[CR] Du douloureux apprentissage du trail pour un Auvergnat exilé à la Paris

Oui, le trail, le vrai, ça s’improvise pas comme ça. Même sur 4 bornes et quelques. A la limite, SURTOUT PAS sur 4 bornes et quelques à bon dénivelé. C’est le métier qui rentre me diront les traileurs en ricanant. Et ils auront bien raison.

Oui, soyons clair, j’ai fait une Paris Versailles là. Bon, sur cette distance, il y avait un peu plus de raison de se dire « >180puls/min, ça peut tenir ». Ben non. Sur le plat, sûrement, et encore… En progressif, sûrement. Mais sur une jolie montée avec des variations, ça fait boum. Parce qu’autant la petite course de la montée de Berzet se faisait sur bitume avant (oh, j’aurais sûrement morflé là aussi), autant maintenant, c’est dans les chemins. Le nombre de Salomons aux pieds des coureurs au départ m’a vite alerté. La vue du départ a fini de me le confirmer : c’est un petit trail. Heureusement, j’avais senti le coup venir, et mes New Balance MT101 accompagnaient mes Saucony. Non pas que ça me fasse courir plus vite, mais ça évite de se casser la gueule dans les descentes.

Donc une PV, c’est quoi ? C’est partir trop vite, faire monter le cardio au dessus du seuil, et ne plus pouvoir redescendre et tenir. Ici, ça a tenu un peu plus de 3 km, en lente dégradation. Le souci principal était d’arriver à partir assez doucement, mais là, gros échec. Il faut dire que c’est parti VITE. Très vite. Les premiers concurrents étaient juste impressionnants pour le bouffeur de bitume que je suis. Pourtant, on est resté sagement en queue de peloton au départ. On laisse partir. Mais quand même, cardio trop haut, premier km en 6’31 » (j’aurais dû viser 7:00 maxi et garder le cardio vers 175 à mon avis…), puis 5’10 » sur le second avec l’arrivée des premières variations. Non, on ne se refait pas la cerise pourtant, c’est plus l’impression de surventiler et d’essayer mollement de relancer. 6’04 » dans le 3ème, ça commence à souffrir, difficultés progressives à relancer plus qu’à une allure d’escargot asmathique, jusqu’à ne plus pouvoir, km 4 : 8’08 », BOUMMMM. Et là, on marche dans les montées dures, et on relance de plus en plus tard (comprendre : au début, sur de la montée moins raide, puis progressivement sur de la montée plus du tout raide, voir même, sur du plat). Les cuisses ont bien pris aussi, il fait chaud, on a pas préparé cette course suffisamment, ni physiquement, ni mentalement. On finit les derniers 350m à 5’07 », histoire de faire illusion, mais sans gros allant. 27’45 », et probablement une place dans le dernier tiers ? (Pas de classement sur Internet et je devais filer).

Bon ok, c’est pas un gros objectif de la saison, ça montre bien que le mental sur une course on se le prépare aussi (là j’étais surtout en mode « te crève pas à la tâche, y a concert ce soir, faut en profiter aussi »), et ça confirme surtout et avant tout qu’il y a encore beaucoup à apprendre techniquement et tactiquement parlant !

Donc déjà : comment bien partir ? Quand on attaque comme ça par un mur, le petit échauffement était il suffisant ? Fallait il pousser plus ? Ou bien juste partir plus doucement ? L’impression d’être un diesel est bien réelle, j’aime bien partir doucement pour accélérer progressivement (comme sur le trail du Rendez vous des deux Vallées). Mais là, gros échec. Bon, plus simplement, je pense que les traileurs me diront : ben entraîne toi déjà ! On s’improvise pas sur du dénivelé comme ça…

Ensuite, les chaussures. Je suis pas super à l’aise dans les descentes. Maintenant, c’est sûrement autant dans la tête que dans les runnings. Après avoir fait une petite montée express au Puy Pariou le lendemain matin pour prendre des photos, la descente dans le sentier bien boueux en sous bois m’a permis de voir que je suis en effet peu à l’aise. Mais en appui sur l’avant du pied, les New Balance ne sont pas si mal. C’est plus une histoire d’équilibre, de choix des appuis. Bref, de technique. Tout simplement. (Je peux quand même profiter des soldes pour acheter une autre paire non ??)

Et pour être également honnête, je suis descendu de l’arrivée vers le départ par l’ancienne route, sur le bitume. C’est nettement plus régulier, mais j’aurais également mangé sévère sur cette route. C’est pas qu’une question de trail. Je suis tout simplement dans des dénivelés trop forts pour moi actuellement (trail annoncé à 4.3km 450D+, le dénivelé paraît ambitieux, mais mon coeur et mes poumons semblent confirmer). C’est pas en faisant quelques montées descentes de la route des barrières à Vincennes qu’on deviendra un bon bouffeur de D+. Il y a beaucoup plus à apprendre ET à travailler. Et tu pensais que t’avais des abdos mon gars ? Quelques bornes en descentes à presque 10% montrent bien que le gainage, c’est pas pour les chiens ! Vlan !

