« Ma région, je te kiffe ! » épisode 3

Vous pensiez attendre encore un jour pour finir le feuilleton de l’été ? Rien du tout, chui chaud bouillant, on enchaîne immédiatemment sur un joyeux mix de course à pied et de vélo, toujours en côte, afin de mettre sa misère au Paris Versailles à la rentrée !

Le retour en voiture du mariage s’est fait en mode coma (heureusement que je n’étais pas le seul conducteur…), et le lundi n’a pas été de trop pour se remettre de ce week-end éreintant. Mais avec une sacré carotte : maintenant que la partie « boulot » du mois d’Août était passé, on pouvait enfin risquer de se casser une jambe en faisant une infidélité à son sport favori. Donc une petite visite chez un ami grand fan de cyclisme se solde par un prêt d’un magnifique destrier dont vous avez déjà pu admiré la superbe robe rouge et blanche. Un Cervélo bien trop beau pour votre serviteur, mais autant se faire plaisir:

Oh mon beau destrier !

Oh mon beau destrier !

Ouille mes cuisses

Et c’est donc motivé comme jamais que le Captain CAP se transforme en Captain Rider, et découvre avec émerveillement qu’on peut atteindre 30km/h de moyenne sur le plat sans se mettre minable. Puis c’est vite la tentation de grimper un peu, et on part vers un nouveau village avec son petit col pour enfant, histoire de se prendre pour un cycliste. Bien sûr, avec l’énorme expérience en vélo de route, c’est un peu à tâtons, on emmène trop de braquet, les cuisses piquent un peu, mais entre le magnifique destrier, et les nouvelles chaussures de cycliste (oui le truc où je me voyais bien me casser la gueule honteusement au premier stop…), on se fait bien plaisir dans un cadre splendide. Ça reste facile, 9km de montée sur 13, avec des pourcentages faciles (une petite montée de 4ème catégorie). On pousse quand même un peu pour se tester, on commence à sentir le postérieur qui se plaint ainsi que le dos, et le retour montre bien qu’en descente, on est pas super à l’aise. Mais pour une première sortie, c’est sympa,  33.3km avec 488m D+ en 1h19:32 (25.1km/h de moyenne).

On laisse donc un peu reposer les muscles endoloris, et deux jours après, on part sous un bon soleil avec un bidon d’eau (oui, en vélo on s’assèche vite, paye ton débutant !) pour vérifier si le bon coup de genou donné à un fauteuil n’a pas endommagé l’articulation. Au menu, l’échauffement habituel sur le plat, puis un petit aller retour vers un énième bled. De mémoire, c’est pas trop dur : on monte, c’est plat, la descente dans le bois, et ensuite plat. Oui bien sûr. Ça, c’est en voiture en fait. Une fois sur place, c’est jamais vraiment plat, ça descend quand même pas mal dans le bois, et ensuite, c’est toujours pas plat. Donc plus on avance, plus on se dit que le retour va être dur.

Et c’est là qu’intervient ce moment que nous avons tous, que ce soit en vélo ou course à pied. Le fameux

Et si je faisais demi tour un peu plus tôt ?

Oui c’est tentant. Après tout, il fait chaud. Et c’est qu’un entraînement. Et c’est déjà assez dur, c’était une sortie de test seulement non ? Oh, ces raisons là, on les trouve toutes très vite et très facilement. Je suis sûr que vous aussi, vous trouvez aisément de bonnes excuses bien faciles. Mais c’est là que doit vite intervenir l’evil koachla (à remplacer par votre propre petit démon tendance SM), qui vient mettre une bonne trempe à la partie faiblarde de votre beau mental. Le Paris Versailles en Septembre, il aura un moment de faiblesse comme ça aussi ? Il va baisser sa (côte des) Gardes ?* Il va raccourcir le parcours ? De la merde oui ! Ça sera toujours aussi dur. La course n’aura JAMAIS aucune faiblesse. Au mieux, les conditions seront bonnes. Au pire, du vent, de la pluie, encore plus de raisons d’en chier.

Donc.

Tu prends ton beau vélo, tu pousses sur les pédales avec tes belles nouvelle chaussures, et tu vas à St Etienne de Chomeil comme prévu. Et tu ramènes ton cul à la maison, même s’il fait un peu mal. C’est pas de la grosse souffrance ça, c’est une balade dans la nature.

