[CR] Libère ton esprit dit Morphéus. Tais toi et cours dit Salomon Man.

Oui Morphéus il se la pétait bien avec ses belles phrases dans Matrix. C’était assurément poseur comme à peu près tout dans la trilogie des frère et soeur W, mais il y avait quand même quelques trucs bien sentis. Et celle-ci me plaît bien, ça résume bien la semaine !

Une de ces semaines un peu pourries, où on est bien crevés, où la tête aimerait bien rattraper tout ça, mais ça vivote, ça réfléchit trop à des tas de choses (c’est un blog de course à pied, donc je vous passe les détails). Le retour à la vie Parisienne après plus de 3 semaines dans les paysages calmes de l’Auvergne est assurément difficile, surtout avec un bon manque de sommeil.

Décor bucolique

Donc Jeudi, on pense déjà à mettre des affaires de course à pied dans le sac à dos, c’est déjà pas mal. Ensuite vient la journée bien moyenne au bureau, où on se dit plusieurs fois « je vais rentrer direct, je suis déjà assez fatigué, je peux courir plus tard ».

Et c’est JUSTEMENT dans ces cas là qu’il ne faut pas reporter. C’est justement l’exemple précis qui permet presque toujours au corps de remonter un peu le moral à la tête. L’esprit dirige le corps le plus souvent, mais on peut aussi profiter de l’influence inverse. La fatigue, c’est souvent dans la tête. Donc une petite sortie n’ajoutera pas à la fatigue, c’est l’effet inverse. L’endorphine est en partie responsable bien sûr. Mais c’est aussi de sortir, bouger, au lieu de rester statique à ressasser des conneries.

Donc Jeudi, de retour du travail, on descend à quais de la gare, et on rentre par les quais. Ahhhh cette belle piste cyclable, coincée entre l’autoroute A4 et les magnifiques quais de Seine. L’air est pur, le bruit des voitures vous caresse les oreilles. C’est parfait pour se remettre la tête dans le bon sens. On en est, ou on en est pas. On part sans objectif, si ce n’est de tester un peu l’allure semi qu’il va falloir trouver pour le 20K de Paris. Mais évidemment, avec l’esprit un peu trop occupé par autre chose, c’est surtout l’envie de se donner une bonne suée qui prédomine. Couriiiiiir. Donc on part à 4’48 sur le premier km, c’est un poil rapide comme échauffement mon gars ! Rien à f….. semblent dire les jambes. Et on enchaîne gaiement, 4’16, 4’17, 4’18, 4’17. C’est un peu rapide pour un semi non ? Surtout à 22°C avec cette belle pollution. On coupe ce bel effort en arrivant au pont sur la Marne, et on finit au petit trot. Une sortie un peu n’importe quoi, qu’on qualifiera de sortie au seuil, ça faisait longtemps tiens !

Donc 5.88km en 26’41, ça donne 4’32/km, et surtout ça montre bien que si la tête a le moral dans les chaussettes, les chaussures elles avancent à bon rythme. Rien de tel pour se remettre les idées dans le bon sens.

Course en aveugle

Et rentrée oblige, le Dimanche on se dit qu’une petite course en aveugle ferait du bien. Oui vous savez, la course aux sensations, sans regarder la montre. Sans entraînement spécifique non plus, pas trop loin, pas trop de coureurs. Pas de prise de tête, une simple vérification du niveau de forme actuelle. Bon ok, c’est pas plat vu ce qu’on en dit, et avec le petit surpoids des vacances, ça va pas être miraculeux. Mais il fait beau, allez, on se bouge !

Boujour Sucy en Brie. Et sa Sucycienne. La course dont vous ne voulez pas avoir à prononcer ou épeler le nom. Mais bon, en 15 minutes on est sur place, garé à 50m du départ, assez vite inscrit, et on s’échauffe correctement pour un parcours vallonné.

Ah ça pour être vallonné, c’est vallonné. Garmin annonce 98m de D+, Strava 93m et uTrack 159m (un article sur ces différences bientôt). Et en plus, ça tourne tout le temps. Bref, toi qui aime les 10km bien plats, avec de belles lignes droites pour s’installer dans un rythme, passe ton chemin ! Déjà, ça fait pas 10km (on le comprend vite en finissant la première boucle), ensuite c’est limite un trail, avec de nombreux passages sur des chemins.

Vlan, mange toi ça !

Vlan, mange toi ça !

