Et pour conclure, on recommence à zéro

La fin n’est que le début. C’est déjà ce qui avait été annoncé ici même après le marathon de Paris. Et cette année 2011 se termine de façon assez amusante, plus comme un coureur débutant que confirmé : perclus de contractures, marchant comme un simple bleu. 

L’oeil extérieur

Depuis le dernier compte rendu d’entraînement, un nouveau type de séance a permis de réaliser qu’il faut se méfier de ses impressions, et qu’il est finalement difficile de s’entraîner tout seul. Ca, on le savait déjà, et commettre des erreurs permet d’apprendre, rien de dramatique. C’est donc armé d’un reflex numérique que votre serviteur s’en est allé courir avec un de ses amis coureur amateur sur un stade au Nord de Paris. L’appareil ne devait pas servir à prendre en photos les jolies joggeuses du Dimanche mais plutôt à simplement filmer sa propre foulée. Même si on est loin d’un matériel de pointe dédié au sport, une vidéo en 60 images seconde ralenti ensuite sur ordinateur permet tout de même de se faire idée beaucoup plus précise sur sa foulée.

Alors bien sûr, si l’on compare au pire, il y a eu du progrès. La pose du pied se fait assez proche du centre de gravité, et on pousse bien derrière au lieu de tirer devant. On évite donc de devoir tirer trop son propre poids (qui est certes en baisse, mais loin de celui d’un Kenyan…). Par contre non, la pose du pied ne se fait pas à plat, c’est toujours le talon qui touche le sol en premier, et le pied se déroule ensuite classiquement. Certes, l’accélération de la fréquence de pas a réduit considérablement les chocs par rapport à une foulée plus longue et plus haute, mais on est loin d’un amortissement « naturel ». La jambe reste trop tendue, les orteils pointent vers le haut, on ne bénéficie comme ça ni de l’amorti de la jambe, ni de son dynamisme (effet ressort pour amortir, puis repartir). Bref, travailler sa foulée sans oeil extérieur, difficile !

Allez on s’y met là

Donc depuis cet exercice assez enrichissant, on réétudie le sujet, on revoit quelques vidéos assez sympas sur internet (Youtube est notre ami), et on repart avec quelques exercices simples pour mieux ressentir sa pose de pied :

-sautiller sur place déjà, d’un pied sur l’autre, avec ou sans chaussure. Cet exercice ô combien simpliste permet de bien voir comment naturellement notre corps se prépare à un petit choc avec le sol : sûrement pas avec le talon.

-passer ensuite à la même pose, mais en allant vers l’avant. Pas immédiatement, on commence par 2km d’échauffement en trottinant de façon « classique », sur un terrain extrêmement meuble (pelouse de terrain de foot).

-penser à ne pas relever les orteils pour poser le pied, mais au contraire à les garder vers l’avant

-remonter les talons haut derrière soi

-on n’oublie pas de faire travailler son corps dans le bon sens, en gardant une posture efficace, et en gardant une cadence rapide.

Bon, ça, c’est la théorie… En pratique, on a l’impression d’être un enfant qui apprend à marcher. Impossible d’avoir de bonnes sensations, tout est différent. Il faut se forcer à tout faire. Remonter les talons donne l’impression de mouliner un peu dans le vide sans efficacité. Augmenter la cadence, idem. Et bien sûr, les mollets qui ont l’habitude de déléguer tout le boulot de l’amortissement à nos chaussures se plaignent d’être remis au boulot.

En chiffres

Si les sensations sont un peu difficiles, les chiffres donnés par le matériel à la pointe de la technologie que votre serviteur s’est ruiné à acheter pour vous apporte quelques éléments intéressants. On débute par 6km en 35 min, sur une pelouse de foot (détail important, vous le comprendrez plus bas), avec 2km de mise en route en foulée classique, à tout petit rythme, puis 4km en changeant de pose du pied, dont 3km en rythme tranquille, puis 1km en poussant pour finir. Inutile de dire que les mollets se sont immédiatement signalés, et qu’il faut un peu de temps pour trouver la bonne foulée : cadence trop lente au début, mauvaise utilisation de son poids… Mais l’étude du cardio donne pour une fois des infos qui divergent un peu des sensations. En passant d’une foulée « classique » à 6:24/km (donc en bonne glandouille), à une pose de pied avant en 5:57 (donc tout de même 27 secondes plus rapide au km), on observe une baisse du cardio lors du changement de foulée. Si quelqu’un peut me trouver le même phénomène dans mon historique de sorties, je serais ravi. Surtout au bout d’à peine 2km, où le rythme cardiaque est souvent encore en train de monter lentement d’habitude.

