Le choix des chaussures

Le choix des chaussures pour un coureur à pied est important. Mon parcours dans le domaine est assez classique. On commence bien sûr avec un peu n’importe quoi, des vieilles Nike Air JeSaisPlusTropQuoi, à l’amortissement douteux (surtout après quelques années…). Bilan, des douleurs aux genoux lors de mes premières semaines de découverte de la course à pied, il y a presque trois ans.

Je ne vais pas accabler les chaussures seulement, mais l’achat d’une paire de Mizuno en soldes (ben oui, quand on débute, on ne veut pas mettre 120€ dans une paire de runnings) me fit bien comprendre que mes Nike étaient en fin de vie. De vrais petits coussins ! Ces magnifiques Mizuno m’ont été conseillées par la sympathique vendeuse de Décathlon, qui fait preuve d’un grand professionnalisme :

« Vous courez souvent? Et vous courez sur quoi ? Route, chemin ? Quel forêt ? Je cours pas mal en forêt, donc c’est pour connaître le type de terrain ».

Vous pensez bien si je me doutais à l’époque qu’on pouvait choisir une chaussure en fonction du type de terrain en forêt… Je voulais juste COURIR. Donc après m’avoir rapidement parcouru des yeux, elle me fait voir la vérité en face avec son « un peu plus de 80 kg? Prenez les Mizuno, c’est pour coureur un peu lourd ». Je ravale ma fierté de coureur débutant, et pars avec mes chaussures pour coureur « un peu lourd ».

Mizuno Wave, mes premières running. Sniff

Ah quel souvenir ému du coureur qui repense à sa VRAIE première paire de running, qui ont fait la première course, le 10km du Château de Rambouillet. Ainsi que le premier trail, le fameux Contre La Montr’ail de Cernay la Ville, les pieds bien enfoncés dans 30cm de gadoue… Bref, l’Algérie, l’Indochine, quoi ! Et si elles se sont tassées bien sûr, elles sont toujours là sur l’étagère, encore prête pour une petite balade à pied, marquées par le temps et les épreuves… Ah mes petites jumelles japonaises ! Nous nous sommes tant aimés…

Puis viennent un peu plus tard, à l’occasion de nouvelles soldes (l’Auvergnat ne se refait pas…), une autre paire de vraie chaussures de running, des New Balance 800. La marque est important pour le geek runner. Des Nike, des Adidas, c’est trop commun. Le geek runner veut de la marque de pur runner. De la marque qui en impose. « Mizu-quoi? ». Le commun des mortels ne doit SURTOUT PAS la connaître. Donc après avoir débuté sur une marque japonaise, passons à une autre marque de spécialistes, avec son magnifique « N ». Utilisées en parallèle avec les Mizuno, ces nouvelles chaussures me rappellent  que les running se tassent avec le temps : les Mizuno semblent nettement plus raides tout d’un coup. Ces New Balance deviendront les chaussures de course, alors que les Mizuno sont réservées aux entraînements. Ah les grandes classiques courues avec mes belles américaines bleues. Les 20Km de Paris, le Paris Versailles. Tout ému de participer à ces classiques, je laisse même trôner mes puces souvenirs sur les chaussures pendant plusieurs mois.

Asics Cumulus 12, des running "qui en sont"

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et l’approche de mon premier marathon me convint de renouveler à nouveau mes chaussures avant que la préparation ne débute. Et fini les achats en soldes chez Décathlon ou Go Sport. C’est à la « Boutique Du Marathon » que je m’en vais acheter ma paire de running « qui en seront ». Evidemment, l’Auvergnat en moi grimace à la vue du prix des chaussures, mais je me dis que pour se farcir 42km, autant avoir les bonnes chaussures, conseillées par un vrai vendeur. Déjà première surprise, moi qui me croyais supinateur me découvre coureur universel en fait. Merci Mr le Vendeur. Vient ensuite la comparaison entre plusieurs paires, et la découverte de la marque mythique du fan de coureur à pied novice: ASICS.

Ah les démonstrations de Jérôme Bonaldi dans Nulle Part Ailleurs ! Lorsque la marque débarquait en France avec sa technologie Gel ! L’oeuf qui tombe sur la plaque de gel sans se casser ! L’essai d’une paire de Cumulus 12 est à ce titre un vrai coup de coeur, je cours sur de la moquette ! La sensation en est presque troublante au début tellement on ne ressent plus le sol. Me voici donc équipé d’une nouvelle paire de gentilles japonaises qui m’ont conduit avec succès jusqu’au 42ème kilomètre quatre mois plus tard. L’histoire ne dira jamais si la transition entre les New Balance plutôt orientées supinateur et ces Asics neutres fut la cause de ma petite tendinite au genou droit. Toujours est-il que les New Balance ont rejoint les Mizuno sur leur étagères, le confort des Asics les ayant définitivement renvoyées à une retraite bien méritée.

500km plus loin, je découvre sur internet les chaussures qualifiées de « minimalistes », qui vont jusqu’à courir quasi pieds nus (avec des « chaussures » de type Vibram). Le geek voulant toujours être au fait des dernières technologies, je commence à lire quelques articles et autres blogs. Ces articles m’amènent à faire une conclusion étonnante lors de mes dernières sorties : je n’utilise plus autant mon talon. Attention, courir en regardant ses pieds ne donne pas juste l’air idiot, pensez aussi à regarder devant vous ! Je constate donc que ma position de course et ma foulée ont changé pendant ma préparation au marathon, probablement pour trouver la position de « moindre effort » sur mon genou un peu sensible. Auparavant, la course à pied se réduisait pour moi à « ben… tu cours quoi ! ». Un pied devant l’autre, y a pas 36 façons non ? Je découvre donc ébahi que courir n’est finalement pas si évident. Et cette évolution naturelle de la foulée me fit me sentir plus économe, mais sans chercher à réfléchir à mes pieds. C’est après la lecture de ces articles que je me rends à l’évidence : j’utilise nettement moins l’amorti des Asics qu’au départ ! Je frappe nettement moins la route du talon, mon pied se pose un peu plus à plat.

