Bon mais sinon, tu t’entraînes ?

Oui, c’est sympa de discuter marathon et alcool avec Running Sucks, de poster des vidéos de pompes  et de se faire des weeks trail/concert/barbecue en Auvergne, mais c’est pas avec ça que tu vas tenter d’approcher les 3h sur marathon ou mettre une mine à DaJo, non ?


Théorie

Oh ça va. Ok, je cours un peu moins. Mais finalement, cent bornes en Juin, c’est pas si mal pour dire qu’on soigne ses tendons (lire : on s’entraîne moins, mais on est trop feignant pour glacer régulièrement). Et il faut savoir faire des mois un peu plus light, évitons le surentraînement. Et surtout, tentons de garder cette joie de courir, cet allant, cette légèreté dans l’effort, ce fameux mode « Fartlek » qui permet de varier les allures sans se prendre la tête. Bon, avouons le bien, jusque là, ça a surtout conduit à alterner « sorties en endurance » avec « sorties en vitesse seuil du pauvre » ou encore « sorties en EUPPV (Endurance Un Peu Plus Vite) »

La sortie en EUPPV, c’est quand vous partez en vous disant « je sors tranquille, EF, on se prend pas la tête ». Puis finalement. Vous allez plus vite. Mais à peine. Juste histoire de plus être vraiment en endurance fondamentale. Puis vous rentrez en vous disant « finalement, j’étais pas mal ». Ca fait du bien à la tête l’endurance un peu plus vite.

Le seuil du pauvre est la version au rabais du fameux seuil, cette vitesse entre votre rythme 10k et semi marathon, qu’il est important de savoir travailler. Et bien Pasaprèspas innove, en vous proposant, à vous le coureur qui par moment a des périodes d’un peu moins bien, de courir à une allure qui ne travaille pas grand chose : entre votre vitesse marathon et votre vitesse semi. C’est trop rapide pour bosser l’endurance, et trop lent pour bosser la vitesse. Vous vous donnerez une petite suée quand même, mais sans vous prendre la tête en vous disant « je travaille tel domaine ». Non, vous ne travaillez rien. Vous courrez.

Démonstration

Le midi la semaine avant la Montée de Berzet, une petite sortie qu’on voudrait en EF. 6.11km, 32:50 (5’22″/km). On oscille entre 5’31 » et 5’12 », c’est trop vite pour de l’EF, surtout en chemins, mais ça fait plaisir. Une bonne sortie EUPPV comme on les aime.

La semaine suivante, on réitère avec cette fois un retour à la maison en abandonnant le métro arrivé à la Seine pour rentrer via les quais. Et là, 5.75km en 26’54 » (4’41″/km), c’est une bonne sortie en seuil du pauvre, on attaque le 1er km à 5’10 », puis on pousse à cette allure un peu vague qu’on aime tellement. En GoRun, c’est toujours un plaisir, bonnes sensations de foulée, et malgré la pollution et les débuts de chaleur, c’est une bonne petite suée pour rentrer à la maison.

On répète le concept trois jours après pour le chemin inverse : on pousse une station plus loin sur le train, on descend à Rambouillet, et on file au bureau via la forêt. Dur dur de se dérouiller à la sortie du train et de régler son CamelBak (première sortie avec), 5’03 » sur le premier km (soit forcément trop vite, mais n’oubliez pas, on est en sortie un peu n’importe quoi), puis une fois la température atteinte, on pousse un peu pour essayer de ne pas arriver en retard. Les chemins sont plutôt practicables, donc peu de ralentissements, et on finit les 7.7km en 35’47 » (4’39″/km), une bonne moyenne pour une sortie au petit matin.

Alors bien sûr, en partant un peu à froid, en sachant qu’il faut tenir une vitesse, on se stresse un peu, on démarre un peu trop vite, et la sanction est immédiate, tendon d’Achille droit douloureux, on se donne un semaine de coupure (allez, c’est Juillet, c’est limite tradition sur PAP). On en profite pour réfléchir un peu plus à un choix de chaussures un peu moins contraignante pour ces mollets et tendons un peu sensibles, puis on reprend 9 jours plus tard pour une nouvelle sortie en EUPPV :

Le Dimanche matin, à la fraîche (14°C !), au soleil, les conditions idéales. Le but : reprendre doucement, surtout avec de nouvelles chaussures. Donc un petit 7 à 9 bornes sur les chemins, sans pousser. Evidemment, ça se transforme vite en EUPPV. Premier km en 5’31 ». Bon. Un petit 6′ à 6’30 » aurait été plus raisonnable. Admettons. On enchaîne, 5’26 », 5’23 », 5’14″…  Bon. On finit par se dire que la sortie à 10km/h, c’est foutu. Essayons quand même de soulager le tendon. Mais on se sent bien dans les Nike, ça fait juste plaisir de courir, et on évalue mal la distance. Donc au final, on cumule 11.66km en 1:03:10 (5’25″/km), en se forçant à augmenter la cadence de pas sur la fin pour diminuer les chocs (5’38″/km, il était temps !). C’est donc une bonne sortie un peu n’importe comment pour une reprise : trop long, trop vite, mais pas assez pour faire ni une sortie longue, ni de la vitesse. Allez, le principal reste de ne pas se faire mal, et d’y prendre du plaisir.

Les objectifs de la rentrée sauront cependant vite remettre votre serviteur dans le droit chemin des entraînements qui font vraiment mal (ou également vraiment récupérer).

8 commentaires

  1. Le concept d’Endurance Un Peu Plus Vite est fabuleux. J’adhère d’autant plus que je pratiquais déjà sans le nommer. Maintenant j’aurais l’impression de faire un truc légitime.

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