18 mois de blessure

Même s’il faut rester prudent (j’en sais quelque chose…), il semblerait que la période des blessures chroniques soit terminée. Que s’est-il passé ? Quelles conclusions en tirer ? Voici une petite rétrospective des aventures de votre coureur favori.

Petit historique des faits

-le 14 Janvier 2011 (oui oui, je note tout), une petite douleur se fait sentir sous la rotule droite lors d’une sortie anodine. Rien de bien méchant, mais suffisamment pour être mentionné dans mes notes sur la sortie.

-la douleur ne part pas mais s’intensifie doucement, sans être jamais handicapante. C’est plus une gêne légère, qui ne se manifeste pas que pendant la course. Certains mouvements sont légèrement douloureux (monter des escaliers par exemple), ainsi que certaines positions (la jambe à l’équerre, comme au cinéma par exemple)

-Un légère modification de position du corps soulage un peu le genou (on arrête se tenir trop droit pour se porter un peu vers l’avant et utiliser son propre poids dans le bon sens), le premier marathon se passe sans encombre en Avril.

-Juin 2011, on reçoit ses premiers chaussures « légères », dans le but de continuer à faire évoluer sa foulée vers quelque chose de plus dynamique et naturellement amorti (donc en utilisant moins le talon).

-Août 2011, on se décide enfin à voir un médecin. Bilan, une petite tendinite rotulienne. Origine difficile à déterminer. Le médecin conseille des ondes de chocs, on arrête de courir, on remplace par du vélo, et on traite. La douleur disparaît progressivement.

-On reprend tout doucement en Novembre, très progressivement. Mais en décembre, la douleur revient avec les sorties, et on se dit qu’il doit bien y avoir quelque chose dans sa façon de courir qui attaque ce satané genou.

-Fin décembre, on se fait une petite séance de vidéo pour voir comment on court VRAIMENT. Et bien sûr, c’est loin d’être ce qu’on imaginait. Attaque sur le talon, jambe plutôt tendu, bonjour les chocs. Avec des chaussures moins amorties en plus. Donc grosso modo, ça fait 6 mois qu’on aggrave la situation via des chaussures sensées la résoudre. Bien joué !

-Janvier 2012, on commence à modifier sa foulée de manière bien plus rigoureuse. C’est progressif à nouveau, on a l’impression de reprendre de zéro, mais l’idée d’aller de médecins en spécialistes pour trouver d’où vient cette tendinite ne m’enchante guère. De toute façon, cette foulée bien rigide est juste trop moche pour la conserver. On ne peut pas être un super héros de la course à pied avec une foulée plate et lourde. On tente donc de complètement modifier ses appuis.

-Mars 2012, après une adaptation progressive finalement assez (trop) rapide, le tendon d’Achille droit crie sa douleur lors d’une sortie d’entraînement anodine. C’est la première vraie douleur forçant à s’arrêter (contrairement aux tendinites). L’adaptation a sûrement été trop rapide, et les efforts bien plus importants sur les mollets se sont payés cash. C’est cette fois un arrêt forcé et complet (traduction : on a bien les boules). On fait pas mal de vélo à la place.

-Avril 2012, on reprend, progressivement à nouveau. Pas de douleur en courant, même si le tendon est toujours un peu douloureux au toucher. Le genou est toujours sensible, mais moins qu’avant. La modification des appuis semble bénéfique.

-Mai 2012, le tendon se remanifeste lors d’une course de 10km. Mi-Juin, le tendon est toujours douloureux au toucher, on décide d’arrêter les conneries et de VRAIMENT couper. Plus de vélo. Plus de course. Rien qui sollicite le tendon. Glaçage, étirements, c’est tout. Plus d’un mois d’arrêt complet, pour la première fois depuis des années sûrement.

-Août 2012, le tendon n’est plus douloureux du tout au toucher, ni lors de sollicitations statiques assez marquées. On reprend doucement la course, sur terrain meuble pour commencer. Puis progressivement on allonge les distances et la proportion de sols durs.

Bilan

Comme l’avait dit le kiné, le plus dur, c’est surtout de s’arrêter quand on est blessé. Or :

-la baisse de niveau n’est pas aussi dramatique qu’on l’imagine. Comme si s’arrêter 1 à 2 mois allait vous renvoyer à votre niveau d’avant la course à pied… Sur une durée aussi courte, à poids égal, la baisse est insignifiante. Il faut un peu de temps pour remettre les muscles au travail, mais le retour aux performances d’avant est rapide. Il faut juste faire attention à son poids.

-une pause, ça fait du bien à la tête. Ne plus penser entraînements, objectifs, blessures, est-ce que ça aller mieux, est-ce que ça sera la rechute, etc.. etc… Se vider la tête fait du bien, comme les vacances pour le travail.

-il faut s’écouter. Si un tendon est douloureux au toucher, c’est qu’il n’est pas remis. Se raconter des histoires en se disant que la douleur n’est plus là à petite vitesse en courant, c’est néfaste. Si douleur chronique il y a, il faut aller consulter et savoir s’arrêter.

-un point de vue extérieur est toujours bénéfique pour résoudre ses soucis. Que ça soit un avis médical, ou une simple observation sur sa pratique. Sans l’utilisation d’une vidéo au ralenti, il aurait été impossible de faire la différence entre la foulée imaginée et la foulée réelle. Un coach en club m’aurait sûrement remis plus vite dans le droit chemin, mais pour le coureur « indépendant », il faut trouver autre chose.

11 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Sûrement très difficile ce parcours! Quand je ne peux courir à cause d’une douleur, j’essaye de faire du vélo. S’il y a encore douleur, je vais nager.

  2. Quelle endurance face à tous ces pépins ! Je crois que j’aurais jeter l’éponge …. Bravo pour t’y etre remis à chaque fois et pour avoir su rectifier le tir. Je te souhaite que cette période soit derrière toi !

    • Oh il y a bien pire, j’ai vu des récits de coureurs en galère avec une tendinite pendant des années. Donc je ne suis pas forcément à plaindre. Et ça serait bête de lâcher si facilement. Faut jouer aux dames dans ce cas 😉 Bonne continuation pour tes 9 mois 😉

  3. je viens de lire Born to Run, et le livre commence un peu comme ton texte…blessures à répétitions. Je te le conseille, c’est très drôle et plein d’enseignements!

    • Merci du conseil, j’ajoute ça à la liste de choses à voir. Par contre ça m’étonnerait que je sois both to run, ou alors je m’en suis rendu compte bien tard 😉

      J’ai un autre bouquin à conseiller en plus. Je vais ouvrir une rubrique littéraire tiens 😉

  4. Toujours difficile de se déplacer chez le médecin quand on a une gène surtout quand on est coureur… la peur du diagnostic et des efforts à faire…
    Finalement les efforts sont consentis et le retour en grace arrive…
    Et le bilan en est que positif 😉

  5. Rétrolien : La vie à 180 pulsations minute « Pasaprespas

  6. Rétrolien : Bilan final marathon 2013 | Pasaprespas

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