La lecture de ces articles apportent des informations intéressantes : nous ne sommes pas faits pour courir avec un appui fort sur le talon. Pour s’en rendre compte, il suffit de se mettre pieds nus et de courir. L’absence d’amorti de nos belles chaussures modernes est compensépar l’utilisation de ce merveilleux outil offert par la nature, le corps humain. La jambe entière peut servir d’amortisseur. Pourquoi donc mettre des chaussures de 320gr aux pieds ? Parce qu’en faisant un bête calcul, 42 000 foulées sur un marathon (et je ne pense pas avoir forcément une foulée d’un mètre…), ça fait quand même soulever 6,7 tonnes ! Bigre ! Un haltérophile de la course à pied quoi !

Et voici que naît l’idée dans mon esprit curieux d’utiliser autant mon cerveau que mes jambes. Sportif, mais pas con ! Arrêtons de nous martyriser les genoux en masquant notre foulée de bourrin par des chaussures hautes technologies. Retournons à la nature, allons courir tout nu dans la forêt ! Enfin… pas tout à fait encore, commençons par retrouver une foulée d’homme des bois déjà ! Après consultation de quelques sites de spécialistes, je me lance dans l’achat d’une paire de chaussures « de transition ». Encore assez confortables, mais beaucoup plus légères que mes belles japonaises. Bref, l’idéal pour tester l’amorti naturel de ma nouvelle foulée. Commandées pour une bouchée de pain aux USA, mes belles Saucony Kinvara sont en chemin. Venez voir papa mes chéries ! Difficile de savoir si ces nouvelles chaussures conviendront à ma foulée et mes genoux un peu fragiles, mais ce n’est qu’en essayant que je pourrai savoir, et à ce prix, autant ne pas se priver ! Je ne compte pas remplacer complètement les Asics, mais tester ces plumes sur petite distance pour commencer, histoire de ne pas y aller comme un gros bourrin. Sportif, mais pas con Jean Pierre !

Attention, je tiens à préciser que cette orientation du choix de chaussures n’a pas valeur d’exemple, il se peut que ça soit complètement crétin, mais sur Pasaprespas, on aime bien se prendre des pelles de temps en temps ! L’apprentissage par l’expérience, y a rien de tel. Et le geek n’aime pas utiliser la même marque que les autres, ni les mêmes technologies. Le geek aime penser qu’il en a dans la cafetière. Quel sera le résultat ? Jean Pierre aura-t-il bien utilisé ses neurones de nouveau sportif ? Vous le saurez très bientôt sur Pasaprespas !

Pour plus d’info, je vous propose en français, http://www.noobcoureur.com/2010/09/guide-des-chaussures-pour-coureur.html, et les mêmes infos mais en anglais : http://www.runblogger.com/.

Et vous, fidèle lecteur (oui j’abuse, ça fait pas deux semaines que le blog est ouvert…), cours tu seulement avec des chaussures à fort amorti ? Ou bien files tu comme le vent dans la forêt les pieds nus ? Comment ton choix de chaussures a-t-il évolué ?

10 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. T’es vraiment tordant. Continue, je ris à chaque fois que je lis tes billets. Bravo pour avoir retouché ton blog. C’est plus facile à lire. Tout ce que tu dis est juste, mais j’aime bien ta façon de ne pas se prendre au sérieux. Pour les chaussures, de mon côté, j’ai des orthèses et je cours justement dans des Asics cumulus parce que ce sont des soulieurs neutres qui sont parfaits pour les porteurs d’orhèses. J’en achète une paire par année et je garde les vieilles deux années de plus pour s’entrainer sur plus courtes distances. Par contre, je suis dû pour une nouvelle paire d’orthèses. J’ai mes vieilles depuis 8 ans.

    • On peut parler sérieusement de quelque chose sans trop se prendre au sérieux de toute façon non ? 😉 Ca reste un hobby, même si je m’y consacre un minimum sérieusement. Et ne plus avoir d’humour sur ce qu’on fait, c’est jamais bon signe je pense ! Peu importe son niveau.
      Les orthèses c’est de semelles orthopédiques ?

  2. J’ai l’impression que tes Merrell sont plus minimalistes que mes Saucony ! Mais je n’ai pas forcément l’intention d’aller si loin. Encore que … sait-on jamais. Mais je veux commencer doucement.

  3. Hé hé, je me reconnais dans ce que tu dis, j’ai aussi porté des Mizu’ pour runner lourd mais par contre je n’ai pas encore essayé de Merell/Saucony/Newton et autre chaussures pour coureur rapide sur la pointe…
    Ton article est vraiment agréable à lire aussi 😉

    • Bienvenue chez les coureurs « lourds » alors 😉 On va bien voir ce que donnent ces chaussures légères, mais je vais y aller progressivement quand même, ça m’étonnerait que je lâche les Asics de suite.

    • Ah là là les Saucony sont arrivés, je vais essayer sur quelques km cet après midi, je suis très curieux de voir ce que ça va donner ! Vive les nouvelles expériences.

  4. Rétrolien : Les débuts en chaussure « réduite  « Pasaprespas

  5. Rétrolien : Test: Saucony Kinvara « Pasaprespas

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