Menotte au poignet

En débutant mon blog suite à mon premier marathon, je revenais souvent sur l’importance de ma Garmin, compagnon indispensable de mon entraînement, moi le coureur solitaire. Depuis, beaucoup d’eau a passé sous les ponts, j’ai pu mieux tester mes limites, et en discutant avec d’autres coureurs, voir comment chacun exploitait les données de nos chers compagnons électroniques (au sens large). Et le constat est beaucoup plus nuancé. Allez, un petit coup de gueule !

Des outils

Non que je me targue de mieux comprendre et utiliser ces chiffres (oui, si, un peu parfois, mais merde, ma mère trouve que j’ai une carrière loin de mes capacités, il faut que j’utilise mes neurones au moins en course à pied), mais j’ai fini par m’en détacher un peu et leur donner la place qu’ils méritent. E

La montre, et tous les outils de calcul d’allure, de VMA, de rythme cardiaque, et autres, sont des outils.

Comme tous les outils bien maîtrisés, ils sont une aide non négligeable pour bien et mieux courir. Mal maîtrisés, ils nous font faire le travail de travers. Et ce n’est pas si difficile. Qui peut dire qu’il comprend tous les paramètres de la course à pied ? Qui peut dire qu’il a bien mesuré sa VMA, sa fréquence cardiaque max ? Ou que la page web qu’il a trouvé via Google lui donne une estimation fiable de sa vitesse, en fonction de son profil (physique ET mental) ?

Nous tous, coureurs amateurs, qui aimons bien aller courir sans club, librement, à la découverte de ce merveilleux sport, n’avons le plus souvent personne pour nous aiguiller et nous cadrer. Si ce n’est souvent d’autres amateurs plus ou moins éclairés, et tous les outils qu’internet nous offre. Autant dire que chaque étape de ce process ajoute un peu d’approximation à chaque fois.

Démonstration par l’exemple

(le pire exemple certes, mais beaucoup d’expérience personnelle dans ce paragraphe !)

Commençons bêtement. La fameuse VMA. Vous la mesurez comment ? Certains la mesure pendant des sorties de frac (PAP powered), voir même sur un 10km (hein Running Sucks ?). Allez, soyons sérieux, un demi Cooper. C’est facile le demi Cooper non ? 6 min ! Pourtant, pas tant que ça. Vous tenez le même rythme 6 minutes facilement vous ? Et selon les articles, on nous dit d’ajouter de 0 à 0.5km/h au résultat. Une cadence moyennement tenu + une formule légèrement différente, on commence à dévier…

La fréquence cardiaque max ? Allez, Karvonen, 220 – votre âge ? Oui, une belle approximation, prenez ça. Ou sur un demi Cooper, ça marche bien non ? (oui très bien, je monte à 187 sur un demi Cooper, alors que mon max est à 197…).

On continue ? Les allures d’entraînement, vous les connaissez toutes ? Donc vous maîtrisez bien les allures de votre plan, à la louche quoi. Les récup de frac, en marchant ou en trottinant ? Bon, on fera comme on le sent. Et j’imagine qu’en regardant vos courbes de cardio, vous saurez dire si vous avez bien travaillé ? Non ? Ah. C’est dommage.

Et les outils de prévision de temps en fonction de votre VMA (mal calculée), vous avez remarqué que certains donnent des temps assez différents ? Et ils considèrent que vous avez quel indice d’endurance ? Ah, vous ne savez pas ce que c’est ? Une nouvelle magnifique estimation donc. On prend un problème franchement complexe, et on le simplifie à « file ta VMA et je te dis tout ».

Et beaucoup d’entre nous nous retrouvons donc le jour de la course, après avoir suivi un plan plus ou moins adapté. Car basé sur des chiffres approximatifs, et sur une compréhension approximative des méthodes d’entraînement. Nous partons montre au poignet, avec une moyenne en tête. Déjà, premier coup de stress, la montre n’attrape pas le signal GPS. Vous allez sûrement rater le départ avec ça, c’est sûr, partir sans GPS, JAMAIS ! Vous risquez quand même d’avoir la mauvaise distance sur votre bilan Garmin Connect, aïe aïe aïe. Le drame ! Appuyer sur le bouton « lap » serait sûrement facile à chaque km pour avoir une idée de l’allure pourtant non ? Donc pourquoi stresser ?

