Expérimentations

Cette semaine, on se lance dans quelques nouveautés. Oui oui, il faut bien continuer à explorer un peu, sinon on va finir par s’ennuyer ! Donc au programme, un premier vrai plan de préparation sur 10km avec suivi, ainsi qu’un 10km en compétition mais en mode ‘touriste qui veut savoir où il en est sans se cramer’.

Paye ton VO2 OT !

On commence donc la semaine par le premier vrai plan pour 10km de sa (modeste) (et courte) carrière. C’est à nouveau chez Athlète endurance qu’on pioche, comme pour le marathon de Sénart. Le plan VO2 OT avait bien fonctionné, donc on en reprend sur plus petite distance. Et comme on peut avoir un suivi personnalisé sur leur site, pourquoi ne pas tester ? Moi qui n’ai pas trop le temps, ni l’envie, de courir en club, c’est une façon de rester libre sur les horaires des séances, tout en ayant un suivi d’un vrai professionnel. Donc on teste sur 5 semaines (4 séances / semaine), plus d’info prochainement avec un peu plus de recul !

On commence le mardi matin par un footing d’1h10 en forêt, à la frontale au petit matin. On est plus attentif à chaque bruit, sans dire de vraiment avoir peur. Mais on profite du silence, des feuilles qui tombent des arbres, et comme on se dit que le plan sera surveillé, on essaye de suivre un peu plus que d’habitude. Footing, c’est 10km/h environ, donc on se règle sur cette allure. 11.7km en 1h10, à 143puls/min, c’est tranquille et ça met de bonne humeur pour la journée.

Le lendemain, on commence à s’amuser, avec le premier fractionné à la sauce VO2 OT : du 6x600m, mais avec 3 allures (90% / 80% / 90%). Ca se passe sans trop de souci, en compagnie de Jaife venu se remettre aux fracs. On a déjà fait plus dur comme fractionné, mais c’est le premier, suivons donc le plan. 10.1km en 51:30, sans trop de variation entre les répétitions. On attend la suite !

Le Vendredi soir, une sortie en nocturne pour un petit 40min d’endurance et 6x100m à 95%. Un peu difficile de trouver sa vitesse sur le fractionné, et la fiabilité du GPS est discutable. Il faudrait peut-être ressortir le podomètre. 8.82km en 49:33, une sortie à nouveau pas trop difficile à gérer.

Un petit 10 dans le Nord (Ouest)

Week end sportif

IMG_20131026_141606

Paye tes pâtes Manue !

Le dimanche, on remplace le fractionné en côte par un 10km prévu de longue date : le très célèbre 10km de Bois Guillaume, au plateau international de haute volée. Cette magnifique course conseillée par rien de moins que Running Sucks. Paraît qu’il y a du level en Normandie, c’était donc l’occasion de visiter le coin, et voir où en est son état de forme sur la distance face aux cadors locaux (qui tremblaient sûrement de peur à l’idée de m’affronter).

Le Samedi, on débarque donc à Rouen, accueilli comme un roi, avec 3kg de penne (carbonara, on se fait plaisir) le midi, visite guidée de la ville, sous le soleil s’il vous plaît, récupération du dossard et reconnaissance des premiers kms du parcours (dans le mauvais sens d’abord…) puis 4kg de tagliatelles au pesto le soir (je vous rassure, elle ne m’a pas forcé à finir, et j’ai même eu droit à une bière). Le dimanche, on découvre le bonheur des courses dans le Nord (Ouest) : départ à 13h ! Donc, méga grasse mat’, petit déj à 10h, et on essaye de canaliser l’énergie de Manue qui part dans tous les sens : non je peux pas, ah il va pleuvoir, même grêler ? Et y a une côte ? Mais je faisais des entraînements nazes cette semaine, vérifions les temps des meilleurs sur les années précédentes, ça avait l’air rapide non ? (oui Manue, en 2010, quand c’était pas le même parcours…) Allez allez on s’agite, vous êtes mous les mecs… Ah ces jeunes, toujours prêtes à gaspiller leur énergie et douter tout le temps !

IMG_20131027_104300

Préparation studieuse au petit déjeuner

Tactique

Midi et quelques, on se pointe sur le lieu du drame. Tactique de course : aucune. On a oublié la montre à Paris. Certes, le smartphone aurait pu faire office de chrono, mais ça sent fort le signe. Le destin me parle. Il me dit

«François, laisse toi aller aux sensations, sois libre comme le vent !»

