[CR] Je ne me souvenais plus

Non, deux ans, je ne me souvenais plus. Que ça pouvait être aussi dur. Est-ce que je le savais vraiment de toute façon? Avec l’énorme expérience d’un premier marathon sûrement couru un peu en dedans, difficile de vraiment savoir non ?

Avant course

Alors on fait le beau sur son blog, on explique qu’il faut être détendu au départ, bien préparé, motivé, qu’il faut gérer en trois tiers (relax, enjoy, fight). On en bave sur la fin, mais ça paraît presque plaisant quand on l’explique comme ça. Oui sauf que le Captain CAP, le 1er mai sur la ligne de départ, il faisait pas le super héros. Après un mardi passé à faire son sac, à bien manger, bien dormir, à se dire que tout est prêt sauf ce foutu tendon et qu’on ne peut pas faire demi tour maintenant, à revoir le planning du lendemain matin avec son pote, le Mercredi arrive enfin. On se réveille vers 4h du mat, on végète au lit, puis sitôt arrivé l’heure « officielle » du réveil, on s’envoie le Gatosport au chocolat (miam, j’en mangerais tous les matins franchement), on se change, et on part tranquille à 7h30 pour la ligne d’arrivée. Premier coup de stress sur la route, ça bouchonne un peu. Mais l’organisation de la course est vraiment tip top, parking assez grand pour tout le monde, transport en navette sans souci, dépôt des bouteilles super rapide (un sacré plus du marathon de Sénart, on y reviendra), idem pour les sacs. Un petit échauffement et on se retrouve donc sur cette ligne aperçue la veille. Il reste 2 ou 3 minutes, et là, on se demande bien ce qui va se passer. Cardio à 120 pulsations minutes, même en respirant doucement.

Oh, on se voyait bien arriver détendu et sûr de soi sur cette ligne. Pour appliquer toute cette belle théorie étalée à longueurs de billets sur ce blog. Après deux ans à galérer pour refaire un marathon, ça devait se passer bien mieux, avec tout ce bel entraînement, l’expérience et les connaissances acquises depuis. Sauf que… Un tendon douloureux une semaine avant, et c’est le doute qui s’installe. Mais la même chose était arrivée avant le semi un mois auparavant et c’était passé. Psychosomatique comme expliqué par un forumeur ? Probablement un peu ! Et comme l’a dit Alberto Salazar, sur la ligne de départ, nous sommes tous des lâches. Lâche oui, mais sans oublier son objectif : partenaire virtuel réglé à 4:58min/km sur la Garmin. L’allure pour faire 3h30. Ça passe, ou ça casse.  On est pas là pour gérer et faire 3h50. On est là pour savoir ce qu’on vaut. Sinon on va trottiner dans le bois de Vincennes. C’est une course, on court à bloc. Il paraît que le marathon vous prend tout. Et bien je viens tout lui donner.

La stratégie de course est librement inspiré du calculateur Marco : 3 tiers, avec un premier tiers composé de 3km nettement plus lent que son allure visée et 11km presque à la bonne vitesse, un second tiers à la vitesse, et un dernier plus rapide. Un beau negative split comme on en rêve tous. Mais accélérer au 28ème… Niet. Donc plan révisé : 3 premiers kms plus lent pour se mettre en température, accélérer pour se mettre un peu en dessous de 4:58 afin de passer le semi avec 1 à 2 minutes d’avance, le retour étant réputé plus difficile. Ensuite, attendre le 32ème plus tranquillement lors des passages un peu difficile (exposé au vent, en faux plat). Puis voir si on peut accélérer doucement pour trouver un rythme plus rapide sur les 7 derniers km.

Pour cela, de la musique lente. D’ambiance. Pour se mettre à l’aise, rester calme, fluide. Aucun rythme. Pour vous dire, le morceau de lancement du marathon, c’était Local Authority de Mogwai. Ca vous donne une idée de l’ambiance pendant 2H30. Peaaaaace mec. Zen. 12km/h, en trottinant. Utile sa belle foulée bien économique. Descends.