Et ensuite. Le moindre tunnel, le bâtiment qui cache un peu les satellites, la montre bippe trop tôt. Ou trop tard. C’est quoi la bonne allure en fait? Si vous visez un temps assez précis (mais estimé sur une accumulation d’approximations, rappelons le), c’est le début des calculs savants. La vitesse de la montre est un peu inférieure à la réelle, mais de combien ? Ce qui ne va pas vous stresser non ? Et tiens, la mémoire de la montre arrive à saturation, en pleine course évidemment ! On reprend un coup de stress à trifouiller dans les menus. Sans parler de la ceinture cardio qui d’un coup ne donne plus les bons chiffres. Non mais franchement, comment je vais finir la course sans avoir mon rythme cardiaque ?? C’est limite dangereux non ?  Et ces bips tous les kms qui viennent vous rappeler invariablement : « En avance ! » puis… « en retard ! ». « Ah, encore plus en retard ». « toujours en retard… ». Combien d’entre nous nous sommes retrouvés enfermés dans les chiffres de cet outil, pour finalement finir la course dans le dur, et peu satisfait ?

En support, pas en contrainte

Trop se baser sur ces chiffres est un gros risque. Le risque d’oublier le meilleur conseiller en course à pied au monde : votre corps. C’est un bon compagnon d’entraînement déjà. Il sait bien dire quand il est fatigué. Ou quand c’est trop facile. Si vous passez vos fractionnés facilement, en vous disant « j’en fais 5 de plus à l’aise », quelque chose est mal calculé !

Les jours de course, c’est la même chose. Tenir un rythme parfaitement régulier un jour de course, ça marche dans les formules de calcul. Il y a la forme du jour, le profil de la course, les conditions météo. Celui qui arrive à calculer son allure au km en fonction de ça, chapeau, franchement. Surtout avec les approximations des GPS qui ajoutent une louche d’imprécision. Nous ne sommes pas des machines. Sur une course de masse, on part mal échauffé, et il faudrait se mettre à un rythme de course (c-à-d qui chahute un peu le corps quand même hein, vous voulez votre perf maxie ou pas ? ) comme ça, dès les premiers kms?

Il n’y a qu’un seul chiffre qui fait foi le jour de la course : le temps final en passant la ligne. Tout le reste avant, c’est à prendre avec un minimum de recul. Donc même si pour ma part, je prends mon pied à calculer proprement ma VMA, mon max cardiaque, à faire des fractionnés bien précis, si je m’amuse beaucoup à utiliser toutes les formules de calcul, à les comparer, les croiser, il reste que le jour J, je regarde ma montre de moins en moins. Ou disons plus en confirmation des sensations qu’en contrainte. Sans me stresser s’il y a un peu de retard. Ou sans m’enflammer s’il y a de l’avance. Un bon début de course, c’est se mettre dans de bonnes sensations. Pas faire 4’32 » précisément comme prévu par sa VMA et ses entraînements. Non. C’est juste se sentir bien dans sa course, dans le corps, et dans la tête. Se détendre, parce que pour finir dans la misère, il faut y amener le corps doucement (comme le homard qu’on plonge dans l’eau chaude, et non bouillante) (non non, vous n’allez pas à l’abattoir). Alors évidemment, la montre peut aider. Le jour où j’ai attaqué le Paris Versailles bien 20 secondes trop vite au km, je me sentais pourtant vraiment BIEN. A l’aise. La côte des Gardes s’est ensuite chargé de me montrer que parfois, oui, la montre peut aider. Mais déjà parce que je connaissais bien mes paramètres cardiaques, notons le bien. Et en garde fou qui dit simplement « attention, t’as vu là ? ». Pas en contremaître.

