Le Contre la Montr’ail de Cernay la Ville

Attention, cette semaine, ce n’est pas un compte rendu de course, ni deux, mais bien trois compte rendus imbriqués que vous pouvez lire ! Ne cédant à aucune facilité, Pasaprespas vous propose de découvrir une course super sympathique et originale au travers du compte rendu des courses 2009, 2010 et 2011.

2011. J’arrive sur les lieux bien plus tôt que les deux années précédentes, il faut dire que c’est ma première fois en tant que bénévole sur une course. Ayant encore une petite douleur à un genou, j’ai préféré me proposer comme photographe plutôt que de me flinguer une jambe sur le parcours très exigeant. Me voilà revenu dans la salle polyvalente dès 8h30 du matin, les premiers coureurs arrivent.

Vous aimez être attaché

2009. J’arrive un peu plus tard sur les lieux, curieux de participer à mon premier trail, et ma première course « fun ». Car ce contre la montre se fait par équipe de deux, attachés par une ficelle d’environ 1m50 aux poignets, lâchées toutes les 40 secondes, sur un parcours accidenté de 8km environ. On nous demande de prendre du linge de rechange, et qu’on aura des surprises. J’arrive avec un collègue, prêt à en baver. Faites nous mal, on aime ça !

2010. Cette fois-ci, je la connais la bête. Je les connais les surprises. Donc histoire de varier les plaisirs, je viens courir avec une collègue, et déguisés. Déguisés bien moches, « Brandon et Brenda » qu’on s’appelle. Elle avec un chapeau rose fluo avec sa petite bordure en fourrure du même rose bien vulgaire, un beau haut bleu métal brillant avec une ceinture rouge qui jure bien. Moi avec un déguisement complet de cowboy has been, une chemise blanche recouverte d’un horrible gilet avec des bandes de couleurs, un faux pantalon passé sur mon cuissard (détail important), une fausse ceinture impossible à garder serrée, et un magnifique chapeau de cowboy en paillettes dorées bien criard. Lunettes de soleil sur le nez, nous sommes juste magnifiques.

2011. J’ai demandé à être positionné à l’un des passages boueux. Et quand je dis boueux, c’est de la bonne tourbe, profonde d’environ 30cm par endroits. C’est noir, ça colle, c’est un vrai calvaire à franchir. Parfait pour prendre des photos poilantes, je vérifie tout mon matériel, prends quelques photos d’essai pour découvrir que les sous bois, c’est un peu la galère à photographer, ombre, lumière, temps variable, la post prod va être fun. Mais le terrain de jeu est parfait. Venez les petits !!!

Pourtant en 2009, quand on s’élance, on ne s’attend pas à ça. Déjà, le chemin est étroit. Très étroit par endroit. On ne peut pas souvent courir de front. Un devant, le bras en arrière, un derrière, qui ne voit plus où il met les pieds. On annonce donc les difficultés « racine ! », « branche ! », « tronc ! », « ah non pardon racine ». Ca monte parfois très fort, à flanc de colline, avec même un bout de corde à un endroit pour littéralement grimper sur une butte. Ouch !

En 2010, on connaît la musique, on est rodés dans les annonces des difficultés, et surtout on s’amuse. Premier challenge, Brandon et Brenda doivent parler en anglais, on vient des Statessss merde ! « Come on Brenda ! Run ! Faster ! », « Careful! Root ! Tree ! » Sauf que le costume, c’est pénible en fait. Le chapeau, ça serre un peu, ce n’est pas très confortable (et assez bizarrement, ça donne une impression de froid sur la zone de contact), la fausse chemise, ça tient chaud. Et le faux pantalon, c’est un calvaire, il glisse tout seul sur le cuissard. Je cours donc une main devant ou derrière selon ma position, et une main à remonter ce fichu pantalon.

C’est bon pour la peau !

2011, les premières concurrentes arrivent, on entend quelques cris dans les bois, les premières difficultés sont rencontrées. Les voici qui débarquent sur mon spot, je suis prêt, idéalement positionné dans le prolongement, quasi invisible car accroupi près du sol pour avoir un bon angle. Tous les styles se présentent, les « fonce dedans », les « mais qu’est-ce que c’est que cette course », les « je te jette de la tourbe dessus ». Difficile de ne pas éclater de rire parfois tout en prenant des photos, ça trébuche, ça se coince dans la boue, ça rigole, ça crie. Et les filles savent plus s’amuser que les garçons globalement.

On rigolait un peu moins en 2009 aux premiers passages dans la tourbe. On s’enfonce, ça colle aux chaussures, on en a jusqu’à mi mollet, c’est un vrai calvaire. Mais ça change des courses sur bitume ! On enchaîne sur un passage dans un ruisseau. Par à travers le ruisseau, mais DANS le ruisseau. De l’eau jusqu’aux genoux, on ne voit pas où on pose les pieds, et toujours cette ficelle qui nous contraint. Physiquement, c’est dur, les montagnes russes.

