« Ma région, je te kiffe ! » épisode 1

Oui, les vacances chez ouam, c’est le pied. Le français est râleur certe, parfois un peu grognon, mais même votre serviteur doit se rendre à l’évidence, son stage en basse altitude a été un véritable régal. Il y a un peu de plat, pas mal de montées, de la descente, du Running Sucks, de la truffade, du vélo, une compèt, du bébé, des vieux souvenirs, un marathon un peu spécial, des petits cols, de la sortie pépère, des gros efforts, bref, c’est 3 semaines bien chargées qui vont vous faire rêver !

Mise en température

La première semaine se fait en mode « mono parent qui doit aussi s’occuper de sa mère en chaise roulante » (ouais les trails à 65 ans, faut savoir arrêter Maman !) (je déconne, quand je lui dis que je vais au village du coin en courant, sa seule réaction est « mais t’es fou ? Ton coeur tiendra ? »). Donc ce sont des petites sorties dans le village, lorsque le bébé dort ou que les grands parents se sentent de le garder.

On enchaîne donc une petite sortie le long de la rivière, 8.2km, 44min (5:24min/km), ce qui est déjà pas mal, d’habitude je me traînais comme une m…. en arrivant en Auvergne. La seconde sortie, on varie un peu en faisant le tour du village, retour par le ruisseau, et on finit avec le bout de côte derrière chez moi pour se mettre en mode « je vais mettre une branlée au Paris Versailles ». Ça donne 6.6km en 35min (5:15min/km), avec rien de moins que la 2nd meilleure montée de la rue du Bar Soubro (ouais, on a des rues avec le mot « bar » dedans ici…) sur Strava (bon ok, y a 4 français qui se battent en duel sur ce site, mais quand même, second). Et on finit avec une dernière sortie à la cool pour cette semaine un peu fatiguante, 5.8km, 34:41 (6min/km), en essayant de garder le cardio sous les 140. C’est presque tenu (142 puls/min), mais on ressent surtout un petit manque d’énergie.

Mais ça c’était avant l’arrivée des renforts (ma femme, mon frère, etc…). Là fini de rigoler, on peut passer en mode «je vais manger un peu de D+». Car n’oubliez pas, les deux fois où votre serviteur a explosé royalement comme une m…., c’était en côte (le PV de 2011 et la montée de Berzet). Donc fini les conneries, on commence à bosser. Et y en a marre de courir dans le village, ok ça monte ou descend vite dès qu’on s’éloigne, mais merde, c’est beau, bouge toi un peu le c.., tu peux mêler l’utile et l’agréable.

Paye ta première montée

route de Collandres

Donc direction Collandres. Oui Collandres, ce bled plus haut dans la vallée, où mon père allait acheter son pain. Ce bled où je n’ai plus mis les pieds depuis sûrement 20 ans. Une bonne petite montée de 5km et quelques. Donc c’est parti, à rythme piano, on essaye de mieux se gérer et ne pas exploser au bout d’un km. Et dans les conditions météo idéales de l’été, on prend juste son pied. Oui ça monte, mais merde, c’est beau! Pas trop de voitures, le bruit du ruisseau, les vaches, la vue sur la vallée. On en oublierait presque que ça monte. On débouche sur le haut de la colline, le village ressemble assez à mes souvenirs. Un petit tour à la fontaine pour se rafraîchir, et on se lance dans la descente, bien content de la gestion du rythme. Et on peut un peu se faire plaisir sur le retour, les km passent vite. On cumule 11km en 1h (5’18 min/km, 290m D+). Et surtout on se dit simplement «je cours dans des conditions de rêve».