La course en aveugle

Donc avant de tout mettre dans les mains de votre Garmin et autres formulaires en ligne qui vous disent que vous pouvez faire 1h32, écoutez vous, et remettez en question. Creusez un peu les formules toutes faites, demandez conseil à droite à gauche, croisez les expériences. Lâchez la montre sur certaines sorties, voir sur certaines courses. Ne la prenez pas. Ou alors, virez moi les alertes d’autolap. Vous risquez quoi? Vous la regardez une seule fois, à l’arrivée, en pressant le bouton. Allez-y dans l’optique « je me teste un peu sur la distance ». Pas de pression, pas d’objectif. Une course en aveugle. Écoutez vous, laissez votre corps vous dire des choses. Entrez dans vos courses progressivement. Je ne dis pas « doucement ». C’est une course, l’ambiance vous entraînera de toute façon. Mais sans laissez les chiffres vous enfermer dans un schéma. Combien de courses vraiment réussies (càd « j’ai kiffé ma race ») avec un départ fort puis un lent déclin pour une fin dans la misère ? Je suis prêt à prendre les témoignages, je n’en ai pas vues beaucoup. Il y a toujours un goût d’inachevé, un truc qui dérange. Combien de courses réussies en débutant au feeling, en se mettant à température et en finissant plus fort, toujours dans la misère, mais avec des sensations magiques (du style « Oh Putain ! ») (elle se reconnaîtra) ? Beaucoup plus.

Donc comme disent mes deux idoles (Bruce Lee et Daddy the Beat) :

« Don’t think, feel ! »

N’oublions pas qu’il y a un an de ça, à un époque où je croyais pourtant commencé à comprendre toutes ces formules de calcul et méthodes d’entraînement, j’estimais mon temps sur 20km à 1h38 à 1h40, pour finir en 1h32’50 ». Ce fût la première course où l’idée était « Tu ne vises pas un temps. Tu vises de tout donner ». Peu importe si le premier intermédiaire paraît un peu lent, puis si on commence à taper des vitesses jamais vues en entraînement ensuite, tant qu’on le sent. D’où suite à cette course un changement d’approche des courses et de remise en question de l’utilisation de tous ces outils. S

i nous étions tous des coureurs de niveau international, bien conscients de tous nos paramètres, courant sur des courses parfaitement plates et régulières, déjà très proches de nos limites, il serait plus logique de se caler à la seconde sur nos montres. Mais même si des coureurs de bon niveau fréquentent ce blog ( et n’ont évidemment pas besoin de cet article), la plupart des lecteurs sont comme moi : on débute une course sans trop savoir quoi aller chercher, et on est souvent surpris, dans un sens comme dans l’autre, on progresse ou on régresse vite. Il sera bien temps de se caler des allures ultra précises quand nous aurons un super niveau (on peut toujours rêver). En attendant, partez vous chercher, plutôt que pour aller chercher une allure ou un temps. Combien d’entre nous ont avant tout un souci de « ligne verte trop loin de la ligne rouge » ? De confiance, de mental, de relaxation à trouver ? Rien que sur ces points, il y a beaucoup de performance à gratter.

Et n’oubliez pas une chose : malgré le temps passé à mieux comprendre tous les paramètres et les formules, malgré mes fractionnés divers et variés suivis avec application, malgré la bonne utilisation de ma Garmin 610, ma ceinture cardio, mon podomètre, un constat s’impose : Daddy court plus vite que moi.

Et ben ouais. Pendant que je calcule, il court, lui.

Courir, c’est la liberté. Donc courez libéré bordel !

44 commentaires

  1. Yes, j’en ai pris plusieurs pour ma face sur ce coup 🙂

    Mais tu as tout à fait raison je pense, autant c’est un bel outil d’entrainement, autant le jour J il faut savoir faire abstraction… Je vais tenter ça sur les prochaines courses… J’ai beaucoup aimé cet article en tout cas !

    Merci aux sages Captain et Daddy…

  2. C’est BEAU !
    Le petit frisson de la bonne surprise à l’arrivée, ça vaut tout l’or du monde (ou presque). A ce sujet, j’ai lu le CR d’une fille qui a couru les 10 km de Paris Centre à l’aveugle car sa montre l’a lâchée au départ … Elle fait 43′ pour un objectif 45′. Elle dit elle-même qu’elle se serait sans doute ralentie si elle avait eu la donnée car persuadée de ne pas pouvoir tenir (je sais pas si tu l’as déjà lu, mais au cas où : http://www.rainbowsandpotsofgold.com/article_viewer.php?id=325).
    Tout ça pour dire : OUI, carrément, je veux tester le « sans repère ». Peut-être le 27 tiens …

