[CR] La leçon du jour : le Paris Versailles

Dans son souci permanent de tester absolument tout ce qui touche à la course à pied, Pasaprespas s’est sacrifié aujourd’hui pour vous montrer ce qu’il ne faut PAS faire au Paris Versailles. Quelle abnégation avouez le bien !

Préparation

Après avoir très sérieusement préparé votre Paris Versailles en ne faisait quasiment plus que du vélo depuis trois semaines (!!!), étudiez le parcours. Repérez bien les difficultés, à savoir la côte des Gardes au km 6, qui dure environ 2km. Puis n’oubliez pas la petite côte bien casse pattes au 13ème. Planifiez votre course avec précision. Exemple : viser environ 1h25 à l’arrivée, avec les 6 premiers kms à 12km/h de moyenne (donc 5:00 au km), puis imaginons perdre 1 minute au km pendant 3 km (les 2km de la Côte de Gardes, 300 à 400 mètres de récup, puis la côte du 13ème, un peu de récup derrière aussi), puis faire les autres aux environs des 5:00 au km aussi (en sachant qu’il y a plusieurs descentes). 1h23 au total, finger in the nose ! Si ça c’est pas de la préparation bien ciselée !

La veille, repos, des pâtes, préparez vos affaires pour éviter le coup de stress du matin, habits légers vu la température, tout est nickel ! Le matin même, petit déjeuner très light, puis partez assez tôt, histoire d’avoir le temps de donner votre sac, et de faire quelques tours de piste pour vous échauffer les jambes. Extasiez vous devant votre bon rythme d’échauffement, il faut dire que deux semaines et demi sans courir, vous avez du feu dans les cannes !

Joignez la longue file d’attente du départ, déstressez vous, discutez avec les autres coureurs pour passer le temps. A l’approche du sas de départ, chauffez un peu vos jambes.

Départ

10h16, c’est parti ! On a bien écouté Dominique Chauvelier qui expliquait qu’il ne faut pas partir trop vite au départ, la foule vous aspirant. L’autre… Comme si j’avais jamais fait de course ! Pfffff. Une petite pause pipi quelques centaines de mètres plus loin (si si, malgré toutes les précautions d’usage, impossible d’éviter le pipi post départ…), une foulée bien fluide, et on passe le premier km en … 4:36 ?!? Bravo, joli départ contrôlé ! On se croirait au semi de Chartres en Mars où il avait fallu 6 ou 7km pour trouver l’allure marathon… On se calme, on se relaxe, on avance sans traîner mais sans pousser. Deuxième kilomètre, 4:33 ?!? Pardon ? Cardio à presque 180 puls/min ? C’est pas un 5000 mètres mon gars !

Bon, c’est rien, faut se calmer un peu. Le GPS perd un peu les pédales dans les tunnels, on le laisse essayer de se recaler, et il bippe pour le 3ème km certes en avance sur le panneau, mais en 4:29 ?? Coeur à 186 pulsations minutes ?? Pardon ??? Pourtant on a pas l’impression d’être dans le rouge ? Ca serait une interférence sur le cardio avec une autre ceinture ? 4ème km, 4:32 à nouveau ! °_° Bordel ! A y réfléchir de près, voici tout simplement les 4 km individuels le plus rapides jamais faits en course officielle (donc y compris les 10km à plat…). Bravo pour le départ contrôlé ! On force l’allure à la baisse, parce qu’ à 185 pulsations (92.5%…) en bas de la côte des Gardes, ça ne peut pas passer… Le but était de gérer une allure soutenue pour arriver à disons… 170 pulsations/min. Histoire d’avoir un peu de réserve quoi !

Boom !