Donc on va à St Etienne de Chomeil. On maudit la fontaine, eau non potable. On va donc rentrer avec le fond de bidon. Et arrive la montée de la forêt, sur le grand plateau parfois (paye ta honte), qu’on grimpe à la vitesse faramineuse de 15km/h. Le moral remonte arrivé en haut de cette ascension interminable d’au moins 23km (2.3km on me dit ? Oh la position de la virgule…), et on avale les derniers kms plus facilement que prévu. Pas de quoi pavoiser non plus, cela reste une petite sortie, 31.8km en 1h18:26 (24.4km/h), avec 474m de D+. Le plus important restant de ne pas avoir fait demi tour comme une loque pour un petit manque d’énergie et des douleurs de débutant.

Le lendemain matin, on se lève à 5h10, on reprend son sac photo, on empile quelques couches  et on repart au pied du Puy Mary, pour une ascension by night à la frontale et une séance photo/vidéo pour le lever du soleil. Les kg supplémentaires du sac se sont bien fait sentir sur la montée (voilà RS, tu es vengée, moi aussi j’ai mangé dans la montée, j’ai même du m’arrêter !). Mais bon, merde, putain c’est beau en haut ! (spéciale dédicace à Kutne, moi aussi je sais faire les pano 😉

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J ‘aime les cols

Et pour finir en beauté, on se prévoit deux sorties assez similaires : du dénivelé, encore et toujours, profitons de l’environnement jusqu’au bout. La météo commence à se gâter, parfait, c’est un bon moyen de tester sa motivation. Pas d’auto flagellation non plus, on attend le moment où il ne pleut plus, et on part sur la route de la première sortie à vélo (vous savez, vers le village là…), mais en courant cette fois. Comme on veut bosser la côte, ne faisons que l’aller : 9km de montée sur 13, 270m D+, c’est un bon terrain pour voir si on peut pousser un minimum. Il fait gris, plafond nuageux bien bas, pas de musique, on part pour pousser autant le mental que le physique. Le cardio est là en garde fou, et on gère à nouveau bien mieux les montées successives, en faisant attention aux voitures. Pas la sortie rêvée en terme de cadre cette fois, mais là n’est plus le but. On avale les 12.6km jusqu’au point de rapatriement en 1h03 (4:59min/km). Un rythme correct, au niveau de la moyenne envisagée, même si la vitesse a été à nouveau plus impactée que prévue par les montées. Mais à nouveau, la satisfaction de ne jamais avoir explosé est bien là, avec un effort très conséquent. Strava annonce un correct 4:28/km en rythme corrigé du dénivelé.

Enfin avant dernier jour des vacances, la sortie prévue depuis le début des vacances, le col d’Aulac. C’est facile, on reprend à nouveau le trajet de la première sortie en vélo, mais on ajoute 9km pour monter vers un autre petit col « pour enfant ». Le postérieur et le dos semblent s’acclimater, on monte vers le premier col à sa main, en gérant un peu mieux ses jambes, et on s’élance tranquillement vers la seconde montée. Et là, avouons le bien, c’est un peu décevant. Ça monte régulièrement, pas trop fort, sauf deux endroits un peu plus pentus. Mais rien de bien méchant, ça fait pas trop de col de montagne, ça manque de lacets qui te déchirent les cuisses, ça sent pas assez le tour de France ça madame !

Riom Valette Trizac Col d'Aulac & back

Mais au moins on arrive en haut encore assez frais, alors qu’on se voyait en chier beaucoup plus. Il fait à nouveau un temps mitigé, assez couvert, mais pas pluvieux. On se lance donc dans la descente bien frais, et on commence à trouver ses marques sur le vélo, donc on pousse un peu plus vite. La moyenne n’est pas faramineuse, mais on commence à calculer. Pour faire 25km/h de moyenne (de quoi faire baver un Froome), il faut faire 25km en un peu plus de 45min. Le réflexe du coureur est immédiatement « impossible ». Mais les descentes en vélo se font bien plus vite que les montées, comparativement à la course à pied. Donc on relance, on descend en se profilant le mieux possible (aïe le dos quand même), et on termine en grosse relance sur le plat (voir même en prenant l’aspiration d’un tracteur !) pour finir 50km en 1h59:50. Yeahhhh, bravo mec, t’atteins la vitesse d’un minime ou d’un vétéran 3, bravo à toi ! Mais pas peu fier d’avoir fait 2 cols dans la journée tout seul avec son cuissard Décathlon, votre coureur favori s’en va prendre une douche bien méritée, les cuisses bien piquantes et se dit que les vacances en Auvergne, ben c’est franchement le panar pour s’entraîner ! Enfin des vacances bien utilisées, sans trop prendre de poids, et avec un entraînement plaisant et varié. De quoi bien lancer la saison automnale et ses premières courses.

