Inauguration de la rubrique Rétro !

Pour inaugurer notre rubrique « Rétro », il fallait frapper fort. Déjà, pourquoi une rubrique « Rétro » ? Parce que Pasaprespas aime le cinéma, et que les récits linéaires, c’est souvent mou du genou. Et le coureur à pied n’aime pas être mou du genou. Raconter sa préparation du marathon, puis le marathon, puis l’après marathon, c’était trop facile, donc Pasaprespas a choisi une structure narrative en « 8 »: on démarre par l’évènement principal, à savoir le marathon, puis on oscille (harmonieusement, il va sans dire) entre les évènements qui ont conduit au marathon et les évènements qui suivent. Ne me demandez pas comment ça se passera après le second marathon (une structure en double 8 imbriqué ?), je n’en ai aucune idée.

Donc pour lancer cette rubrique retraçant l’odyssée du premier marathon, ainsi que la rubrique « Course », Pasaprespas va vous faire rêver, c’est de l’exotisme avec un grand E :

le Paris Versailles !

Non je déconne. Attention attention, le nom mérite déjà qu’on se concentre:

La « Cheung Chau New Year Island Run »

Diantre, ça c’est un nom de course. Décomposons pour bien comprendre:

-Cheng Chau est une toute petite île de Hong Kong, au sud est de l’île de Lantau (où se trouve l’aéroport). C’est si vous voulez voir.  On y trouve aucune voiture déjà, et surtout, une caverne de pirates. Quand je vous disais que c’était l’évasion ce billet ! Et ce pirate n’était rien de moins que Cheung Po-tsai, que les fans de Jackie Chan connaissent: le méchant dans « Le Marin des Mers de Chine », c’est lui. Ah ça a une autre gueule que les 10km de Pétaouchnoc-les-Bretelles, avouez !

-« New Year » car autant en France, le 1er Janvier, on se repose (qui a dit: on cuve ?), autant à Hong Kong, on court ! Leur vrai nouvel an étant un mois plus tard, les courses le 1er Janvier sont finalement assez communes, puisque la veille, on ne se met pas la tête à l’envers.

-« Island Run », là c’est simple, on fait le tour de l’île en courant, 10km. Facile non ?

Me voici donc inscrit fin Décembre pour cette course histoire de passer en 2010 avec originalité. Au programme, réveillon dans un camping la veille au soir avec ma petite amie et des amis de Hong Kong sur l’île de Lantau. Le tout arrosé d’un horrible saké vendu en briquette en carton (oui oui, comme le jus d’orange) et d’un mousseux guère plus buvable. Une bonne préparation pour aller courir donc, au lit vers 3 ou 4 heures du matin, complètement fait. Pas de sac de couchage, et autant il fait bon en journée (une dizaine de degrés), autant la nuit, ça caille… Réveil vers 6h (au moment où vous faisiez la fiesta en France, bandes de petits veinards), pour descendre à pied jusqu’au village le plus proche avec une amie Hong Kongaise, un peu enrôlée de force sur la course pour m’accompagner. Un petit café au Mac Do du coin (oui oui, même là bas ils se sont incrustés), puis nous prenons le ferry pour aller sur Cheung Chau, ça change des trajets en métro ou en voiture…

Nous récupérons les dossards et je me prépare à faire un petit 10km tranquille en disons, 1 heure. Une course sur une île, c’est plat de toute façon non ? Grosse erreur. Car, petite parenthèse culturelle, Hong Kong était une région de forte activité volcanique à l’époque où personne ne pensait encore à courir un 1er Janvier. En deux mots, ce n’est PAS PLAT. Je vous laisse voir le mur au 2ème kilomètre qui, s’il doit faire rire les ultratraileurs, fait beaucoup moins rire le gentil coureur amateur encore à peine remis de sa cuite de la veille :

Heureusement, j’étais parti doucement en accompagnant ma compagne d’infortune du jour dont c’était la première course. Elle me laisse néanmoins accélérer dans la descente de cette première montée (que je pensais être la dernière, ah ah ah, jeune sot !). S’en suit un parcours plaisant et dépaysant, longeant une plage de sable fin, certains coureurs s’arrêtent carrément pour faire des photos. Mais il était dit que le petit français paierait cher son réveillon arrosé, puisque les montagnes russes reprennent passé le 5ème kilomètre, et que je me retrouve à marcher plusieurs fois sur certaines portions un peu pentues… Fini l’objectif de faire tranquillement sous l’heure, j’essaye simplement de me caler dans le rythme d’autres coureurs tout en profitant du décor champêtre. Après avoir fait le yoyo avec une coureuse (je te double, tu me doubles…), je finis par accrocher le pas d’un coureur local, et les deux derniers kilomètres se font plus vite, nos gênes de mâles dominant entrant en action. On n’échange quelques encouragements sans comprendre un mot de ce qui dit l’autre (il aurait dit « j’aime pas les français » que c’était pareil…), on termine accueillis par des spectateurs enthousiastes, fin de ma première course « internationale ».

Le bilan est tout à fait positif : cadre de la course tout à fait exotique, voyage pour y arriver tout aussi original, parcours très vallonné qui fait regretter la cuite de la veille mais qui laisse un souvenir impérissable pour un 1er Janvier, ambiance très sympathique. Pour information pour les puristes, il n’y a pas de chronométrage à puce, et j’ai oublié de couper mon GPS passé l’arrivée (comprendre : j’étais rincé, j’ai passé 2 minutes à reprendre mon souffle…). Temps approximatif: 1h03. Temps du vainqueur homme: 0:41 et quelques.

Bilan pour la Cheung Chau New Year Island Run (CCNYIR pour les purites) :

Les + :

  • cadre exotique
  • trajet en bateau
  • ambiance sympathique
  • parcours vallonné
  • le 1er Janvier au petit matin !
  • un t-shirt avec plein de trucs écrits en chinois pour frimer à l’entraînement

Les – :

  • prix du voyage
  • parcours vallonné (si réveillon festif)
  • le 1er Janvier au petit matin !  (si réveillon festif)
  • pas de chronométrage
  • t-shirt exotique, mais pas super joli

Quelques photos pour illustrer ce petit périple :

4 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. Mon rêve d’aller courir dans un endroit si exotique. Par contre, je changerais mes boissons d’avant course.

  2. Rétrolien : Frustration et observation « Pasaprespas

  3. Rétrolien : Cap10Cap: une rétrospective « Pasaprespas

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