  3. On est pas des machines, la course doit rester un plaisir, une sensation de liberté (sauf pour les mecs qui cherchent la gagne)
    Je court avec mon tel et une appli mais je contrôle juste le temps au km et encore c’est souvent après la sortie que je regarde les stats… généralement, je travaille avec les sensations. C’est la base surtout pour connaitre son corps.
    A mon niveau c’est plutôt un combat avec mon corps plutôt qu’avec le chrono que je vise

    Merci pour cette mise au point Gourou de la foulée

    1. Une Khagneuse… 😛
      Tout mérite d’être expérimenté non ? Mais ça demande un peu de maîtrise des outils et des infos je pense. Ca peut éviter quelques déconvenues aussi… Et pour chercher ses limites et progresser plus vite, je pense que c’est utile au bout d’un moment (mais le « au bout d’un moment » est important).

      Enfin une raison que je n’ai pas évoqué ici : ça me change les idées ! Ca permet de garder de la curiosité, de la fraîcheur. C’est un sport un peu barbant sinon, faut être clair. Donc rien que pour ça aussi, je garde.

    2. Dis-donc, tu as un problème avec les khâgneux ?
      (Oui bien sûr c’est une conformation des genoux qui ne favorise pas forcément la course, mais chacun son truc hein ?)
      (En plus un khâgneux « comprend » généralement qu’on puisse faire autrement, les lectures variées ouvrent l’esprit, c’est juste qu’il en est consterné 🙂

  4. Mince, à la 2e lecture j’ai vu que tu avais aussi précisé la forme du jour. Désolé.
    Moi qui suis exclusivement freestyle, j’éprouve de plus en plus l’envie d’utiliser des outils pour tenter de m’améliorer. J’espère éviter tout de même de me stresser avec ça. Il me faudra donc un truc confort et indicatif.
    Mais +1000000 avec cet article. Ce serait intéressant de phosphorer sur comment apprendre à bien connaitre son corps.

  5. Nous somme devenus des cybers coureurs … Ils sont forts les fabricants de matériels !
    Dans ma jeunesse, les entrainements se faisait avec un bon vieux chrono et on alignait des tours de stade, le tout rythmé par les encouragements (ou engueulades…) du coach !
    Aujourd’hui, il m’est impossible de courir sans mon appli, ça me permet de connaître mes temps de passage au km, de tenir à jour mes modestes statistiques …
    Mais ce qu’il faut savoir, c’est que Pasaprèspas et Daddy The Beat iront toujours plus vite que nous !

  6. Tout simplement parce que (enfin, pour beaucoup je pense) quand on débute on se renseigne où on peut.
    Et tu peux lire tous les articles web / blog / magazines que tu veux, le premier conseil c’est de se munir d’un cardio. A partir de la tu prends l’habitude de courir avec et tu t’en sens aidé, rassuré. Ca donne quand même énormément de repères pour les non initiés.
    Il faut savoir interpréter les données c’est sur mais ca aide à ne pas se cramer dès le départ j’pense. Arriver à s’en affranchir est, à mon avis, une preuve de recul et de confiance en soi. Ou de ras le bol des données milimétrées. Ou d’un manque de batterie dans la montre aussi…. en fait y’a pleins de bonnes raison haha

    1. Oui, pour débuter et éviter de se cramer, c’est vrai que c’est bien ! Tu as raison.
      C’est la période intermédiaire ‘je veux faire des bons temps’ qui est problématique je trouve. Comme l’adolescence 😉