Message à vous, mes valeureux adversaires

Paris Versailles, je t’attends. Cette fois, je plierai pas comme une merde. Pas de mental dans les chaussettes à chercher des excuses en finissant la côte en marchant comme une limace. Tu m’as cassé une fois, tu me casseras pas deux fois.

Et toi le 20k de Paris, je te vois bien caché là derrière. Tu perds rien pour attendre. Tu peux faire pleuvoir aussi comme l’année dernière si tu veux, t’y passeras aussi. Tu crois que je vais me satisfaire d’un 1h32’50 à nouveau ? Bouge pas, je me prépare, je vais pas faire le déplacement pour rien.

Et toi DaJo, t’as vu la prépa en basse altitude ? Ça le fait non ? T’as vu comment j’ai déchiré en vélo ?? Bon ok, le talon remonte pas assez derrière en course à pied, mais ça sera ton tour à toi aussi un jour ou l’autre ! Certes, probablement pas en 2013. 2014 me semble un peu tôt, 2015 j’ai aussi quelques doutes. 2016 j’y réfléchis, même si je voyais plutôt 2017 ou 2018. Bref, j’me prépare !

 

 

 

* j’espère que vous avez relevé toute la finesse et la subtilité de ce jeu de mots

6 commentaires

  1. Attends mais… ton démon il te fait même des jeux de mots?
    Le mien il m’engueule et il s’embarrasse pas de telles subtilités (et quand il postillonne j’ai pas intérêt à moufeter)…

    Bon sinon c’est bon c’est fini le vélo, tu reviens parmi tes vrais équipiers (/amis/jeunes padawans/fans inconditionnels)? 😛
    Vivement la Paris-Versailles et le 20kil, j’ai trop hâte que tu mettes une branlée à ces courses!

    Bon retour Cap’tain! Tu nous as manqué (même si t’étais quand même un peu là)!

    1. Le vélo, je vais garder, je trouve que c’est un super complément pour soulager un peu les articulations franchement (non non, aucune envie d’en faire en compèt ni du triathlon). Mais je vois ça comme un complément de la course à pied, pas comme une substitution.

      Et puis j’ai été élevé au Tour de France moi. Faire un bon col, c’est mon rêve, les lacets, les cuisses qui brûlent, le paysage ! Rahhh là là.

      Mon démon fait des jeux de mots sur WordPress quand je réécris les choses 😉 Il était moins fin quand je transpirais sur mon beau vélo.

      1. Non mais je comprends en vrai pour le vélo, je te cherche mais c’est juste pour le plaisir. Perso, je complémente avec du vélo elliptique, c’est la même démarche mais sans les paysages et sans avoir mal au derche (reprendre le vélo après des années c’est douloureux 😀 ).
        Ton démon me rassure!

        mais alors le Tour de France, je dis non. 😛 J’ai jamais accroché à cette sinistre histoire… Courir n’a pas plus de sens je suis bien d’accord mais pourtant… (on n’a jamais dit que ça devait être logique)

      2. Ah le Tour… Mon rêve c’est de bosser pour ASO sur le Tour. C’est juste culturel pour moi, c’est quand même la plus grosse organisation sportive au monde, ça dépasse largement le cadre du simple sport en question. Et c’est juste tellement plus sympa à voir que la course à pied, faut être honnête… Qui veut suivre un marathon à la télé ? Bref, je m’égare, je ferai un article là dessus je pense. Même si le vélo et moi, ça restera un complément en solo, je suis mauvais sur une bicylette (la pétoche en descente, les cuisses pas adaptées…).

      3. L’année dernière, le Tour de France est passé à Rouen ET en Corrèze où j’étais en vacances. Je me suis tapé 2 fois la longue attente le long de la route avec les copains, le barbecue et la bouteille de rouge, 2 fois la caravane et notre obstination collective à récolter 1000 goodies qui ne servent à rien, 2 fois le passage des vélos en 30 secondes … Pourtant, cette course a un côté français franchouillard que j’adore. C’est clairement dans notre culture populaire collective … Finalement j’ai beaucoup aimé. Y’a un côté presque désuet que j’adore.

  2. Fais gaffe Captain ! Avec ce genre de prépa basse altitude, tu vas basculer dans le multisport. Trouve-toi un lac et, l’an prochain, c’est plié : tu t’inscriras aux triathlons promotion de Lastioules ou Mauriac…
    … avant de te lancer (comme tous les parisiens) sur l’ironman de nice en 2015 ! 😉

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