Pourquoi cette photo ?

Oui c’est quoi cette photo en entête du site ? Pourquoi celle-ci et pas une autre ? C’est pas super joyeux la course à pied vu comme ça non ? Après tout, la première version du site montrait la foule des coureurs du marathon de Paris 2010, pourquoi avoir changé ?

Déjà, première remarque, ce n’est pas moi sur la photo (je ne suis pas narcissique à ce point…), mais un coureur que je ne connaissais absolument pas. Elle a été prise à l’arrivée du marathon des bords de Marne 2010. J’ai commencé à prendre des photos de course à pied lors du marathon de Paris six mois plus tôt, et grand bien m’en a pris, puisque c’est cette course qui m’a convaincu de me lancer sur la distance reine en 2011. Je suis retourné à Vincennes à l’automne pour prendre des photos d’un ami qui participait à la course, ainsi que pour faire des photos plus « représentatives » du marathon. La première fois, je m’étais posté au km 17, donc difficile de pouvoir capturer ce mélange de fatigue et de bonheur qui selon moi caractérisait l’arrivée. Cette fois j’ai donc pris des photos à 3 étapes : au 18ème, au 30ème (ça commençait à marquer un peu…), et à l’arrivée.

Et de toutes les photos que j’ai pu prendre du marathon sur ces deux séries, c’est finalement celle-ci qui pour moi résume le mieux ma vision du marathon. Au premier abord, difficile de voir autre chose que de la douleur ou de la tristesse sur ce visage. Mais quiconque court sait ce qu’il y a derrière je pense, avant même de s’y frotter. Ce court instant du passage de la ligne, de la joie, de la fatigue, les deux intimement mêlés, un moment d’abandon après des heures d’effort. Pour moi, c’était ça le marathon. Je m’y suis inscrit pour ça, et j’ai trouvé exactement ça. Cette photo me rappelle donc pourquoi j’y suis allé, et ce que ça m’a apporté. Je remercie donc Yannick, le coureur de la photo, pour m’avoir autorisé à l’utiliser, parce que les photos de Maindru de mon marathon, elles ne transpirent pas le dixième de l’émotion de celle-ci. Et hop  un peu de pommade pour ma pomme, mais il faut dire qu’il n’y a pas de photographes pour prendre la ligne d’arrivée au marathon, et c’est bien dommage…

Bien sûr, il y a d’autres émotions à l’arrivée, j’ai vu des gens sprinter avec le sourire, d’autres finir avec le masque de l’épuisement total et la frustration, et même certains finir sans émotion particulière, comme si ce n’était qu’un marathon après tout hein ? Et la course à pied, ce n’est pas que le marathon. Mais il fallait faire un choix, j’ai pris ce que j’en ai retiré de plus fort. Un 10km ou un 20km bien mené vous donnera beaucoup de satisfaction, mais pas ça.

Pour une sélection des photos prises sur ces deux marathons, c’est par là.

Et pour vous, une seule image qui représenterait ce qu’est la course à pied pour vous, ça serait quoi ?

20 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. je me faisais justement la remarque que je trouvais cette photo superbe, bravo à toi de l’avoir prise, le cadrage, l’expression saisie, le n&b pour renforcer les émotions; à la limite pour chipoter (si tu es adaptes ^^) un petit coup de ‘toshop pour flouter un peu plus le fond 😉

    sinon j’ai à peu près cette tete à l’arrivée du marathon d’annecy ^^

    • Je ne fais jamais de retouche locale sur mes photos, c’est une contrainte que je me suis fixé. Càd je recadre, je joue sur les couleurs, la lumière, mais toujours globalement. C’est vrai que sur cette photo j’aurais gagné à détacher plus le coureur. J’ai utilisé le noir et blanc pour ça aussi, et j’aime bien le deuxième coureur derrière la tête basse, ça équilibre bien la photo. Pas facile du tout la photo de sport ! Mais bon, là aussi je vais progresser 😉

  2. Merci Pasaprespas pour cet honneur que tu me fais en me permettant de venir illustrer ton blog.
    Je tiens à te renvoyer l’ascenseur pour la qualité de tes photos, de nombreuses autres méritaient d’apparaître en en-tête de ton site. Les instants que tu saisis sont souvent très éphémères et tu as ce don de pouvoir nous les faire revivre.
    C’est vrai que d’autres coureurs peuvent se reconnaître également dans ces instants, c’est la magie du sport. Tu as cette intuition pour capter cette magie. Merci 🙂

    • Voici le modèle 😉
      Je ne suis pas sûr d’avoir forcément l’intuition, j’ai pris pas mal de photos pour arriver à en avoir une comme ça ! Comme tu dis, c’est très éphémère, il y a une part de chance, surtout que je n’avais pas de place préférentielle pour shooter, c’était au milieu d’autres spectateurs… J’ai un bon avantage cela dit, je cours aussi, donc je peux plus facilement me mettre à la place des coureurs. Et pour une fois, je savais ce que je venais chercher, c’est pas si évident en photo…

      Enfin ça fait aussi plaisir de donner les photos aux coureurs, vu le prix que prennent les Maindru et autres, je trouve que c’est un peu abuser…

  3. Vraiment une photo magnifique que celle au début de ton blog. Très artistique. Elle tranche aussi avec le ton de ton blog qui est parfois drôle vu que tu ne te prends pas au sérieux. Ce contraste attire l’attention.