Conforté par cette première sortie pas trop dure pour les mollets, on enchaîne deux jours après par 7km en 40 min en suivant le même schéma exactement. 2km pour se mettre en route et chauffer les jambes (faut dire qu’il faisait un peu -5° au réveil dans nos montagnes…), puis on change son appui et on se concentre pour le garder tout en essayant de trouver une certaine fluidité (tout en se disant qu’on doit avoir l’air un peu con à mouliner comme ça en remontant les talons). Si on ne fait pas la même observation sur le rythme cardiaque cette fois, une autre s’impose : ce genre de foulée incite à aller vite. Sans chercher vraiment à pousser, il est facile de se retrouver vers les 5:20/km. Et le fait de courir à nouveau sur pelouse permet de faire la transition sans trop martyriser les mollets.

Enfin pour la dernière sortie de l’année, on valide le changement avec du « full front foot », une sortie de 6.83km sur piste en 35:42, et en chaussures sans amorti (Saucony Hattori). Et le changement pelouse / tartan (pourtant un peu amorti) se fait vraiment sentir. Surtout qu’on attaque plein badin, plus de foulée classique, un simple échauffement des mollets, et on se donne une dernière fois pour 2011. Et autant les deux fois précédentes les mollets se sont à peine plaint, autant sur une surface plus dure et avec des chaussures plus raides, c’est vite la grosse complainte. Par contre, à nouveau les performances sont intéressantes : 5:13 au km, à 164 puls/min.  A nouveau, très difficile sinon impossible trouver une sortie à cette vitesse à ce rythme cardiaque.

Les plus rigoureux d’entre vous ne manqueront pas de remarquer qu’il est difficile de comparer des sorties à plusieurs mois d’écart. Beaucoup de choses ont changé depuis (y compris mon poids…), mais pas forcément pour favoriser les performances : arrêt pendant près de 2 mois en Septembre Octobre, et reprise très douce depuis. Au final, si l’on met de côté les magnifiques contractures aux mollets qui me font marcher comme un vulgaire débutant alors que je clos mon année de course à pied la plus accomplie, cette dernière expérimentation de l’année est très encourageante. Pas seulement au niveau de son efficacité « énergétique », mais aussi et surtout au niveau du genou droit. Alors que d’autres activités de « mise en charge » (un déménagement…) le faisaient souvent souffrir, ces sorties mettant pourtant bien à contribution toute la jambe ne sont pas suivies d’une douleur. Autant vous dire que l’année 2011 se termine sur une note assez positive et optimiste alors qu’on galérait depuis presque 1 an avec cette tendinite.

Et l’année 2012 s’annonce passionnante sur votre blog de course à pied favori. Pour commencer, le traditionnel article « bilan 2011 » qui ne manquera de résumer avec brio cette année 2011 si bien remplie. Suivront de nombreux articles tout à fait captivants qui feront passer ceux de 2011 pour de vulgaire brouillons de papiers de Voici !

10 commentaires

    1. Faut essayer de positiver un peu oui… Ca fait quand même 6 mois que c’est un peu galère, mais si on commence à lâcher à la première contrariété, faut pas faire de la course à pied non ? Bonne chance pour Boston !

    1. Oui enfin, toujours moins que toi 🙂 J’en suis surtout à simplement essayer de passer les 1000 km pour commencer ! Et courir sans trop me prendre la tête sur l’état des articulations. Ca sera déjà une victoire. Bonne année à toi aussi, avec quels objectifs ? 3h30 ? Un autre 100km ?

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