    2. Moi je trouve que c’est un peu « facile » (et dangereux) de commencer avec tous ces outils parce que c’est ce que le marketing te vend, si tu veux faire de la course à pied. C’est vachement à la mode alors qu’à notre niveau, faut arrêter, on s’appelle pas Christophe Lemaître et on est là à compter nos réserves glucidiques, scruter nos courbes cardio et chipoter sur le tracé GPS de telle ou telle marque de montre…Ce que je pense, c’est valable pour la plupart des choses dans la vie : commence par sentir. Physiquement, émotionnellement. Après, à un moment, ok tu quantifies, provisoirement, si tu en as besoin pour, comme dit Pas après pas, te stimuler ou apporter de la variété; tant que tu ne perds pas ton « sens intérieur », ta boussole intuitive, tu peux utiliser les outils que tu veux. Mais à partir du moment où tu te fies d’abord à ton plan, à ton cerveau ou à ta montre, à mon avis, c’est fini. Tu fais primer une rationalisation d’un truc qui n’est absolument pas rationalisable, le corps humain, TON corps humain, qui ne ressemble à aucun autre et fonctionne selon ses propres règles. Y intégrant la fatigue nerveuse, les émotions,, la somatisation. Donc t’as moyen, non seulement de te planter en terme de performance, mais surtout de te blesser, ou de te dégoûter de la course, ou de partir dans des ego trips qui t’éloignent encore plus de toi même alors que c’est quand même après ça qu’on court, non? Enfin, je sais pas, peut-être ? (j’offre ma main à qui trouve d’où vient cette citation)
      Si je devais conseiller quelque chose à un débutant, c’est d’aller courir en forêt et de faire confiance à ses sensations, quoi que celles-ci lui disent. Et basta !
      Perso, je garde juste ma montre GPS, pour savoir à la fin, juste à la fin, à combien de temps j’ai couru et combien de bornes. Parfois je jette un oeil à ma vitesse par curiosité, mais c’est tout. Je crois qu’on ne fait pas suffisamment confiance à son corps, qui sait pourtant mieux que quiconque ce qui est bon pour lui. Il sait quand il va trop loin cardiaquement, quand il doit s’arrêter, ralentir, ou pousser.
      Putain j’ai envie de continuer et de faire un pavé ! Parce que c’est valable dans tous les domaines. Aujourdhui c’est la mode des modes d’emploi….comment séduire, comment la faire jouir, comment réussir un entretien, blablablabla. Soyez-vous mêmes. Point. La khâgneuse se tait, elle va mater Plus belle la Vie. Flûte.

      1. Les « plans » et autres méthodes permettent parfois de mieux se cadrer. J’en connais bcp qui commencent à courir et qui vont bcp trop vite. Je comprends aussi que la rigueur du plan en rassure certains, quand tu pars à l’assaut d’un truc comme le marathon. Après, il faut savoir faire la part des choses. J’ai toujours un peu « triturer » mes plans, je changeais en fonction des sensations du moment, de ce que je sentais ou pas. J’essayais surtout de comprendre l’idée derrière le plan plutôt que de tout appliquer à la lettre. Mais quand on veut avoir un cadre rassurant, mais qu’on ne veut pas trop chercher à comprendre les concepts (après tout, c’est chiant, c’est des sciences), ça peut être un peu risqué.

        Après, quand on cherche la limite, je pense que ça peut aider. Mais faut-il encore vraiment vouloir chercher la limite. Je ne suis absolument pas sûr que la plupart des coureurs aient envie de s’infliger ça. Donc leur matériel / chiffres restent dans le domaine du cadre « rassurant » je pense.

      2. Bah fallait pas t’arrêter moi j’trouve ça super intéressant.
        Ce que je dis, c’est pas qu’il FAUT commencer avec du matos à 300€ mais que partir avec un cardio ca rassure et ca évite de partir trop vite. Je ne compte pas le nombre de mes amis qui n’arrivaient pas à courir plus de 20mn sans être exténués puis facilement dégoutés de la CAP. Pourquoi ? Parce-qu’ils partent comme des dératés sur le bitume et pense tenir 1h à 10kmh sans soucis. La réalité les rattrape très vite…. Une fois que j’ai réussi à les convaincre de venir courir un peu avec moi, à un rythme plus cool, en expliquant les bases, ils ont pris du plaisir. Cela n’a pas empêché une bonne partie de lâcher au bout de 3 mois mais c’est une autre histoire.
        Je pense que dans un souci d’image de soi, les débutants n’osent pas courir lentement voire même alterner marche et course lorsqu’ils se lancent dans ce sport. Et pour ces personnes la, le cardio est intéressant pour les cadrer, les rassurer et les aider à ne pas se cramer.
        Mais je suis complètement d’accord sur le bonheur de courir à la sensation. C’est une approche tellement plus simple plus naturelle et au niveau des sensations c’est très plaisant ! Alterner cardio / gps et course au feeling est indispensable à mon avis.