Advienne que pourra

On part donc, l’esprit bien concentré sur sa stratégie. Le cardio trop haut, mais c’était un peu prévu. Le meneur 3h30 part devant, file mon gars, on se reverra peut-être. Premier km en 5:13, parfait, pas trop gêné par les autres coureurs, ça change des courses de masse. Deuxième km en 4:54, déjà trop rapide, on se force à ralentir. Laisse descendre. Le cardio est aussi trop haut. Trouve ta foulée. Déroule. Ecoute la musique. 32km cool. 166 puls/min de moyenne, dix au dessus de la cible du calculateur Marco… Mais ça descend, doucement. Je me connais, avec un temps un peu frais comme ça, le corps prend un peu de temps à se mettre à température. Attends. Les kms s’enchaîne, tantôt au dessus de 5:00min/km, tantôt en dessous. Un peu de retard sur l’objectif, mais il vaut mieux s’écouter. Il faut bien 7km pour commencer à se sentir bien. C’est long, 7km. Ca rappele le stress du début du marathon de Paris. T’as pas trop progressé mon gars… Sauf que cette fois, t’as pas raté le premier ravito, bravo ! Et aucune difficulté pour trouver SA bouteille, bien décorée. Et on y croit dans son choix de boisson énergétique. Le Powerade, c’est de l’eau et du sucre. Nase. Non, là on a SA boisson, testée, on sait que ça marche bien, ça aide bien le moral, et on est pas traité comme un coureur élite souvent, donc profitons. Une bouteille tous les 10km, on la garde à la main, et on boit régulièrement. Que du liquide, aucun solide. Deux gels dans le corsaire, au cas où.

Cardio à 161puls/min. C’est mieux. Tendon gauche : rien. RAS. On commence à ne plus y penser. Deux chiffres importent : la moyenne du cardio, et l’allure. 5:00min/km. Ca va. Ca baisse, doucement. Le drapeau est loin. Il est parti vite, c’est son problème, je fais MA course. Au marathon de Paris, j’avais doublé le meneur 4h au 15ème. Là, aucun effort pour le rejoindre. Mon chrono est bon. Je suis MON plan, pas le sien. 14ème, un tiers de fait, on est à la moyenne pile du 3h30, et on garde le même d’esprit : déroule. Bonne fréquence de jambe, posture vers l’avant, facile. Détendu. La musique aide à se détendre. Et les kms défilent sans souci, sans douleur, sans chercher à rattraper le 4:55/min prévu idéalement.

Semi

Arrive le semi, en ayant bien profité des 14 derniers kms, l’ambiance est vraiment bonne enfant, l’organisation sans faille (il y a 3 bénévoles à chaque carrefour), la météo idéale (12° environ, petit soleil après un départ gris et plus frais). Et on reste concentré sur le seul et unique objectif, 4:58, jamais au dessus. La montre indique 4:57, avec la marge d’erreur, on doit être encore bon. Le semi arrive, 1h44 et quelques. C’est plus lent que prévu. Mais avec ces premiers 7km trop stressés, c’est finalement correctement géré, sans chercher à accélérer trop vite. Et on y croit. Très fort. Le tendon gauche est muet. Vraiment muet. La foulée a été alternée entre léger talonnage et pose à plat. Toujours bien maîtrisée  bien fluide. Il y a bien des petites douleurs, mais sûrement dûes au stress. Puis le soleil se fait un peu plus chaud, le vent arrive de face, les lignes droites et les faux plats commencent leur travail de sape. Ce n’est jamais méchant méchant, mais ça donne quelques kms en 5:00. Et arrive le 25ème. Là, un petit coup au moral. A cause de quoi ? Aucune idée. Moins d’énergie. Pas de chrono vraiment en baisse, un 5:16 à cause d’une pause pipi, mais pas de retard sur la moyenne. Peut-être le fait de voir au loin le coureur avec qui on avait fait le yoyo depuis 15km ? Arrive le 28ème, les fameux deux tiers, et sûrement AUCUNE envie d’accélérer. Juste tenir sa vitesse, et continuer à y croire. 29… 30… Ça va mieux. 30, ça sonne bien. C’est beau 30. On contrôle chrono: 2h29. Une minute d’avance. Ça peut passer, faut juste pas se chopper le mur. Et puis surtout,  ça fait bien dix bornes qu’on continue de doubler des coureurs. Et le drapeau du meneur 3h30 se rapproche. Mais à nouveau, on se force à rester détendu. Pousser, mais pas trop, fluide. Cool. Attends. Bois régulièrement, mais pas trop. Le 32ème, c’est trop tôt pour se donner, paraît que le mur se cache souvent au 35ème . Et 35, ça laisse 7 bornes, on peut commencer à y croire. 31… 32…. On passe en playlist « rythme modéré », on accélère un peu, allure entre 4:53 et 4:43, sans avoir l’impression de forcer, le meneur se rapproche doucement, et la jonction se fait au 37ème. Je t’avais bien dit qu’on se reverrait.

