Des plus – stage de remise en confiance en Ecosse, chapitre 2

Voilà, on a fini le 10km de la misère totale, et il est temps de faire un premier check up et d’enchaîner !

Check up et récup

Première question essentielle, comment va mon cul ? Oui. Le cul d’abord. Et bien, il va très bien. Aucune douleur. Aucune tension. Mon cul est détendu, mon cul se sent bien, mon cul a même pris du plaisir. Parfait. C’est le soulagement. Des semaines de mal au cul, ça finissait par peser. Alors là, malgré la côte, l’effort intense, rien. Nickel. Un cul d’enfer.

Donc on peut aller se décrasser en escaladant la montagne du coin, ça fait un peu de D+, et la vue est pas mal, malgré la météo moyenne. Récupération active donc. Puis on travaille la récupération passive, avec quelques bières, un resto un peu chargé, puis à nouveau des bières (ah non, des pintes de cidre, autant pour moi). Puis dodo, parce que c’est pas tout ça, mais le lendemain, on enchaîne.

Transformationnnnn

Oui on change de casquette, passage en mode trail. Je passe donc de Mme Running Sucks, coureuse de plat de son état, pleurnicheuse aussi aguerrie que tenace en course, à Mr Running Sucks, qui aime bien quand ça monte et ça descend, et qui ne chouine pas pour un rien (bon en même temps, je ne le fais pas se déguiser en ours…). Au programme, la montagne du coin. Non pas celle d’hier, l’autre là. Parcours simple : on monte, on descend de l’autre côté. On voit l’état des troupes, le retour étant possible par la route en bas (pour les nazes) ou bien en remontant sur la montagne (pour les vrais tatoués). Je dois avouer que sur le moment, le retour par la route paraissait être une solution de secours séduisante. Manue nous avait évidemment lâchement abandonnés pour monter en randonneuse avec une amie.

Nous partons donc, harnachés comme de vrais traileurs, sac à dos d’hydratation, chaussettes ou manchons de compression, veste bien chaude, et même des bâtons pour Anthony. Courir avec un vrai traileur, ça aide, je me cale derrière, on part doucement. Pas d’enflammade quand ça commence à grimper plus sérieusement, on marche. Première constatation, je suis pas largué, je déteste retarder les gens. Je ne meurs pas en explosant le cardio, je gère juste ma montée. Il fait moche, soyons clair, on entre dans le plafond nuageux progressivement. C’est un peu froid, humide, désertique, un mélange de cailloux et d’herbe. On est peinards, montant à notre rythme. Du pur D+, c’est ça qu’il faut.

Comment ça me direz vous, mais où sont mes beaux fractionnés avec VMA ultra précise ? Ben on y est plus mon brave monsieur. On est en plan d’urgence (article à venir). On doit basculer immédiatement en mode Traileur Of the Death. Sinon c’est la mort assurée fin Mai. Donc je monte. Je grimpe. Je gravis. Je m’élève. Je pousse gentiment sur les cuisses, et ça va. Les mollets, ça va. Le souffle, ça va. On atteint le premier sommet (oui, il y a deux espèces de petits sommets là haut), on boit un coup, on ne voit pas à 30 mètres. Paysage presque lunaire. L’effort maîtrisé. L’inverse total de la veille.

La vue du sommet

Vue du sommet

On s’élance vers le deuxième sommet, je cherche ma foulée en descente. Remonte les talons qu’on m’a dit, détends toi. Ça marche pas trop mal ! Deuxième sommet, on poursuit vers la descente, ça accélère. Parfait travail de technique et de fatigue de D- pour les jambes. Mon pied droit me fait un peu souffrir, à l’articulation avec la jambe. Ayé, une première douleur d’apprenti traileur ! Un peu tôt, mais rien d’alarmant. On poursuit la descente, les nuages s’ouvrent, on voit la rivière en contrebas. Je suis bien loin de mes night run en région parisienne. On respire ici. Un petit check up à la fin du chemin : le pied, ça fait un peu mal, mais chaussure plus desserrée, ça va. Les cuisses tirent un poil, mais presque rien. Je me sens bien. On va donc repartir. Il faut bosser, donc bossons.

La vue du sommet

Vue du second sommet

Testons testons !

