[CR] Trop le moral – stage de remise en confiance en Ecosse, chapitre 1

Ouais j’adore les titres longs. C’est pas « SEO » il paraît, rien à carrer. Donc. Reprenons. Après six semaines presque à l’arrêt, partir en Écosse pour un week-end touristiquo-sportif, ça fait forcément se poser quelques questions. Ca va tenir? Je vais pas finir comme un con au bord de la route le premier jour? J’aurai l’endurance pour tenir le Dimanche ? Et ensuite, je peux continuer ma double préparation express?

Voilà un suspense aussi peu prévu d’agréable. Abandonner le 10km du coin, on s’en fout. Le week-end «Highlander» prévu depuis des mois, avec costume, château, highlands, bière, trail, ca serait con de le faire sur le bord de la route, surtout pour Running Sucks, qui attendait avec impatience de me montrer ses énormes progrès en D+. Je déconne, elle déteste.

Préparation

On débarque donc en terre écossaise un peu rassuré par ses sorties récentes, mais sans repères. Ma « compagnonne » d’infortune vient m’accueillir à l’aéroport avec un cortège d’excuses qui montre qu’elle ne sent pas plus que moi ce 10km costumé avec dénivelé qu’on ferait à bloc. Oui car on peut s’amuser et envoyer du pâté. Faire marrer tout le monde au départ puis enrager quand ils se feront doubler par un koala et un ours. Faire sourire les enfants puis mourir de chaud dans notre costume. Avoir l’air très con mais ne pas marcher dans la montée. Le beurre, et l’argent du beurre quoi.

Mademoiselle la pleureuse continue pourtant son travail de sape débuté grosso modo le jour de l’inscription. On peut faire sans costume, on peut marcher, ça monte de combien en pourcentage, faut la jouer stratégique, j’ai mal là et là. Et bla bla bla bla, un vrai moulin à parole. J’ai l’habitude, je la laisse chouiner et essaye de me dire que mon fessier à peine remis va tenir le coup. On part assez tôt le samedi matin, direction les Highlands, un repas diététique dans un petit café local pour être au top (gros sandwich avec du fromage, gros dessert), et on va tranquillement sur les lieux du drame.

Heureusement pour tout le monde, il fait beau. Hélas pour nous, il fait beau. Il fait soleil. En Écosse. 3 jours par an, bordel de bordel, et on tombe sur l’un d’eux. Habillage. On a l’air con. Costume un peu petit, qui me rentre un peu dans les fesses. Magnifique. Les gens nous regardent. On paradent fièrement dans le village de course. Le temps de récupérer le beau tee-shirt en coton de l’organisme de charité qui nous permet de participer. On a encore un peu plus chaud. On se promène, on nous regarde, parfait. Ça, c’était avant le drame.

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Un petit échauffement plus loin, on vient se positionner dans notre sas, entre le 45′ et les 50′. Pour un 10, c’est peinard me direz-vous, oui mais The Hill. Oh on nous en a parlé de cette petite colinnette. Trois fois rien, Manue annonce 200m de D+, la plupart de relevés GPS entre 120 et 140. Ça se fait. Oui. Sans costume surtout.

Top départ

On s’élance, ça bouchonne, l’Ecossais est aussi optimiste que le Français pour se placer dans les sas, mais n’ose pas bousculer ensuite. Ca reste à sa place. Tout impolis que nous sommes, nous zigzaguons gaiement. Manue ne dit pas un mot, on tient un rythme correct. Il faut dire qu’il commence à faire CHAUD. J’avais gardé ma « capuche » sur la tête au départ pour avoir l’air classe. Au bout de 3km, je ne rends à l’évidence, je ne vais pas pouvoir avoir l’air con tout le long de la course. Je sens bien que ça commence à suinter sévère sous mon costume. Je suis en caleçon pourtant. Oui mais voilà, la bête (c’est moi ça, pas le costume!) transpire beaucoup. Je chauffe. Je dégouline dès qu’il fait plus de 18°C.

Donc là je vous dis pas. La côte arrive. On passe en petite foulée, on monte à notre main, en courant, sans affoler le cardio. On gère. On en chie un peu quand même. Manue surveille sa Garmin pour voir ce qu’il reste à grimper. Le signe évident qu’elle aimerait que ça s’arrête. Moi aussi, mais je ne dis rien (c’est mon idée de courir à bloc en costume, soyons digne jusqu’au bout). On entend la cornemuse, c’est la fin du calvaire. Que nous croyons.

Nous attendons le ravitaillement comme des malheureux perdus dans le désert depuis 3 jours. Chaque voiture au bord de la route, on y croit. Jusqu’à voir le petit panneau annonçant le ravitaillement (oui, l’Ecossais aime bien tout indiquer, comme le magnifique « Beware, hill ahead », NO SHIT SHERLOCK ? On avait pas vu que ça montait à 15%, thank you SO FUCKING MUCH). J’accours au ravitaillement en baragouinant « BEEEEEER ». Une simple bouteille d’eau fera, je la vide, bien vite. Et on s’élance vers la partie de  plaisir  : la descente jusqu’à l’arrivée.

Jeune (enfin…) naïf.