C’est ça qu’on aime

Deux solutions : rester avec le meneur et son petit groupe sympa, ça se passerait bien jusqu’à l’arrivée. Mais ça, c’est la stratégie Marathon de Paris d’il y a deux ans. Le tendon ne fait pas mal. A se demander si on ne l’a pas changé pendant la nuit. Aucune douleur musculaire, juste des tensions sur les tendons qui passent en changeant un peu la foulée.

Donc.

Je suis un avion de chasse.

Pourquoi gérer maintenant ? La stratégie était de tout donner, savoir ce qu’on a, pas juste viser un temps qu’on pense pouvoir viser. Donc deux coups de rein, et on passe le meneur. Tchao mec, on se reverra pas. 37ème, c’est la montée final vers un col dans le Tour de France, le coureur français sort du petit groupe, et personne ne le suit. Toutes les images sont bonnes à prendre pour se booster le moral. Mais cette légère accélération fait mal, et là arrive ce qui sur le moment n’a rien de plaisant, mais qui fait qu’on s’inscrit sur des courses. L’impression de ne plus être là, de voir la route comme via un écran de télé. Il fait sûrement 15°, mais il fait froid. La dernière bouteille pris au 35ème aide un peu, je me force à boire. Mais ça serait tellement plaisant de ralentir. Ou marcher. Comme lui là. Il marche. Ça doit faire du bien… Et si c’était le mur qui arrivait ? Mais ça arrive brutalement il paraît. Là c’est « juste » un km en 5:02. Le 38ème. On m’expliquera après que ça montait. Impossible de me souvenir. Tout est plus flou. Et le 39ème arrive, 4:50min/km, on va sûrement pas lâcher maintenant. Pas comme lui qui boitille. Moi je n’ai pas de blessure, sûrement plus beaucoup d’énergie, mais par contre, mon mental, je le garde, personne ne viendra me le prendre. Un seul mot à l’esprit. « Il n’y a pas de mur ». « Il n’y a pas de mur ». « Il n’y a pas de mur ». Et pousser, pousser, 40ème, un coup d’oeil au chrono, et le début de calculs foireux vu l’état de fatigue. Je peux faire 5:30 à chaque km maintenant. Ou 6:00 ? Les mêmes conneries qu’au marathon de Paris. Pourquoi je ferais 6 au km ?? Deux km à tenir… Le dernier ensuite est en descente. Pousser. Pousser. Doubler. Serrer les dents. 10 minutes. Dix minutes et se sentir bien. Dix minutes à en baver, l’impression d’être vide d’énergie. Mais doubler, toujours doubler, ça n’a pas de prix. 4:50 au 40ème, 4:42 au 41ème. Là il n’y a plus de tendon, plus de mur, plus de bouteille, plus rien, on bascule sur Speedway to Nazareth, un des plus belles chansons sur la course jamais écrite (course automobile certes, mais quand il dit « ces murs, ils font mal », bizarrement ça parle aussi aux coureurs). Commence le 41ème, la belle descente, et là inutile de regarder la montre (4:06 sur le 42ème !), c’est gagné, c’est juste l’euphorie, l’arrivée sur le stade, toujours à bloc, les encouragements auxquels on répond simplement en serrant les poings et en serrant les dents, façon « PUTAIN JE L’AI FAIT ! », un dernier sprint sur la piste du stade (3:44 sur les derniers 300m !), pour finir affalé sur la barrière après la ligne. 3h26:55. Et là c’est le mélange incroyable, l’envie de vomir, l’euphorie, les larmes, les rires, l’épuisement, une longue minute de solitude accroché à une barrière.