Trois jours plus tard, on enchaîne avec du lourd. Un pote du sud (qu’on appellera «le grand blond», sur une inspiration de la demoiselle qui arrive ci-dessous) débute en course à pied et s’est inscrit sur un trail de 30km. Et comprend bien qu’il va en baver. Donc il propose une sortie type trail, à petite allure. Ça tombe bien, Running Sucks débarque en Auvergne pour parler, je la cite « de hombre à hombre ». Et si au départ je prévoyais plutôt de la rando, elle doit préparer un semi, et son boy arrive en Cascadia, je les sentais motivés. Donc…

En mode trail avec miss Ronchon

… après une après midi détente dans une station de ski, un marché de pays (les patates c’est bien pour aller courir non ?) et un peu de planification, on part se faire déposer au matin dans la montagne. Pour être gentil, l’idée est de partir d’en haut, et de descendre le long des crêtes, pour finir dans la vallée près de chez moi, donc du trail pas trop rude pour des débutants comme nous. Piece of cake. Mais comme la fin du trajet se ferait sur la route, mon pote propose de profiter plutôt du paysage en haut : on part du pied de la montagne, on monte au col, puis au sommet, et on peut attaquer la descente, et se faire ramasser en voiture à l’arrivée sur le bitume. La vue n’est pas dégueu d’en haut en plus, donc on valide cette option.

On débarque donc au col d’Eylac, au pied du puy Mary, et c’est parti pour une petite montée. Météo idéale, vue dégagée, on se lance au petit trot, ça monte un peu sec certes, mais c’est pas l’Aubisque non plus. Bon, arrivés au col, la montée vers le sommet se fait en marchant, ça commence à vraiment monter plus sec. RS est un peu dans le dur, sa Normandie ne l’ayant pas préparé à ça visiblement. Son boy est plus fringant, mon pote commence à souffrir de son gabarit, on souffle pas mal. Mais dans ces conditions météo, l’arrivée en haut justifie l’effort, la vue est splendide.

Le temps d’en profiter un peu, arrive RS qui dévoile son côté «miss ronchon» quand on lui fait faire ce qu’elle n’a pas vraiment choisi. Premiers mots arrivés en haut, un simple et très concret

«J’aime pas la montagne !»

Respire, Manue, respire ! C’est le métier qui rentre.

Le temps qu’elle retrouve ses poumons, nous descendons pour attaquer le GR en courant. Avec nos pompes de bitume, ça se révèle plus compliqué que prévu, le chemin faisant 25cm de large, avec des sales trous, des grosses pierres, bref, du vrai chemin de trail comme on aime pas trop encore. Et il faut se souvenir du chemin, la 610 ne proposant PLUS le suivi de parcours. Merci Garmin ! Donc on fait ça de visu, sur la carte ça avait l’air simple non? On en profite pour faire des photos le temps de petites pauses, sans regarder le chrono.

Hop les vaches, hop le parapente, c’est trail + visite, à petit trot, de la sortie plaisir quoi! Bon ok, il y a quelques hésitations sur le chemin à suivre, mais on finit par s’y retrouver, même s’il faut rebrousser un peu chemin, ou couper au travers d’une petite plaine aux herbes bien hautes. Mais comparé à n’importe quelle sortie à Vincennes, c’est le panar intégrale. RS a retrouvé de l’allant et crane dans les grosses descentes, son boy ménage son genou et sa TFL, et mon pote gère son effort. On arrive en forêt et commence une longue descente sur piste, on peut enfin tenir un rythme correcte, mais la fatigue commence à se faire sentir, on finit donc à pied. Bilan, 16.6km en 2h15 (mais plutôt 3h avec les pauses nombreuses), la moyenne est médiocre, mais là n’était pas le but. Un outil de calcul de dénivelé annonce 650m de D+ et 1075m de D-.

Puy Mary Alberoche

Une super sortie malgré le matériel pas super adapté (je veux mes Bionic trail !). Bon bien sûr, miss ronchon vous dira qu’elle préfère le bitume. C’est sûr qu’entre le cardio à 200 dans la montée, le petit single track un peu technique et un bon gadin dans la descente, le baptême du feu en trail a été un poil agressif. Oh mais la Normande aurait pu en baver bien plus si on avait fait ça en mode performance, le costume d’evil koachla étant resté à la maison. Allez Manue , mange un peu de côte, ça ira mieux la prochaine fois !

Comment les cuisses s’en sont-elles remises ? Le Captain CAP a-t-il continué d’arpenter les pistes du Cantal ou bien a-t-il un peu trop profité des glaces à la noisette et autres mets locaux ? Vous le découvrirez dans le second épisode de notre feuilleton de l’été !

PS: Merci à Anto pour les photos où votre serviteur apparaît, vaillant comme pas possible !

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