Le vent justement, est bien au rendez vous. Pas de pluie, températures clémentes, mais ça souffle. La preuve :

On part donc « à nu », sans aucune montre, si ce n’est un joli dessin sur le poignet:

IMG_20131027_122728

Levé du soleil. Et heure factice. 100% pure sensations.

Objectif : courir à 95%, sans se tuer (oui, on est en fin de semaine 1, le vrai 10, c’est dans 4 semaines). Et voir si la gestion au feeling passe bien, avec l’espoir non feint de battre son record sur la distance (on était à une vingtaine de secondes sur la seconde moitié du 20km de Paris, merde y a la place si c’est un minimum roulant, non ?)

Et c’est parti !

On part donc bien échauffé, mais encore trop loin dans la queue. Que font la majorité de ces coureurs dans le premier quart ? Ça ne me viendrait pas à l’idée d’aller me mettre sur la ligne avec les premiers coureurs… Bref, un manque de considération, surtout pour ceux qui viennent courir à bloc après une bonne préparation. Résultat, on zig zague, on cherche les trottoirs, c’est forcément un peu frustrant, mais j’ai l’avantage de ne pas avoir la montre pour m’apitoyer sur mon premier km merdique. Pas de tapis sur la ligne non plus, donc il y a forcément une quinzaine de secondes perdues peut-être… Et évidemment on ne le saura jamais cette fois 🙂

On enchaîne ensuite en se disant « bon, ça sent pas le rythme de semi ça, on est au dessus, mais faut pas non plus se mettre dans le rouge, donc bien, mais en retenant un poil ». C’est une sensation bizarre. Le « Je donne tout ! Rahhhh !« , c’est bon, validé, le « je cours vraiment peinard en accompagnateur« , aussi, mais là, c’est ni perf, ni vraiment pure détente. Un espèce d’état intermédiaire, on sent qu’on est pas loin d’envoyer tout, mais on se retient, pas de grosse souffrance. On reste un peu derrière un coureur, puis on finit comme souvent par passer en se disant « je me retiens trop là« . Le vent et les quelques montées et descentes forcent à quand même adapter son allure. C’est l’occasion parfaite de contrôler sa foulée, la fréquence, la position du buste, bien travailler sur l’avant du pied dans les courtes montées, s’appuyer sur le vent en se penchant un poil plus, ça fonctionne correctement, puisqu’on remonte doucement quelques concurrents.

Mais l’absence de montre ne permet pas de trop de savoir où on en est… Une petite boucle autour d’un rond point permet quand même de croiser la fusée Manue, suivi par son copain, et de se lancer dans de savants calculs qui font dire que… on doit pas être super rapide, ni super lent… Bref, en gros, j’en sais rien, arrête de réfléchir. Inconsciemment, ça fait quand même accélérer un peu, mais la raison revient vite: c’est une course de préparation, on teste une allure un peu réduite, restons dans des sensations « agréables ». Donc on lève très légèrement le pied, ce qui est rare en course.

La fin de course arrive, le 9ème en faux plat montant, et donc l’occasion d’accélérer un peu (mais sans se mettre dans la grosse douleur habituelle). L’arrivée n’arrivant pas, on voit finalement se profiler le 10ème au marquage au sol, et là ça fout un peu les boules parce que :

-soit la course fait plus de 10km, et au niveau de chrono, ça sera jamais forcément un temps « officiel »

-soit le marquage était celui du semi marathon qui suit, et l’accélération finale s’est faite un peu tôt… Bon, moindre mal sur une course de « test ». Mais quand même. Grrrr quoi

Arrive la vraie ligne, et là le chrono qui fâche : 45:40 et quelques ?! … Ah oui quand même. Moi qui me sentais plus sur des allures de 42/43, ça fait bizarre. La course fait plus de 10 alors, mais quand même, en admettant que le tour fasse « semi /2 », ça fait 500m à enlever, c’est quoi ça ? 2 minutes ? Pas de RP battu quoi… Donc les sensations, mouais…

Bilan

Puis avec un poil de recul, on voit quand même que :

