Travail travail travail…

L’été se poursuit, et avec le retour d’un peu de chaleur, l’augmentation des kms se poursuit, plus ou moins dans la douleur. Ah ça a bien profité du mois de Juillet, de la truffade, des glaces, des crêpes. Et maintenant qu’on a fait le malin en prévision du Paris Versailles (« Tu confirmes ton objectif d’1h25 ? C’est juste pour savoir si je dois prendre un magazine ou un autre truc pour passer le temps »), il va falloir s’y coller un minimum !

Alors déjà il y a un peu plus d’une semaine, 9.4km en 50:45 (modulo les erreurs du GPS, la distance est un  peu trop optimiste), à 19h et surtout 25°C. L’Auvergnat des montagnes n’aime pas la chaleur, et 25°C, c’est au-dessus de son seuil de tolérance. Commençons déjà par un bête constat scientifique, plus il fait chaud, moins l’air est dense, donc moins on absorbe d’oxygène pour notre volume pulmonaire. Entre 17°C et 25°C, si on se fie à un bête tableau de la masse volumique de l’air en fonction de la température, on obtient grosso modo une baisse de 3%. Ajoutons à ça la difficulté à maintenir sa température corporelle, et vous obtenez un coureur qui trime pour garder une bonne vitesse. Ca paraît pas trop mal 5:24 au km, mais en partant trop vite (pas d’échauffement, c’est maaaaaaal), sans garder une cadence régulière (50s de variation, bravo !) et en finissant à presque 180 pulsations minute, on voit bien que ce n’est pas une sortie pépère du tout.

Trois jours plus tard, on sort en essayant d’être moins bête. Il fait toujours 25°C, donc on ne part plus comme un chien fou, et on essaye de contrôler ses pulsations à 70%. Peine perdue, au bout de 8.84km en 51:45, on voit bien que la température fait toujours du mal. C’est très raisonnable comme rythme, mais on finit quand même à 154 pulsations de moyenne, soit 15 de plus que prévu ! Et surtout, le rythme cardiaque est toujours en augmentation légère. L’été, c’est pas fait pour courir.

Trois jours plus tard, profitant bien paresseusement de l’incertitude météorologique pour remettre tranquillement mes sorties les unes après les autres, je finis par me vexer en apprenant que la coach marathon s’entraînerait tous les jours probablement dans l’espoir de m’humilier au Paris Versailles, et que les autres bloggeurs(ses) ne sont pas des tires au flanc mais sortent trois fois par semaine. Et là je déballe l’arme ultime du coureur, la chaussure du pur sang qui file comme le vent à la vitesse incroyable de 12.5km/h (qui a ricané dans le fond ??) : la Saucony Hattori. Autant l’avouer tout de suite, acheter des Hattori est juste un caprice. Aller vers une chaussure un peu plus légère, soit, ça peut être logique. Pousser jusqu’à une chaussure de 126 gr, ça commence à être un peu extrême non ? C’est bien ce que je me suis dit en les mettant au pied la première fois d’ailleurs.

Saucony Hattori

126gr, c’est TRES léger. Autant les Kinvara et autres MT101 faisaient déjà office de poids plume, autant là on a vraiment l’impression de se trimbaler en sandalettes. Surtout que la semelle n’est pas bien épaisse, c’est 13mm au talon, et 13mm aux orteils. Les Kinvaras, 21mm. Les Cumulus 12, 34mm. C’est trop raide. C’est bien la première pensée qu’on peut avoir. Et ça donne un look particulier aux pieds, surtout avec la forme assez large à l’avant pour laisser de la place aux orteils. C’est aussi très serré sur le pied, malgré une pointure assez grande. On les porterait bien sans chaussettes, mais c’est la course à l’ampoule à mon avis…

Au final, une fois enfilée une paire de chaussettes aussi minimalistes que ces chaussures (et noire donc, histoire de rester accordé, n’est-ce pas mesdames ?), voici que je pars faire un petit footing bien rapide pour ne pas faire du gras. L’idée est de voir si les jambes acceptent ces chaussures, et si non, on fera demi tour. Pourtant dès le chrono déclenchée, on se surprend à apprécier la dynamique impressionnante de ces chaussures. Bien sûr, ça ne pardonne rien, la moindre frappe du talon se fait bien sentir. Mais d’un autre côté, c’est une vraie machine à vitesse. Difficile de s’imaginer courir en footing là dedans, à 9.5 / 10km/h j’ai du mal à avoir une foulée rasante, donc ça risque de faire tap tap au talon. Mais au delà, en s’appliquant par la force des choses à attaquer un peu plus sur l’avant du pied, on prend plaisir à mouliner gaiement.

Donc après un kilomètre d’échauffement (à 12km/h, je vous le disais que ça poussait vers l’avant…), j’enchaîne avec 3x1km (récupération 2:30). Et si l’échauffement trop rapide et trop court n’a pas dû aider, le fractionné s’est fait à allure plutôt correcte (4:43, 4:57, 4:35), malgré un peu de variation, et des plages de récup sûrement un peu rapides aussi (5:20, 5:40, 5:34). Reste qu’au final, ça fait 6km à 5:02, et que deux jours après, les mollets tirent un peu, mais à peine. Donc les Hattori sur un semi marathon, jamais de la vie, mais sur un 10km en compétition, miam miam, pourquoi pas ? Reste à les retester sur un entraînement un peu appliqué, avec un vrai échauffement.

Enfin un dernier entraînement deux jours plus tard, une sortie matinale à jeun histoire de bien attaquer la semaine, 8.22km en 42:02, avec un vrai échauffement à nouveau sur 2km, et ensuite un train de 15/20km. Probablement un peu rapide, à 5:02 du km, puisque les pulsations augmentent encore progressivement un peu trop vite (pour finir à 178). Il faut dire que le coureur amateur a eu un petit péché mignon sur l’avant dernier km, quand après s’être fait apostrophé par un cycliste en ces termes « vous êtes un athlète monsieur, je vous suis depuis un moment, j’ai eu du mal à vous rattraper », il a levé la tête et pris sa plus belle allure (càd un magnifique 12.5km/h…). Il faut dire que le brave cycliste était bien chargé avec son sac à dos et n’allait pas bien vite non plus… Mais le simple terme « athlète » suffit à flatter l’égo, et à emballer le cardio par la même occasion…

Au final, si l’excuse de la chaleur permet d’expliquer des temps pas forcément folichons, on voit bien qu’on ne peut pas espérer baisser ses chronos au km de 10s à 15s simplement sur sa bonne volonté. Prévoir 46/47 sur 10km et <1h25 sur le Paris Versailles va demander de s’y coller au mastic. Mais l’intrépide coureur amateur, entouré de son armada américaine (Garmin, Kinvara, MT101, Hattori), ne va pas lâcher l’affaire, sinon c’est lui qui se fera lâcher. Irrémédiablement. Dans le Paris Versailles. Et par une femme en plus. Plus âgée. Arghhh. Aux armes ! Bouge toi feignant !

6 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Un bon retour à la course malgré des pulsations élevés. J’ai passé bien près de me les procurer les Hattori, mais j’ai opté pour les Grid A4. Elles sont vraiment légères ces souliers, j’espère que tu vas aimer.

    • Y a pas que ça non plus, le léger surpoids doit forcément y faire un peu, et la reprise également… Je vais pas pouvoir tout mettre sur le dos de la température 😉 Mais je pense que ça m’affecte pas mal quand même !

  2. Rétrolien : Entraînements, reprise, dilemme… « Pasaprespas

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