Et si on pensait commencer à arriver à se gérer avec quelques années de course à pied dans les jambes, c’est un peu raté. Sans la Garmin magique pour dire « oulààààààà, calme toi mec ! », il y a toujours des surprises. 1er km en 4’29, admettons, c’est pas trop mal géré. Second en 3’54 ? Oui bien sûr. Je vaux 39 minutes sur 10km, c’est arrivé par miracle pendant l’été en mangeant des glaces à la noisette. Même si ça descend un peu, il fallait peut-être déjà s’inquiéter un peu quand même ! Parce qu’avec l’arrivée des virages et autres bosses et montées, le rythme est impossible à tenir. 4’15 malgré le gros dénivelé négatif, 4’32, puis 4’56 avec les plus grosses difficultés.

Et c’est là que Morphéus aurait dû intervenir. Parce qu’avec ce départ un peu rapide, et ces difficultés pas vraiment prévues, ça commence à partir en sucette dans la tête. Au point de ne pas vouloir juste ralentir, mais simplement arrêter. Ah ça arrive pas souvent ça. Et ça rend pas fier. Il faut dire que ça revenait un peu de l’arrière. Et qu’attaquer une deuxième boucle après une première un peu « pénible » sur la fin pour être poli, ça n’aide pas. Libère ton esprit, oui ça aurait sûrement aider. C’était surtout l’impression d’avoir pris la pillule et de se réveiller dans le monde réel de la course à pied, celui où tu en chies comme pas possible, où t’es tout rouge et où relancer après la montée, ben non, c’est pas si facile.

Donc là arrive Salomon Man. Salomon Man, c’est peut-être un super héros de la Ligue GRO, je ne sais pas, il était là incognito. C’est ce coureur devant vous, avec un signe distinctif facile à reconnaître. Dans mon cas, c’était ce gars avec son t-shirt Salomon. Je te double, tu me doubles, on finit par se repérer. Et quand ça a commencé à lâcher dans la tête, la bonne nouvelle était que comme souvent, la faute à une génétique sûrement déficiente, l’information n’arrive pas de suite aux muscles, et je continue à courir. Et sans me faire lâcher. Je fixe les pompes de Salomon Man (non, pas des Salomon !), et je reste accroché là. Même ceux qui sont remontés ne s’échappent pas tous. Donc il y a ce ou ces 2 kilomètres de misère mentale qui ne se traduisent pas trop par un chrono misérable. 4’41 sur le plat, c’est pas glorieux, mais c’est pas l’explosion qui aurait pu arriver. Puis 4’12 dans la descente, et le moral qui remonte doucement quand on ne se trouve pas décramponné. Ouais mec, t’en chies, mais les autres aussi, regarde ! 4’44, et finalement 4’35 avec le retour des montées, qu’on finit en doublant quelques coureurs, y compris Salomon Man (ouais, j’ai aucune pitié, même si je l’ai remercié d’avoir été mon lièvre après la course), puis en sprintant pour ne pas laisser le petit jeune du club local gagner une place. Non mais oh. Aucun respect pour les aînés ?!

Bilan, un 10km qui semble être plutôt un 9km,  40’08 à 4’28/km. La trace un peu trop rectiligne de la 601 semble un peu grossière, d’autres montres donnent entre 9 et 9.2km. Ça ne donnera jamais une moyenne glorieuse, mais vu le profil de la course, on finit par se convaincre qu’on a pas été si mauvais. Le classement le confirme, 66ème sur 281 coureurs, c’est honorable pour une course de rentrée, surtout qu’on a pas fait d’entraînement de vitesse depuis des mois.

Reste ce passage douloureux vers le 5/6ème km, qui ne s’est heureusement pas traduit par une explosion en vol, mais on n’était pas loin. Une chose est sûre, si je m’arrêtais, jamais je ne serais reparti. Il y a même eu cette visualisation dans la tête. « Un pas de côté, là, sur la droite, et hop on s’arrête. Ça serait si facile, et on peut se tenir une jambe, ça fait style blessure » « Ouais, t’es vraiment une pauvre merde » répondait l’Evil Koachla. « Rentre chez toi, et arrête la course à pied, tu seras meilleur aux dominos. ».

Difficile de savoir quoi retenir de cette course. Le moment de « presque abandon » dans la tête ou bien le fait qu’on n’ait finalement pas trop lâché ? Allez, terminons la semaine sur une bonne note, malgré le moral loin d’être à bloc, on s’est pas arrêté comme une merde sur le bord d’une route à Sucy en Brie. C’est déjà pas mal. Et meilleur mile en course à pied, 6’17, ainsi que 2nd meilleur km (3’50). Comme quoi, chui pas si mauvais ! Vivement les « vraies » courses automnales, je vous attends mes chéries ! J’me prépare ! Et l’Evil Koachla est déjà prêt lui !

