La déprime post marathon: et maintenant ?

Oui maintenant, on fait quoi ? Parce qu’après trois mois passés au rythme des quatre entraînements hebdomadaires, à tout suivre comme un pro sur son compte connect.garmin.com, à planifier son « semi de préparation », à faire son stock de pâtes, on voit venir le Saint Graal avec excitation, mais aussi beaucoup de questions. Et après tout cet investissement, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire ? Y a une vie après dis ? Et puis après tout, est-ce j’aurai encore envie, tout simplement ? Qui me dit que ça ne va pas mal se passer, et que le marathon, ça n’est pas pour moi, les longues distances, tout ça… J’aurai peut-être trouvé mes limites, et perdu une partie de la motivation, non ?

Alors évidemment, mettons fin à ce suspens insoutenable cher lecteur, il paraît évident que si ce blog vient d’ouvrir, c’est que l’envie est toujours là. Pendant le marathon, il m’est bien arrivé une ou deux fois de me dire « mais qu’est-ce que tu fous dans cette galère mon gars ?? ». Mais ces quelques moments de doute ont été bien vite balayés par les autres sensations d’aller chercher toujours plus loin. Et aussi un peu par la quantité de maçons sur le bord de la route qui tentaient de grimper par dessus leur beau mur, le coureur à pied masculin est humble, mais ses gênes de petit coq sont toujours là. Et le soir même, j’en étais déjà à me dire « avec 5-6° de moins, je gagne quoi ? 5 minutes ? ». « Et le mur, je l’ai pas vu, mais il était à quelle distance ? 5 secondes de moins au km ? 10 ? ». A partir de là, on sait qu’on est pas guéri.

Et c’est justement pour ça que le marathon d’automne a été inventé,  pour ne pas faire attendre trop le coureur en mal de sensation ! Un petit marathon régional sympa, en Novembre, ça fait attaquer la prépa fin Août, et courir avec des températures plus clémentes. Bon, peut-être un peu de flotte sur la tête avec le temps automnal… Mais l’idée commence à faire son chemin. Ouf, la déprime post marathon s’éloigne, un nouveau challenge s’annonce, on vient de passer au niveau 2, et le boss de fin de niveau a l’air sympa ! Il s’appelle comment déjà ? « Troiquarantecinq » je crois. Il a l’air coriace, je me le garde pour plus tard, je sens que je vais me le faire.

Et cette forme qu’on tient depuis cette belle préparation, ça donne envie d’en profiter un peu avant les grosses chaleurs pour faire péter les chronos avant de penser à un nouveau « 12 semaines de bonheur », non ? Avec des records personnels assez impressionnants de 0:49 sur 10km et 1:48 sur 20, il y a de la marge pour amélioration. On m’a aussi beaucoup parlé de récup, donc je vais pas me la jouer caïd et refaire péter des grosses séances d’entraînement de suite, mais l’envie est déjà là. Et les premiers entraînements post marathon cette semaine confirment que maintenant, « on en est ». Avant, on pensait déjà un peu en être, merde, le 20km de Paris, c’est de la course ça non ? Mais non. Maintenant on en est vraiment. On ressort ses chaussures de course, et ce ne sont plus les mêmes. Mais c’est une transformation invisible pour une autre personne, « c’est ta paire d’Asics quoi ? ». Mais pour celui qui vient d’en être, ces chaussures seront toujours différentes. Même chose pour toutes les affaires « qui l’ont fait ». Le corsaire du marathon n’est plus le même corsaire que les autres, c’est « Corsaire 1er, vainqueur du marathon de Paris 2011 ». Même le lieu d’entraînement familier n’est plus le même, vous savez, ce petit chemin tout couillon dans les bois. Maintenant, c’est « là qu’on l’a préparé ». On repart donc courir au petit trot avec un petit sourire un peu con sur les lèvres. Les autres coureurs doivent d’ailleurs se dire « ben il a l’air content de courir lui ». Bon bien sûr, on pourrait faire bien pire, mettre son beau tshirt de finisher et faire discrètement tomber sa médaille du sac en rangeant ses affaires, mais non, la course à pied, c’est aussi être humble.

Reste que j’en suis, moi, quand même non ?

6 commentaires » Ecrire un commentaire

  1. J’en ai fait marathons dans ma vie mais je ne sais pas pourquoi, tu as la façon juste de voir les choses. Et je ris à chaque fois… En passant je suis de Québec…et je me prépare pour le marathon des Deux-Rives.

  2. Merci bien François ! Sympa le marathon des Deux Rives, j’ai vu le stand au Running Expo du Marathon de Paris, ça fait envie. Mais un peu loin 😉 Prépare toi bien en tout cas ! Tu vises quel temps ?

  3. Hello, si tu as l’intention de bloguer régulièrement et que tu as envie comme nous de capter quelques lecteurs, pourquoi ne pas rejoindre la runnosphere(.org) ?
    Jahom.
    Ps : j’ai été très fier donner à africa run cette année mes mizuno qui ont couru le mdp 2010 🙂

  4. J’en connais plus d’un qui aimerait avoir une « déprime post-marathon » de ton genre, lol, c’est une excitation post-marathon, avec une fervente envie de recommencer aussitôt.
    T’as qu’à essayer le Nice Cannes en novembre, pas froid, beaux paysages, pas trop de monde par rapport à Paris, des spectateurs, bref, à essayer ( c’est le seul que j’ai fait, j’ai adoré)
    Bonne continuation de déprime 😉

  5. Je me posais surtout la question de la déprime post marathon AVANT 🙂 La peur du vide quoi… Mais c’est vrai que ça s’est très bien passé, tant mieux pour moi !
    Pour Nice Cannes, c’est dans ma liste avec La Rochelle en effet ! Avec une petite préférence pour celui là, rien que pour le cadre, et l’absence de boucles.

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