Fin de l’anesthésie

Puis on se fait enlever la puce, mettre une médaille autour du cou, on va s’asseoir dans l’herbe, et là tout d’un tout, c’est la fin de l’anesthésie. Les jambes se réveillent. Une douleur intégrale, de haut en bas. J’enlève mes chaussures tant bien que mal, et je tâte ce fameux tendon. Qui évidemment est extrêmement douloureux. Mais rien senti pendant 42km. A se demander si quelque part, le corps n’a pas dit « bon écoute mec, le tendon, on s’en charge. Il va fermer sa gueule, on va gérer ça, on compensera. Toi, tu fais ton job, tu serres les dents, et tu tapes ton temps ok ? On se revoit après la course ».

Je sais bien, à chaud, ça fait moins mal. Oui, moins. Or là, pas du tout. Sur 7 bornes quatre jours avant, je le sentais. Là, rien. Comme si les nerfs des jambes avaient été débranchés. Donc je ne sais pas la part d’explication physique et mental dans cette affaire, tout ce que je sais, c’est que j’étais presque infoutu de me relever 5 minutes après l’arrivée, et que je regardais mon chrono d’un air incrédule. Tout a bien fonctionné. Le plan de course (négative split de 2 minutes, vu le dernier km en descente, c’est parfait), le ravitaillement (un verre d’eau à l’arrivée, et rien avant 16h !), la foulée (aucune douleur musculaire après le massage, seulement aux tendons), l’organisation parfaite de la course (parcours sans intérêt, mais on est choyés), la météo… La course quasi parfaite, mise à part le stress du départ et sur les 7 premiers km, et deux petits coups de mou au moral.

Sénart

Un petit mot sur la course :

  • Super organisation, avec des facilités impossibles à trouver sur d’autres courses (laisser ses bidons…)
  • Bénévoles super sympas
  • Parcours sans grand intérêt si vous voulez un marathon plaisant pour les yeux. Assez roulant, quelques petites difficultés, exposé au vent surtout. Avec la bonne météo comme hier, on peut faire un très bon temps.
  • Je suis étonné du nombre de coureurs en gros positive split. Même pour des <3h15. La plupart semblent mal gérer (ou alors je gère super bien, mais ça…).

Bilan

Assurément la meilleure course jusqu’à présent. Comptablement parlant, c’est sympa :

  • amélioration de son temps sur marathon de 28 minutes 31 secondes. 2 ans ont passé aussi, tout a changé, la foulée, le poids (-6kg environ), l’expérience… C’est la dernière amélioration aussi importante !
  • 211ème sur 1000 coureur, 78ème sur 342 sénior homme, soit le meilleur classement en course (hors courses de masse bien sûr)
  • 436ème au semi, c’est donc 225 places gagnées sur la seconde moitié. Croyez moi, ça fait un sacré différence pour le moral
  • 12.235km/h de moyenne. Après un semi couru à 13.4, on est pas loin de la règle « semi – 1km/h ».

Mais c’est autant sur la gestion  de la course que ce second marathon fait plaisir. Il est toujours étonnant de voir comme le moral et l’énergie peuvent venir et repartir le long de la course, qui m’a semblé beaucoup plus compliquée que le marathon de Paris d’il y a deux ans. Courir avec une marge de sécurité rend les choses plus faciles. Courir à la limite demande de bien se connaître et d’avoir sous la main tous les ressorts mentaux pour réagir quand on commence à douter. Rester souple, ne pas trop coller à son plan si on ne se sent pas bien, laisser passer les périodes de moins bien, et tout mettre sur la table à la fin pour ne pas lâcher un mètre. Mais les spectateurs qui m’ont vu arriver ont dû constaté que j’avais l’air plus qu’heureux des efforts consentis.