Kilomètres 5 et 6 en 5:11 et 5:14, mais le mal est déjà fait, le cardio se maintient au dessus de 180 puls/min, malgré la baisse d’allure et la volonté d’essayer de se relaxer. T’as tout gagné mon gars ! Arrivée de la côte des Gardes, et ce magnifique départ donne immédiatement ses fruits, premier km en 6:35, puis explosion en vol dans le second, cardio à 190, et on se met en marche rapide pour éviter de tout simplement devoir s’arrêter. 7:35 du km… Vivement le ravitaillement. On s’arrête. On ne court plus, on prend sa bouteille d’eau, et on marche. Il faut faire baisser cette cadence infernale. Et ça baisse. Royalement jusqu’à 170 puls/minutes, à peine moins… Et aussitôt reparti à un rythme évidemment moins soutenu que prévu, bing, la barre des 180 est enfoncé à nouveau, et le km suivant, on revient à 185 puls/min, pourtant seulement à 5:24 du km … L’enfer. Il fait chaud, on se sent mal, on n’entend même plus vraiment la musique de son baladeur, et on sait que les 1h25, ça sera sûrement par pour aujourd’hui !

Kilomètre 10, nouvelle petite côte, et nouvelle explosion en vol. On se retrouve à nouveau en marche rapide à attendre que le cardio baisse un peu. On passe sous les 170, et on relance doucement, pour revenir rapidement à 180… La descente arrive, on va pouvoir reprendre de la vitesse, et se refaire une santé. Sauf qu’on zig zague beaucoup, et que le coeur n’a sûrement pas envie de redescendre. Fin du 11ème km, une autre légère montée, et c’est à nouveau impossible de tenir une cadence. On ralentit, on se calme, et on essaye de relancer. Allez, plus que 4 ou 5km, merde quand même ! Ce yoyo infernal est aussi dur dans la tête que dans le corps en fait.

Reboom

Arrivée du 13ème, la jolie côte du cimetière, qu’on voit bien de loin et qui casse à nouveau bien le moral : jamais ça ne passera en courant. Et évidemment ça ne manque pas, c’est tout de suite de la marche rapide, et le coeur qui descend royalement à 170. On se fait même bouger par un gamin en haut de la côte avec son « allez Monsieur ». Putain on va pas finir en marchant quand même ?! On repart, plus que 2km et demi environ. Le but depuis quelques kms : ne pas faire plus de 1h30. Ne pas faire plus de 1h30. Ne pas faire plus de 1h30. Ne pas se laisser aller à marcher et lâcher l’affaire. Dernier ravitaillement, de l’eau sur la tête pour se refroidir surtout, et y aller mètre après mètre. Km 15, 5:04, cardio à 190, plus rien à battre, de toute façon, ça se termine, tu peux bien monter maintenant. Et cet interminable faux plat de l’arrivée,  5:16, on finit à 193 puls/minutes, on attrape la grille sur le côté, et on reste accroché le temps d’entendre son coeur enfin baisser… 1h28:51, dont une bonne heure de vraie misère à être infoutu de redescendre du rouge dans lequel on s’est mis tout seul comme un grand.

Bilan

Alors bien sûr, on peut se trouver si ce n’est des excuses, au moins des circonstances atténuantes. Le manque d’entraînement, la chaleur. Mais ce n’est évidemment pas comme si ces paramètres n’étaient pas connus dès le départ. Donc non, il n’y a jamais d’excuse à la connerie. Et après avoir ruminé sa course pendant un bon moment, on en tire vite les leçons : respecter son départ (surtout sur une course de masse où on ne peut pas s’échauffer juste avant le départ…), s’entraîner un minimum en côte pour juger la difficulté, prendre en compte les circonstances de course.

Et on en vient même à trouver des points positifs dans ce long calvaire : 12km/h, c’est bien moins difficile à atteindre qu’avant, donc vivement le prochain 10km/h ! Et avoir relancé encore et encore pour renvoyer le cardio dans ses limites, ça montre au moins qu’on a tout donné, même si c’était dans le désordre… En témoigne cette magnifique courbe de cardio. Et autrement, belle course, beau temps, bénévoles super sympas, rien à redire ! Le seul à engueuler dans cette affaire, on sait qui c’est.

