La ligne rouge

Pour le coureur à pied « amateur » qui s’engage sur des compétitions, le but n’est jamais vraiment de gagner (si on le pouvait, on le ferait cela dit hein !), mais plutôt de se mesurer à soi-même. Et d’aller chercher la toute dernière limite de ses possibilités. Nous l’appellerons la ligne rouge.

La course ultime, c’est de rester en permanence sur cette ligne rouge. La franchir, c’est s’exposer à une magnifique explosion en vol à court ou moyen terme, c’est bien sûr beaucoup de souffrance, de regrets, voir de marche à pied (cf le Paris Versailles 2011…). Rester en deçà, c’est sympa, mais quelque part, on sait qu’il y a quelque chose à aller chercher. Qu’il reste un peu de marge. Cette marge, c’est de la sécurité. C’est souvent la différence entre l’effort et la souffrance. C’est autant une épreuve mentale que physique d’aller la chercher, et d’y coller. Mais c’est là qu’est le plaisir ultime. De savoir qu’on a été à sa limite, et qu’on a tenu. Qu’on l’a même un peu provoquée cette garce, en la franchissement légèrement par moment, en refusant de lâcher. Vous savez, comme lorsque gamin, on vous disait, « tu sors pas du cercle ! ». Et vous glissiez un pied en dehors, pendant quelques secondes, histoire de montrer que hein, on vous la fait pas à vous, z’êtes un rebelle !

Et quand vous faites la bise à la ligne rouge, peu importe si vous courrez à 9km/h, 12km/h ou 18km/h. Vous êtes à 100%. Tout ce que vous aviez en vous, vous l’avez donné, physiquement et mentalement. Vous finissez en slip. Beaucoup de coureurs ont sûrement été plus vite que vous. Mais combien étaient en légère sécurité ? A 95%, se satisfaisant d’être à leur niveau. De toute façon, à moins de faire parti de l’élite, il y aura toujours plus rapide. Donc la vraie compétition, c’est ce pourcentage.

Bon maintenant, assez parlé. C’est facile de sortir des belles phrases sur sa capacité à se dépasser. A se mettre minable. C’est la théorie ça. Maintenant, passons aux travaux pratiques. Faire des compte rendus de course après coup, c’est également facile. Non, il faut annoncer la couleur AVANT la course. Pour voir si on a géré tranquillou ou si on s’est un peu poussé au cul.

Donc le 20km de Paris. Rappel des faits, couru 2 fois, une première fois en 2009 en « touriste » (2h09…), à l’époque où on pensait que faire 20km, c’est le bout du bout du monde. Une deuxième fois en 2010 en 1h48:18, rien de fabuleux à nouveau, mais un peu plus respectable. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Donc que viser ? On court un 10km en 47:57 en étant à moitié blessé et avec de la chaleur. On a notablement baissé son poids depuis quelques mois. Et on a quand même bien envie de se mettre à plat ventre sur une course, parce que ça fait longtemps.

Comme le coureur aime bien les chiffres ronds, 1h45 est écarté, c’est un peu petits bras. 1h40, ça sonne bien par contre. Enfin… 1h39:40 par exemple. Améliorer de 8min, ça le fait bien. Enchaîner deux 10km en 50min, ça paraît un peu difficile avec un record à 48′ sur cette distance, mais on vaut sûrement mieux que ça. Allez, entre 46 et 47 sûrement ? Donc 1h40 est sûrement atteignable, voir dépassable, surtout à poids de forme (ou presque).

Et de toute façon, ce chiffre importe presque peu. En fonction de la chaleur, de la forme du jour, de conditions particulières, il sera peut être impossible à atteindre, voir trop raisonnable. Le plus important reste de terminer avec un cardio proche de la ligne rouge. Càd probablement vers les 90%. Que les coureurs expérimentés me confirme, tenir 90% pendant 100 minutes, c’est jouable non ? On dit « 10km 95% / semi 85% / marathon 75% ». C’est un peu moins qu’un marathon (on se rassure comme on peu), donc visons le 88-90%.

180 pulsations/minute, c’est le contrat. En dessous, t’es une brêle. Au dessus, t’es un coureur. Rendez vous le 14 Octobre !

MAJ 5/10/2012 :
Après un entraînement « au seuil » de 10km en 45:46 (170puls/min, soit 85%), soyons honnête : faire plus d’1h40 sera une déception.

10 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Bon courage, je te souhaite une bonne course ! J’aime bien le coté « quitte ou double » de ton analyse. 🙂
    Avec l’entraînement depuis deux ans (mais sans connaître les détails de ta prépa de l’époque, etc etc), je me dis que 1H40 est un bon objectif, c’est-à-dire pas si facile que ça mais jouable. Maintenant, c’est dans ta tête que ça doit te paraître « dur mais jouable », il faut ça pour se dépouiller non ?

    • Pas facile mais jouable c’est un vrai objectif donc 🙂 j’ai rarement fait des courses vraiment à la limite, donc là je vais tenter. Au moins c’est un peu plus excitant.

  2. Aucune idée si c’est jouable ou pas ! Mais comme tu dis, flirter avec cette ligne rouge , c’est tellement bon ! Rdv le 14 alors, pour voir comment tu auras gérer tout ça.

    • Je suis presque persuadé que 1h42/43 est un temps « normal » vu mon entraînement. Mais la course reste la course… Ca pourrait être 1h39. Ou 1h45… Mais je vais pas partir en sécurité, ça c’est sûr. C’est long d’attendre maintenant. 🙂

  3. Rétrolien : Les deux lignes (trilogie de la limite, part 2) | Pasaprespas

  4. Rétrolien : En caleçon | Pasaprespas

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