Le 5ème km passe encore assez bien. On accélère, sans atteindre une vitesse faramineuse. Le 6ème passe assez vite, même si franchement, il commence à faire TRES CHAUD MINCE ALORS. L’ouverture de notre joli pyjama sous le tshirt ne permet plus vraiment de ventiler assez, le vent n’est plus trop de face. Le 7ème voit débarquer le petit démon de la course à pied qui chuchotte « allez, c’est con de courir en costume, ralentis, y a pas de honte ! Manue te pourrira sur 3 générations, mais à part ça, ça ira ». TA GUEULE. SHUT THE FUCK UP. J’ai mal aux abdos, ça descend sec, c’est de piste, ma « running buddy » se débrouille mieux que moi !

Heureusement, le 8ème arrive, on peut commencer à accélérer. Non je déconne. On souffre le martyr, Manue ventile comme un aspirateur à fond de blinde, et je me sens de plus en plus mal. Il fait VRAIMENT TRES TRES CHAUD BORDEL DE MERDE. Où est la belle descente faite au souriant et en amusant la galerie ? On continue de pousser, mais pour faire des temps de semi, et encore… Même pas. Passage devant le château, c’est beau, mais il reste à pousser un peu plus, le 9ème, finir à fond, style 15km/h. Bon… 14. Ok. 13 et quelques ! ça va ! C’est juste le calvaire, je sors mon drapeau français tant bien que mal, on l’agite avec des têtes de déterrés, une pauvre accélération finale pour franchir la ligne sous les encouragements du speaker, et je termine la tête dans la pelouse à retrouver mon souffle.

Fin de la misère. 48:32. Un temps conforme aux attentes. Mais pas ce calvaire quasi intégrale, cette sensation d’être juste totalement dans la misère. Une médaille, un tshirt et une misérable bouteille d’eau plus tard (oui, deux trois bricoles à manger, on aurait pris hein !), j’ouvre ENFIN mon magnifique pyjama. L’odeur tue trois personnes instantanément. Je me sens enfin plus normal. Comme tous les autres gens quoi.

Bilan

  • on fait pas un temps impressionnant du tout pour un 10km, mais 278ème et 279ème sur 1825, dans ce costume des enfers, c’est pas mal non ? Manue fait un super classement en sénior femme, et n’a pas chouiné une SEULE fois pendant la course. Elle fait exprès pour m’agacer en fait.
  • un nouveau record quand même : un beau « 200 » au cardio, du jamais vu, et une moyenne à 185puls/min, un dernier km à 195, bref, ça faisait trois ans qu’on avait pas vu ça. Comme quoi, j’ai vraiment eu SO FUCKING UNBELIEVABLY HOT YOU WOULD NOT BELIEVE IT.
  • même dans la misère, on gère pas si mal, en témoigne la courbe de cardio où the Hill est invisible :
    image
  • je confirme que les fringues techniques, ben ça sert. Notre costume VPTechP (Vraiment Pas Technique Putain) l’a bien confirmé. JAMAIS PLUS. JAMAIIIIIS.

Donc j’en ai chié comme jamais, j’ai eu chaud du début à la fin, j’ai eu mal au bide, j’ai peiné à suivre Manue dans la descente, tout le monde souriait pendant qu’on souffrait le martyr, c’était la misère intégrale à partir du 7ème km, on tenait même pas un rythme de semi dans une descente, j’ai frôlé l’arrêt cardiaque. Bref. C’était génial !

12 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Ce qui est con c’est que tu dois maintenant revoir toutes tes fc d’entraînement sur la base de ta nouvelle fcmax.
    Par contre je te dispense de faire les séances déguisées 😉

    • Ah ah ah ah oui pas faux ! Mais j’avais mis « 200 » pendant un bon moment comme limite, j’avais eu le nez fin 😉 Bon, y a pas une différence énorme.
      Et merci pour le costume, je suis soulagé 😉 Quoique l’hiver, s’il fait très très froid…

  2. Content de lire que c’était génial… mais pas tenté par l’expérience pour autant ! (une vraie idée à la con)
    Vivement le chapitre 2 😉

  3. Je suis navrée (enfin pas vraiment) mais j’ai ri du début à la fin… J’ai aimé chaque seconde de votre calvaire. Absolument tout, des rares jours de soleil jusqu’à Manue qui chouine pas en passant par les Ecossais qui préviennent qu’y a une colline. Une autre! Une autre!

    • Pas tous les samedis quand même, j’ai failli mouru 😉 Mais on s’est bien marré, et je peux te dire qu’il y en a deux ou trois qui ont peu toussé de se faire doubler par un mec et une nana en pyjama ! Yeah !

  4. Ah ah ah ! Ben, déjà, bravo car il fallait gérer la course en costume ET avec « the hill ». Ensuite, j’ai adoré le côté, « c’est mon idée géniale, on souffre en silence et on assume ». C’est fou comme, parfois, des idées qui semblent teeeellement superbes, ne le sont plus autant une fois qu’on est en train de les réaliser 😉 Hé hé hé !

  5. Rétrolien : Balmoral Run 10K : A Hill … What Hill ? | Running Sucks

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