La conclusion de la journée sera la distribution oh combien ironique d’un magasine de sport à la Gare de Versailles sur la couverture duquel trône ce magnifique titre qui fait grincer les dents : « Bien Gérer Sa Course ». Ouais c’est ça, fous toi de ma gueule… Allez, à l’année prochaine Paris Versailles, ça ne se passera pas comme ça deux fois !

 

MAJ

Depuis, on s’est amélioré, comme en témoigne le second passage par la côte des gardes. Et une petite fiche récapitulative vous est également offerte. Enfin, on peut un peu rire des conditions de course parfois un peu difficile au départ !

23 commentaires

    1. Ahahah. Tu crois que tu en as besoin ? Je pense que c’est plutôt toi qui pourrais m’en donner non ? 🙂 La preuve… Pour un mec qui a déjà fait la course une fois, avouons que j’ai été brillant ! 🙂

  1. Hello FrançoisT 🙂 !
    Il m’est arrivé un peu la même chose pour mon premier PV. J’avais prévu de le faire à l’allure footing rapide (genre maintenir 150-160bpm sur le plat et s’accorder du 170-175bpm dans les côtes) et finalement la veille je me suis dit « allez on s’en fout on tente une perf en courant à 5’00min le km.
    Tout comme toi je me suis un peu grillé au départ avec ma Forerunner qui m’indique des 4’45 au kilomètre, je suis arrivé en bas de la côté des gardes à 170bpm. Déjà qu’à 5’00min/km je savais que j’allais en baver je me suis dit que je partais mal. Mais bon le moral est là et prend le dessus sur la fatigue. Première côte : j’avale le premier km assez serein mais le deuxième en tirant la langue et ma FC qui s’envole à 185bpm. J’ai continué sur cette vive allure en me disant que le mal était fait. La plus grosse difficulté a été le dernier km avec ce faux plat qui n’en finissait pas : je voulais donner tout ce qu’il me restait et limite taper le sprint mais mes jambes n’ont pas voulu. Je suis arrivé bien claqué mais le chrono m’a remonté le moral : 1h20.
    Par contre si je suis très content de ma performance je suis un peu furieux de ne pas être capable de me discipliner une fois emporter par l’euphorie de la foule.

    En tout cas bravo à toi et merci de nous avoir fait partager ton expérience 🙂 !

    rexet

    1. Chapeau, t’as tenu en surégime, alors que moi j’ai explosé littéralement ! Impossible de contrôler le cardio, je montais au dessus de 190 si je ne marchais pas. Ca te fout le moral dans les chaussettes… Je saurais me limiter vraiment à 5:00 la prochaine fois crois moi ! On va dire que j’ai perfé sur 5000 allez, ça remonte le moral 😉 Mais tu as géré mieux que moi quand même, j’étais vraiment dans la misère dans les côtes. Donc tu as su approché la limite comme il faut, moi j’étais franchement de l’autre côté de la ligne rouge.

  2. Si ça peut te rassure l’envie de marcher a été très très forte à plusieurs reprise mais ma fierté m’a donné des ailes (une collègue m’avait un peu titillé en me disant avoir déjà fait le PV en 1h23 donc je ne voulais pas arriver au bureau en ayant moins bien fait qu’elle… motivation critiquable mais qui a fonctionné hehe…).
    Par contre j’ai fait l’erreur d’arriver tard (je suis rentré dans la queue à 10h00) et du coup je suis parti à la 43ème vague ! Autant te dire qu’avec mon allure je n’ai pas cessé de slalomé durant toute la course. Je pense que j’aurais pu gagner 2 ou 3 minutes en partant avec une vague à ma vitesse car je me suis souvent retrouvé « bloqué » à une allure moindre dans la forêt.
    Sinon pour info ton lien Garmin ne fonctionne pas (tu as bien mis en accès « public » ?). J’aimerais bien comparé 🙂 !
    En tout cas t’es arrivé, avec la langue au sol, mais arrivé quand même et avec ton challenge réussi donc félicitation quand même !