  • si on enlève le temps avant de passer la ligne à la louche, et qu’on ajuste la distance à 10.55km, ça donne un 43:07, soit un temps correct pour dire qu’on « retenait » un peu, et qu’on se prenait un bon vent dans la gueule une partie de la course. Ça reste a priori le second meilleur dix jamais fait.
  • multiplier les expérimentations, c’est pas forcément une bonne idée. Mixer le « je cours aux sensations sans montre » avec le « je cours vite, mais pas à bloc », ça ne permet pas trop de dire lequel s’est bien passé et si ça vaut le coup de refaire. Une chose à la fois la prochaine fois s’il te plaît, merci.
  • la bonne époque du « je bats mon record sur 10 pendant un semi, et j’enchaîne en lui mettant une bonne claque sans préparation », c’est fini. Soyons un peu plus humble. Débarquer sur une course très venteuse, en ne courant pas à bloc, avec une semaine de prépa et espérer battre son record, ça devient prétentieux. La course à pied n’ayant aucune pitié, elle sait toujours remettre le coureur à sa place. Bien fait pour ta gueule.
  • il faut savoir s’appliquer à soi même les conseils qu’on donne parfois aux autres. Il y a le temps qu’on aimerait faire vu ses entraînements, et il y a la forme du jour, et les conditions du jour. Dans ce cas, plutôt que de grogner un peu sur mon chrono comme un ours mal léché, il y a un bon indicateur de son état de forme : le classement. Avec un peu d’expérience, on sait où on se situe, et gérer les différences entre « courses de masse » (comprendre : y a des touristes, te gargarise pas trop vite de ton classement) et « petites courses » (comprendre : y a du level, surtout en Normandie comme dit Manue). Donc on peut vite voir si on a foiré sa course ou pas.
  • donc fort de cet éclair de raison tardif, on constate que sur 640 coureurs, on est 74ème. C’est finalement très honorable ! Ça envoie dans les 11.5%, et la seule course faite jusque là qui était mieux est le 20km de Paris 2013 et ses 23800 coureurs… Et en regardant un peu le niveau de forme des coureurs situés devant et derrière moi, on voit quelques chronos sympathiques.

Donc en fin de préparation, si les conditions sont sympas, il FAUDRA battre le RP avec une bonne marge. Sans montre peut-être. Et en se tuant, assurément ! C’est finalement une bonne motivation de faire une course un peu tiède comme ça, ça redonne envie de se rentrer dans la meule comme une brutasse épaisse.  Par contre les courses « je me donne pas à fond », bof. Les sensations sont pas mal, mais le kif de se rentrer dedans n’est pas là, et le temps est alors un espèce de truc mi-tiède, pas dégueu du tout, mais pas franchement excitant non plus. Une demi molle quoi.

Mais très bon week end quand même, entre le beau temps et la visite de la jolie ville de Rouen en compagnie de la non moins exquise Manue (mais pleurnicharde à tort depuis une semaine quand même… hein Manue ?), la bonne organisation de ce 10(.5)km et les nombreuses discussions technico-tactiques autour de plats de pâtes ou en regardant passer le semi après la course. Pas de RP, mais un meilleur classement sur les « courses qui ont du level », c’est déjà pas mal non ?

Et et et et et

J’avais pas vu. Mais. Pour la première fois de ma longue carrière, j’ai passé les 1000km en une année (ouais ça va Daddy, rigole pas !). Mine de rien, après les précédentes saisons souvent coupées par les blessures, ça fait un petit quelque chose !

20 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. « une demi-molle », quel raffinement ! 🙂
    J’avoue que votre plâtrée de pâte me fait méga envie, surtout à cette heure la !
    Je trouve que, comme tu dis pour une course un peu « tiède », tu t’en sors très bien ! ca laisse présager de bonnes choses pour la VRAIE course !
    En tout cas, bravo à vous deux, ce sont deux très beau chrono quoi qu’il en soit !
    La bisette sprintée

  2. C’est vrai qu’une course entre deux eaux, finalement, ça doit laisser un petit goût d’inachevé. Merci en tout cas pour cette somptueuse vidéo preuve exclusive du fucking vent ! Ma tronche sur les photos l’atteste aussi, les cheveux biens plaqués sur la tête. Rah, ça bourdonnait cette saloperie !
    Bref, quoi qu’il en soit c’était un très bon week-end !!

