Gestion de blessure

Cette semaine, pas d’entraînement. Comment ça gros feignant ? Et le vélo ? Et bien pas de vélo non plus, mais la fin des séances de kiné, avec justement une petite réflexion sur la gestion de cette magnifique nouveauté pour le coureur amateur : la blessure.

Oui car la première fois qu’on passe chez le kiné, après s’être résolu à enfin voir un médecin pour cette saleté de petite douleur à la pointe de la rotule, et bien on pense surtout à n’en faire qu’à sa tête quand il dit « il vaudrait mieux ne pas courir ». Oui, souvenez vous des beaux plans d’automne, un marathon fin Novembre, quelques belles courses de préparation en Septembre et Octobre. Tout était bien ficelé, les premiers objectifs entrés sur le calendrier Garmin. Et bien sûr, on voulait maintenir ça avec 2 séances d’ondes de choc chez le kiné toutes les semaines.

Grand couillon va !

Il faut dire qu’il n’y aura plus jamais de marathon après celui de Novembre. Non non, c’est le tout dernier, après les marathons seront interdits ! Même chose pour les courses intermédiaires, le 10km va être déclaré illégal après l’automne, et le 20km aussi. Et surtout, il est évident que j’ai un classement à défendre. Ne pas taper un bon temps à l’automne, et je vais passer de 126 745ème coureur français à .. ouff, peut être 140 000ème ? Aïe aïe aïe. Toutes ces primes de course qui vont disparaître et me mettre dans le besoin. Pas de marathon en Novembre, et je vais sûrement me retrouver à dormir sous un pont.

Grand couillon va !

Mais visiblement, cette difficulté à arrêter est très répandu. Le kiné le confirme pleinement, et met bien en garde dès le départ : la guérison, c’est autant moi que lui. Si je veux continuer à courir, soit, mais si le traitement ne marche pas, je n’aurai qu’à me regarder dans les yeux. C’est vrai qu’après environ 3 ans à courir presque toutes les semaines, on voit un peu trop l’arrêt comme un retour en arrière. On a travaillé dur pour passer de 53min à 49 au 10km (une performance de niveau international donc), et on se dit qu’on va évidemment tout perdre en quelques semaines. Voir même revenir pire qu’au début tant qu’à faire ! Quelques semaines d’arrêt, et on va sûrement valoir 1h10 au 10km !

Heureusement, il est autorisé de réfléchir aussi en course à pied. Donc une fois intégrée l’idée que le marathon d’automne, c’est une connerie, tout finit par s’éclaircir. Il suffit de changer de carotte. Bien soigner sa blessure, c’est un challenge comme un autre. Donc finie la course à pied comme vous avez pu le constater, c’est le vélo qui a fait son apparition sur Pasaprespas. Et comme autres bonnes résolutions, une surveillance permanente du genou incriminé, avec l’interdiction de tous les mouvements qui le chargent trop (donc on évite les grosses descentes et montées d’escalier par exemple), du glaçage très régulier, même si on a plus mal. Et on peut trouver aussi de la motivation avec les séances du kiné. On commence à 1.6 bar sur la machine d’ondes de choc. Et on monte doucement. Et l’esprit de compétition vient évidemment titiller le (plus trop) jeune coq qui sommeille en chaque mâle : « ça monte jusqu’à combien cette machine ? ». 5 bars. Soit. Paraît qu’avec une tendinite sérieuse, certains grimacent déjà beaucoup à 2 bars. Pffff. Les petits joueurs. Je me déplace pas pour 2 bars monsieur le kiné. Faites moi mal. Et hop hop, 2 bars, 3 bars, et on change de tête pour un truc plus dur qui pique la peau. Même pas mal. Allez allez, tapez dedans, je sens rien. 4 bars, 4.4 bars, ça vibre bien quand même, mais pas mal. 4.6, 4.8, 5 bars ! Banco. C’est qui le champion?

Toujours est-il qu’avec ces objectifs un peu futiles, on évite de trop penser à ce que la blessure va faire perdre, pour surtout éviter de reprendre trop vite. Le kiné met bien en garde contre la reprise trop hâtive pour une tendinite : guéri à 90%, on ne sent plus rien, on reprend joyeusement, et là PAF, c’est la rechute. Donc non, il faut savoir patienter, bien laisser guérir, et reprendre tout doucement. Un objectif en remplace un autre, et quelque part, ça permet d’essayer d’être un peu moins con, ce qui n’est pas une mince affaire (hein le Paris Versailles ?). Le mental est important dans tous les sports, donc autant réussir à mettre les choses dans l’ordre dans toutes les situations.