Le marathon de Paris ne m’avait pas du tout laisser l’impression d’une telle difficulté. Pendant les presque trois mois de la préparation je me suis dit « c’est pas possible ». Et aujourd’hui, à sentir mes jambes, mon tendon, je me dis toujours « mais c’est pas possible ! ». Mais si. C’est possible. C’est le marathon. « Le triomphe de la volonté sur la raison », comme quelqu’un a dit. Cette course vous prend tout. Mais elle vous rend bien plus.

PS pour RunningSucks: j’ai pas crié « Alors c’est qui le chef ??? » à l’arrivée, mais bon… Je lui ai mis la bra-bra, la bran-bran, la branlée quand même ! 😉

35 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Bon, je commence par les félicitations d’usage : BRAVO ! Très belle course, très beau chrono au dessus de tes objectifs (quoi que je te soupçonne d’avoir plus eu envie du 3h27 que du 3h30) et très beau texte. Tu lui as vraiment mis la branlée ouais au marathon ! Et au delà de la prépa physique, on sent vraiment dans ton CR que c’est le mental qui a fait la différence. La détermination qu’il y a dans tes mots, c’est incroyable…
    Bref, je te laisse savourer cette belle course … Et ses dommage collatéraux.

    • Non, le 3h27, honnêtement, jamais pensé… C’est trop compliqué le marathon pour gérer si finement, je voulais assurer le 3H30. Et à la fin quand j’ai accéléré, je pouvais plus compter, je regardais plus trop la montre, j’ai tapé mon sprint parce que j’étais « in the zone », j’avais aucune idée si je pouvais passer sous une minute particulière. Une fois le chrono arrêté, j’ai bien apprécié par contre ! YEAHHHHH.

      Et oui, le mental, à la fin, c’est un peu tout ce qui reste. Mais c’est ça le grand kif justement 😉

      Je repars me masser les jambes devant la télé 😉 Uhuhuhuuhhu.

  2. Tout d’abord ton récit est un bonheur à lire tellement c’est bien écrit.
    Jusqu’au bout on est tenu en haleine.
    Ce n’est pas les récits de marathon qui manquent sur la blogosphère mais celui-ci tient le haut du pavé. Magnifique !
    D’un autre côté, vu le teasing de ces dernières semaines, t’avais plutôt intérêt à assurer… Au moins sur la forme.

    Concernant ta course, bravo champion ! Oui champion, car comme un coureur d’élite tu as autant travaillé le physique que le mental. Tu t’es donné les moyens et t’as laissé le minimum de place à la chance. Ça t’as probablement beaucoup coûté, mais comme on dit, « No pain, no gain ». Et puis, un gars qui écouté Mogwai ne peut être que quelqu’un de méritant 🙂

    Bonne récupération et laisse maintenant reposer ton tendon.
    A propos de blessure et d’absence de douleur en course, il m’est arrivé à peu près la même chose. Je souffrais d’une ténosynovite du jambier antérieur. Au moment où le départ fût donné, la douleur a disparue totalement (sécrétion d’endorphine ? d’adrénaline ?). En tout cas j’adore la formule que tu emplois dans ton récit et j’y penserai dès ma prochaine course.

    • Champion… 🙂 Venant d’un coureur meilleur que moi, ça fait très plaisir !
      Et pour ce tendon « muet », c’est vraiment étonnant, j’ai appris beaucoup de choses pendant cette course. Et je pense qu’il m’en reste beaucoup à apprendre encore.

  3. Oui, no pain, no gain. Sans la douleur, j’appelle ça un entrainement ou de la course en loisir. Ce que j’aime beaucoup aussi. Mais là, chasser le chrono, c’est d’autres émotions. Surtout sur marathon, y a beaucoup de paramètres !