  3. Autant la course au feeling de Manue elle me fait rêver, autant la tienne me fait un peu flipper. Ça : « Arrive la vraie ligne, et là le chrono qui fâche : 45:40 et quelques ?! … Ah oui quand même. Moi qui me sentais plus sur des allures de 42/43, ça fait bizarre. » c’est EXACTEMENT le genre de trucs que je redoute sans montre.

    Bravo pour ton classement ! Et vivement la « vraie » course. 🙂

    • bon, en même temps, je cumule les obstacles : je pars en décidant de ne PAS pousser, je ramasse du vent (regarde la vidéo…), et ça fait 10.55km ! Donc là évidemment, la course aux sensations, elle est pas faite pour taper le GROS chrono du tout ! Ramené à un vrai 10 (mais venteux et à 95%), je suis en 43 et quelques, et mon record est à 42’47 ». Donc aux sensations, je suis pas dans les choux non plus hein ! 🙂

  4. Bon, plus sérieusement, je retiens du positif de cette expérimentation qui en fait est le cheminement de plusieurs semaines. Etre dans cet état intermédiaire comme tu l’appelles, c’est pas mal. T’as la patience d’attendre le jour où tu t’es programmée pour taper le RP, je trouve ça bien vu. Et ton chrono est quand même mortel. Ça sent sacrément bon. Avec la rage, Saez dans les oreilles en Repeat (ce que je déplore), des Frosties au ptidej et le travail accompli, tu devrais être pas mal dans quelques petites semaines. Chouette !

  5. Pas de musique sur un 10 ! C’est trop court, je pars avec rien de rien sur moi, je veux pas être gêné par quoi que ce soit, j’ai pas le temps de gérer un baladeur (le mec, style qui se tape un 3000m 😉

    La gestion au feeling, oui, c’est pas la première course que je fais sans trop regarder la montre. C’est juste le mélange avec cette idée du « 95% » qui est un peu frustrante. J’aurais mieux fait de faire l’un ou l’autre. Un sortie seuil, ça l’aurait fait dans le plan par exemple. Là je suis un peu plus haut, et je croyais vraiment pouvoir passer mon RP. Le but de la course dans 4 semaines, sans vouloir être prétentieux, c’est pas le RP, c’est surtout de pousser le chrono le plus bas possible. Faire moins de 42’47 », c’est acquis pour moi (si je reste au dessus, ça fera très mal à la tête). Donc dans la tête, je pense à du 41 potentiellement, mais ça s’annonce difficile.

  6. En même temps, quitte à faire des expériences, autant que ce soit en Normandie… et pas sur des vraies courses. 😀 (Non non, je ne cherche pas à provoquer qui que ce soit… )

    • Uh uh uh uh uh. Ouais c’est clair. «course à level». Je cours en me retenant, et je fais mon meilleur résultat sur courses non «grand public» ? 🙂 c’est sur vendu, c’est clair 😛

  7. Elle était labellisé FFA cette course non ? 😉
    Je pense qu’avec le vent, les 10m de dénivelé du faux plat du 9ième, les 500m de trop, les 3kg de pâtes sur le bide, une envie pas complètement à fond au départ : ça fait bien 5minutes en moins sur un vrai 10km 😀

  8. Punaise, ça avait effectivement l’air de souffler un peu… 🙂 Quand à la table du p’tit dèj, vous avez peut être pris le temps de cacher la bouteille de rouge, mais vous avez oublié le tire-bouchon ! Grillés ! Et après ça se plaint…
    Non sans déconner, je comprends la sensation mi figue mi raisin après cette course, mais bon. Ça te remets aussi dans ce format après le 20 kil. La prépa sur 5 semaines, c’est court, donc au moins ça t’as remis dedans. Et pis, il respecte tout à fait respectable ce chrono !

    • Y a deux ans, tu m’aurais dit que je ferais ça en en gardant un peu sous la semelle, j’aurais bien rigolé en effet… Ca fera une bonne motivation pour dans un mois, voyons le bon côté des choses 🙂

    • Plusieurs fois je me suis trouvé bête à me dire « faut que je regarde le temps sur le dernier km, ou le premier, ou mes puls… ». Bon. Rien. Je peux rien faire. 🙂

Laisser un commentaire

Les champs obligatoires sont marqués d'une *.