Et autre objectif pour continuer à se motiver : contrôler son poids. Avec un poids mesuré à 76kg par le médecin (bien moins que prévu, tant mieux…) et un taux de graisse à 21% (ouch!), on est d’un côté rassuré que l’arrêt du début d’été n’a a priori pas fait reprendre du poids, et d’un autre côté un peu vexé d’être encore finalement assez loin de son poids de forme. Il y a facilement 3 ou 4 kg à perdre pour être à un poids adéquate pour la course à pied (sans dire parfait, le taux de graisse d’un sportif à son poids idéal étant vers les 6%…). Et on se motive aussi en se disant que le poids superflu ne peut pas faire du bien à ce genou, donc autant mettre toutes les chances de son côté en étant encore un poil moins lourd pour courir (et avec -3 à 6 secondes au km par kg en trop…).

Enfin dernière pensée assez paradoxale après ce traitement du genou, quand on a passé environ 9 mois avec cette tension sur la pointe du genou, on se surprend à sentir comme un manque quand elle disparaît. On s’y est tellement habitué qu’en faisant des choses toutes simples, comme monter un escalier, aller au cinéma, on l’attend, mais elle n’arrive pas. Je ne vais bien sûr pas m’en plaindre, mais il est évident que cette douleur, pourtant très discrète, fait changer ses propres mouvements à la longue. L’observation de la semelle intérieure de mes Kinvaras a d’ailleurs été assez insolite : le logo de la marque est assez effacé dans la chaussure gauche, alors qu’il est en bien meilleur état dans celle de droite. Même sans le vouloir, les appuis sur la jambe droite ont été plus mesurés. Bon allez, on ne va pas non plus se plaindre de la disparition de cette, espérons le, ex fidèle amie.

Au final, il reste maintenant à conserver ces bonnes résolutions : ne pas courir en Octobre déjà. Continuer le vélo, surveiller son poids, bichonner le genou, ne pas faire n’importe quoi. Pourtant que c’est dur… Aller sur une course le Dimanche matin simplement pour accompagner, c’est dur. Voir les autres courir, savoir que tout le monde s’entraîne et progresse, c’est dur. Voir l’automne arriver, et se dire qu’on irait bien se faire une bonne sortie au petit matin avec son petit bonnet et son collant, c’est dur. Se dire qu’il va falloir reprendre les choses dans l’ordre en Novembre, 25 minutes d’abord, puis 30, puis 35… c’est dur. Mais se dire qu’en faisant tout cela, on va mettre de bonnes branlées à tous ses temps en 2012, ben ça le fait !

7 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Tu es rendu très sage. Mais, il faut ce qu’il faut. À Québec, j’ai commencé à courir avec mon petit bonnet et mes collants. Bientôt, ça va être le passe-montagne à -30 C 🙂

  2. Allez Courage ! Novembre sera vite là tu sais ! Et puis il me semble que tu es très doué en photos , pourquoi ne pas en profiter un peu pendant ta convalescence ? Tu pourrais meme nous en montrer quelques unes ici …

    • Ca va être tranquille pour Novembre, et je dois dire que je reprends un peu goût au vélo. A mon avis ça peut même être bénéfique pour des courses de type trail : plus de variation du rythme cardiaque, et le travail musculaire sur les cuisses (que je sens bien dès que je force…) est peut-être utile pour se renforcer. Donc au moins j’ai une activité de remplacement pour ne pas ronger mon frein sur des pots d’Haagen Dazs 😉

      Pour les photos, j’en fais très régulièrement, mais le blog est dédié à la course à pied, je ne poste pas trop ici. Cela dit, j’ai fait quelques photos à la Parisienne, j’en posterai quelques unes ici. Et je vais sûrement essayer de trouver un marathon à shooter, j’aime bien essayer d’attraper les émotions de la ligne d’arrivée.

  3. Post plein de sagesse ! Bon courage, prend le temps pour revenir plus fort. 😉

    En parlant de photos, j’ai été étonné la première fois que je suis venu sur ton blog, le couple lapin-chasseur que tu as en photo à droite sont deux amis de mon club ! 🙂

  4. Rétrolien : Cap10Cap: une rétrospective « Pasaprespas

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