Blessé, quékonfait ?

Oui, les blessures, ça arrive forcément. Donc comment gérer le manque de course à pied? Fort de sa longue expérience en matière d’interruptions en tous genres (ce n’est pas le premier article du genre !), PasAprèsPas vous propose donc ses conseils de « piéton » :

Les conseils de Captain CAP

Déjà, NON, couper deux semaines, trois semaines, un mois (oh mon dieu un mois COMPLET ?) ne va pas vous ramener au niveau de vos débuts. Vous vous voyez sûrement déjà vous traîner comme une limace, avec des courbatures de débutant, pleurant sur l’énorme baisse de niveau que cette interminable interruption de quelques semaines va vous infliger. Et bien non, la reprise sera certes un peu plus difficile, mais on ne perd pas les aptitudes chèrement acquises après des mois d’entraînements. Ok, sur les premières séances, vous aurez l’impression d’être un peu lourd, il y aura quelques courbatures, mais ça revient très vite.

Ensuite, une coupure, ça fait du bien ! Est-il utile de rappeler que la course à pied reste un sport « traumatique », surtout pour toi, le coureur de bitume (oui oui, toi, ne regarde pas derrière toi, tu es déjà au fond de la classe). Courir, c’est soumettre toute la chaîne musculo-tendineuse des jambes à des chocs et des contraintes. Les multiples plans que nous suivons avec entrain tout le long de l’année servent à gentiment traumatiser cette chaîne pour forcer le corps à réagir en devenant plus fort. Mais de temps en temps, sortir de cet état permanent de « je traumatise / je renforce », ça fait du bien (surtout si on gère mal et que le cercle vicieux devient « je traumatise / je récupère pas assez / je traumatise encore plus »). Donc prenez la blessure comme des vacances improvisées. Vous en reviendrez frais comme des gardons, prêt à bouffer du bitume (un peu progressivement hein, quand même, soyez pas con).

Bon en fait, j'ai pas mal du tout là. C'est dans la fesse, et je voulais pas vous montrer mon cul.

Bon en fait, j’ai pas mal du tout là. C’est dans la fesse, et je voulais pas vous montrer mon cul.

Profitez en pour reposer un peu aussi la tête. Oui oui, il y a d’autres sports. D’autres activités. Prenez du recul. Rigolez gaiement des petits travers qui nous affectent tous. Regardez les autres coureurs s’agacer de ne pas avoir le tshirt à la bonne taille après le 10km du coin ou flipper à l’approche de leur marathon, en regardant la météo tous les jours comme si ça pouvait la faire changer. Réfléchissez  à d’autres sports qui pourraient venir en complément de la course. Si si, c’est possible. Le vélo, c’est pas si mal, ça fait bosser le cœur sans choquer les articulations. La piscine ? Le yoga ? Un peu de travail de muscu ? Oui, pourquoi pas ! Après tout, la blessure ne nous immobilise pas totalement. Un peu de renforcement sur le haut du corps si le bas est blessé, ça servira toujours. Et vous n’aurez plus l’impression d’avoir des bras de crevette anémique.

Ne vous vengez pas sur la nourriture. Oui je sais, c’est frustrant. Non, le pot de Nutella qui vous fait de l’œil ne vous fera pas vraiment vous sentir mieux. Ou peut-être pendant deux heures. Ensuite vous le regretterez. Oui, il y a d’autres solutions pour évacuer toute cette énergie que vous avez en vous. Si vous avez une forêt près de chez vous, allez hurler de temps en temps au milieu d’une clairière. Faites tout de même attention que ce ne soit pas la période de rut des cerfs, n’oubliez pas que vous êtes blessé ! Inutile de rajouter une blessure embarrassante. Rallumez votre PS3. Prenez votre jeu de baston favori, et démontez la tête de quelques molosses, vous vous sentirez mieux. Bon bien sûr, il n’y a pas de personnages « Super Runner » qui pèserait 65kg et qui courrait pour étourdir son adversaire. Pourquoi ? Parce que ça se saurait si ça marchait. Un super runner en Ultimate Fighting, il se fait piler en deux minutes. Mais vous imaginer musclé et capable d’utiliser vos jambes au dessus de votre nombril vous fera du bien.

Ah mon dieu, abandonner une course, non jamais !

Ah mon dieu, abandonner une course, non jamais !

