà, avec 8h30 d’entraînement (dont 2h de VTT), et surtout une première visite aux 25 Bosses à Fontainebleau, un circuit très technique créé spécifiquement pour l’entraînement à la montage. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on comprend vite ses faiblesses en trail sur place. Sur cette longue sortie de découverte (4h), comptons bien 45 minutes à l’arrêt pour quelques pauses et prises de photo, mais surtout pour trouver son p….. de chemin, chercher les marques, comprendre qu’on est sorti du circuit, et râler un peu plus à chaque fois (mais merci le téléphone GPS pour retrouver . Ensuite c’est comprendre pourquoi le circuit est qualifié de « difficile ». Ça n’est que très rarement plat, ça monte et ça descend tout le temps, parfois de manière bien abrupte (il faut escalader certains rochers), le sol est souvent technique, avec des racines, des cailloux. Bref. C’est pas pour le coureur de bitume. Parfait pour se tester les jambes donc, et tester le matériel. Au final, malgré la frustration des erreurs de guidage bien trop nombreuses, ça passe sans trop de soucis musculaires à cette petite allure, et les articulations ne semblent pas trop traumatisées non plus. Ce qui valide le programme de la S10 : le stage express en petite montagne.

Car oui, rien de tel qu’une visite sur les lieux du drame pour bien connaître le terrain à affronter. On s’envole donc vers son Auvergne natale pour profiter de deux terrains de jeu bien différents : le Cantal et la chaîne des puys. Un magnifique bouchon sur l’autoroute fait arriver à 3h30 du matin. La grosse sortie du lendemain tôt est donc avantageusement remplacée par un petit footing en montage pour s’habituer au maniement de nos nouveaux meilleurs amis : les bâtons de course. Il fait frais mais très beau, la vue est splendide, on se dit que la grosse sortie du lendemain va être magnifique. On rentre donc heureux de son petit 8.56km / 1h / 230D+, on prépare son petit matériel pour le lendemain.

Reco Pastourelle : les joies du trail

On part donc au petit matin vers la fin de la première barrière horaire de la Pastourelle pour se tester sur la seconde : une belle montée vers les crêtes, suivi d’un footing au petit trot jusqu’au plus au col du parcours (et retour au point de départ bien sûr). Parfait pour savoir où on en est. Sauf que la météo n’est pas celle de la veille. En bas, il fait bon, et clair. En haut, c’est les nuages. Donc on prend deux vestes dans le sac, gants, buff, assez d’eau (éclair de génie, vérifier AVANT de partir que le col est fermé à la circulation, donc rien d’ouvert là haut pour remplir ses bidons), une barre de céréale qui servira de récompense à mi parcours, et c’est parti. Comme prévu, le départ annonce la couleur, on ne court pas. On marche. Trop facile de suivre le GR en plus, on prend un petit chemin bien technique, parfois bien humide, souvent caillouteux, et on découvre avec bonheur l’aide qu’apporte les bâtons. Jusque là, tout va bien. Une montée à un rythme correct, sans chercher à forcer (on est censé arriver là avec 19km dans les pattes).

Arrivé en haut, ça devient plus drôle. Un petit crachin permanent tout à fait sympathique, et une visibilité à environ 50 mètres. Parfait. C’est pas la forêt de Fontainebleau, pas de repère tous les 10 mètres ici. Vive le smartphone et son GPS, il suffit de se positionner par rapport à la trace qu’on a fait avec ses petits doigts. Mais sortir le téléphone de sa poche plastique (note pour la Pastourelle : ne pas oublier la poche plastique, très bonne idée la poche plastique), éviter qu’il se mouille de trop et trouver la bonne orientation, on peut pas le faire tous les 100 mètres. Donc. On se perd. On suit la crête, ce qui n’est pas une mauvaise idée en soit, elle mène à Rome, quelque part. Mais le GR était lui en contre bas. A l’abri du vent et de la pluie. On rajoute donc des couches, on peste, on avance à deux à l’heure, on se demande bien ce qu’on est venu foutre dans ce merdier alors que la veille, il faisait si beau.