    Merci pour tes commentaires, maintenant je pense que je vais regarder du côté du trail… D’autres choses à découvrir plus en détail 🙂

  4. Un excellent Sénart 🙂 L’art du negative split n’est pas donné à tout le monde. Je sais de quoi je parle ! Bonne récup’!

    • Merci ! C’est mon 3ème en trois courses (après le 20k de Paris et le semi de Rambouillet), je suis vraiment content de mes gestions de course dernièrement. Si seulement ça pouvait continuer 😉

    • oui, honnêtement, je n’y changerais pas grand chose ! Il manque des trucs dans mon récit, c’est quand même beaucoup de choses un marathon, mais l’essentiel est là. Merci !

  5. Chapeau ! Gestion de course et de la douleur psychosomatique 😉 parfaite…
    Alors faut que tu continues à écrire pour qu’on s’en inspire !

    • S’en inspirer? Venant de quelqu’un qui tape sous les 2h50 au marathon (entre autre…), ça me laisse pantois 🙂 Les temps ne font pas tout, mais quand même ! Merci pour ton message.

      • Une autre vie ou pas, tu l’as fait, et depuis, on peut pas dire que tu chômes non plus ! Donc j’écoute les gens qui ont plus d’expérience, j’ai bien vu avant hier que j’avais encore beaucoup de choses à apprendre 🙂

  6. Tu as géré cett course en pro. Pour un gars qui en étais seulement à son deuxième marathon, c’est impressionnant . Et ton récit, il est de haute qualité . Touts mes félicitations ! Bonne récupération ! Bichonne bien tes tendons (glace ) !

    • Merci ! Je suis ravi de ma course, pour le moment je m’en tire bien sur la distance reine. Bon faut dire que je prépare ça comme un mort de faim aussi 😉 Je morflerai bien un jour, comme tout le monde 🙂 Mais le plus tard possible !

    • Merci Ludovic ! C’est tout dans la tête, la gestion 😉 Bien préparer avant, rester cool au début, ensuite le reste s’enchaîne tout seul, c’est un cercle vertueux.

  7. Salut Champion !
    Bravissimo ! Je suis lecteur assidu de ton blog, je poste rarement parce que je n’ai pas toujours le temps (pour être honnête, je ne prends pas le temps, nuance……. 😉 ), mais là, ça s’imposait ! Très joli post (comme d’hab’), mais surtout superbe course, maitrisée du début à la fin ! Et 3’26 pour un 2°, ça se prend……
    Ton anecdote sur le tendon muet pendant les 42 bornes m’a fait sourire, car j’ai eu exactement la même chose (tendon rotulien) sur mon dernier marathon, douloureux jusqu’à la veille, et puis rien pendant la course ! Il se passe de drôles de trucs des fois entre le corps et l’esprit……
    Bonne récup’, bécots au tendon, @ + !

    • Merci ! En effet, j’ai appris beaucoup mercredi sur la gestion de la douleur. C’est vraiment étonnant et inconscient surtout. L’interaction entre le corps et l’esprit est en effet assez fascinante.

  8. Merci pour ce récit très détaillé de l’épreuve.

    Tu as eu tout à fait raison de ne pas suivre le meneur du 3h30 et de coller à ton propre plan : j’étais dans son groupe jusqu’au km27, même si nous étions nombreux à trouver son rythme trop élevé. Dès le départ nous lui avons fait remarquer à plusieurs reprises et il n’en a rien eu à faire ; nous étions conscients qu’il allait nous « mettre dedans » (dans la mouise), mais avons eu la faiblesse de lui faire confiance…

    Après un passage au km1 avec 8 secondes de retard, nous avons repris entre 10 et 20 secondes à chaque km suivant. Au km5 nous avions pile 1 minute d’avance, au km24 nous en avions un peu plus de 2 minutes. Puis l’avance s’est mise à décroître et j’ai finalement lâché le groupe à ma seconde « escale technique » (au km27)… j’étais toutefois encore dans les temps jusqu’au km35, puis j’ai commencé à accumuler les secondes de retard jusqu’à la fin, bouclée en 3:33:04… soit quand même 4 minutes de moins qu’à Paris il y a 4 semaines, et respectivement 12 et 16 minutes de moins que sur Sénart 2012 et 2011.