        1. Oui, je suis d’accord. C’est un article plus orienté vers le coureur un peu confirmé qui cherche à progresser. Mais même en débutant, tu peux faire à la sensation : l’endurance, c’est « je peux discuter en courant ». Comme tu dis, c’est une histoire d’image plus qu’autre chose, courir lentement paraît chiant et peu valorisant. Maintenant, le côté rassurant et « cadrant », ça peut marcher, c’est plus psychologique qu’autre chose. Et puis on a le droit d’être un peu geek aussi merde ! 🙂

  7. plus facile à écrire qu’à faire…

    je suis personnellement en phase de désintox de ma ceinture cardio pour tous les footing sans travail spécifique. Pas évident… J’ai même rechuté ce midi. Mais je vais m’accrocher…

  8. Je dois être adolescent…
    Je viens de réinvestir dans un cardio, avec podomètre (accéléromètre) ! Après avoir utilisé un temps un cardio il y a deux ans pour me connaître un peu de ce point de vue là, et rapidement aussi, pour m’astreindre à calmer le jeu à l’entraînement (un mois à me forcer à toujours le garder bas… J’aurais peut-être même dû faire ça encore plus longtemps ?) et puis l’avoir laissé tomber. Je me suis dit que l’accéléromètre m’aiderait à structurer du fractionné (trop enquiquinant de devoir aller sur une piste à chaque fois qu’il me prend l’envie d’en faire, surtout que quand j’ai le temps c’est soit à midi près du boulot où il n’y a pas de piste, soit tôt le matin où Lenglen n’est pas encore ouvert…)
    Bref, en ayant, sauf une (trop ?) brève période de « un outil pour se modérer », écouté surtout mes envies et sensations, je suis au stade où j’introduis un peu de technologie avec l’espoir de descendre les chronos. Parce que j’ai fait ma « RunningSucks » il y a un an sur le semi de Vincennes (on part aux sensations en visant 1h38 et espérant secrètement 1h35 et on finit en 1h32) mais que depuis j’ai l’impression de manquer de marge par rapport à la ligne (du moins sur semi, sur marathon plus de 5 minutes de positive split ça laisse une marge de gestion quand même !)
    On verra si ça paie ! Mais il me paraît probable que même si c’est le cas, ça ne durera pas indéfiniment et qu’en tout cas je ne le ferai pas tout le temps (je mets mon GPS de téléphone sur chaque séance pour regarder à la fin ce que ça a donné, mais le cardio+podo, c’est sur une à deux séances hebdos max sur les 3 ou 4).

    1. Je ne suis pas du tout anti cardio (surtout que j’en ai un moi aussi, et que je lorgne sur la Garmin 620 ;). Et je suis persuadé que bien utilisé, ça en aide pas mal ! Y compris à se rassurer pour certains, c’est autant psychologique que physique 😉

      Donc je suis très tolérant. Tant que vous faites pas n’importe quoi. Là c’est transfoooooormation en Evil Koala, et bammmm , je déchire tout ! 🙂

  9. tu fais reflechir pas mal de monde dont moi. Ayant tendance a etre perfectionniste et de ne pas « m’entrainer pour rien », j’ai un peu trop tendance a regarder ma montre. Il est vrai que l’on oubli d’ecouter son corps et le plaisir de courir juste pour courir

    1. Bien utilisée, je n’ai aucun souci avec la montre. Mais la regarder à toutes les sorties, c’est pas nécessaire non ? j’ai régulièrement des périodes de « je la mets, mais je regarde en arrivant ». Ca équilibre.

  10. Très belle article mon cher PAP !
    J’ai un peu la même utilisation de la montre aujourd’hui. En débutant la course à pied, je me suis offert un cardio et je faisais tout « aux puls », ça en devient vite lassant et on perds un peu le gout de pourquoi on court ! J’ai enchainé sur juste un chrono avant de passer au GPS. Je me rends compte qu’aujourd’hui que quelque soit les infos que me donne ma montre : je continue à courir pareil, je ne régule pas l’allure à la vitesse ou aux fréquences. J’y pense parfois en me demandant jusqu’où ça va tenir quand l’allure est trop rapide mais c’est souvent le fruit de bonnes surprises !
    On peut même se demander si au final est-ce que c’est le temps qui est important ou ce que l’on a ressenti pendant la course !
    Le GPS me semble juste être un moyen de garder, de conserver cette course, cette sortie où tout s’est bien passé, de se remémorer ce moment divin de passer la ligne d’arrivée euphorique d’un marathon (bon ok je divague)

    PS : un jour tu le battras le Daddy 😉 (essayes tant qu’il a qu’un genou pour être sur)

    1. Le temps est une bonne question. Le ressenti est plus important oui, mais le temps fait qu’on en tire encore plus d’émotions quand c’est « bon » (après, il faut définir « bon »).

