Entraînements du moment

Après une fin d’année rimant avec méchantes contractures, 2012 débute avec les premières sorties hors stade et le retour du fractionné, toujours dans l’optique de transformer un méchant talonnage en une belle foulée fluide et racée. Comment se passe cette transformation ? Les douleurs aux mollets sont-elles toujours là ? Le fractionné se fait-il encore à bonne cadence ? Cliquez vite sur le bouton pour le découvrir !

Bon en fait, cette introduction très pompeuse cherchait juste à vous faire cliquer pour grossir des statistiques de visites qui commence à sérieusement inquiéter Mark Zuckerberg. La réalité est notablement moins excitante.

Transition, transition

La transition se fait, mais il est évident que cela prend un peu de temps. Changer sa façon de courir n’est pas du tout naturel, alors même que la foulée recherchée est justement sensée être naturelle… Comme quoi, plus de deux décennies à courir avec des grosses chaussures et le naturel disparaît. S’il pouvait revenir au galop… Non, pour le moment, on cherche encore la bonne foulée, la bonne pose du talon (j’ai dans l’idée que je le retiens trop, ce qui explique les mollets en grande souffrance), la cadence, la flexion des genoux, la remontée du talon vers le haut…

Donc après avoir sagement attendu quelques jours pour laisser passer les douleurs aux mollets (comprendre : il pleuvait, pas le courage de se mouiller…), une première sortie très tranquille pour 2012 : 6.11km en 43:31, avec une collègue de travail, et de retour sur le bitume. Pour éviter la même mésaventure que la semaine précédente, on reprend l’alternance, 1km sur les talons, 1km sur l’avant. Un peu difficile à cette petite vitesse de trouver de la fluidité, mais on garde tout de même une bonne cadence même à 9km/h : 180 pas/min de moyenne.

Et pour la première fois depuis très longtemps, on enchaîne dès le lendemain avec une autre sortie hors stade. 10.72km en 1:00:08, soit le premier 10km depuis 15 semaines… A nouveau sur sol dur, ce qui ne s’est pas fait sans une petite appréhension. Surtout qu’en enchaînant deux jours de suite, il est évident que les mollets se sont à nouveau manifestés, et il a fallut alterner les foulées pour éviter de faire n’importe quoi. Mais au final, malgré la frustration de courir dans Paris qui n’est pas toujours très agréable (voir même bien pénible, surtout à Barbès…), le résultat est encourageant : les mollets encaissent de mieux en mieux, et si le genou à droite s’est un peu signalé sur la fin, ce n’est pas exactement au même endroit que d’habitude et probablement plus en raison des appuis zigzaguant sur les trottoirs. Un petit glaçage plus tard, les articulations semblent très bien tenir le coup.

Fractionnons !

Du coup, c’est avec un allant certain qu’on reprend le fractionné dès le mardi suivant. Enfin la fin des sorties peinards, où on se traînait misérablement en rythme endurance, en se remémorant non sans une petite larme à l’oeil le bonheur des séances de fractionné du mois d’Août. Où est passée ma belle vitesse chèrement acquise à l’époque sur le tartan de la piste d’athlétisme ?

Ben en fait, elle est plus ou moins toujours là. On reprogramme un petit 3x1km sans cible de vitesse, juste pour se faire plaisir. Et force est de constater que ces quelques mois d’activité réduite n’ont pas eu un impact énorme sur la vitesse. On passe les répétitions en 4:30 environ, ce qui correspond justement aux fractionnés de l’été. Le Vendredi, ma collègue étant motivée pour découvrir les joies des belles accélérations sur la piste, on retourne sur le tartan pour une nouvelle séance TGV, avec cette fois 3x6min, qu’on passe à nouveau en un peu plus de 4:30. Mais alors, on nous aurait menti ? 4 mois d’arrêt/reprise progressive n’impacterait pas la vitesse ?

Donc profitons en pour analyser les quelques paramètres ayant de l’influence :

-le poids bien sûr, qui a été géré de main de maître, et qui est resté stable, voir légèrement plus bas qu’en Août
-les sorties en vélo ont probablement permis de faire travailler les changements de rythme au palpitant
-le changement de foulée est en théorie « énergétiquement » plus efficace

Au final, cela donne des entraînements plus performants qu’attendu. Fier de chronos dignes des plus grands champions, on sort à la fraîche le dimanche matin, drapé dans ses belles fringues d’hiver pour un 9.50km en 50:12, en cherchant simplement une foulée fluide et non forcée. Si le rythme cardiaque reste un peu haut (166 puls/min), les sensations sont très bonnes pour peu qu’on reste concentré sur la foulée et la posture, encore un peu difficiles à tenir naturellement. Mais on commence assurément à trouver ses marques.