Maintenant, au final, ça donne envie surtout ! Sans pour autant chercher à viser du trail long, des formats intermédiaires (entre 5 et 20) devraient être jouables, c’est super ludique et agréable dans un cadre sympa (ahhhh les traileurs qui courraient dans la chaîne des puys le Dimanche, je les enviais) et sans pénaliser les perfs sur route. Allez, au boulot l’Auvergnat ! La belle montée de Berzet t’a bien puni, retourne redécouvrir ta montagne !

12 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. C’est un autre monde le trail,. Ton expérience est intéressante. Il faut travailler spécifiquement pour ce genre d’épreuves. Des côtes, des côtes, des côtes.

    • Le plus dur est d’en trouver d’assez longues ! Ici on a plus des côtelettes que des vraie grosses côtes de boeuf 😉 Et j’ai bouffé beaucoup de plat pendant des mois, c’est normal que ça me fasse souffrir. Je bosse à varier plus les allures et les dénivelés maintenant. L’été est là pour ça 😉

  2. Vilaine montée! Moi je reste admirative de la perf… une course qui s’appelle « la montée de… » ou « le kilomètre vertical de… », je le dis tout de suite, je n’y mettrai JAMAIS les pieds. Et puis 450D+ sur un peu plus de 4 bornes… comment dire… angoisse. En plus en version trail, même pas ce bon vieux bitume rigide et rassurant sur lequel on peut compter.
    Non non, moi j’admire.

    • J’admire surtout les premiers moi ! J’avais entendu « 17 minutes et quelques » pour le premier, j’étais sur le cul. En fait c’est 19’45 ». Mais même. Ça calme. Bon, j’y reviendrai (même seul allez…), j’accepte pas qu’une course me fasse marcher. Sans dire de faire 20 minutes, mais au max 25.

  3. hé hé hé hé hé ! Jamais fait ce genre de course, mais c’est clair que ça doit tapper ! En tout cas, on sait tous que tu aurais pu faire mieux. Bah ouais, tu as pas vomi !!! 😉

    • Cardio direct à 180 et plus… faut que j’apprenne à gérer ça. J’y retournerai, c’est sûr. Rien que pour la gérer un peu mieux. C’est à 10 minutes de chez mon frère… mais je vais aussi viser du trail qui attaque plus doucement 🙂

  4. Tant que tu as pris du plaisir c’est le principal.
    Bienvenu dans un monde qui n’a pas grand chose à voir avec le bitume si ce n’est que dans les deux disciplines on cours. Et encore, là ça ne faisait que monter, raide certes, mais pas longtemps.
    Ce qui (pour moi) fait fondamentalement la différence entre entre la CAP sur route et le trail, est la variété de l’effort (quasi toutes les plages de FC sont utilisées) et la gestion (de la fatigue, de l’hydratation, de l’alimentation, du matériel et du climat). Bref, en plus de sa forme du moment, de nombreux paramètres supplémentaires entre en ligne de compte.
    Il faut travailler tous ces paramètres pour progresser. C’est pourquoi sur ta prochaine préparation trail, oublie le chrono. Ça sera une source de stress en moins.
    Le stakhanoviste de l’entrainement que tu es trouvera son bonheur dans la variété des exercices de préparation. Car en trail, rien que physiquement, beaucoup de choses sont à travailler comme les côtes (en courant et en marchant), les descentes (très important les descentes !), le gainage, la proprioception, etc. De très bonnes bases en CAP est bien évidement un excellent capital de départ pour le trail mais c’est loin de suffire.

    • Là c’est sûr que je ne pars pas avec une idée de chrono ! C’est plutôt, on s’aligne, et on voit ensuite 😉 J’ai perdu l’habitude de faire varier le cardio, même si ma prépa marathon m’a redonné envie de varier. Il me manque surtout le terrain pour bien travailler ici, mais bon, j’habiterai pas en région parisienne indéfiniment 😉 Je vais y aller doucement de toute façon, l’appétit vient en mangeant !

  5. Hello, bravo pour ton trail ! j’ai une question existentielle : Quelle est la différence entre un trail et un cross ?
    Sinon, autour de Paris il y a des forets avec plein de cotes et de descentes, regarde le parcours de l’ecotrail par exemple 😉

    • Alors le cross, c’est plus court, et des boucles visiblement. Moi j’ai compris que c’était surtout l’hiver, pour que les clubs se tiennent en forme avant les grosses courses bitume.

      Le trail, c’est souvent plus long (voir très très long), pas de boucle.

    • Ah oui, et merci pour ton message, même si j’ai explosé ! J’aime pas exploser. Je bosse près de Rambouillet, donc j’ai la vallée de Chevreuse pas loin, et d’autres côtes pas trop loin ! Mais la vraie montagne me manque, soyons honnête. Vivement Août !

  6. Rétrolien : "Ma région, je te kiffe !" épisode 1 | Pasaprespas

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