Je teste les bâtons. Moi qui n’étais pas hyper convaincu par l’idée, elle devient de suite plus séduisante. On intervertit pour comparer. Aussi psychologique que ça puisse être, la différence se fait pourtant bien sentir. Une petite économie sur les cuisses. Qui pourrait être précieuse… Donc je travaille le dénivelé, je travaille la technique, je teste le matériel. Les Bionic Trail se montrent hyper agréables à l’utilisation, mais demande de bien faire attention aux cailloux saillants. Le sac Salomon est un vrai plaisir ! Merci le Bon Coin ! Les chaussettes de compression ne se font pas sentir, tout comme les mollets, pourtant mis au travail. Bref, c’est à la fois hyper studieux et très « reposant » et ludique.

On revient au premier sommet, une bonne montée en cadence au pas, sans tuer le cardio. Ça ne va pas vite du tout, mais je ne regarde plus vraiment le chrono. Première victoire pour un « road runner ». Je sais où est l’urgence. On redescend au petit col, pour remonter à l’autre sommet, où on retrouve les filles tout juste arrivées. Petite pause hydratation / barre de céréales. Accepter d’arrêter de courir, faire une vraie pause. Autre nouveauté pour moi qui étais plutôt en mode « cours cours cours cours cours ».

La vue du sommet

Vue de la descente

On repart tranquillement pour la seconde descente, plus pentue, plus technique. Des rochers affleurent au milieu d’une herbe un peu molle, il faut faire attention. Anthony est plus habitué que moi, je peine un peu à suivre. Mais les jambes tiennent bien, pas de cuisses en bois, les mollets roupillent malgré les appuis assez dynamiques, c’est assez ludique de zig zager, bref, je m’amuse beaucoup. On descend à petite allure, sans chercher à faire n’importe quoi, puis c’est en petit footing qu’on retrouve la voiture.

Bilan : 15km, 1004m de D+, mon premier 1000 ! 2h24, le temps est anecdotique. Pour une reprise, c’est très encourageant, les muscles vont étonnamment bien, la cheville gauche a un peu crié sur des appuis instables, le dessus du pied droit fait mal, mais rien de dramatique. Je m’attendais à souffrir à la fois de la montée ET de la descente. Mis à part des tendons à laisser reposer deux trois jours, tout va bien ! Pas de grosse fatigue non plus, les six semaines d’arrêt ne se font pas trop voir. Bon, soyons honnête, le lendemain, les cuisses font un peu mal, et le tendon sur le dessus du pied droit est bien douloureux. Mais pour quelqu’un qui partait en Ecosse sans certitude de pouvoir faire une sortie le Dimanche, c’est pas si mal non ?

Bilan

  • 1004D+, nouveau record de dénivelé, 1004D-, même chose en descente
  • faut bosser en descente à mort je pense, et toujours le D+
  • Skechers Go Bionic trail, je vous kiffe (mais bon, sur du long long, petite interrogation quand même)
  • Sac Salomon, je te kiffe
  • chaussettes de compression WePerf, je vous kiffe
  • les bâtons, je sens que je vais vous kiffer
  • le trail dans la montagne Écossaise où qu’on voit presque rien, je te kiffe !
  • mon week end de remise en forme en Écosse, je te kiffe

9 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Non mais tu rigoles, ça fait TROIS MOIS que je m’échine à redorer le blason de l’Ecosse à coup de photos carte postale, de ciels bleus, de soleils éclatant et BAM, en UN SEUL post, tu ruines tout ?! C’est pas fair-play ça, pas fair-play du tout …

  2. Holala comme c’est jolie la vue la haut….. 😀
    Pour un premier trail, dites moi Monsieur, c’est pas mal tout ça, non ?
    Bravo pour ce bon CR qui donnerait presque envie de s’envoler vers l’Ecosse !

    • J’avais un peu bossé en forêt, mais là c’est sûr que c’est le niveau au dessus ! Bon, je suis lent et mal assuré hein ! Mais tant que musculairement c’est pas la misère, je continue à charger.

  3. Laisse tes photos Captain, les vraies.
    Seule Manue est payée par l’office du tourisme (tourisme…?) local pour attirer en enfer du nord les crédules :-p

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