Le mot de Kyle

« Vous savez, j’ai appris un truc aujourd’hui, c’est pas parce qu’on s’arrête de courir quelques semaines ou qu’on court un peu moins vite qu’on perd immédiatement tout ses acquis. Faut arrêter de psychoter les mecs ! »

8 commentaires » Ecrire un commentaire

    • Sûrement pas le talon ! Avant, pas vraiment sur les orteils non plus, mais c’est clairement différent. Je vais refaire une petite séance vidéo avec un pote pour revoir ça, c’est la seule façon d’être vraiment sûr (à l’oeil nu, j’ai du mal à évaluer précisément une foulée). A cette vitesse (fractionné >=1km), c’est encore facile de garder cette foulée, et surtout, ça donne l’impression de moins forcer.

  1. bon, j’ai pas relu tout ton histoire de transition, mais est-ce que, avec la même paire de chaussure aux pieds, tu réfléchis vraiment à la façon dont tu vas poser le pied pour alterner un kilomètre sur deux ?

    je pense (cela n’engage vraiment que moi!) que pour se débarrasser au plus vite de ce foutu talon, le plus simple est de courir sans aucun amorti (tu as le choix des armes).
    Mais en five finger ou équivalent (en terme d’épaisseur de semelle), tu tapes pas avec le talon (même s’il se pose au sol, pied à plat – c’est reposant pour les mollets).

    Attention, c’est le plus rapide, mais ça reste très long. Et comme tu auras peut-être envie de faire des sorties plus longues que ce que permettront tes pieds ou mollets, tu seras content de retrouver tes kinvara pour les reposer ou faire des séances spécifiques 😉
    Attention aussi à ne pas céder à la tentation de faire des fractionnés en minimalistes. Le pied doit d’abord être fort et solide. Habitué…

    Bref, cette histoire de transition est vraiment pas simple.
    ça fait presque un an que je suis dedans et je crois en apercevoir le bout, sans en être sur.

    D’ailleurs il faudrait que je refasse un petit bilan sur mon blog…

    • C’est une remarque intéressante. Moi je suis au contraire plus d’avis que c’est la personne qui change sa foulée, peu importe la chaussure (j’exagère un peu…). Mais je te dis ça pour une raison simple : même avec des Hattoris, j’arrivais à talonner ! J’ai les vidéos pour le montrer. J’ai changé ma foulée pour réduire les chocs, évidemment, mais comment ? En faisant plus de pas, et en rasant vraiment le sol. Pas en changeant l’appui. Je talonnais, mais de manière la plus « fluide » possible.

      Une fois que j’ai constaté ça, j’ai décidé de prendre une approche plus « directe ». Par contre je reste d’accord avec toi sur le fait qu’une chaussure sans amorti va aider, car elle te donne des informations sur les chocs. Reste que ça ne m’a pas suffit à vraiment changer la foulée dans mon cas. C’est peut être plus naturel pour d’autres personnes.

      Donc pour le moment, je reste sur des chaussures entre « normales » (Asics) ou assez légères (Kinvaras). Je ne pense utiliser mes Hattoris que sur des exercices spécifiques. On verra bien si j’arrive à adopter cette foulée tranquillement. Une petite séance de vidéo est prévu en Février je pense.

      Et toi, comment juges tu si ta foulée est bien ? Tu dis que tu y es depuis un an, je suis curieux de savoir si ça sera aussi long pour moi. Pour le moment je peux faire on va dire 7-8 km sur l’avant, mais je ne prévois pas de course très longue à court terme. 10km au printemps, peut-être semi en milieu d’année, et un marathon en fin si tout va bien. Mais je laisse venir surtout.

      • difficile de juger sa foulée. je ne me suis jamais filmé.
        Peut-être qu’il faudrait aller en discuter avec Christian lors d’une « animation barefoot »

        Quand j’ai acheté les Merrell, je n’ai pas dépassé 7-8km avant de longs mois. J’utilisais en parallèle des Vomero, progressivement remplacées par des Saucony Mirage / Peregrine avec lesquelles je peux maintenant faire « n’importe quelle distance »
        Ce n’est pas le cas en five finger (même si c’est pas forcément le but)

        Patience.
        Je ne connais pas les hattori mais j’ai presque tendance à trouver ce genre de chaussure avec un faux amorti presque dangereuse pour le talon. il ne faut pas se louper ou reste en footing non ?

      • Y a pas vraiment de faux amorti sur les hattoris pour moi. C’est pas du tout, 12mm tout le long de mémoire, et c’est pas mou comme les Kinvaras. Donc je pense que c’est un bon outil. Mais je ne me vois pas trop en faire ma paire passe partout. C’est le Kinvara plutôt. Les Hattoris, c’est des purs minimalistes pour moi, comme les Five fingers. Moi je me satisferai pleinement du compromis des Kinvaras. La foulée est plus importante que la chaussure à mon humble avis. Mais évidemment, pourquoi trimballer 300gr quand on utilise moins l’amorti au talon ? Autrement je ne suis pas un extrémiste du minimalisme, c’est surtout mon efficacité de foulée qui m’intéresse pour le moment.

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