La piste, ou comment être un sportif intelligent

Ah la piste. Le théâtre de tous les gloires de l’athlétisme. Carl Lewis. Michael Johnson. Marie José Pérec. Usain Bolt. Et en 2011, Pasaprespas débarque sur le tartan. Car frustré de se traîner tel un escargot asthmatique, le vaillant coureur amateur a découvert les joies de l’entraînement VMA. Et quoi de mieux qu’une belle piste pour s’avaler des séries de 400 mètres ? C’est donc sur l’anneau du stade de Rambouillet que les belles Kinvara foulent pour la première fois ce nouveau revêtement. La foule s’est déplacée en nombre pour voir les débuts de la star locale de l’athlétisme fendre l’air de son allure si gracile. On compte généreusement quelques milliers des centaines plusieurs dizaines un autre coureur venu assister à l’entraînement d’un amie. Quelle grosse ambiance !

Le but de ce premier contact avec la piste : mesurer sa VMA de manière un peu moins idiote artisanale que la fois précédente (lors d’un 3×6 minutes…). Après un échauffement d’un bon quart d’heure, on s’élance donc pour 6 minutes d’un bel effort bien constant. En gardant en ligne de mire qu’on devrait pouvoir faire environ 4 tours – 100m, pour une VMA probablement autour de 15km/h. Premier tour de piste terminé, et le vaillant coureur amateur commence un improbable exercice de mathématique. Petit calcul savant, premier tour en X secondes, combien de VMA à l’arrivée ? Ouch, je suis en retard. Bien en retard même. Donc on accélère la cadence, bonjour l’effort régulier… Et surtout première erreur de calcul, il ne faut pas bêtement multiplier par 4 le temps du premier tour, puisque je n’ai pas 16km/h de VMA… Je réalise dans le tour suivant, et recommence à essayer de calculer vaguement ma distance possible en 6 minutes. Comme quoi, la piste, ça fait aussi bosser les maths. Et quel est le couillon qui a décidé d’un tour de piste en 400 mètres hein ? Pourquoi pas 500 ? C’est nettement plus facile pour les calculs enfin ! Ou à la limite 333 mètres ! Puf puf puf, le coureur continue ses tours à grande vitesse devant la foule en… devant une tribune maintenant vide. Deuxième et troisième tour à vitesse plus élevée, l’écart avec la vitesse prévue se réduit, mais pas assez. Fin du troisième tour, un rapide coup d’oeil à la montre pour voir le temps restant pour arriver à l’entrée de la ligne droite finale : ouch ! C’est trop court ! Finie la barre symbolique des 15km/h, je vais rester chez les lents ?? Je termine à bloc, le dernier bip de la Garmin arrivant aux trois quarts du virage avant cette maudite ligne droite. Pffff quel nul ! Parti trop lentement, et voilà une VMA bien pourrie. Tiens, la Garmin affiche 4:00 au km sur ces 6 minutes. Bon, encore les écarts du GPS, en tournant en rond comme ça, ça doit raccourcir la distance. Mais en parcourant en marchant la ligne droite jusqu’au point de départ de la mesure, force est de constater que ça paraît bien court pour 100 mètres cette affaire. Pourtant j’ai bien repéré les deux extrémités de la ligne avant les virages, et les lignes droites font 100 mètres non ?  Nouveau passage sur la fameuse ligne droite en trottinant pour faire la récupération… Tiens, mais ces couloirs prolongés, ça serait pas le départ du 100 mètres ça ?? Bienvenue sur la piste, jeune Padawan ! La ligne droite entre les deux virages ne fait pas 100 mètres, les 1500 mètres ne sont donc pas à l’entrée de la ligne droite, mais sur la fin du virage !

Fort de sa découverte, le coureur amateur termine sa récupération la tête haute, tout fier de son 15km/h de VMA, et d’avoir enfin compris comment ça marche, la piste. Au final, qu’est-ce que cette première expérience sur la piste nous apprend ?

-la Garmin, c’est quand même sympa, parce que les calculs de vitesse de tête en courant, c’est pas facile, même pour un esprit vif et alerte comme celui de votre serviteur
-tourner en rond, c’est un peu ennuyeux quand même
-si vous êtes nuls en math et en calcul mental, vous pouvez tout de même envisager un deux en un, courir et calculer, et ainsi passer le temps !
-si on veut faire des calculs, autant connaître les dimensions de la piste AVANT de commencer
-mesurer sa VMA avec un demi Cooper, c’est pas facile, dur dur de garder une allure constante
-le tartan, c’est super agréable pour les jambes

9 commentaires » Ecrire un commentaire

    • Avec les imprécisions du GPS, je voulais aussi voir si la piste paraissait plus fiable. Et pour faire des séries de fractionné court, ça me paraît pas mal. Ca permet aussi d’avoir un parcours plat, c’est pas si évident sinon !

    • Je devrais pouvoir être plus régulier, et probablement un poil plus rapide peut-être. C’est pas fameux fameux 15 non plus, mais je vais essayer d’améliorer ça.

  1. euh …alors nouille comme je suis , je fais des tests tous les 6 mois environ avec mon coach… mais il ne me dit jamais combien ça fait ! Il s’en sert pour calculer mes temps de passage pour mes séances VMA , VS ….et mes temps en compét mais je ne saurais te dire à combien s’élève ma VMA…C’est grave ?

    • Rohhh viens pas me casser ma perf toi 😉 Et il faut être carrément sadique pour utiliser cette longueur non ? J’ai déjà entendu parler de pistes de 300 ou 333m je ne sais plus. Soit. Mais 380, faut être sadique 😉 Je vais aller vérifier le marquage au sol quand même, histoire de.

  2. Rétrolien : Cap10Cap: une rétrospective « Pasaprespas

Laisser un commentaire

Les champs obligatoires sont marqués d'une *.