Votre prochaine course aura lieu sans vous, et elle s’en remettra, aussi étonnant que cela puisse paraître. Et votre magnifique carrière de coureur se remettra aussi de cette non participation à une course qui, oh surprise, aura également lieu l’année d’après. Et soyez également rassuré, aucun de vos très nombreux supporters ne sombrera dans une profonde déprime suite à votre non participation à une ou plusieurs courses. Il n’y aura pas de vidéos enflammées sur YouTube de fans en pleurs menaçant de se suicider si les blessures ne vous épargnaient plus. En fait, ils s’en fichent tous, faut être clair. Il n’y a que vous qui trouvez ça grave de devoir reporter une course ou abandonner un plan. Lorsque vous l’annoncerez à votre compagnon ou compagne, il y a fort à parier qu’il ou elle reprendra quand même des nouilles, en les accompagnant d’un bon « ah ? c’est dommage ». Voilà.

Mise en  pratique

Ouais c’est super les conseils me direz vous, mais vous réussissez à les appliquer ? Bon. Presque. Bilan, appliqué par votre serviteur :

  • Première étape, accepter qu’on coupe. Complètement. Jusqu’à ce que ça soit bien remis. Donc exit le trail Entre Chien et Loup. Et on arrête de penser à aller faire le con à moitié remis, donc NON, l’éco trail de Paris une semaine après, tu seras pas remis NON PLUS ABRUTI (oui, vous pouvez un peu vous insulter).
  • Non non, même pas de petite sortie de 30 minutes, « j’ai presque plus mal, ça peut passer ». Non. La reprise s’en remettra très bien. Idem pour les montées d’escalier, ça peut attendre. Le calme. Zen. Accepter l’attente, c’est vraiment la première étape.
  • Dépoussiérage du vélo. Oui c’est pas pareil le vélo, mais ça fait transpirer, et le cœur reste actif. Ça fait un peu mal aux jambes au début, mais y a pas que la course à pied dans la vie. Pas de travail en force, on reste souple, on entretient, on ne traumatise pas.
  • Préparer un plan B, ça permet d’accepter plus facilement d’annuler le magnifique calendrier établi depuis des mois. Une ou deux courses plus tardives qui plaisent bien, ça évite de se dire « je vais perdre tout le premier semestre bordeeeeeeeeeel ».
  • En attendant, des vidéos détournés, des grosses parties de South Park le Bâton de Vérité, des étirements qui sur YouTube faisaient un peu grimacer mais ça va, un peu de travail des bras.
  • Et puis finalement se dire que pouvoir simplement courir, ça sera très bien, et le plus important, juste se sentir bien !

10 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Merci pour cet article qui décrit vraiment la frustration de la blessure, mais aussi tout ce qu’il est possible de faire pendant la coupure.
    Le vélo est en effet un très bon palliatif pour le cardio et pour le maintien d’une certain musculature des jambes (quand c’est possible d’en faire bien sur).
    Quant à la référence à South Park, pour avoir moi-même testé pendant une petite blessure, c’est exactement ça 🙂

    • Oui, le vélo, il faut faire attention. J’en ai fait un peu, mais j’ai calmé quand j’ai vu que la douleur restait. Et puis ça fait bosser les muscles un peu différement, pour moi c’est plus pour le cardio que pour les jambes.

  2. Merci, ça m’a bien fait rire, moi, drama queen de mon état, qui n’a pas couru depuis samedi à cause d’une douleur dans la cheville, et qui considère donc toute sa carrière MONDIALE terminée à jamais, et tout cet entrainement des semaines durant, réduit à néant pour toujours…. jamais plus, je ne pourrais courir vite, j’ai tout perdu… et tout ça parce que j’ai pas couru depuis 3 jours… je sais…

  3. Excellent article, qui tombe pile poil 😀
    Aussi frustrante que soit la coupure, je dois admettre que ça m’a permis d’explorer d’autres activités, et surtout de me remettre à fond dans le yoga et ça c’est top !
    En tout cas je partagerai cet article avec tous mes compatriotes éclopés ^^

  4. Ahah qu’est ce que j’ai ri!
    Ça me rappelle mon état quand j’ai eu un tel. Heureusement que je ne faisais pas de courses à l’époque, sinon j’aurais exactement connu ce que tu décris
    décris. « Non mais allo, tu t’appelles pas Bekele de toutes façons ».

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