Les débuts en chaussure « réduite »

Qui c’est qui est arrivé aujourd’hui dans la boîte aux lettres ? C’est les jolies Saucony Kinvara ! Venez voir Papa mes chéries !

Oui je sais, vous devez vous dire, « ça y est, il parle à ses chaussures, il a fondu un fusible à force de trop courir le pauvre ». Mais il faut dire que c’est la première fois que je choisis véritablement mes chaussures. Le fidèle lecteur de Pasaprespas connaît déjà mon historique de chaussures. Jusqu’ici, j’ai surtout acheté en fonction des soldes (bravo l’Auvergnat !), puis en laissant un professionnel me conseiller. Cette quatrième paire est la première qui est un choix personnel qui découle d’une réflexion sur ma façon de courir. Ca pète non ? Ca fait sportif qui réfléchit, impressionnant !

Pour résumer, l’idée derrière cet achat un peu impulsif est qu’avec ma nouvelle splendide foulée vers l’arrière, j’utilise moins mes talons, et finalement, c’est plus naturel. Et cette idée me plaît beaucoup. Finalement, le Gel d’Asics, l’Air de Nike, toutes ces technologies d’amorti, je vois ça un peu comme des médicaments. On s’en sert pour éviter la douleur, mais si l’on en prend trop, le corps ne sait plus se défendre, et on s’affaiblit. Nos jambes sont faites pour amortir les chocs de la course, pourquoi ne pas s’en servir ?

Fier de mon raisonnement de haute volée, j’ai donc commandé une paire de Saucony, qui sont des chaussures dites « réduites » (« reduced » en anglais), et pas vraiment des minimalistes. Les minimalistes, c’est pour les puristes, les purs et durs, ceux qui veulent courir tout nus dans les bois. Des chaussures ultra légères, avec une semelle fine, et zéro dénivelé entre le talon et la pointe. Bref, des chaussettes quoi ! La transition vers ce genre de chaussure pouvant être difficile (il faut remuscler les jambes pour assurer l’amorti), il existe des modèles « intermédiaires » comme les Saucony. Un poil plus lourde (mais quand même bien plus légère qu’une running classique), un peu plus amortie, avec un léger dénivelé entre le talon et la pointe. N’ayant rien d’un kamikaze, j’ai choisi cette chaussure pour les distances courtes et mi-longue (du 10 au semi). Pour vous donner un ordre d’idée, mes Asics Cumulus 12, c’est 340 grammes, 34mm de semelle au talon, 22mm à l’avant, donc 12mm de dénivelé. Les Kinvaras, 220 grammes, 21mm de semelle au talon, 17 à l’avant, pour 4mm de dénivelé seulement.

Pourquoi les Saucony ? 4 bonnes raisons :

-les avis sur internet étaient très positifs, la chaussure semble un bon compris entre légèreté et confort
-le prix, très doux en achetant aux USA (oh le tricheur…)
-la marque, une vraie marque de mecs « qui en sont », Asics c’est trop connu, le geek coureur veut de la marque de vrai spécialiste, que même les coureurs amateurs ne connaissent pas !
-et la gueule. Ces pompes ont de la gueule. On a beau être des mecs, on peut avoir du goût. Les Kinvaras, elles déchirent ta rétine :

Ohhh mes petites chéries !

Alors aujourd’hui, grand début du mec qui court avec sa tête. Déjà, l’achat par correspondance, ça laisse un doute sur la taille. Mais le choix était le bon (super l’outil de RunningWarehouse pour choisir la bonne pointure !), la taille est parfaite. Et les chaussures effectivement LEGERES ! Peu épaisses bien sûr, mais confortables. Ce n’est évidemment plus l’effet « moquette » des Asics, mais on est sûrement loin des chaussures minimalistes. Maintenant, en courant ça donne quoi ?

La première sortie a été très raisonnable, 8km avec une collègue, à tout petit rythme, 55 minutes, entre bitume et chemin. Et alors que j’appréhendais un peu le contact plus dur avec le sol, le résultat est très positif : aucune sensation de s’écraser le pied au sol, la différence avec les Asics est minime sur cette durée ! Pourtant à cette vitesse (7′ au km grosso modo), j’ai l’impression de plus porter mon poids verticalement, je « piétine » un peu. Comme quoi ma foulée s’est bien déplacée vers l’arrière, je pose moins le talon qu’avant, et mes jambes assurent sûrement une partie de l’amorti. La différence de poids est sensible, et on sent un peu mieux le sol. Le gros orteil semble plus mis à contribution lors de la poussée, mais aucune douleur à signaler. Reste à vérifier demain si tout va bien, mais pour le moment, le premier contact avec des « réduites » est tout à fait positif. Ca donne surtout envie de se faire une séance au seuil pour commencer à pousser franchement sur ces deux petites beautés.

La suite au prochain épisode donc !

10 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Je te vois venir. De la façon que tu es parti, tu vas courir en vrai minimaliste bientôt. Tant que c’est pas tout nu dans la forêt.

  2. Fred de Wanarun et David de RunMyGeek viennent de couir le MDP avec. Ils pourront te dire ce qu’ils en pensent. Il faut noter qu’on change plus souvent une chaussure de ce type qu’une chaussure avec plus d’amorti.
    J’ai transitionné par Newton (et de belles courbatures aux mollets) pour apprendre à courir sur l’avant du pied. Et depuis je ne fais plus autrement, quelle que soit les chaussures 🙂

      • Dès lors que tu modifies la gestuelle de ta foulée, même sur des sorties « cools » tu risques la courbature. C’est elle qui témoigne que tu as travaillé différemment 🙂 Après moi je suis un peu bourrin, j’y suis pas allé très progressivement… mais je ne me suis pas blessé et aujourd’hui je pense même que je tire un joli bénéfice de cette nouvelle façon de courir. Même si j’ai pas l’intention de devenir un coureur minimaliste au sens strict du terme.

        • C’est ce qui m’a pas mal surpris hier justement, je n’ai finalement eu aucune sensation de courir différemment, si ce n’est un peu sur les orteils. Mais globalement, c’était presque transparent. Donc je pense que j’ai changé ma foulée avant de changer mes chaussures, de manière assez naturelle et progressive, principalement « grâce » à ma petite blessure au genou. Ca m’a forcé à chercher une foulée différente, et voilà où ça m’amène… Comme quoi, tous les parcours sont différents.

  3. Rétrolien : Entraînements de la semaine « Pasaprespas

  4. Rétrolien : Test: Saucony Kinvara « Pasaprespas

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