On est obligé de virer les lunettes qui deviennent plus un problème qu’un avantage, il est souvent impossible de courir (oui les crêtes, pas plat mec !), bref, ça n’avance pas. Mais pas question de faire demi tour avec une excuse de petit branleur du style « il faisait pas beau en haut, j’aime pas quand il fait pas beau ». C’est ça le trail, trouve ton chemin, ferme ta gueule et avance. En descendant plus bas, on passe sous le vent, et ça va mieux. On avance un peu plus vite, il fait meilleur, on se dit qu’on va peut-être y arriver à ce col. Reste la question de la neige. Oui la veille, on avait bien vu qu’il en restait, et un gars du coin disait « pas sûr que ça passe, y a toujours des touristes qui se font mal à essayer de passer ». Bon. De la neige, effectivement, il y en a, mais c’est pas hyper large, c’est assez mou, et il y une trace que les randonneurs du GR ont gentiment préparé pour moi. Randonneurs bien au sec sous leur bonnet et veste épaisse de randonnée, dont les yeux disaient à chaque fois que je les croisais « mais qu’est-ce qu’il fout ici lui ? ».

Je finis donc de me mouiller les pieds en terminant mon aller, 2h34, donc 25 bonnes minutes d’avance sur la barrière horaire, avec les nombreuses poses guidage. C’est acceptable donc. On mange sa barre de céréales qui paraît être la meilleure barre de céréales jamais créée depuis le début de l’humanité, on prend des photos du gris au Pas de Peyrol, et on repart confiant : on s’est fait avoir à l’aller, au retour on va être nettement plus malin.

Oui bien sûr. Nouvelles erreurs de guidage, mais dans l’autre sens : on ne va plus sur la crête (beau progrès, on applaudit), mais au lieu de ça, on descend trop bas. Donc. Il faut remonter. Et de nouvelles  bordées d’injures fleurissent dans la montage. C’était déjà bien chiant, autant rallonger. Et vas y qu’on se casse la gueule dans l’eau de fonte des neiges, le cul dans l’eau ça réveille, on se tape le genou dans les cailloux, le dessus du pied commence à se faire sentir comme en Ecosse, bref, on profite quoi ! On sort des nuages non sans un certain soulagement, et on peut s’élancer à vive allure dans la descente. Enfin bon… A vive allure… De manière très prudente, en s’aidant pas mal des bâtons, et sans faire le malin. On finit donc sa « promenade » de 25km en 4h38, avec environ 1260m de D+. Et si évidemment la notion de « plaisir » n’est probablement pas la même que si on avait pu venir la veille, on a appris beaucoup de choses, sur le matériel à emporter, sur le guidage, sa vitesse, ses grosses limites techniques. Et si le pied droit reste une petite source d’inquiétude, le reste de la bête n’est pas en trop mauvais état : l’animal est sale, mouillé, mais musculairement, ça va très bien. Très bonne sortie donc !

J'aime quand un plan se déroule sans accrocs

J’aime quand un plan se déroule sans accrocs

Chaîne des Puys

J'ai beau être matinal, j'ai mal

J’ai beau être matinal, j’ai mal

Le lendemain, on récupère, puis le Dimanche, on file dans la chaîne des Puys pour une sortie en terrain bien différent. La chaîne des puys c’est un plateau assez roulant, et des coups de cul pour monter aux puys. Ça paraît sympa comme entraînement, on se programme donc les trois plus beaux volcans (ou peu s’en faut): le Puy Pariou, le Puy de Côme, et  le Puy de Dôme. Et si au départ on avait prévu « montées faciles / descentes plus raides », un petit souci logistique fait qu’on doit modifier le parcours. Autant faire l’inverse, ça sera plus fun. On s’élance donc avec un petit doute sur la tenue musculaire deux jours après la précédente sortie, et surtout sur le pied droit, qui fait mal sur le dessus. Mais plutôt quand on talonne. Facile donc, il suffit de ne jamais talonner. Restons souple. Première puy, bam, ça monte un peu direct. C’est un chemin ça ? Ah ouais… On sort de suite les bâtons, et on grimpe. Très bon échauffement. On enchaîne sur la descente, qui fait déjà regretter de ne pas avoir modifié le parcours : y a des escaliers. Je HAIS les escaliers. Les monter, ça va. Les descendre, c’est le calvaire. Ça n’avance pas. Ça fait mal aux genoux… Allez on trottine pour rejoindre le prochain puy, c’est un peu humide mais pas vraiment glissant, ça fait plaisir de vraiment courir. Ensuite le téléphone dit, au pied du puy, virage à droite à 90° et grimper. Et en effet. Ça grimpe. Direct. Un chemin… Enfin… Ça ressemble plus au lit d’un torrent. 32% de pente en moyenne, 45% au max, les mollet brûlent, les cuisses les imiteraient si je n’avais pas les bâtons (J’ADORE MES BÂTONS !!!). Brutal. Tellement brutal que la courbe d’allure de Garmin m’a fait dire « merde, la montre a déconné ?? ». Non non. C’était bien la montée.