      Et battre Daddy, oh, ça ne m’intéresse pas trop. Aller courir avec lui, plus 😉

  11. C’est vrai qu’on devient vite dépendant de ces gadgets. Depuis le décès inopiné de mon Forerunner début septembre je cours avec juste un chronomètre. Et ensuite je passe une demie heure sur un site de carto à reconstituer mon itinéraire pour connaître la distance courue. Parce que comme Isabelle j’aime bien connaître le temps et la distance, que je note sortie après sortie.
    Courir sans cardio c’est valable pour les sorties sans prise de tête, à allure libre, pour le fun, pour la sortie longue du dimanche à allure improvisée (en ‘fartlek’ ça fait savant). Mais il n’empêche que quand on doit se palucher du fractionné et qu’on n’a pas de piste d’athlé à disposition, le bip du cardio au bout de X00 m est un bonus très appréciable.
    – λ (qui demain devrait recevoir son Polar RC3 GPS/HR 🙂 )

  12. Le problème quand tu écoutes ton corps c’est que je trouve que tu as tendance à sur-estimer tes phases de « douleur » et de ne pas suffisamment valoriser tes phases de « bonheur ». Je parle bien sûr pendant l’effort, pas a posteriori.

    Du coup, le cardio t’apporte quant même en permanence cette donnée objective et factuelle qui te permet de jauger de cet état. J’ai un modèle tout basique (Garmin Forunner 110) mais j’ai les infos essentielles qui me permettent de savoir si je suis plutôt peaceful turtle ou evil koala. Tout le reste (boussole, indicateur de forme, …) c’est du bullshit.

    1. Oui, j’utilise le cardio comme tu dis je pense : en course, je l’affiche en permanence sur l’écran, et je sais grosso modo comment je dérive. Donc je vérifie de temps en temps pour éviter de m’emballer et que l’euphorie me fasse exploser à moyen terme. Mais je me règle pas à la pulsation, c’est « grosso modo », je sais bien maintenant que ça varie un peu. L’expérience, rien de tel 😉

  13. Je me décide à mettre un petit commentaire par ici. Ca me parle cette problématique. Je pense que, comme pour tout, on aime avoir des garde-fous. On a un peu peur, alors on se raccroche à quelque chose. Pour le running, notre garde-fou, c’est notre montre. C’est un super outil. Ca nous aide beaucoup, mais ça peut aussi nous desservir.
    Je sais ce qu’il me faudrait : un coach sur chaque course qui porte ma montre, juste histoire de me booster si je suis trop lente. Moi, je ne la vois pas et je cours aux sensations. Ca, ça serait PAR-FAIT 😉

    (La course à l’aveugle, j’ai bien aimé : c’est moi la fille dont parle runningsuckkss ;-))

  14. Super article! Le cardio je l’ai mis quand mon coach m’a dit que je courais trop vite pour un footing ! Il m’a donc appris à ne pas dépasser une certaine fréquence. Cela m’a également permis de freiner mes copines qui couraient trop vite pour moi.
    A partir de là j’ai mieux couru ! Moins vite, et mieux !
    La montre me sert plutôt à vérifier une sensation. Tiens je me sens bien,j’ai une super foulée, à quelle allure, et à quelle FC je suis. Mais je n’adapte ma vitesse en fonction de la montre. Au final, j’ai l’impression d’être meilleure !
    Enfin, j’adore regarder toutes les stats des sorties à posteriori le nombre de sorties, de km parcourus, les FC moyennes ! je kifffe !!

  15. Zut t’as raison, je suis une geek … Mais je suis petite joueuse pour le moment, je reste avec ma 210 de récup’. Pour la 620, on verra quand je serai grande :-p
    Partante pour une stat party !

  16. Bienheureux ceux qui courent à la sensation. Ils auront moins mal à la tête que les autres.
    Et pour les autres, il ne reste plus qu’à essayer de comprendre comment tout cela marche…. Un dafalgan ?

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