Bon par contre, une chose est sûre, l’objectif « je vais tester ma vitesse » est un échec cuisant. Impossible d’en savoir beaucoup sur son rythme « bitûme plat » à partir de cette course. Je pourrais toujours sonder les coureurs arrivant autour de moi pour connaître leur valeur sur 10 plat, mais bonjour la prise de tête. Fallait mieux choisir sa course ! Et ben ouais.

6 commentaires

  1. T’aurais voulu la faire à quelle allure capitaine? Parce que j’ai du mal à me rendre compte vu que pour moi, le temps que t’as fait là, ça relève du gros fantasme. Du coup je trouve ça hyper mais faut que je me mette à ta place, une vitesse c’est tellement propre à chacun.

    Ensuite, je ne sais pas comment font les Parisiens pour supporter Paris. Bon en gros, on distingue deux sortes de Parisiens: le gros con qui dénigre tout ce qui n’est pas Parisien (j’en ai croisé tellement dans mon dernier boulot… et lui il a pas le problème, il kiffe son bled) et celui qui s’y trouve souvent par nécessité mais qui kiffe plus « ailleurs ». Et celui-là franchement, je sais pas comment il survit. Moi je finirai dépressive. ça te dit pas de monter un élevage de brebis dans une région verdoyante, où l’air est pur et on se déplace encore en calèche (ouais bon en tracteur, d’accord)?

    1. J’y allais pour voir où j’en étais en vitesse. Mais sur ce profil, c’est impossible, j’ai été bien con. Un bon 10k, c’est 4’17 pour moi, mon meilleur rythme quoi ! Là je suis classé à ma place plus ou moins, mais j’en sais pas plus sur le rythme à prendre. Et c’est mon rythme de semi que je tiens sur 9km, donc tu vois le genre… je suis trop focalisé sur la vitesse, heureusement qu’il y a le classement pour me dire que c’est normal.

      Et pour Paris, vaste débat. Mais c’est sur que si j’étais seul, je serais déjà parti depuis un moment ! Là c’est plus compliqué, il y a toujours le pour et le contre, un boulot que j’aime bien, les potes sur Paris, plein de choses à faire, etc… pas simple 🙂 mais à la limite, les conditions pas toujours idéales pour l’entraînement par exemple, ça me motive bien. Et il faut aussi remettre les choses dans leur contexte : je cours entre Vincennes, les quais de Marne, et la forêt de Rambouillet le plus souvent, c’est vraiment pas dégueu 🙂 reste que comparé à l’Auvergne, évidemment… mais bon, comparé à l’Auvergne, y a quoi de mieux pour aller courir de toute façon? 😛

      1. Effectivement, sur un tel profil, c’est pas terrible de jauger sa vitesse… T’as choisi ta course à l’aveuglette? T’avais pas vu le profil?

        Le truc avec Paris c’est que c’est tellement grand, que c’est même plus « juste » une ville, c’est vrai que quand je dis « Paris », je pense au côté très habité, aux rues toutes emmêlées dans lesquelles j’étais perdue bien comme il faut, au milieu de quatre bagnoles mal garées, tout ça pour trouver un lieu de presta où on pouvait pas se garer, pas décharger, etc, avant de poireauter plusieurs heures parmi des gens jamais sortis de cette ville qui ne posent que des questions cons, et quand -enfin- c’est l’heure de remballer- y a toujours un con (souvent le patron) pour dire un truc du genre « quand même c’est beau » en regardant la tour Eiffel, ou mieux, les lumières de la ville. Et toi t’es là: « la tour Eiffel? Beau? C’est de l’humour non? Sinon l’électricité ouais c’est plutôt une invention sympa… mais de la à regarder les néons amoureusement… »
        Je suis pas sûre d’être très objective sur cette partie-là de Paris, je te l’accorde bien volontiers.
        C’est vrai que si tu comptes les forêts dedans, forcément, ça change un peu la donne.

        1. Bon, pris la main dans le sac… Bien sûr que j’avais regardé le profil ! Je savais que c’était valloné. J’ai même retracé le parcours sur Garmin pour voir le dénivelé. Mais disons que ça paraissait moins dur. Mais bon, je reste un grand naïf, au moins ça me rassure, j’ai pas encore l’impression d’être le papy grognon de Running Sucks, mais plus le débutant qui se mange des erreurs bien faciles à éviter.

          Et Paris, même sans aller dans les parcs, je peux aller courir vers les Champs, le trocadéro, le grand palais, la tour Eiffel, je kiffe toujours. Je sais pas pourquoi, mais ça le fait toujours avec moi. Bon, il me faut un équilibre hein, ce matin le petit run en forêt tout seul avec comme seul autre coureur une biche, j’en ai besoin aussi. J’ai surtout besoin de variété moi en fait !

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