    Pour l’an prochain c’est décidé, je suivrai ton exemple : pas de meneur d’allure, mais mon propre timing.

    • Salut Damien

      Merci pour ton message, c’est intéressant. Déjà à Paris il y a 2 ans, le meneur 4h m’avait lâché vite, ça m’avait agacé un moment, je savais que mes temps de passage étaient bons… Donc là, j’ai préféré ne pas du tout m’en soucier. Je me disais qu’il prévoyait les ravito + le vent et les montées du second semi. Mais quand même, il m’a pris une bonne distance assez vite, alors que je me suis forcé à rester cool au début pour garder de l’énergie. Il allait vraiment contre mon plan de course, j’ai bien fait de ne pas le suivre ! 1 min d’avance au 5ème, ça fait beaucoup, surtout que pour moi les 3 premiers doivent se faire en dedans ! Je pense que ça m’aurait peut-être mis dans le dur aussi, surtout avec mon cardio qui a démarré trop haut.

      TU as quand même amélioré, c’est le principal. Et avec une meilleure gestion, tu devrais taper les 3H30 la prochaine fois non ?

      • Oui, j’espère 3h30 sur Sénart 2014.

        Car franchement, je n’ai pas trop aimé Paris : trop de monde, de coureurs qui jouent des épaules pour doubler et de zones de ralentissement créées par les « spectateurs » qui empiètent sur la chaussée (créant ainsi des entonnoirs), ça m’a saoulé… Alors même si ma boite (partenaire du Marathon de Paris) nous offre le dossard, je ne pense pas y participer une seconde fois.

        Mais pour l’heure, c’est repos relatif (retour à 2 sorties par semaine) et changement de rythme pour ma prochaine course : les 10km de l’Équipe, le 23 juin. Objectif < 44 minutes.

        Au plaisir. 😉

        damien.

  9. Salut camarade de bitume,
    Je découvre ce blog en cherchant des photos de la course de mercredi. Peut-être nous sommes-nous croisés car je termine en 3h26 avec également l’objectif des 3h30 au départ…? Bravo pour ces impressions qui font tellement sens pour tous les « pousseurs de cailloux ». Bien sûr que battre son record est réjouissant mais le sentiment d’avoir donné le meilleur de soi-même peut-être encore plus. Il y a trois ans, je bouclais le même marathon en 3h00 et puis après des pépins de santé m’empêchant de courir pendant de nombreux mois, la prise de kilos, ce fut la sinistrose question course. Alors, avoir de bonheur de recourir, de terminer sa course et de maîtriser son allure jusqu’au bout, c’est tellement inestimable… même si c’est pour faire 26 mn de plus que mes trois premiers marathons. Oui, le marathon est bien une école de la sagesse qui fait passer par à peu près tous les états psychologiques avant, pendant et après et qui permet de se sentir pleinement vivre en rompant avec cette sédentarité amollissante. Je cours, donc je suis ; je suis, donc je cours…
    A l’année prochaine ?
    LPZ

    PS : le bois de Vincennes, ça peut être aussi un autre terrain de marathon ; ce n’est pas seulement qu’un lieu de footing tranquille…

    • On a bien dû se croiser quelques fois oui 😉 Et tu as raison, le temps en lui même importe moins que la manière. On voit souvent des coureurs faire le même temps, certains sont ravis, d’autres font la tête. Je suis content que tu aies profité de ta course, même si c’est plus lent (3h, bravo… j’aimerais bien, un jour, peut-être… Ca paraît loin ;). Le principal reste de courir, je sais bien que je n’améliorerai pas mes temps toujours. J’en tire bien plus qu’un simple décompte de minutes de toute façon. L’année prochaine je ne sais pas si ça sera Sénart, je risque de varier un peu, je suis encore un débutant, j’ai pas mal de marathons à découvrir (je pense à Cheverny, Nice Cannes…).