2011, les couples mixtes arrivent, avec leur nouveau lot de rigolades. Monsieur aide souvent madame à passer l’obstacle, en retrouvant ses chaussures disparues dans la tourbe, ou en l’extrayant de cette mélasse si elle tombe dedans (impossible de se relever seul parfois tellement ça colle !). J’assiste presque à une scène de ménage, madame étant très visiblement à la peine derrière monsieur qui l’invective pourtant. Je continue de shooter en continue, 140 équipes à mitrailler, je suis sale (merci à l’équipe 10 de m’avoir maculé de boue au passage !), j’essaye de faire avec les moustiques et les douleurs dans les jambes. Même en photographe, c’est pas de tout repos le Contre la Montr’ail !

2010, on court plus tranquillement que l’année d’avant, en continuant à plaisanter avec les bénévoles à chaque croisement. Le costume comment à sérieusement souffrir de la course : les passages par dessus des troncs d’arbre sont fatales à mon faux pantalon, il se déchire sur les cuisses en glissant. On trottine donc gaiement jusqu’à la dernière difficulté, la magnifique mare de l’aire d’arrivée, de l’eau jusqu’à la taille, bien froide, mmmm ! Et hop on se lance, on saute dedans joyeusement, nos supporters nous accueillent à grands coups de « Brennndaaaaa !! Brandonnnnn ». On passe l’arrivée, sans même prendre connaissance de notre temps, on s’en fiche un peu, on est venus se poiler. Je fais peine à voir, mon pantalon étant déchiré des deux côtés, ainsi qu’à l’entrejambe, mais on s’est bien amusés, c’est bien le principal !

Si ça c’est pas de l’amour !

2009, les multiples changements de rythme font mal. Je suis plus lent que mon collègue habituellement, mais sur cette course, il est moins bien. Je fais la course en tête, en tirant sur la corde derrière moi. Nous grimpons une colline à pied à bon rythme, « allez on reprend en haut », « si je repars maintenant je vais vomir ! ». On finit au petit trot, mon collègue est rincé, quel premier trail ! Après s’être un peu décrottés et changés, nous rejoignons la salle polyvalente où le casse croute d’après course est donné. C’est nettement plus sympa qu’une pomme et une barre de céréales dans un petit sac. Et pas de médaille ici, mais du shampoing et du fromage (local s’il vous plaît).

A l’assaut !

2011 Tous les adultes sont passés, j’ai pu shooter à peu près tout le monde, enchaînant presque deux cartes de 8Go, vu tous les réactions possibles, des costumes impressionnants cette année, profitant un peu de la course sans y participer. Je me replace pour photographier et aiguiller les enfants qui partent pour une course allégée de 2km. Certains sont franchement impressionnants, une belle allure pour une douzaine d’année, ça ne donnera pas mon petit 50′ au 10 km ça dans quelques années ça ! Les 70 enfants passés, je rentre manger un petit truc, je suis rincé, bien sale (note pour les prochaines années : on ne va pas faire des photos à Cernay avec un pantalon clair !), bouffé par les moustiques, piqué par une tique (je vous faire grâce de l’endroit…), mais très satisfait de mon premier shooting « officiel » en course.

2010, nous profitons du casse croûte assis dans l’herbe au soleil, la convivialité de la course est un sacré plus. On se sent loin de Paris et du travail. La remise des prix bat son plein, mais je dois avouer qu’on suit ça d’un oeil distrait. Les premiers temps laissent rêveurs, et nous sommes venus surtout pour nous amuser. Puis nous entendons, « et cette année, un nouveau prix, le meilleur costume, les gagnants sont Brandon et Brenda ». Quoi ??? On appelle mon nom ??? What ? Une première place ? Pour moi, en course à pied ? Je pars au petit trot, mon chapeau de cowboy toujours sur la tête, trop content de faire ce que je ne ferais sûrement jamais plus dans ma carrière de coureur : je monte sur la première place du podium. Je remercie ma famille, mes sponsors, mon coach, mon chat…. Non je plaisante, nous remercions simplement l’organisateur pour le bon d’achat chez Intersport et surtout pour cette bonne surprise. Depuis, j’annonce fièrement que oui, en 2010, j’ai fait premier à Cernay. Je suis obligé de préciser que c’est pour le meilleur costume ? Pfff laissez moi rêver un peu !

Pour découvrir les photos de la course, ma galerie Flickr « best of Cernay 2011 ».
Et pour ceux qui veulent vraiment toutes les voir, les oeuvres complètes.

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  1. Rétrolien : Cap10Cap: une rétrospective « Pasaprespas

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