    1. Le serveur Garmin est HS, c’est pour ça.

      Pour les vagues de départ, c’est le principal souci du PV… Je suis parti en vague 16, et au bout d’un 1km, on rattrapait les plus lents de la précédente ! Il faut vraiment partir dans les premières pour être tranquille hélas… Donc y être très tôt, et attendre bien plus d’une heure j’imagine.

      Je me satisfais de finir vidé c’est sûr, mais ce n’est qu’un lot de consolation. Pour moi la course parfaite c’est de flirter avec la limite, et là on se sent très bien, c’est l’idéal. De l’autre côté de la ligne, je ne pensais pas qu’on se sentait si mal par contre 😉 Ca reste à faire pour justement savoir mieux se gérer, parce qu’honnêtement, le marathon à côté, c’était plus plaisant !

  3. « Marie, j’ai la mémoire courte, ou on t’y reprend ? Tu n’avais pas déjà fait un semi en compét avec ce genre de température pour finir avec le moral dans les chaussettes ? On n’est pas des machines, les conditions de course sont toujours à prendre en compte non ? Personnellement, je sais qu’à partir de 20 je commence à souffrir de la chaleur, qu’à 25°C un 10km en compèt serait une torture, donc à 30°C… On a peut-être tous une tolérance différente à la chaleur, mais il faut quand même prendre ça en compte non ? »

    Allez à mon tour de te renvoyer ces arguments : on n’est pas des machines ! Tu as fait ce que tu pouvais avec les moyens dont tu disposais ce jour là… En plus , tu revenais de blessure (ca va mieux ?)…. Alors moi je trouve ça pas si mal d’etre allé jusqu’au bout de ta course , malgrè tout. Tu n’as peut-etre pas eu le coeur , mais tu as eu le mental , ça s’est sur !

    1. Poum, reprends tes conseils dans les dents 😉

      Oui mais c’est pire Marie justement ! Je fais mon intéressant en te rappelant qu’il faut faire attention, et deux semaines après, je démarre à 4:35 (jamais fait ce temps en course moi…) avec le soleil et des jambes en manque d’entraînement… Faut que j’applique mes conseils à mes propres courses quand même ! J’en retire évidemment quelques enseignements, mais j’espère être moins bête la fois prochaine.

      Et pour le genou, ça se passe bien pour le moment, les séances de kiné font réduire la tension progressivement, donc je vais continuer à y aller mollo quelques semaines (ce dimanche étant juste un caprice après 5 mois sans course).

  4. normalement au bout de 2 fois on ne fait plus ce genre de bêtise.
    A moins que le garmin tombe ne panne 😉
    L’avantage de ce loupé, c’est que l’objectif pour paris versailles 2012 est déjà prêt !

    1. Oh même si elle tombe en panne, je devrais être capable de me gérer. C’est un peu plus dur après presque 3 semaines sans courir par contre, je manquais un peu de sensations… Mais une chose de sûr, je suis vacciné 😉

    1. Je vais pas dire que je le cherchais, mais quelque part, je l’attendais pour voir si j’allais craquer complètement ou pas. Quand tout va bien et qu’on gère son allure, c’est tout de suite plus facile pour le mental. Etre autant dans le dur, ça m’aura appris pas mal de choses. Donc autant positiver !

  5. Comment elle t’a renvoyé dans ton camp, la petite Marie!!!

    Ce genre de gestion, tout le monde l’a faite un jour ou l’autre. Elle permet de se tester, de voir ce qui passe … ou pas. Et puis on s’en souvient au moment des départs suivants.
    Cela s’appelle l’EXPERIENCE’.

    1. Oui c’est clair, j’ai juste baissé la tête quand j’ai vu mon message, j’ai mangé cher ! C’est de bonne guerre il faut dire, et je ne devrais pas chambrer une coureuse qui s’aligne sur mes temps, c’est pas bien glorieux. 😉 Et puis maintenant, moi aussi je fais partie du club des gens qui font n’importe quoi (même si à Vincennes il y a 2 ans, j’avais pas brillé non plus). Bon courage pour la suite de ta prépa !

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