J’arrive en haut, je lève les bras au ciel, façon « putain je suis le roi du monde ». Puis je me dépêche de descendre en trottinant, le vent bien froid ayant vite faire de geler mes fesses royales. Direction le Puy de Dôme, histoire de finir avec un gros dessert. On trottine en forêt, quelques arrêts guidage pour éviter de se perdre, en mode « animal à quatre pattes » avec mes bâtons que je ne lâche plus, et on arrive au pied du chemin des muletiers, y a plus qu’à grimper. Pour le coup, c’est nettement plus facile, tout en cadence, à un rythme assez correct pour dire qu’on cumule le dénivelé depuis quelques jours. On double quelques randonneurs dans la montée, gros coup de vent en haut et quelques gouttes de pluie, une ou deux photos pour dire que, et on descend par le chemin des chèvres. Qui porte bien son nom, entre le bitume du départ et les marches d’escaliers qui suivent, je me sens pas à l’aise du tout. Le retour sur la piste fait du bien, et on termine donc notre petit tour des puys en terrain vallonnée et roulant, les jambes ont très bien tenu le coup, et le pied droit fait mal surtout quand je talonne. Il suffit de bien gérer la foulée, tout en souplesse.

Ça fait 19.99km au final (oui j’ai pas regardé la distance, sinon j’aurai fait 10m de plus sur le parking…), 2h54, 1000D+ environ. Pas dégueulasse du tout comme sortie, des terrains assez différents, le matériel qu’on apprivoise de mieux en mieux, les jambes qui tiennent bien, c’est très positif tout ça !

Bilan S10

  • 9h30 d’entraînement pour 62.2km, 2750m D+ environ, tout en course / marche
  • je suis lent, mais physiquement, je suis pas cramé du tout, et je me suis pas re-blessé !
  • deux trois petits bobos ici et là qui ne semblent pas problématiques
  • les lunettes quand il pleut, ben non
  • il me faut une vraie veste de montagne, étanche
  • les Skechers GoBionic Trail, super sensations, par contre, attention où poser les pieds ! Hésitation pour la Pastourelle donc…
  • les chaussettes de compression WePerf, alors là, je sais pas si c’est elle ou mes mollets d’acier (sûrement un  peu les deux), mais aucune douleur !
  • le sac Salomon, super, je garde
  • les bâtons, je vous kiffe totalement
  • les petits détails qui vont bien, je note, un buff, des gants, sac plastique pour le téléphone, une petite bande sur les mains pour les frottements des sangles des bâtons
  • une montre de trail qui te dit où qu’il faut aller quand tu te paumes, ben ça pourrait faire gagner du temps !
  • le trail, c’est super cool
  • l’Auvergne, même s’il fait pas très beau, c’est super cool
  • la Pastourelle, ben ça va être dur, mais on a signé pour ça !

4 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Coucou ! Si j’ai tout bien compris, en fait, tu as fait la patourelle pour préparer la pastourelle. C’est con, j’y ai pas pensé pour le MDS…. 🙂
    Et comme ça ne suffisait pas tu t’es fini dans le puit, c’est ça ?
    Grand fou….. 🙂

    • J’ai fait une reco d’une partie de la course seulement (12km seulement), et histoire de bien bosser la charge en urgence, j’ai rajouté un peu deux jours après, rien de grave docteur ? Ça me paraît tout à fait sain, j’ai été doucement, j’étais même pas mort ! 🙂

  2. Bonjour François !
    Cela fait longtemps que je n’avais pas posté ici mais j’aime toujours autant te lire (j’ai d’ailleurs adoré ton séjour en Ecosse). Mon mari a fait la Pastourelle il y a 2 ans et avait ADORE. Bon c’est vrai que c’était une édition sans neige , sans pluie. Des conditions idéales quoi ! Je te souhaite les mêmes pour le weekend prochain. Et puis comme tu le dis, l’Auvergne est belle , même sous la pluie.

    Bises et bon courage.

    • On aura pas autant de neige cette fois, le temps a l’air de s’annoncer correct, mais s’il pourrait pleuvoir ! Je suis optimiste, et le nouveau circuit est juste magnifique (mais looooooong, on va voir si je suis tenace ;).

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