  4. Cette photo est excellente et Emil Zatopek aurait apprécié, lui qui aussi était le champion de la grimace pendant qu’il courait et qui répondit à la question du pourquoi: « ceci n’est ni de la gymnastique, ni du patin artistique vous savez! » 🙂

  5. Rétrolien : Quadra94 : « Rebondir après un forfait au MDP  « Run, reporter, run…

  6. bonjour,
    j’ai beacoup aimé votre photo et j’aimerais savoir si je pouvais l’utiliser pour una affiche en la transformant quelque peu
    merci

  7. Cette photo est franchement sublime !
    On en discutait récemment entre coureurs sur Kirourou, se disant qu’on voyait rarement de belle photos de course à pied.
    Tu nous prouves le contraire.

  8. Oui, mon « cahier des charges » est différent ! C’est sûr que faire du mitraillage comme eux, en sécurité (ils ne cherchent pas à jouer sur la profondeur de champ, ça ferait rater des photos, ni à changer le cadrage vu les cadences), ça ne me plairait pas du tout. Maintenant que je comprends que ça soit un job pour eux.

    Moi je préférerais couvrir une course en disant « je ne vais pas prendre tout le monde, mais j’aurais l’ambiance et le déroulement de la journée ». Maintenant y a pas de clients pour ça, je le fais pour le plaisir 😉 Et je débute, je suis sûr que je vais encore en prendre beaucoup.

  9. Elle est géniale cette photo.
    À mes yeux d’amateur à peine éclairé le coureur en noir est – comme tu le soulignes – indispensable.
    Il équilibre le cliché par la symétrie presque parfaite de ses bras avec ceux du sujet principal et en même temps il apporte le contraste par l’opposition du noir avec le blanc et par la direction du regard vers le bas au lieu du haut.
    Chaque fois que je vois cette photo-là, elle me donne envie de ressortir mon bridge et d’aller shooter le 10 km du coin.
    Sinon, plus factuellement, il y avait bien un photographe (Maindru) sur la ligne d’arrivée de mon premier marathon (Marseille 2012), mon passage de la ligne d’arrivée illustre d’ailleurs mon blog. Mais personne en 2013, comme quoi c’est une question de tomber sur le bon jour, la bonne course.

    • Oui, je ne suis pas mécontent de la composition, mais soyons tout à fait honnête, elle est FORTEMENT recadrée! Au moment où je shoote, je suis loin de pouvoir penser à tout ça ! Je cherchais juste une émotion d’arrivée, c’était le modeste objectif. Sur cette photo, je l’ai trouvé, c’est déjà pas mal !

  10. Je découvre ton site depuis 15 jours. J’y retrouve des sensations que je découvre.
    La description du moment correspondant à la photo me rappelle mon premier marathon. C’est au 28 km que j’ai ressenti quelque chose qui me rappelle cette photo. C’était au marathon de Reims. Du 15ème au 28ème, on est un peu seul et au sortir d’un virage, je tombe sur ma femme et mes enfants. Et là …. tous les souvenirs des entrainements (cela faisait 1 an et demi que je préparais ce marathon sans avoir couru avant), des sacrifices du temps consacré à cette course et non à ma famille ( trois jeunes enfants), la peur du 30ème km, tout cela a déboulé d’un coup et m’a bouleversé. Le regard de ma famille inquiète et dubitative de me voir encore frais. Une énorme bouffé d’émotions qui me motivent encore maintenant ! 2 ans après.
    Et dans 15 jours, mon premier trail en Argonne : 44km et 1000D+, l’inconnu pour moi …. à nouveau.
    Merci pour ton blog qui m’en apprend et participe à ma préparation.

    • On en apprend tous tous les jours un peu plus non ? Le jour où je n’aurai plus rien à apprendre, c’est soit parce que je suis devenu prétentieux, soit dans tellement longtemps que mes articulations auront sûrement dit stop avant 😉 mais ravi si ce que j’écris peut servir. Et bonne continuation pour le trail (« bonne chance  » je n’aime pas trop, si on devait laisser ça à la chance, c’est être bien peu confiant 😉

  11. Rétrolien : Est-Ce Que Courir Nous Rend (Plus) Heureux ? | Running Sucks

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