[CR] La course en aveugle

Après deux mois d’intense activité capesque (12km en Mars, 0km en Avril…), le mois de Mai marque le vrai retour à la course à pied. Et si l’on repart un peu dans le flou quand à la cadence qu’on peut tenir, c’est volontairement qu’on s’impose un exercice nouveau le Dimanche. 

Cette énième reprise se fait toujours avec autant de plaisir et de difficultés. Toujours dure dans les jambes, mais ô combien plaisante dans la tête, la reprise se fait avec un petit 9km à « bonne » cadence, avec tout de même 2,5km de mise en température, puis une montée en charge progressive pour voir un peu où on en est. Evidemment, ce n’est pas glorieux si on s’en tient aux chiffres, on peine à arriver à son rythme de marathon (en se faisant la remarque classique, « mais qu’est-ce que j’avais bouffé ce jour là?? »), puis à simplement dépasser les 12km/h sur un kilomètre. Et malgré les 190km de vélo des deux mois précédents, ça tire sur les jambes la course à pied. Un peu partout. Mais c’est le genre de douleur qu’on apprécie beaucoup après deux mois à compter les jours. Bilan, 9km en 49:32 à 170ppm.

On enchaîne avec une sortie en mode « footing » le Vendredi, 8,63km en 1:01:53, à 135ppm. Histoire de voir si les jambes tiennent bien les km, et de se rassurer avec un cardio presque aussi bas qu’avant à cette cadence. L’absence de douleurs (hors musculaires) sur cette sortie finit de convaincre votre serviteur de s’amuser un peu : on tient 10km visiblement, donc pourquoi attendre la fin du mois pour refaire une course ?

Refaire une course la semaine de reprise ? C’est pas bien malin ça me direz vous. Oui je sais. Surtout que vous savez bien que j’aime bien préparer et planifier mes courses avec un minimum d’attention. Donc pourquoi courir un 10km sans être préparé ? La réponse va vous paraître bête, mais il s’agit tout simplement de se sentir un coureur à nouveau. Depuis le marathon de Paris 2011, une seule course, le Paris Versailles, également mal préparée en plein période de traitement pour une tendinite, et qui donna le résultat qu’on connaît. Depuis, reprise douce, changement assez important dans sa façon de courir, une blessure surprise, et voilà, 16km de course en 1 an. Entre temps, on a fait des bornes, on a réfléchi à pas mal de choses, on en a changé presque autant, on a pris des photos de coureurs au lieu de courir, mais ça ne remplacera jamais l’ambiance des jours de course.

Donc quitte à faire 10km le Dimanche, pourquoi ne pas les faire en course ? Pas forcément à fond, ni en espérant viser les temps que les entraînements de fractionné laissaient espérer. Mais simplement courir. Et courir simplement. Comme un simple coureur. Pas de mp3, pas de musique. Pas de podomètre, pas de cardio, pas de temps au km. Pas de milliers de coureurs et de parcours prestigieux. Un tshirt, un cuissard, des runnings, un petit 10km où on s’inscrit à 9h30 le matin même. Une course pour simplement courir, sans avoir des tonnes de chiffres pour savoir où on en est, en profitant un peu du paysage autour de soi. Et en s’envoyant quand même bien franchement, parce que sinon, on jouerait aux cartes donc ?

Donc bonjour Rosny sur Seine, son stade, son château, ses bords de Seine. 300 coureurs, pas de puce au pied, ça sent bon la course de petite ville. On peut considérer que la course est un 2/3 trail, 1/3 route. Et vu le temps de la semaine, des runnings qui accrochent un peu ne semblent pas superflues. Donc bonjour les New Balance MT101, runnings de trail très légère (220gr). Et si j’avais une petite interrogation sur leur capacité à accrocher en terrain glissant (les crampons ne sont quand pas énormes), elles sont finalement faites très discrètes. Le temps est presque idéal pour une course rapide : environ 10°C, pas de pluie, mais temps assez humide. Un bon petit échauffement montre que les mollets sont un peu durs, mais c’est qui le boss ?

Donc voilà les 300 et quelques coureurs partis dans les allées du château, et on essaye de partir sans trop forcer, en visant un premier 5 à bonne cadence, puis accélérer ensuite si possible. Après toute une année à courir systématiquement avec sa Garmin, on attend presque le petit « bip » passé le premier km, mais aucun chiffre pour se jauger. Et cela jusqu’au bout, puisqu’aucun intermédiaire n’est donné. Courir aux sensations permet d’apprécier ce magnifique suspense, que vais-je voir sur le chrono en arrivant dans la dernière ligne droite ? En attendant, on réfléchit simplement à sa façon de courir. Rester fluide, cohérent, garder sa posture, sa cadence de pied. Et sans chiffres sur lesquels réfléchir, la course en aveugle m’a permis de faire une constatation simple : à bonne cadence, ma respiration est toujours sous contrôle, assez posée. Le cardio ne doit sûrement pas l’être, mes mollets ne l’étaient assurément pas. Les autres coureurs autour de moi paraissaient avoir une respiration beaucoup plus lourde. Difficile d’en tirer une conclusion dans l’immédiat, mais courir sans chiffres / musique aura au moins permis de s’écouter un peu plus.

Comme prévu, les premiers kms n’ont pas été les plus faciles, et on essaye de se caler sur d’autres coureurs beaucoup plus expérimentés pour garder une cadence fixe. Puis une fois bien chaud, on sent qu’on gagne en fluidité, la posture est trouvée, on cherche en permanence la vitesse limite avant de vraiment trop forcer et se mettre dans le rouge vif. Même sans chrono, on finit par se connaître (enfin, le mardi précédent, ça n’était pas encore ça…), donc j’estimais à la louche avoir tenu le 12km/h tout du long au minimum. Un dernier virage sur le stade municipal, le chrono au bout de la ligne droite affiche « 47:58 », on en rajoute une bonne louche pour finir à 48:20, probablement corrigé à 48:15 environ avec le départ décalé.

Bilan très positif donc, course assez bien gérée à mon avis malgré l’absence d’information, aucune douleur dans les jambes (enfin… autres que musculaires ;), et l’impression d’être un coureur à nouveau. C’est déjà pas si mal.

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