      Et Vincennes, j’y fais tellement de bornes en entraînement, je ne pense pas que j’aimerais y faire un marathon 😉

  10. Vincennes, aussi un de mes terrains d’entraînement avec les bords de Marne ; tu as sans doute déjà couru le semi du Val-de-Marne en mars ?
    J’avais fais le marathon de Vincennes en 2010 en pensant que ce serait plus facile d’avoir des repères et d’être dans son élément… Les dix derniers km à l’agonie ! C’est vrai que découvrir du pays en participant à de nouvelles courses, c’est aussi ce qui fait qu’on a envie de se faire du mal en se faisant du bien. Mais Sénart, c’est tellement bien organisé et les bénévoles tellement sympas qu’on a envie d’y revenir rien que pour cela. En tout cas aucune envie de faire celui de Paris qui est plus une grosse machine à sous qu’une épreuve sportive.
    Pour ce qui est des douleurs tendineuses, c’est vrai que c’est complexe. En ce qui me concerne aponévrosite plantaire pendant deux ans ; j’avais observé que le maintien de la course, à allure et volume modérés (en gros 1 heure maxi avec du seuil et pas de VMA) faisait plus de bien que le repos pourtant prescrit. J’ai l’impression que les variations de poids peuvent avoir un rôle important, notamment en période de fatigue.
    Sportivement.

  11. Juste un grand bravo !!! Ta gestion de course est tout simplement épatante et ton texte super bien écrit !!!
    Et maintenant ? Quel est ton nouvel objectif ?
    Des bises ,
    Marie qui n’arrive plus à trouver une minute pour courir …

    • Merci Marie !

      Pas d’objectif important à court terme. J’ai fini la course dans un tel état que pour la première fois, j’en étais presque à me dire « plus de marathon, c’est trop dur ! ». Bon depuis, tu te doutes bien que ça a changé 😉 Je prépare un article sur la suite, je trouve intéressant cette période du « blues post marathon ».

      Bon courage à toi pour trouver un peu de temps pour gambader. Sinon ton homme court pour deux, quand je vois ses temps… Pfiouuu… C’est pas le même monde que moi !

  12. J’arrive après la bataille (tu as même dû reprendre ton souffle non ?!) mais…
    Un ENORME bravo !
    Et au passage, la preuve qu’un entraînement sérieux et structuré, ben ça compte beaucoup ! Tu me mets trente secondes par rapport à mon MDP du mois dernier alors que j’ai une marge sur toi sur semi… Mais ma préparation n’a pas été aussi sérieuse que la tienne (ou ma volonté, avant ET pendant ?!) Peut-être trop ambitieux en partant un peu limite, un peu trop (positive split dans les 5′ !) ? Ou que je devrais refaire le RDS pour gagner 5km de glycogène ! Ou surtout que ce n’est pas en se fracassant les cuisses sur les bosses au ski qu’on les prépare le mieux pour la cap. Bref, c’est ton blog pas le mien, assez sur ma vie, juste pour dire que je suis admiratif de ta capacité à planifier ET tenir, aussi bien avant que pendant. Donc savoure bien l’après ! (Et peut-être qu’un jour on se retrouvera sur la même ! Pour mon prochain je me demandais pour Sénart justement, ou le Beaujolais pour la famille mais pas pour la perf… Ou Cheverny, y’a un truc à faire là !)

    • 30 secondes, cherche pas, c’est dans la dernier km, avec la bonne descente 😉

      Maintenant je ne sais pas combien tu fais sur semi, mais positive split de 5, ça commence à être un peu limite oui. Finir fort, je te confirme, ça fait un sacré bien 😉

      Cheverny en effet… Même si ces espèces de 3 boucles… Je ne sais pas encore, j’essaye de profiter de celui là déjà 😉

Laisser un commentaire

Les champs obligatoires sont marqués d'une *.