Le joli mois de Juillet

Historiquement, Juillet a toujours été un mois à la con pour votre gourou auto-proclamé de la course à pied (au titre si brillamment trouvé : François le PAP de la CAP). Oui, Juillet, c’est ce mois où il commence à faire fichtrement chaud, où il n’y a plus de courses ni objectifs à court terme, si ce n’est soigner quelques blessures tenaces et essayer de limiter sa prise de poids. En Août, l’arrivée des courses de la rentrée commence à se faire sentir, donc on se remet à l’entraînement sérieux. Mais avant, non, c’est un peu du grand n’importe quoi, et si votre coureur favori ne s’enorgueillait pas d’un titre aussi ronflant, vous pourriez presque l’engueuler.

Il y a deux semaines, cela démarrait pourtant presque raisonnablement. Un retour du travail par les quais, avec 27°C, mais un petit vent qui fait qu’on est presque déçu de ne pas avoir la bonne grande transpiration qui fait du bien sur une distance aussi courte. On ajoute donc un petit 5.76km en 32:01 (5’34″/km), de l’endurance assez bien gérée,et des sensations très sympas avec les GoRun.

Deux jours plus tard c’est la sortie du midi, avec à nouveau un bon soleil, mais sans vent, donc ça commence à assécher un peu plus vite. Surtout qu’on ne se retient pas, donc on ajoute un bon 7.34km en 38:22 (5’14″/km), de l’EUPPV, avec une bonne transpiration, ça reste presque raisonnable.

Mais la bonne vraie sortie de n’importe quoi, c’est pour le Dimanche, où on sort bien guilleret avec 33°C en fin d’après midi (oui le matin quand il fait plus frais, c’est pour les mous du genou). Et si on démarre presque raisonnablement (deux premiers kms en 5’50 », 5’55 »), on commence à accélérer ensuite, trouvant que malgré la chaleur, on gère très bien. En effet. Et quand on aperçoit au loin un coureur torse nu qui a l’air un peu moins à l’aise, on se rappelle qu’il est inutile d’aller le chercher, c’est une attitude de frimeur. Puis une minute plus tard, on pousse généreusement pour faire son fier, avec une bonne pointe à 15km/h. Belle effort, belle allure, c’est certain, mais ensuite, ça commence à sentir un peu le roussi. On ralentit bien sûr, mais soif, chaud, à jeun, plus d’énergie, pas bien. Ouille. 5’40 », puis 6’07 », puis 6’22 », avec un gentil yoyo autour de cette belle descente de rythme. Les points d’eau deviennent le chemin du retour, on peine à tenir un modeste 10km/h, c’est la bonne punition comme on aime. Surtout que la petite heure initialement prévue se voit vite dépassée, le parcours approchant plus les 13km que les 10. Avec l’avantage d’être parti loin, comme ça, pas le choix, il faut ramener son cul à la maison. Bref, de la bonne sortie n’importe quoi, qu’on boucle en se disant surtout « non, tu vas pas marcher, non tu vas pas marcher ». 13km en 1h14 (5’41″/km), une sortie qu’on pourrait croire en endurance mais qui ressemble surtout à une petite fessée.

La semaine suivante, on n’a même pas pris le temps de noter l’excuse trouvée pour ne pas courir le mardi. Elle était sûrement tout à fait pertinente. Puis un petit déplacement en Auvergne fait qu’on doit attendre le Vendredi pour s’y remettre, nettement plus raisonnablement. Avec une collègue bien moins rapide, ça donne donc un modeste 4.2km en 31:30 (7’30″/km), qu’on finit avec une légère transpiration là où la collègue était toute rouge. Votre gourou n’a donc aucune pitié (mais bon, 7’30 » quoi…).

Et le Dimanche, vu qu’on aime pas trop les fessées, on retourne sur le parcours de la semaine d’avant. Il fait meilleur (25° au lieu de 33°), avec un petit vent, on trouverait ça presque frais. Cette fois, objectif clair, un footing tranquille, sans pousser. On démarre cool, 6’21 », 6’49 » avec la montée vers Vincennes, cardio bien géré (on le remet pour la première fois depuis des lustres). Puis on vivote tranquillement entre 5’40 » et 5’58 », sans forcer, avec deux petites pauses pour boire un coup, et surtout l’impression d’être toujours à l’aise. Ça donne un modeste 12.3km en 1h13’24 » (5’58″/km) mais sans avoir l’impression de faire n’importe quoi. Enfin une vraie sortie footing en gérant comme il faut, il était temps !

Et le bilan, me direz-vous ? Le bilan est qu’à 37 ans, on peut encore faire n’importe quoi. Mais c’est le mois de Juillet, le mois du freestyle, de l’insouciance. Bientôt, les objectifs de l’automne viendront remettre un peu de rigueur dans l’esprit de votre coureur favori.  Mais justement, il faut trouver un joyeux équilibre. Rester tout le temps sur des plans et des entraînements calibrés, c’est pas tenable, on est pas Nord Coréens ou ex Est-Allemand. Non, profitez de vos périodes de relâche, faites des conneries, bouffez trois pains au chocolat avant de partir courir, braver la chaleur, inventez des nouveaux fractionnés sans queue ni tête. Vous n’êtes pas sportif professionnel (si ? vous faites quoi ici ? je peux avoir une photo dédicacée ?), donc un peu de variété fait toujours du bien à la tête !

5 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. OuiiI Francois notre pap a tous ! J’ai expérimenté ce matin ton concept particulièrement bien trouvé de EUPPV et comprend maintenant parfaitement la sensation ! Je vois qu’à 37 ans pour le coup tu es très bien sevré toi ! Petite dédicace a ta collègue !

    Sinon j’ai pas de commentaire, tu es mon maitre jedi, je ne suis que ton padawan ! Enjoy avant la reprise des objectifs mais gare au pain au chocolat quand même 😉 Gloire a toi !

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